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Climat: le Québec vise haut

Réduction des émissions d'au moins 20 % par rapport à 1990; la cible la plus importante en Amérique du Nord

Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
A deux semaines de la conférence internationale de Copenhague sur le climat, le Québec a décidé de cibler une réduction de ses émissions de gaz à effet de serre (GES) d'au moins 20 % d'ici à 2020.

«Tout comme l'Europe, le Québec réduira ses émissions de GES de 20 % sous le niveau de 1990 à l'horizon de 2020. [...] Cette cible pourra être revue à la hausse, selon les résultats des négociations internationales et selon les engagements des principaux partenaires économiques du Québec», a déclaré hier le premier ministre Jean Charest devant le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM).

En s'alignant sur l'Europe, qui se dit prête à hausser la barre de ses réductions jusqu'à 30 % en cas d'accord important à Copenhague, le premier ministre Charest a donné l'impression d'être sensible aux voeux du milieu écologiste québécois, qui a réclamé avec une rare unanimité une réduction minimale de 25 % sous le niveau d'émissions de 1990, soit la fourchette inférieure recommandée par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). Dans son document de consultation, Québec se proposait de réduire ses émissions de 10 à 20 %, sans aller au-delà.

Le premier ministre a dit qu'il s'agissait de «l'objectif le plus ambitieux en Amérique du Nord et un des plus ambitieux au monde», y compris par rapport à l'Europe. Si le Québec atteint cet objectif, a-t-il dit, nos émissions ne dépasseront pas huit tonnes par an par personne en 2020, comparativement à neuf tonnes en Europe.

Mais la position de «leader» du Québec en matière de changements climatiques a surtout été soulignée par Équiterre, par la Fondation David Suzuki, par l'Institut Pembina et Vivre en Ville. Pour ces groupes, «le Québec demeure un leader en Amérique du Nord, ce qui est d'autant plus important devant l'inaction de plus en plus affirmée du gouvernement fédéral canadien, dont la cible n'est que de -3 % (par rapport à 1990), la plus basse des pays industrialisés.»

Les objectifs québécois dépassent effectivement non seulement ceux d'Ottawa, mais aussi de l'Ontario (-15 %) et de la Colombie-Britannique (-11 %) et de ses voisins de la Nouvelle-Angleterre (-10 %).

Mais pour Virginie Lambert-Ferry, de Greenpeace Québec, «le Québec fait un effort notable. Mais il n'est que le leader d'une bande de nuls. Les vrais leaders, dit-elle en entrevue au Devoir, sont des pays comme le Japon (-25 %), la Suède (-40 %), la Norvège (-30 %), l'Allemagne (-25 %) ou le Royaume-Uni (-34 %), qui se sont fixé des cibles beaucoup plus ambitieuses et sur lesquels le Québec devrait prendre exemple».


Deux plans très différents

Le premier ministre Charest a critiqué plus ouvertement que jamais le plan canadien, soulignant qu'il se limite à un «maigre» 3 % sous la barre de 1990, soit l'année de référence internationale. Pour Jean Charest, l'adoption de 2006 comme année de référence par le Canada est très dangereuse pour le Québec puisque cette date annule tous les efforts antérieurs des secteurs industriels d'ici, ce que Québec n'entend pas accepter.

À son avis, le premier ministre Harper «va suivre ce que le gouvernement américain aura décidé de mettre en place». Le danger, a ajouté Jean Charest, résulte de la faiblesse du plan fédéral, qui fait du Canada une cible pour les taxes vertes que d'autres pays, comme l'Europe, pourraient imposer à nos exportations sous prétexte que nous faisons du dumping énergétique. Pour le premier ministre, les ouvertures qu'a faites l'OMC l'été dernier lors des pourparlers du cycle de Doha sont particulièrement menaçantes pour le Québec, exportateur de richesses naturelles et de produits manufacturiers.

Pour réaliser son plan de réductions, Québec entend intensifier le développement du transport collectif et du transport intermodal. Il révisera la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme pour mieux contrer l'étalement urbain, réduira la place de l'automobile au profit du transport collectif, éliminera graduellement les systèmes de chauffage au mazout, favorisera l'électrification des transports de personnes, accentuera sa politique d'économies d'énergie et de substitution des carburants polluants, stimulera l'utilisation du bois dans la construction et la valorisation énergétique de la biomasse.

S'il n'atteint pas ainsi tous ses objectifs, il achètera, a dit Jean Charest, des crédits d'émissions dans les pays en développement au moyen du système de plafond et d'échanges qu'il instituera sur son territoire grâce à la loi 42, adoptée au printemps.

Le premier ministre Charest entend mettre en valeur le leadership du Québec lors de la troisième conférence des leaders à Copenhague, un des nombreux événements parallèles qui réuniront des États fédérés qui voudraient avoir voix au chapitre.

Pour la critique du Parti québécois en matière d'Affaires internationales, Louise Beaudoin, cette offensive se résume à «des mots, car Steven Harper a décidé d'aller dans une autre direction, et c'est sa position qui aura préséance devant la communauté internationale». Mme Beaudoin estime d'autre part que le plan «ambitieux» de Jean Charest manque de crédibilité, car, malgré ses déclarations, son plan pour atteindre les objectifs de Kyoto ne fonctionne pas.

Le premier ministre a en effet déclaré hier, à la grande surprise de plusieurs écologistes, car il parlait au présent: «Le Québec sur ces questions prend ses responsabilités. Je vous rappelle qu'on est un des seuls endroits — je dis malheureusement — à respecter les objectifs de Kyoto.»

Les objectifs de Kyoto imposent de respecter au pays une moyenne de 6 % sous la barre de 1990 entre 2008 et 2012, des objectifs entérinés par l'Assemblée nationale. Or le Québec ne prévoit atteindre ce niveau de réduction qu'une seule année sur cinq, soit en 2012 seulement.






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  • André Chevalier
    Abonné
    mardi 24 novembre 2009 03h19
    Un paragraphe indéchiffrable
    «Les objectifs de Kyoto imposent de respecter au pays une moyenne de 6 % sous la barre de 1990 entre 2008 et 2012, des objectifs entérinés par l'Assemblée nationale. Or le Québec ne prévoit atteindre ce niveau de réduction qu'une seule année sur cinq, soit en 2012 seulement.»

    Ça veut dire quoi ce paragraphe?

    Quant au discours de Charest, ce n'est que de la rhétorique pour se faire valoir dans l'opinion publique. Les mesures qu'il annonce sont généralement des coquilles vides telles qu'on observe dans d'autres domaines comme la préservation de l'environnement, l'exploitation des mines etc...

  • jacques noel
    Inscrit
    mardi 24 novembre 2009 07h07
    Le Québec, dindon de la farce du "fédéralisme rentable"
    Si le Québec fait -20%, l'Ontario -15, la Colombie-Britannique -11 et le Canada -3, combien va faire l'Alberta? Plus 50%?

    Tout le Canada va se priver, va dépenser des dizaines de milliards pour continuer à permettre à l'Alberta de continuer à polluer à toute quiétude. Voilà pour le fédéralisme rentable!

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    mardi 24 novembre 2009 07h46
    l''enfer et les bonnes intentions
    Espérons que ce projet écologique va faire moins long feu que celui de M. Charest et de son très provincial PLQ, du développement du Grand-Nord Québécois qui s’est effondré avant de lever.

  • Bernard Batt
    Inscrit
    mardi 24 novembre 2009 08h43
    Arrêtons de subventionner les sports mécaniques (2)


    Le Ministère des Transports du Québec subventionne fortement les clubs de VTT et des motoneiges. (Exemple: http://www.quadpetitenation.ca/partenaires1.html)

    Rien que les VTT (4 roues) produisent environ un million de tonnes de GEC. Hypothèse de calculs : 500,000 4 roues, 5000 km / an, 13 litres par 100 km

    Ajoutons à cela les motoneiges, toutes sortes de bateaux, etc.

    Et tout ça, au nom du développement économique!!!

    J’aimerais savoir comment sont crées les chiffres des « retombés économiques » annoncés par les fédérations de VTT, motoneige, etc.

  • Andre Vallee
    Abonné
    mardi 24 novembre 2009 08h50
    Jean Chares et l'environnement
    Comment notre premier ministre peut-il être crédible au sujet de l'environnement après avoir tout fait pour que plus de véhicules entrent à Montréal au lieu de mieux planifier le transport en commun?

  • Rodrigue Guimont
    Abonné
    mardi 24 novembre 2009 09h11
    La pollution peut revêtir plusieurs formes
    Madame Beaudoin a raison, l’effort est louable mais c’est la politique du Canada en matière de réduction des émissions de gaz et de l’effet de serre que retiendra la communauté internationale. Le Québec? connaît pas… (encore).

    Le Canada est un des plus grands pollueurs au monde, après la Chine, les Émirats Arabes Unis, l’Inde. Le Québec a beau faire des efforts il traine derrière lui l’intransigeance canadienne et relève légèrement la réputation du Canada à l’étranger. Sans la politique environnementale du Québec, la réputation du Canada serait encore plus désastreuse.

    D’autre part, en parlant de responsabilité en matière de pollution, Monsieur Charest devrait savoir que la pollution peut revêtir plusieurs formes y compris celles de salir et corrompre tout système politique. Refuser une commission d’enquête publique et indépendante sur la «corruption humaine» derrière de juteux contrats est aussi une manière de combattre une forme de pollution autrement plus nuisible, puisqu’il souille les bases même de la confiance du peuple envers ses élus.

  • Amadeus Olivier
    Inscrit
    mardi 24 novembre 2009 09h52
    Encore des mots...
    L'intention est louable. Par contre, ce ne sont encore que des mots, que des objectifs, que du vent quoi ! À quand du concret ? Exemple : un programme d'inspection obligatoire des véhicules. Qu'on retire illico le 20% de voitures dites minounes qui causent plus de 50% de la pollution de ce secteur. Simple, efficace et concret. Pas nécessairement populaire cependant, et n'oublions pas que les gouvernements gouvernent pour se fair réélire

  • Pierre Véronneau
    Inscrite
    mardi 24 novembre 2009 10h05
    On peux et on doit faire mieux.
    Ce n'est pas assez comme objectif, ce n'est pas comme si nous avions des siècles pour changer de cap; il ne nous reste plus beaucoup de temps alors un bon coup de barre s'impose. Comme on dit souvent un geste vaut mille mots. Alors vivement à l'action. J'espère avoir tort mais j'ai le sentiment que l'évènement de Copenhague va être un exercice futile ?
    Pierre Véronneau
    VP
    Association Québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA)

  • Claude Kamps
    Inscrit
    mardi 24 novembre 2009 10h07
    Réductions de 20% des taxes et services si on recycle bien
    Faut pas rêver, Charest ne veut que notre bien, avec les tarifs de toutes sortes qui augmente à vive allure, bientôt on ne pourra plus recycler, pour cela il faut consommer et payer... et ce qu'on débourse pour Charest y a pas de déchet lol...

  • gaetanfo
    Abonné
    mardi 24 novembre 2009 11h24
    mazout ou ?
    «éliminer graduellement les systèmes de chauffage au mazout»

    Et le remplacer par quoi ?

  • Sylvain Auclair
    Abonné
    mardi 24 novembre 2009 12h12
    Au moins, on va se développer
    Investir dans les technologies propres, c'est investir dans les meilleurs technologies. Pendant ce temps, l'Alberta va se dévaster elle-même. Bien fait pour eux, pourrait-on dire.

  • Richard Larouche
    Inscrit
    mardi 24 novembre 2009 13h06
    Il faudrait avant tout se donner les moyens de nos ambitions !
    Louise Beaudoin a raison, Jean Charest est un grand parleur petit faiseur quand il s'agit de se tenir debout devant le gouvernement fédéral. Le plan d'Harper est dérisible et il est à des années-lumière des "objectifs" déclarés par Charest.

    Pour se donner les moyens de "ses ambitions" ils faudrait au moins qu'il ressorte le slogan "Égalité ou indépendance" sinon le Québec sera le dindon de la farce et subira les conséquences du développement pétrolier en Alberta. Tant et aussi longtemps qu'il refusera d'aller dans cette direction (et malheureusement ça me surprendrait énormément), il ne sera pas crédible.

    Pendant ce temps, les chroniqueurs patentés de Gesca disent que le PQ est motivé par la peur ! C'est le monde à l'envers !

  • Roussel Louis-Philippe
    Inscrit
    mardi 24 novembre 2009 14h27
    Bla bla bla
    Le Jean Charest de 2009 est -il vraiment différent du JC de 2004 qui voulait construire la centrale du suroit??? J'en doute. Ces déclarations ne sont que du vent, une volonté de séduire les dupes et de se faire du capital politique.

    Et pendant ce temps à l'Ouest, les Albertains eux détruissent et émettent plus de CO2 que jamais! En claquant des doigts, ils peuvent réduire nos efforts à rien car ils polluent de plus en plus.

    Le vrai problème en matière de lutte contre les gaz à effet de serre (GES), il est à Ottawa. Tant que le Parti conservateur sera au pouvoir, il n'y aura pas de véritable changement au Canada en matière de lutte contre les GES.

    Et pourtant, plusieurs citoyens continuent d'appuyer les Conservateurs dont, rappelons-le, beaucoup de Québécois.

  • Dominic Pageau
    Abonné
    mardi 24 novembre 2009 14h44
    Tout ces efforts pour une grosse arnaque.
    Des scientifiques anglais, avec des américains se sont fait prendre la main de sac à faire de la falsification de données, à en effacer et à faire la guerre aux chercheurs qui n'ont pas les même résultats qu'eux afin qu'ils ne soient pas publier.

    http://www.rue89.com/2009/11/23/le-climategate-de-

    On ne peut peut pas être contre la venue des technologies, mais par contre, je suis contre la bourse du carbone et toute la mouvance idéologique qui vient avec. Augmenter le cout de l'énergie ne sauvera pas personne, au contraire.

    Ça suffit la propagande verte.

  • John Mokawi
    Inscrit
    mardi 24 novembre 2009 15h05
    N'oubliez pas qu'on est en Amérique du Nord
    Ce sont des objectifs respectables dans le contexte de l'Amérique du Nord. Faut as oublier que nos voisins ne vont pas s'encombrer d'une telle manière. Évidemment, il reste à voir s'ils vont être tenus.

  • Fernand Trudel
    Abonné
    mardi 24 novembre 2009 19h58
    Taxes, taxes, taxes
    Toutes ces bonnes intenbtions ne sèmeront que l'appauvrissement et des taxes, des taxes et des taxes...

    La bourse du carbone a permis à Monsanto de déforestrer l'amazonie pour faire de l'Éthanol. En Europe, la bourse du carbone apportera des $$$ vertes à la Russie qui a 5 milliards de tonnes de crédits à vendre malgré que c'est le pire pollueur du continent. La Russie exploite le pétrole, le gaz naturel et fait des oléoducs au mépris de l'environnement. Wow la bourse du carbone va les faire passer au cash...

    Vite amenons ça ici, les pollueurs s'enrichissent à nos dépends ... Al Gore n'attends que ça pour s'en mettre plein les poches...

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