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    Méthane contre carbone

    Les hydrates de méthane se sont formés sous l'effet conjugué de la pression de l'eau et de la température de moins 2 °C qu'on retrouve dans des fonds marins, à plus de 400 mètres de profondeur. La «glace qui brûle» ressemble à de la glace sèche qui, elle, est formée de gaz carbonique (CO2) solidifié. Ce méthane solide s'enflamme au contact de l'air, mais il peut être gazéifié avant d'être récupéré.

    Pour récupérer ce méthane solidifié, les chercheurs ont mis au point une méthode pour le faire passer en phase gazeuse au fond de l'eau. Ils utilisent du CO2, lui aussi en phase gazeuse, qui proviendrait, par exemple, des émissions de GES d'une centrale thermique. Ce gaz carbonique libère le méthane sans l'enflammer et il se solidifie lui-même sur les fonds marins où il demeurera emprisonné au moins 1000 ans, explique Perter Herzig, c'est-à-dire le temps qui sera nécessaire à l'eau de mer pour se réchauffer à 400 mètres de profondeur par plus de deux ou trois, ce qui serait possible en cas de réchauffement climatique constant et sévère.

    Récupérer ce méthane et l'utiliser comme combustible a au moins deux avantages importants.

    D'abord, il s'agit d'une source d'énergie «majeure», ce qui explique l'intérêt du consortium qui s'est constitué autour du projet allemand «Sugar». Il reste sur la planète environ 20 milliards de tonnes de gaz naturel, 40 milliards de tonnes ou gigatonnes (Gt) de pétrole, 540 Gt de charbon, mais 3000 Gt d'hydrates de méthane! Et il vaut mieux brûler ce méthane parce que, s'il se libère naturellement, comme c'est le cas dans les régions de dégel du pergélisol, son pouvoir de réchauffement est 22 fois supérieur à celui du CO2. Mais si on le brûle, son pouvoir de réchauffement est ramené à une unité, soit celle du gaz carbonique que dégage sa combustion.

    Plusieurs grands pays, comme la Chine et l'Inde, s'intéressent à cette filière méconnue. Les chercheurs allemands, avec leurs moyens d'étude des fonds marins nettement supérieurs à ceux du Canada malgré l'importance de nos zones maritimes, en ont localisé entre les côtes du Canada et du Groenland notamment, dans la mer du Nord, près de l'Alaska, etc. Pour les financiers qui s'intéressent au projet, les revenus de cette filière sont d'autant plus intéressants que le bilan en CO2 de l'opération est négatif, c'est-à-dire qu'il faut injecter plus de CO2 que n'en émettra le méthane récupéré, une technologie de séquestration de carbone susceptible de générer des crédits d'émission de GES à forte valeur économique.
     
     
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