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    Libre opinion - Quel Canada voulons-nous pour 2020 ?

    4 décembre 2009 |Karel Mayrand - Directeur général pour le Québec de la Fondation David Suzuki | Actualités sur l'environnement
    Lettre au ministre de l'Environnement, Jim Prentice


    Alors que vous nous rendez aujourd'hui visite au Québec et que le sommet de Copenhague doit bientôt débuter, le Canada, comme le reste de la communauté internationale, s'apprête à prendre des décisions d'une importance capitale pour l'avenir de notre planète. Nous sommes à la croisée des chemins. À l'échelle canadienne, les décisions que vous prenez maintenant définiront le visage du Canada d'ici 2020 et au-delà. Puisque vous vous adresserez aujourd'hui à des gens d'affaires, je crois utile de vous soumettre une série de questions de nature économique. Je souhaite que vous les considériez comme une main tendue.

    Comme vous le savez, la Fondation David Suzuki et l'Institut Pembina publiaient à la fin d'octobre une étude intitulée Prospérité économique, protection climatique qui démontrait que le Canada pouvait réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 25 % d'ici 2020 par rapport au niveau de 1990 tout en maintenant une croissance économique de 23 % sur dix ans. Le prix à payer serait de 3 % du PIB en 2020, soit trois sous pour chaque dollar de richesse créé dans ce pays. Vous avez déclaré qu'il s'agissait d'un prix trop élevé. Pourtant, votre propre cible de réduction des émissions de 3 % par rapport au niveau de 1990 occasionne des coûts de 1,5 % du PIB. Monsieur le Ministre, si 3 cents par dollar est un prix trop élevé pour protéger notre climat, quel prix considérez-vous comme acceptable?

    D'autre part, vous avez déclaré qu'il était inacceptable qu'une région du pays, en l'occurrence l'Alberta, ait à fournir un effort plus important pour réduire les émissions de GES. Notre étude démontre que dans tous les scénarios envisagés, l'Alberta continuerait d'avoir la croissance économique la plus forte au Canada, soit 38 % sur 10 ans, au lieu des 50 % prévus si nous ne réduisons pas nos émissions. À titre de comparaison, le Québec aura une croissance de 14 % pendant la même période. Monsieur le Ministre, le Québec, l'Ontario et le secteur manufacturier canadien devront-ils fournir un effort supplémentaire pour laisser à l'Alberta et à l'industrie des sables bitumineux l'espace nécessaire pour accroître leurs émissions?

    Dans notre étude, la croissance de l'emploi d'ici 2020 sera supérieure si l'on réduit les émissions de GES de 25 %. Ceci vient du fait que les revenus générés par le prix fixé sur la tonne de CO2 sont redistribués sous forme de réduction du fardeau fiscal pour l'ensemble des Canadiens. Des baisses d'impôts pour tous les Canadiens et une croissance soutenue de l'emploi: n'y voyez-vous pas une parenté idéologique évidente avec les valeurs défendues par votre parti?

    M. Prentice, vous avez récemment affirmé que le Canada ne pouvait réduire unilatéralement ses émissions de GES sans nuire à sa compétitivité internationale. Pourtant, le Québec, l'Ontario et la Colombie-Britannique, trois provinces résolument orientées sur l'exportation, ont adopté des cibles nettement plus ambitieuses que celle de votre gouvernement. Et ces trois provinces tentent désormais de se positionner dans le nouveau marché des énergies propres, des technologies vertes et des transports collectifs.

    Alors que ces secteurs s'apprêtent à connaître une croissance phénoménale du fait des réductions mondiales des émissions de GES, le Canada continue quant à lui à se positionner comme un exportateur d'énergies fossiles. Pendant ce temps nos concurrents, les États-Unis, la Chine et l'Europe, investissent massivement dans les secteurs d'avenir. Monsieur le Ministre, d'où nous viendra notre prospérité en 2020? Serons-nous compétitifs à l'échelle internationale si nous sommes les derniers à prendre le virage que nos concurrents ont déjà amorcé?

    Vous êtes sans aucun doute le premier ministre de l'Environnement canadien à avoir autant d'influence sur l'avenir du pays, son économie et son environnement. Comme lors du débat sur le libre-échange pendant les années 1980, le débat sur la réduction des émissions de GES va définir le Canada de demain. Votre parti a à nouveau l'occasion de définir ce Canada. Il s'agit d'une lourde responsabilité historique qui dépasse largement les intérêts d'une région ou d'un seul secteur économique de ce pays. D'un bout à l'autre du pays, les Canadiens sont prêts à agir. Ils n'attendent que votre signal.

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    Karel Mayrand - Directeur général pour le Québec de la Fondation David Suzuki
     
     
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