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GES: les propositions de Pembina et Suzuki

L'étude Protection climatique/prospérité économique, réalisée par l'Institut Pembina et la Fondation David Suzuki à partir d'une modélisation économétrique des consultants MK Jaccard et associés, intègre et mesure l'impact d'une quinzaine de solutions pour en déterminer le coût si le Canada veut participer à l'atteinte de l'objectif de stabilisation du climat.

La première et la plus importante de ses solutions est une politique de tarification des émissions, soit par un plafonnement de 80 % des émissions canadiennes, soit par l'application d'une taxe aussi importante sur ces mêmes émissions. La vente aux enchères des droits d'émission rapporterait 72 milliards par année vers 2020. Cet argent servirait à financer les politiques de réduction et à aider les entreprises et les citoyens à absorber le coût additionnel des combustibles fossiles. Le scénario évalué propose:

- un resserrement des «normes d'émissions» (vs de consommation) des véhicules, d'abord en calquant celles de la Californie pour se rapprocher ensuite des normes européennes;

- un resserrement des normes de construction pour rendre les bâtiments 50 % plus efficaces. Les édifices commerciaux devraient respecter la norme «Or» du programme de certification LEED;

- de rendre obligatoire au Québec, au Manitoba et en Colombie-Britannique l'installation de chauffages électriques ou en géothermie;

- d'utiliser pour les appareils électroménagers les normes les plus exigeantes;

- de rendre obligatoire le captage des gaz émis par les sites d'enfouissement, soit l'essentiel des émissions de méthane;

- de réglementer pour réduire les émissions d'évacuation et des torchères des raffineries de pétrole ou des équipements gaziers;

- d'imposer par règlement, à partir de 2016, le captage et le stockage permanent du CO2 des nouvelles usines de traitement de gaz naturel, centrales électriques au charbon et installations d'exploitation des sables bitumineux. Sinon, leurs émissions vont faire augmenter la facture des autres secteurs industriels;

- de réglementer l'industrie nucléaire pour que ses tarifs incluent le coût de ses déchets et du démantèlement de ses équipements, question de concurrencer équitablement les énergies vertes;

- de convertir en «réseau intelligent» les infrastructures de transmissions électriques du Canada afin d'y favoriser l'intégration des énergies alternatives vraiment vertes, comme l'éolien, dont la part devrait passer de 2 % maintenant à 18 % d'ici 2020;

- d'agrandir le réseau de transport en commun intervilles par un investissement de 77 milliards entre 2010 et 2020;

- d'acheter grâce aux fonds publics des crédits d'émission pour le secteur agricole afin d'éponger ses émissions, trop difficiles à tarifer;

- d'investir dans des projets internationaux pour aider les pays en développement et permettre au Canada d'atteindre ses objectifs de réduction à moindre coût pour une part de ses émissions.






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