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Gestion des déchets - Le diable dans les détails

La politique de gestion des matières résiduelles rendue publique lundi par la ministre du Développement durable, Mme Line Beauchamp, est à première vue très ambitieuse. Elle vise large, s'attaque à toutes les formes de déchets et prévoit des moyens financiers importants pour sa mise en oeuvre.

Dès la prochaine année, Québec va presque doubler le montant des redevances par tonne de déchets qui sont enfouis, pour ramener la quantité annuelle de matières à éliminer de 810 kg à 700 kg par personne d'ici cinq ans. Ainsi, on interdira complètement l'enfouissement du papier et du carton, il faudra traiter ou recycler au moins 60 % des matières putrescibles, 80 % des résidus de béton ou d'asphalte et 70 % des résidus de construction. De plus, on obligera les fabricants d'équipements électroniques à reprendre les appareils une fois leur vie utile terminée. Ce qui devrait, croit-on, inciter ces fabricants à utiliser des composantes moins toxiques et plus facilement récupérables.

Voilà d'ailleurs l'une des caractéristiques dignes de mention de cette nouvelle politique, qui inverse une partie de la responsabilité du processus de récupération des municipalités vers les fabricants.

Cela dit, plusieurs questions restent sans réponses, ou sont carrément inquiétantes. Par exemple, on veut que les familles récupèrent les déchets de table, mais va-t-on leur faciliter la tâche? À l'heure actuelle, des dizaines de milliers de résidants d'immeubles à logements ne peuvent même pas participer à l'effort de récupération parce que leur municipalité accuse un retard important.

Du côté des entreprises, on souhaite réduire à la source la quantité de matières résiduelles, comme le suremballage, mais comment? Depuis l'adoption des deux politiques précédentes, il y a dix et cinq ans, le recyclage est devenu pratique courante et pourtant, la quantité de déchets enfouis n'a pas cessé d'augmenter. C'est une chose de forcer les consommateurs à rapporter leurs achats dans des sacs réutilisables, une offensive rentable pour les commerçants, c'en est une autre d'empêcher les chaînes de restauration rapide de vendre leur café et leurs trios Big Mac dans des emballages qui aboutiront au dépotoir!

En revanche, il ne faudrait pas non plus que ces efforts pour protéger l'environnement tuent certaines industries vitales, on pense notamment à l'édition et à la presse écrite. En effet, il serait malheureux d'exiger des journaux qu'ils prennent à leur charge la récupération du papier sans recevoir une aide de l'État équivalente à celle de leurs concurrents des médias électroniques. À l'heure actuelle, c'est même la vente des journaux sur papier qui sert à financer les sites d'information virtuelle les plus fréquentés qui, eux, ne créent aucun résidu...

En somme, voilà une très bonne politique de la part de la ministre Beauchamp. Il reste à voir les détails de son application.

***

j-rsansfacon@ledevoir.com
 
 
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  • Paul Racicot
    Inscrit
    mercredi 18 novembre 2009 18h41
    Les déchets putrescibles...
    Je recycle tout ce que je peux. Ce qui se retrouve alors dans ma petite poubelle de cuisine, ce sont : les déchets de table et... les maudits emballages (pour la tarte, la viande, etc.) Tous des emballages dont on devrait pouvoir se passer, non? Mais il y a le "merchandising"... et les habitudes de nos épiciers. Devrais-je apporter mon contenant de plastique pour que le boucher y mette ma viande et y colle son étiquette? J'y songe. Mais pour la tarte, comment faire?

    Par ailleurs, la quantité de déchets de la construction-rénovation non récupérés et tout bonnement enfouis m'a toujours étonné! Il était grand temps que l'on passe à l'action! Et cela devrait créer pas mal d'emplois, non?

    ;-)

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