Climat: 12 jours pour faire une différence
Le Canada n'entend pas faire de nouvelles concessions à Copenhague
Photo : Mikkel Moeller Joergensen Scanpix Denmark
Les passants admiraient hier l’énorme globe terrestre érigé à Copenhague, où démarre aujourd’hui la conférence internationale sur les changements climatiques.
Tandis que s'ouvre aujourd'hui la conférence de Copenhague sur les changements climatiques, l'ONU est convaincue qu'un accord permettant d'éviter les pires effets du réchauffement climatique est à la portée de la communauté internationale.
«Ceux qui affirment qu'un accord est impossible à Copenhague ont tout simplement tort», a déclaré hier le directeur général du Programme de l'ONU pour l'environnement (PNUE), Achim Steiner, alors que des délégués se pressaient dans la capitale danoise pour le sommet de douze jours où un nouvel accord assurerait la suite du protocole de Kyoto.
«Un accord est pratiquement à notre portée», a ajouté M. Steiner lors d'une conférence de presse en prévision des négociations qui doivent réunir 190 pays. «Nous trouverons un accord et, je crois [que ce qui] sera signé par tous les pays membres de l'ONU [...] sera historique», a pour sa part déclaré le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon. «Le sommet de Copenhague est le moment parfait pour négocier sur ce que nous savons», a-t-il ajouté en appelant à ne «pas perdre de temps, parce que tous les gouvernements du monde sont d'accord sur le fait que la température moyenne ne doit pas augmenter de plus de deux degrés».
Selon le PNUE, la communauté mondiale doit se fixer pour objectif des émissions maximales de 44 milliards de tonnes par an en 2020 afin d'avoir une chance de limiter la hausse des températures à deux degrés Celsius par rapport à l'époque préindustrielle. Les réductions proposées actuellement par les pays développés et en développement suffiraient à limiter les émissions à 46 milliards de tonnes par an d'ici à 2020, à condition d'être rigoureusement appliquées.
Alors qu'un grand nombre d'experts estiment que les engagements pris jusqu'à présent sont insuffisants pour atteindre les objectifs définis pour éviter les plus graves effets du changement climatique, Achim Steiner a noté que l'écart entre le point de vue des scientifiques sur l'action à mener et ce qui est proposé à Copenhague, avait sensiblement diminué. «Il reste un fossé important, mais on exagère l'impossibilité de combler cet écart», a-t-il dit. «On pourrait dire que nous sommes à quelques gigatonnes d'un accord à Copenhague pour ce qui est de l'objectif de 44 gigatonnes d'ici à 2020», a-t-il poursuivi.
L'écart actuel entre les engagements des 190 pays et les efforts qu'il leur faudrait consentir à la conférence se situait sans doute aux environs de deux gigatonnes, selon M. Steiner. Le rapport évoque une fourchette de une à cinq gigatonnes. «Cela indique [...] que si les dirigeants tiennent à négocier une transaction, ils ont les moyens de le faire, et d'une façon qui rendrait possible un accord à la fin de Copenhague.»
D'après le rapport, les émissions mondiales actuelles s'élèvent approximativement à 47 milliards de tonnes par an. Sans aucune réduction, elles pourraient atteindre quelque 55 milliards de tonnes ou plus d'ici à 2020.
D'ailleurs, l'Afrique du Sud, la première puissance économique du continent, a proposé de réduire la progression de ses émissions de GES prévue de 34 % d'ici à 2020 et de 42 % d'ici à 2025, en échange d'une aide financière et technologique et à condition qu'un «accord équitable, ambitieux et efficace» soit conclu. «Cet effort permettra aux émissions sud-africaines d'atteindre un pic entre 2020 et 2025, puis de stagner pendant une décennie environ et de décliner ensuite en valeur absolue», a indiqué la présidence de la conférence onusienne par voie de communiqué.
Les États-Unis, la Chine, l'Inde, le Brésil et l'Indonésie ont récemment proposé de nouveaux objectifs visant à ralentir le réchauffement climatique, celui-ci risquant de favoriser les sécheresses, les inondations ou les vagues de chaleur, et de faire monter le niveau des mers.
Le Canada n'entend pas faire de nouvelles concessions
Les négociateurs environnementaux du Canada, eux, n'entendent pas faire de nouvelles concessions au cours des pourparlers qui seront lancés à Copenhague aujourd'hui. Le ministre de l'Environnement, Jim Prentice, a souligné avec force que les objectifs du Canada en matière de réduction de GES ne sont pas négociables.
Il a fait valoir que le Canada a déjà révisé de nombreux aspects et mis sur la table des objectifs réalisables. Il a ajouté que le gouvernement canadien a été très clair dès le départ: pour éviter une répétition de Kyoto, il fallait fixer des cibles concrètes et réalistes, que le pays peut atteindre.
Le directeur de l'Institut international du développement durable, John Drexhage, estime que la rencontre de Copenhague sera comme le «Super Bowl» des conférences sur le changement climatique. Il croit que l'image du Canada pourrait être ternie, du fait de l'attention portée aux émissions de GES du Canada, a-t-il fait valoir.
À ce jour, 105 chefs d'État et de gouvernement ont accepté l'invitation du Danemark à grossir les rangs de leur délégation à la conférence de Copenhague, parmi lesquels le président des États-Unis, Barack Obama, les premiers ministres chinois, Wen Jiabao, et indien, Manmohan Singh, à la tête de trois des quatre plus gros pays pollueurs de la planète. Le premier ministre Stephen Harper se joindra à ses homologues au cours des derniers jours du sommet.
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Avec La Presse canadienne, Reuters et l'AFP
«Ceux qui affirment qu'un accord est impossible à Copenhague ont tout simplement tort», a déclaré hier le directeur général du Programme de l'ONU pour l'environnement (PNUE), Achim Steiner, alors que des délégués se pressaient dans la capitale danoise pour le sommet de douze jours où un nouvel accord assurerait la suite du protocole de Kyoto.
«Un accord est pratiquement à notre portée», a ajouté M. Steiner lors d'une conférence de presse en prévision des négociations qui doivent réunir 190 pays. «Nous trouverons un accord et, je crois [que ce qui] sera signé par tous les pays membres de l'ONU [...] sera historique», a pour sa part déclaré le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon. «Le sommet de Copenhague est le moment parfait pour négocier sur ce que nous savons», a-t-il ajouté en appelant à ne «pas perdre de temps, parce que tous les gouvernements du monde sont d'accord sur le fait que la température moyenne ne doit pas augmenter de plus de deux degrés».
Selon le PNUE, la communauté mondiale doit se fixer pour objectif des émissions maximales de 44 milliards de tonnes par an en 2020 afin d'avoir une chance de limiter la hausse des températures à deux degrés Celsius par rapport à l'époque préindustrielle. Les réductions proposées actuellement par les pays développés et en développement suffiraient à limiter les émissions à 46 milliards de tonnes par an d'ici à 2020, à condition d'être rigoureusement appliquées.
Alors qu'un grand nombre d'experts estiment que les engagements pris jusqu'à présent sont insuffisants pour atteindre les objectifs définis pour éviter les plus graves effets du changement climatique, Achim Steiner a noté que l'écart entre le point de vue des scientifiques sur l'action à mener et ce qui est proposé à Copenhague, avait sensiblement diminué. «Il reste un fossé important, mais on exagère l'impossibilité de combler cet écart», a-t-il dit. «On pourrait dire que nous sommes à quelques gigatonnes d'un accord à Copenhague pour ce qui est de l'objectif de 44 gigatonnes d'ici à 2020», a-t-il poursuivi.
L'écart actuel entre les engagements des 190 pays et les efforts qu'il leur faudrait consentir à la conférence se situait sans doute aux environs de deux gigatonnes, selon M. Steiner. Le rapport évoque une fourchette de une à cinq gigatonnes. «Cela indique [...] que si les dirigeants tiennent à négocier une transaction, ils ont les moyens de le faire, et d'une façon qui rendrait possible un accord à la fin de Copenhague.»
D'après le rapport, les émissions mondiales actuelles s'élèvent approximativement à 47 milliards de tonnes par an. Sans aucune réduction, elles pourraient atteindre quelque 55 milliards de tonnes ou plus d'ici à 2020.
D'ailleurs, l'Afrique du Sud, la première puissance économique du continent, a proposé de réduire la progression de ses émissions de GES prévue de 34 % d'ici à 2020 et de 42 % d'ici à 2025, en échange d'une aide financière et technologique et à condition qu'un «accord équitable, ambitieux et efficace» soit conclu. «Cet effort permettra aux émissions sud-africaines d'atteindre un pic entre 2020 et 2025, puis de stagner pendant une décennie environ et de décliner ensuite en valeur absolue», a indiqué la présidence de la conférence onusienne par voie de communiqué.
Les États-Unis, la Chine, l'Inde, le Brésil et l'Indonésie ont récemment proposé de nouveaux objectifs visant à ralentir le réchauffement climatique, celui-ci risquant de favoriser les sécheresses, les inondations ou les vagues de chaleur, et de faire monter le niveau des mers.
Le Canada n'entend pas faire de nouvelles concessions
Les négociateurs environnementaux du Canada, eux, n'entendent pas faire de nouvelles concessions au cours des pourparlers qui seront lancés à Copenhague aujourd'hui. Le ministre de l'Environnement, Jim Prentice, a souligné avec force que les objectifs du Canada en matière de réduction de GES ne sont pas négociables.
Il a fait valoir que le Canada a déjà révisé de nombreux aspects et mis sur la table des objectifs réalisables. Il a ajouté que le gouvernement canadien a été très clair dès le départ: pour éviter une répétition de Kyoto, il fallait fixer des cibles concrètes et réalistes, que le pays peut atteindre.
Le directeur de l'Institut international du développement durable, John Drexhage, estime que la rencontre de Copenhague sera comme le «Super Bowl» des conférences sur le changement climatique. Il croit que l'image du Canada pourrait être ternie, du fait de l'attention portée aux émissions de GES du Canada, a-t-il fait valoir.
À ce jour, 105 chefs d'État et de gouvernement ont accepté l'invitation du Danemark à grossir les rangs de leur délégation à la conférence de Copenhague, parmi lesquels le président des États-Unis, Barack Obama, les premiers ministres chinois, Wen Jiabao, et indien, Manmohan Singh, à la tête de trois des quatre plus gros pays pollueurs de la planète. Le premier ministre Stephen Harper se joindra à ses homologues au cours des derniers jours du sommet.
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Avec La Presse canadienne, Reuters et l'AFP
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