Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous

    Copenhague toujours en marche

    Le défaitisme de Stephen Harper ne ralentit pas la machine diplomatique

    La fonte des glaciers du Groenland s'accélère à un rythme qui dépasse toutes les prévisions, ce qui va forcer l'ONU à réexaminer la problématique de la hausse des océans
    Photo: Agence France-Presse (photo) Michael Kappeler La fonte des glaciers du Groenland s'accélère à un rythme qui dépasse toutes les prévisions, ce qui va forcer l'ONU à réexaminer la problématique de la hausse des océans
    Deux séances de pourparlers intenses se sont déroulées hier aux extrémités de la planète — en Chine et à Copenhague — pour la préparation de la conférence sur le climat en décembre, dont les préparatifs donnent lieu à une intense activité diplomatique qui ne désarme pas, malgré les sons de cloche discordants qu'a émis, en fin de semaine, la réunion de l'APEC tenue en Asie.

    Le président Obama a en effet rencontré hier le premier ministre chinois, Hu Jintao. Cette rencontre pourrait constituer le prélude à des développements du côté chinois, qui pourraient faciliter l'adoption, par le Congrès des États-Unis, du projet de loi sur le contrôle des émissions de gaz à effet de serre et l'entrée des États-Unis dans la lutte internationale contre le réchauffement du climat.

    L'adoption de ce projet de loi, peu probable avant plusieurs mois, empêche les États-Unis de s'avancer sur des objectifs précis de réduction à Copenhague, ce que tous les pays émergents attendent avant de dévoiler leur jeu et ce qui explique le réalisme de ceux qui voient désormais Copenhague comme le premier pas vers la conclusion d'un traité juridiquement contraignant, qui serait signé en 2010 à Mexico.

    C'est ce qui explique aussi que le président Obama a laissé tomber, à la réunion de l'APEC tenue à Singapour, qu'il serait impossible de mettre au point un traité juridiquement contraignant à Copenhague, mais qu'on doit y «donner un puissant signal politique» au moyen d'un texte qui balisera les négociations plus techniques prévues en 2010. Il ne faut pas oublier qu'il a fallu huit ans avant que les signataires de Kyoto ratifient en 2005 la réglementation qui a donné un véritable effet juridique au traité.

    Pendant ce temps, les représentants de 44 pays, dont le Canada, se sont réunis hier et aujourd'hui à Copenhague pour mettre la dernière main aux préparatifs en vue de décembre.

    Si tout le monde convient dorénavant par réalisme qu'on n'obtiendra pas, à Copenhague, un traité ouvert à la signature, plusieurs portent un second regard sur les débats de l'APEC que certains pays ont eu tendance à interpréter, voire présenter commodément, comme un échec.

    Volée de bois vert

    À Ottawa, les déclarations défaitistes que le premier ministre Harper a faites au sommet de l'APEC ont été interprétées par les partis d'opposition comme un paravent pour masquer le laxisme de son gouvernement.

    Gilles Duceppe, du Bloc québécois, a dit craindre que les provinces de l'Est, à vocation plus manufacturière, comme le Québec, ne fassent les frais des taxes à l'importation que pourraient promulguer des pays plus avancés en matière de lutte contre les changements climatiques. Comme l'Europe, dont 24 des 25 membres ont atteint ou dépassé déjà les objectifs de Kyoto, selon un rapport publié hier par l'Union européenne.

    Selon Thomas Mulcair, du NPD, le gouvernement Harper «donne des réponses qui ne tiennent pas la route» quand il se déclare en faveur d'un traité solide, malgré les «embûches d'ordre juridique», selon le mot du ministre des Travaux publics, Christian Paradis, qui veut cependant garder l'environnement «en équilibre avec la priorité qu'est l'économie». Voilà qui préfigure la stratégie d'un «gouvernement obstructionniste» à Copenhague, a ajouté Thomas Mulcair.

    D'après David McGuinty, porte-parole libéral en matière d'environnement, le gouvernement Harper ne cherche qu'une chose: «Se cacher derrière un échec [à Copenhague] jusqu'à la prochaine campagne électorale.»

    L'APEC, un échec?

    La déclaration finale de l'APEC a écarté pour deux raisons l'objectif de réduire de 50 % les émissions globales d'ici 2050, soit la stratégie qu'appuie le Canada. L'APEC a ainsi pu revenir officiellement à son objectif de 2007, qui consiste à réduire d'ici 2030 les émissions globales de 25 %, un objectif plus rapproché que 2050. Ce changement a aussi été apprécié par les États-Unis, car, le même jour, le président Obama et le premier ministre Hatoyama, du Japon, ont convenu d'engager leurs deux pays à oeuvrer ensemble pour une réduction de leurs émissions non pas de 50 %, mais de 80 %, d'ici 2050. Les deux pays ont aussi réitéré ouvertement leur volonté de lier les pays développés dans un système de réductions contraignantes exprimées en chiffres absolus et d'ouvrir la porte à des réductions plus souples du côté des pays en développement.

    Or le sommet de l'APEC souhaite aussi, dans son communiqué final, appuyé par tous, un «résultat ambitieux» pour la conférence de Copenhague afin de régler «un des plus grands défis» actuels par le recours à une stratégie plus exigeante pour les pays occidentaux que pour les pays en développement.

    Néanmoins, l'idée lancée à Singapour par le premier ministre danois, Lars Lokke Rasmussen, de parvenir à un traité juridiquement contraignant en deux phases, soit en définissant des objectifs à Copenhague et en négociant ses modalités par la suite, avant la conférence de Mexico prévue en décembre 2010, a reçu un accueil partagé en Europe. La chancelière Angela Merkel a déclaré hier qu'elle se rendra personnellement à Copenhague pour accélérer le processus de négociation en phase finale. De son côté, le responsable du secrétariat de la convention sur le climat, Yvo de Boer, a émis pour sa part hier l'idée qu'une période de six mois plutôt qu'un an suffirait pour la finalisation d'une entente contraignante sur les suites à donner au protocole de Kyoto, rapportait l'agence Reuters. Selon les dirigeants de l'ONU, il n'est pas nécessaire de recommencer tout le travail fait dans le cadre de Kyoto, ce qui peut accélérer les négociations sur les objectifs, l'aide internationale et les transferts technologiques.












    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.