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    Vers la conférence de Copenhague - GES: Obama vise -4 %

    Les écologistes applaudissent les États-Unis, même si la cible se compare à celle, pourtant décriée, du Canada

    Barack Obama
    Photo: Agence Reuters Jim Young Barack Obama
    La communauté internationale n'espérait plus voir les États-Unis s'engager sur des cibles précises avant ou pendant la conférence de Copenhague, soit avant que le Congrès adopte lui-même des objectifs de réduction susceptibles d'être entérinés dans un traité contraignant. Le président Obama a une fois de plus déjoué les prévisions.

    Le président Obama a annoncé hier que les États-Unis sont prêts à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) de 17 % par rapport à 2005 d'ici 2020, puis de 30 % d'ici 2025 et de 42 % d'ici 2030.

    La Maison-Blanche a aussi ajouté par la voix de son porte-parole, Mike Froman, que le président se rendra à la conférence de Copenhague le 9 décembre, soit la veille du jour où on lui remettra le Nobel de la paix à Oslo, en Norvège.

    Le président Obama a pour sa part réitéré au cours des derniers jours qu'il espérait négocier à Copenhague un traité ayant un «effet opérationnel immédiat».

    Les réactions à ces deux annonces ont été immédiates et positives.

    Pour Yvo de Boer, le secrétaire exécutif de la convention-cadre de l'ONU sur le climat, «le monde compte beaucoup sur les États-Unis pour présenter un objectif de réduction des émissions» afin d'inciter les grands pays émergents, comme la Chine, qui a fait savoir qu'elle pourrait, elle aussi, faire une importante annonce avant la conférence internationale.

    «Je pense, a-t-il poursuivi, qu'il est essentiel que le président Obama assiste au sommet. Nous avons pour l'instant des chiffres [de réduction des émissions] de tous les pays industrialisés, à l'exception des États-Unis. C'est la première chose dont nous ayons besoin et c'est essentiel.»

    Mais Yvo de Boer a précisé que les engagements mis de l'avant jusqu'ici par les pays industrialisés se situent en moyenne entre 16 et 23 %, ce qui, dit-il, est loin des réductions de 25 à 40 % par rapport à 1990 que les chercheurs estiment essentiels pour enrayer la hausse du climat.

    Si l'on compare les réductions annoncées par la Maison-Blanche à l'année de référence internationale de 1990, les États-Unis vont en réalité réduire leurs émissions tout au plus de 4 % sous ce niveau historique. C'est très loin des propositions des scientifiques pour stabiliser la hausse du climat ou des engagements de l'Europe, qui cible une réduction globale de 20 % sous la barre de 1990.

    «On est loin des -25 % à -40 % en 2020», a reconnu avec son franc-parler le ministre français de l'Écologie, Jean-Louis Borloo, mais «avoir un engagement américain chiffré, annoncé par la Maison-Blanche, est un processus inestimable».

    Un bon début

    Aux États-Unis comme au Canada, l'engagement pris par la Maison-Blanche a été accueilli comme une bonne nouvelle même s'il est presque identique à celui du gouvernement Harper, dénoncé ici unanimement par les écologistes et plusieurs gouvernements provinciaux.

    La Union of Concerned Scientists, un des groupes les plus vigilants, a félicité la Maison-Blanche pour s'être enfin engagée, tout en souhaitant «que le président fasse pression sur le Sénat pour qu'il adopte des objectifs plus ambitieux». Même réaction du côté du National Resource Defence Council (NRDC).

    Steven Guilbeault, du groupe Équiterre, voyait aussi hier l'annonce d'une cible de réductions par les États-Unis comme un important développement. Invité à dire pourquoi il applaudissait la Maison-Blanche et dénonçait le gouvernement Harper malgré la similitude des deux cibles, il a expliqué qu'il s'agissait de «deux réalités fondamentalement différentes».

    «Le Canada de Stephen Harper promet d'atteindre depuis quatre ans un objectif de -3 % par rapport à 1990, dit-il. Mais depuis, il n'a cessé de mettre la hache dans les budgets d'efficacité énergétique, dans celui des énergies renouvelables pour donner cet argent aux pétrolières sous forme d'aide à la séquestration du carbone, tout en coupant les recherches les plus fondamentales. Même des organismes aussi prudents que l'Institut CD Howe et la Table ronde nationale sur l'environnement et l'économie ont dit dans des rapports publics que le Canada ne peut pas arriver aux résultats annoncés avec les moyens qu'il met de l'avant. Et personne n'a encore vu une ligne de la réglementation canadienne.»

    Par contre, aux États-Unis, poursuit Steven Guilbeault, «on a un volumineux projet de loi devant le Congrès et l'EPA a reçu l'ordre de promulguer des règlements en 2010 pour contrôler les émissions des grands émetteurs et des automobiles. Le président Obama a par ailleurs investi des dizaines de milliards dans l'efficacité énergétique, les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique des bâtiments. Là au moins, c'est crédible, car des moyens précis et importants sont mis au service des objectifs annoncés. Tout le contraire d'ici, au Canada.»

    ***

    Avec AFP, AP et Reuters
     
     
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