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Conférence de Barcelone - Les Africains retournent à la table de négociation

Une étude laisse entendre que le Canada paiera cher son inaction

Les délégués africains à la conférence de Barcelone sur les changements climatiques ont accepté hier de revenir à la tablesde négociation à la condition que 60 % du temps soit consacré à la définition des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre que s'imposeront les pays occidentaux.

C'est en plénière sur le prolongement du protocole de Kyoto de 2012 à 2020 que le compromis a été présenté et accepté par la plénière de Barcelone. Cette conférence a été convoquée pour réduire les enjeux de négociation de la conférence de Copenhague, qui se tiendra du 7 au 18 décembre.

La plénière de Barcelone a permis aux poids lourds du G77, le principal regroupement des pays émergents et en développement, d'appuyer les Africains qui avaient quitté les tables de travail la veille en disant qu'il ne servait à rien de négocier quoi que ce soit tant que les pays développés ne chiffreraient pas les efforts de réduction de leurs émissions qu'ils envisagent pour la période 2012-2020.

La Chine, l'Inde et le Brésil notamment ont dit partager les «inquiétudes» des Africains, qui craignent de faire les frais du réchauffement du climat, causé soulignent-ils, par l'usage immodéré de combustibles fossiles dans les pays développés. Les positions du G77, qui réintroduisent le clivage nord-sud dans le dossier du climat, placent aussi les grands pays occidentaux comme les États-Unis, le Canada, l'Australie, le Japon et la Nouvelle-Zélande dans l'obligation d'ouvrir leur jeu sous peine d'être accusés de mauvaise foi.

C'est d'ailleurs un pas qu'ont franchi ouvertement hier les 400 groupes écologistes présents à Barcelone. Le Canada a reçu pour la deuxième journée consécutive le «prix Fossile» du jour «en tant que pays le plus destructeur du consensus» parce qu'il a voulu fermer le débat sur la question de l'adaptation aux changements climatiques. De Barcelone où il se trouve, Steven Guilbeault, d'Équiterre, estimait impossible de ne pas traiter de la manière dont les principales victimes d'un climat à la hausse vont s'en tirer et avec quels moyens.

Mais cette tuile n'était pas la seule à tomber sur la tête du Canada, le pays jugé le plus en retard de tout l'Occident dans la lutte contre le réchauffement du climat. Son retard risque en effet de lui coûter très cher, si on se fie à une étude publiée hier à Berlin par l'Institut de Potsdam en recherches climatiques et quatre autres grands instituts de recherche européens.

Selon cette étude, il est possible de planifier de fortes réductions des émissions de gaz à effet de serre (GES) si on passe à l'action rapidement. Si on s'y prend tôt, indique l'étude, les coûts des mesures diminuent et sont annulés par les bénéfices technologiques et économiques. À tel point que l'Europe aurait intérêt à demeurer le champion de la lutte contre le réchauffement, même si tout le monde ne la suivait pas.

Selon l'étude, il en coûtera en moyenne l'équivalent d'une année de PIB d'ici 2050, soit une réduction moyenne de 2 % de la croissance répartie sur près d'un demi-siècle, pour «décarboniser» une économie. L'étude, qui ne tient pas compte d'une politique de laisser-faire, précise que la mitigation des impacts coûtera jusqu'à 46 % plus cher aux pays qui vont attendre pour bouger.
 
 
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