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Fermeture de la pêche à la morue - Des pêcheurs de l'est de Terre-Neuve sont prêts à défier l'arrêt total

St-Jean, T.-N. — Des pêcheurs de l’est de Terre-Neuve ont mis le feu à un drapeau canadien hier pour montrer qu’ils étaient prêts à défier l’arrêt total de la pêche à la morue décrété par le gouvernement fédéral dans les eaux au nord-est de la province et dans le golfe du Saint-Laurent.

L’annonce jeudi par le ministre des Pêches et Océans, Robert Thibault, d’une suspension indéfinie de la pêche à la morue a provoqué la colère des pêcheurs de Clarenville, qui ont été rejoints par les manifestants qui occupaient un bureau du ministère à Corner Brook.
«Le gouvernement fédéral se trompe s’il croit que l’affaire sera oubliée dans deux ou trois jours», a lancé David Decker, un directeur de l’Union des pêcheurs de Terre-Neuve. Selon lui, Ottawa a une semaine pour changer sa décision. En attendant, le syndicat a demandé l’arrêt de la pêche au crabe dans une partie du golfe. Le ministère des Pêches et Océans a répliqué en fermant une dizaine de ses bureaux sur la côte ouest de l’île et au Labrador. «Nous avons pris cette décision à cause de la volatilité de la situation», a expliqué Jan Woodford, une porte-parole du ministère à Saint-Jean.
Bien qu’aucun incident n’ait été rapporté jusqu’ici, «des actes de violence se sont déjà produits dans le passé et nous nous soucions toujours de la sécurité de nos gens», a ajouté Mme Woodford, hier. Les zones dont la fermeture a été annoncée jeudi ont déjà été les plus riches pour la pêche à la morue dans l’Atlantique. La fermeture s’appliquera même à la pêche récréative. En annonçant la nouvelle, M. Thibault a ajouté que la pêche commerciale était vouée à l’extinction et qu’il faudra «beaucoup, beaucoup de temps» pour que les stocks récupèrent.
En compensation, Ottawa offre un programme de création d’emplois de 44 millions sur deux ans pour faire en sorte que les pêcheurs et travailleurs de l’industrie touchés puissent recevoir des prestations de chômage. Un programme que les manifestants de Clarenville ont qualifié d’insultant et insuffisant. «Si cette décision demeure, nous devrons agir par nous-mêmes et continuer à pêcher», a déclaré M. Decker.
Les pêcheurs dénoncent le refus d’Ottawa d’entériner l’avis du Conseil pour la conservation des ressources halieutiques, qui recommandait de réduire les quotas de pêche dans les deux régions en question à 5000 tonnes. «Même 5000 tonnes nous aurait donné du travail», a soutenu M. Decker. Dans les années 60, jusqu’à 800 000 tonnes de morue pouvaient être pêchées dans ces régions.
De son côté, le premier ministre de Terre-Neuve, Roger Grimes, a discuté de la situation à Ottawa avec les ministres Thibault, le vice-premier ministre John Manley et le ministre des Affaires intergouvernementales, Stéphane Dion. Il s’est aussi entretenu avec le premier ministre Jean Chrétien par téléphone. Toutes ces démarches n’ont toutefois pas abouti à un engagement de revoir la décision. Malgré tout, la Chambre des communes tiendra un débat d’urgence sur la question ce soir.
 
 
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