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Transports - Le plan électrique se complique

La fermeture annoncée de l'usine Zenn de Saint-Jérôme retarde encore les projets de Québec

La petite Zenn, qui était assemblée au Québec, était associée à un projet-pilote annoncé en grande pompe en juin 2008 par la ministre des Transports, Julie Boulet.
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
La petite Zenn, qui était assemblée au Québec, était associée à un projet-pilote annoncé en grande pompe en juin 2008 par la ministre des Transports, Julie Boulet.
Québec — La fermeture annoncée de l'usine d'automobiles électriques Zenn à Saint-Jérôme vient compliquer les projets du gouvernement de promouvoir les transports électriques. Notamment un projet-pilote, auquel Zenn était associée, ainsi que l'achèvement d'un Plan d'action 2010-2015 du gouvernement Charest portant sur les véhicules électriques; plan qui est déjà en retard.

Zenn (Zero Emission No Noise) est un des deux assembleurs de véhicules électriques à basse vitesse qui ont été choisis par le gouvernement du Québec en juin 2008 pour participer à un projet-pilote permettant à ces voitures de circuler sur les routes à 50 km/h et moins. Le gouvernement du Québec avait arrêté son choix sur la Zenn LSV (Low-Speed Vehicle) puisqu'elle était assemblée au Québec à partir de pièces européennes. Or, Zenn a annoncé hier qu'elle mettrait fin en avril 2010 à l'assemblage de sa petite voiture. Une dizaine d'employés seront touchés par la décision.

Le projet-pilote auquel Zenn participe avait été annoncé en grande pompe le 17 juin 2008 par la ministre des Transports, Julie Boulet, qui avait qualifié la mesure de «tournant déterminant dans le domaine de la mobilité durable». Le 25 novembre 2008, en pleine campagne électorale, Le Devoir révélait qu'en raison de différends entre les fabricants et la Société d'assurance automobile du Québec (SAAQ), la signature des protocoles d'entente n'était pas faite. Aucun véhicule électrique à basse vitesse ne circulait sur nos routes cinq mois après l'annonce. Un an plus tard, 9 Zenn et 11 Nemo seulement ont été immatriculées, nous a confirmé la SAAQ, hier.

Le critique péquiste en matière de Transport, Stéphane Bergeron, soutient que le projet-pilote a été annoncé en catastrophe pour court-circuiter une conférence de presse du PQ qui proposait, s'il accédait au pouvoir, d'investir massivement dans la filière électrique plus de 300 millions par année sur 10 ans. M. Bergeron reproche au gouvernement et à Hydro-Québec de se contenter de peu et de ne pas être «véritablement proactifs dans le domaine de l'électrification des transports».

Dans les milieux qui promeuvent les véhicules électriques, le projet-pilote du gouvernement Charest n'a jamais eu la cote. On soutenait qu'il donnait aux véhicules électriques une image de voiturette de golf peu performante. Le règlement de la SAAQ force par exemple les propriétaires de Zenn ou de Nemo à placer un grand triangle orange à l'arrière du véhicule, comme ceux que l'on retrouve sur les tracteurs.

Maintenant que la Zenn «assemblée-au-Québec» n'est plus, d'autres fabricants de véhicules à basse vitesse, écartés en 2008, sont toutefois désireux d'occuper la place vacante. C'est le cas de Patrick Fournier, le distributeur québécois de la GEM (Global Electric Motor), véhicule fabriqué aux États-Unis. Il soutient «qu'il n'y a aucune raison valable pour laquelle la GEM ne fait pas partie du projet-pilote». Puisqu'il modifie légèrement les GEM ici au Québec, M. Fournier soutient que son véhicule a autant de «contenu québécois» que la Zenn. Contrairement à cette dernière compagnie, il soutient qu'avec le GEM, il n'y aurait «pas de problème d'approvisionnement». Quelque 40 000 GEM circuleraient déjà aux États-Unis. C'est en partie ce qu'il compte faire valoir la semaine prochaine aux hauts fonctionnaires du ministère des Transports.



Plan d'action reporté en janvier

Alors qu'il devait être déposé cet automne, le Plan d'action sur les véhicules électriques que le gouvernement a annoncé le 9 juin dernier ne sera pas prêt avant Noël. C'est ce qu'a confirmé le cabinet de la ministre des Ressources naturelles Nathalie Normandeau, hier. Selon des sources, il pourrait être présenté lors du Salon de l'auto à Montréal, en janvier. «C'est une option», a-t-on dit au cabinet de Mme Normandeau, hier.

Selon une version préliminaire du Plan obtenue par Le Devoir, le gouvernement songe à se donner trois «cibles chiffrées»: 1) «qu'en 2015, 20 % des véhicules neufs pour passagers achetés au Québec soient des véhicules électriques.» 2) «D'ici 2015, 25 % des nouveaux véhicules achetés par le gouvernement devront être des véhicules électriques.» et 3) «En matière d'électrification du transport collectif, le gouvernement vise à ce qu'en 2015, il y ait» une augmentation importante (la cible est à déterminer) du «nombre de déplacements en transport collectif effectués en mode électrique».

Le Plan souligne que les grands fabricants automobiles lanceront en 2010 sur le marché des hybrides branchables et des véhicules tout électriques, ce qui bouleversera l'industrie. «Dans un secteur d'activité où les décisions sont en train de se prendre et les alliances de se nouer, il est urgent d'être présent», écrit le ministre du Développement économique Clément Gignac, dans son message d'introduction.

Aussi, Québec donnerait le mandat à Hydro-Québec «d'accélérer les négociations avec des constructeurs automobiles, pour que ces derniers choisissent le Québec afin de mettre à l'essai leurs prototypes de véhicules électriques». Dans le document, on mentionne des pourparlers avec la firme Nissan pour lancer une «démonstration à grande échelle» à la fin de 2011, dans une «ville non identifiée». Au reste, le gouvernement et Hydro-Québec pourraient acheter une sélection de 150 véhicules tout électriques. «Ces véhicules seront utilisés par différents ministères et par Hydro-Québec dans le cadre de leurs activités régulières.» Le gouvernement cherche aussi à améliorer les incitatifs en place. Par exemple: le gouvernement prendra en charge une partie du coût d'achat d'un véhicule électrique ou hybride de la part d'une société de transport, d'un organisme d'autopartage et de propriétaires de taxis. Un fonds «a été doté d'un montant de 5 millions de dollars pour la période 2007-2011», note-t-on. Quant à la recherche-développement et l'innovation dans le secteur des véhicules électriques, Québec voudrait la soutenir davantage et jongle avec le chiffre de «23,15 millions de dollars» puisés à même des programmes existants.
 
 
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  • Eric Allard - Abonné
    8 décembre 2009 12 h 26
    Plan complètement loufoque!!!
    Avant de mettre de l'avant son plan, le gouvernement devrait "tasser" les têtes récalcitrantes de la SAAQ envers les véhicules électriques.

    En effet, qui voudrait d'une voiturette incapable d'aller à plus de 50 km/h? Seul un citadin n'allant jamais à l'extérieur des quartiers résidentiels peuvent se le permettre, et dans ce cas il vaut encore mieux compter sur le transport en commun.

    Tant que les véhicules électriques n'auront pas le droit d'aller sur toutes les routes, jamais il ne s'en vendra 20% par année, même si on repousse l'objectif en 2050!!!
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  • . Totalmédia Inc - Abonné
    8 décembre 2009 17 h 32
    Des velléités sans beaucoup de substance
    Les plans du gouvernement Charest en matière d'environnement font penser à des voeux pieux qu'on lance sur la place publique pour avoir l'air d'avoir quelque chose à dire. Faut dire qu'au pays de Stephen Harper même des voeux pieux peuvent passer pour de grandes choses.
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  • Jacques Morissette Jacques Morissette - Abonné
    8 décembre 2009 23 h 14
    Serait-ce que le pétrole sert aussi à bien huiler les engrenages protecteurs de ses vieux rouages?
    Il est bien tard et malgré cela j'ai envi de dire que les résistances aux changements me font parfois tristement bien rire. Devant nous, il y aurait un mur à sauter. Nous sommes encore du côté des produits à base de pétrole et de ses dérivés. De l'autre côté de ce mur, on ne connaît pas vraiment le paysage et tout le monde semblent avoir peur de le franchir.

    Il y a autre chose aussi qui nous relie aux produits pétroliers. Il y a de la grosse argent qui fait avancer la machine de bien du monde dans tout ça. Au fond, pas tant de monde que ça profite de l'argent qui se fait avec les produits pétroliers. Le hic, c'est que ceux qui font vraiment des sous avec ce dinosaure qu'est le pétrole sont relativement près des politiciens qui dirigent nos gouvernements.
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