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    Réduction des gaz à effet de serre - Québec à Copenhague: ce sera -25 %

    Jean Charest profiterait lundi de la tribune du Centre des relations internationales de Montréal pour faire connaître son objectif

    Le glacier Humboldt, dans l’Arctique, se défait en morceaux, conséquence du réchauffement du climat.
    Photo: Agence Reuters Le glacier Humboldt, dans l’Arctique, se défait en morceaux, conséquence du réchauffement du climat.
    L'Assemblée nationale a consacré plusieurs jours à entendre des dizaines de groupes et d'organismes qui ont des visions différentes sur les objectifs de réduction de gaz à effet de serre (GES) que le Québec devrait se donner d'ici 2020. La décision devait être annoncée lundi par le premier ministre Jean Charest lors d'un dîner-conférence à Montréal.

    La ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Line Beauchamp, a levé le voile hier sur la position du Québec lors d'un débat extraordinaire à l'Assemblée nationale en déclarant qu'elle endossait «au niveau international» un objectif de réduction des GES de 25 % par rapport à 1990.

    Par cette déclaration, la ministre Beauchamp a probablement dévoilé l'objectif du Québec, car il serait surprenant qu'elle puisse défendre que ce qui est bon pour la communauté internationale ne le soit pas pour le Québec.

    Jusqu'à hier, les observateurs s'attendaient à ce que cet objectif soit dévoilé lundi par le premier ministre Jean Charest lors du déjeuner-causerie organisé par le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM).

    On sait que le premier ministre québécois fera partie de la délégation canadienne à la conférence de Copenhague pour y affirmer la position du Québec, qui tranche avec celle d'Ottawa. Le ministre fédéral de l'Environnement, Jim Prentice, a cependant affirmé à plusieurs reprises que le «Canada parlerait d'une seule voix» à Copenhague, laissant entendre qu'il n'était pas question de céder au Québec le privilège d'exprimer sa dissidence devant l'assemblée plénière.

    Le Québec voudrait faire reconnaître à Copenhague un rôle des États fédérés dans la lutte contre les changements climatiques.

    Durant les récentes audiences, la plupart des groupes écologistes ont suggéré à Québec d'adopter la fourchette inférieure de la proposition du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC-ONU), soit de stabiliser la hausse du climat par des réductions d'émissions pouvant aller de -25 à -40 %.

    C'est cet objectif auquel la ministre Beauchamp a fait référence hier, en évoquant une lettre signée conjointement par le groupe Équiterre et le Conseil patronal en environnement. Les deux organismes ont proposé dans cette déclaration de hausser la barre à -25 % à l'échelle de la planète.

    La ministre Beauchamp a alors déclaré: «Nous endossons cette vision des choses, bien sûr.»

    La ministre a cependant été incapable de démontrer que le Québec pourrait se dissocier de la position canadienne devant l'assemblée de l'ONU. Il pourra cependant s'en démarquer en dehors de la plénière, ce qui ne respecte pas les principes de la doctrine Gérin-Lajoie, selon la critique péquiste en matière d'affaires étrangères, Louise Beaudoin.

    À Ottawa

    Pendant ce temps, à Ottawa, le Bloc québécois a déposé hier une motion — appuyée par le NPD et le Parti libéral — qui demande au gouvernement de ne pas se présenter les mains vides à Copenhague.

    Selon le texte qui sera débattu mardi, le Canada devrait proposer à Copenhague que les pays industrialisés acceptent une réduction de 25 % de leurs émissions de GES par rapport à 1990, et cela, d'ici 2020. On évoque aussi la nécessité de limiter la hausse des températures de la planète en deçà de deux degrés par rapport aux niveaux de l'ère préindustrielle, et la nécessité d'appuyer les pays en développement «dans leurs efforts de réduction de GES et d'adaptation aux changements climatiques».

    «On lance le message à la communauté internationale que ce gouvernement-là ne fait pas l'unanimité», a indiqué le député bloquiste Bernard Bigras. Si la motion est symbolique, elle représente tout de même l'opinion d'une majorité de députés de la Chambre, a-t-il fait remarquer.

    Le plan vert des conservateurs — qui n'est toujours pas fixé par un cadre réglementaire — prévoit une réduction de 20 % des GES d'ici 2020, mais par rapport à 2006, ce qui équivaut à un maigre -3 % par rapport à 1990, l'année de référence internationale.












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