jeudi 9 février 2012 Dernière mise à jour 23h24
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Le Québec et l'Ontario tiendront un registre conjoint des émissions de GES

Le Québec mettra en place dès l'an prochain un registre et un système de vérification des déclarations d'émissions de gaz à effet de serre (GES) — conjoint avec l'Ontario — afin de pouvoir plafonner les émissions de certains secteurs dès 2012 et de consolider la position stratégique de la Bourse de Montréal dans le marché du carbone.

C'est ce qu'a déclaré hier la ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Line Beauchamp, en marge de la conférence qu'elle prononçait hier devant les membres du Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM) sur le rayonnement des politiques environnementales du Québec dans le monde.

D'entrée de jeu, la ministre Beauchamp a confirmé ce que révélait samedi Le Devoir, à savoir qu'elle présentera dès demain après-midi un projet de loi devant l'Assemblée nationale afin d'«habiliter» le gouvernement à plafonner les émissions de certains secteurs qu'elle n'a pas cités. Cette stratégie fera du Québec le premier territoire en Amérique à plafonner juridiquement ses émissions de GES. Elle lui permettra du même coup de lancer un marché de crédits de carbone avec l'Ontario et de consolider la position de la Bourse de Montréal qui a conclu une entente avec le Chicago Stock Exchange pour gérer ces échanges spécialisés.

Les États-Unis ont inventé le système de «Cap and Trade» pour contrôler leurs émissions acides dans les années 90. En vertu de ce système, les entreprises reçoivent un nombre limité de permis d'émissions qui correspond au plafond imposé par l'État. Ces permis perdent de leur valeur au fil des ans de sorte que les entreprises ont trois choix: elles changent leur procédé de production pour réduire leurs émissions, diminuent leurs émissions ou achètent des crédits de celles qui ont dépassé leurs objectifs de réduction.

Mme Beauchamp a par ailleurs révélé que Queen's Park serait saisi dans les prochaines semaines d'un projet de loi semblable au sien, qui permettra aux gouvernements ontarien et québécois de mettre sur pied un registre commun des émissions et des crédits, assorti des définitions de ce qu'est une tonne de carbone et un crédit, qui accordera aux deux gouvernements le pouvoir de définir par voie réglementaire des plafonds aux acteurs économiques et institutionnels et de mettre en place un régime de vérification commun.

La ministre Beauchamp a aussi précisé que seront assujetties dès 2010 à l'obligation de faire rapport de leurs émissions toutes les entreprises qui rejettent plus de 10 000 tonnes de GES par année. La définition de GES inclura les six gaz définis dans le protocole de Kyoto. Mais, pour l'instant, Québec n'entend assujettir à un plafond d'émissions que les entreprises qui rejettent plus de 25 000 tonnes par année. Mme Beauchamp reconnaît que la Western Climate Initiative (WCI) — dont le Québec, l'Ontario, le Manitoba et la Colombie-Britannique sont partenaires avec sept autres États nord-américains — songe à imposer un plafond à toutes les entreprises qui émettent plus de 10 000 tonnes de GES par an, mais, dit-elle, cette proposition demeure à l'étude pour l'instant.

Le Québec se dit convaincu de pouvoir aller de l'avant dans ce domaine malgré les politiques fédérales qui traînent la patte.

Même si la scène politique nord-américaine est en «grande mouvance» dans le dossier du climat, ajoute la ministre Beauchamp, «avec un projet de loi qui plafonne les émissions et crée un marché de carbone, cela envoie un message très clair au gouvernement fédéral sur les intentions et la volonté politique d'une province comme le Québec, surtout que nous travaillons avec l'Ontario, la Colombie-Britannique et le Manitoba». Plus tôt, la ministre avait souligné à son auditoire que ces quatre provinces représenteraient ensemble près de 80 % de la population du Canada.

La ministre Beauchamp a reconnu que les objectifs de réduction du WCI sont très bas, soit de ramener les émissions de ses membres en 2020 au niveau de 1990. Mais, a-t-elle précisé, le Québec s'est déjà donné des objectifs plus ambitieux, soit de viser les objectifs du protocole de Kyoto. Ce dernier exige une réduction de 6 % en dessous du niveau de 1990 entre 2008 et 2012. Mme Beauchamp n'a pas voulu préciser si elle coulerait cet objectif, déjà entériné unanimement par l'Assemblée nationale, dans son projet de loi.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • jacques noel
    Inscrit
    mardi 12 mai 2009 07h08
    L'art de se tirer dans les pieds....
    Depuis 4 siècles notre peuple vit dans l'un des climats les plus durs, les plus rigoureux de la planète. Là, si jamais le réchauffement de la planète est le moindrement vrai, on pourrait rêver au climat de NY à Montréal, de Boston à Québec et de Montréal en Abitibi d'ici un demi-siècle. Bref, un peu d'humanité dans un climat sauvage.

    Mais on a tellement lessivé le bon peuple avec les "dangers" du réchauffement de la planète, que là on va devoir payer un tas de taxes cachées pour ralentir le phénomène qui nous donnerait un climat plus humain. Cherchez l'erreur.

  • Jean Leroux
    Inscrit
    mardi 12 mai 2009 08h40
    Belle initiative interprovinciale! Bravo!
    Enfin, un peu de leadership dans le dossier des GES. Quoiqu'en dise les négativisites conservateurs, il y a réellement un problème de changement de climat qui menace la qualité de vie des citoyens de la planète. Tous les scientifiques sont en accord sauf les quelques uns qui sont payés par les grands pollueurs pour faire la propagande du contraire. Bravo au Québec et à l'Ontario de prendre le leadership avec les 2 autres provinces. Un beau 80% de la population canadienne ... Peut-être qu'un jour le Gouvernement Harper va comprendre mais ... là je sombre dans le pessimisme.

  • Amadeus Olivier
    Inscrit
    mardi 12 mai 2009 09h30
    Réponse à Jacques Noel
    Hallucinant ! Si vous en valiez la peine et si j'avais le moindre espoir de provoquer en vous une, comment dirais-je,..., étincelle, je vous expliquerais l'ampleur de la bêtise de vos propos.

  • Bernard Batt
    Abonné
    mardi 12 mai 2009 09h38
    Quel plan pour le polu tourisme?
    Interdiction de vendre des poêles à bois qui ne sont pas certifié, bourse du carbonne, Oui! Et?


    Je m'explique. Selon le site de la SAAQ, il y a au Québec environs 600,000 VTT (quatre roues). À ceci on peut ajouter les millier de moto neiges, de bateaux à moteur, toutes sortes d'outils avec des moteurs deux temps, les fameux « drive inn » des vendeurs de bouffes rapide, etc

    Pour me limiter au VTT qui consomment en moyenne 13/15 litres au 100km. Si on prend l'hypothèse qu'ils font 500km par année, les VTT produisent annuellement et DIRECTEMENT plus de 1 millions de tonnes de GES. Ã cela il faut ajouter les GES émis par les SUV qui sont utilisé pour amener les VTT à la campagne.

    Consommation par 100km 15
    Nombre km/an 5,000
    Consommation par an 750
    K conversion essence / CO2 2.4
    Production annuelle CO2 (kg) 1,800
    Production annuelle CO2 (tonne) 1.8

    Nombre de VTT au Québec 600,000

    Émission annuelle des VTT (million de tonnes) 1,080,000


    Madame la ministre, quel est votre plan pour la polu-tourisme?

  • Dominic Pageau
    Abonné
    mardi 12 mai 2009 15h04
    Nier quoi?
    Il n'y a pa d'évidence que l'homme est responsable des changements climatiques actuels, ils ne sont pas nouveau et iln'y a plus de réchauffement depuis déjà 11 ans.

  • Maurice Monette
    Abonné
    mardi 12 mai 2009 16h10
    Pendant ce temps, on noient le poisson...
    Pensant ce temps où on ne cessent de trouver des moyens pour obnubiler les citoyens(nes) ordinaires avec de soient-disantes méthodes pour calculer les émissions de Gaz-à-Effets-de-Serre ou G. E. S. de tout un, chacun(e), plein d'OGRES GIGANTESQUES continuent à polluer. Mais, il ne faut pas les importuner car, la productivité intérieure brute du Pays en dépend...

    Alors, continuons de faire croire au monde ordinaire qu'ils / elles sont directement responsables de toute la dégénérescense des biomes actuels de notre Planète et ces mon$tre$ (monstres) s'en sortiront comme toujours. N'est-ce pas ?

    Qui coupe à blanc des forêts entières...? Ainsi, le feuillage des arbres est empêché de "jouer" son rôle de filtreur de l'air et de produteur d'ozone.

    Qui polluent l'atmosphère par les émissions nocives de ces procédés de raffinage...?

    Qui émet des tonnes de G. E. S. par ses procédés de manufacturation...?

    Après avoir trouver les coupables en répondant à ces brèves questions, nos gouvernements ont le "front" de venir accuser le / la citoyen(ne) ordinaire de malversations dans ses activités de tous les jours... Mais, qui a cherché continuellement à augmenter notre niveau de vie, sans égard aux coûts énergétiques qui en découlaient...? Qui s'est vanté de créer de la riche$$e (richesse)...?

    Tant que l'humanité n'aura pas retrouvée sa notion de SATIÉTÉ, elle continuera à tout $ur-exploiter (sur-exploiter) et mettre sa survie en perpétuel danger d'extermination. SAVOIR se SATISFAIRE de ce qu'on a actuellement serait nécessaire si on voudraient éviter que
    l'apocalypse qu'on transcendent depuis la dernière décennie du millénaire précédent, soit une APOCALYPSE irréversible, parce qu'il ne restera plus rien pour engendrer une restructuration de la Biosphère.

    Alors, on auraient beau s'associer de toutes les façons possibles pour faire croire qu'on luttent contre les émissions de G. E. S., dans les faits, seule une diminution de sa Productivité intérieure brute pourra diminuer directement CEUX-CI. Mais, pour ÇA, il faut avoir atteint un certain niveau de MATURITÉ alors que, c'est exactement ce qui fait le plus défaut chez nos Dirigeants(es).

    Merci de votre Attention & Pauvres gens du Pays...!

    Votre Ami, SAGE, lui,
    MAURICE MONETTE
    Biologiste #939
    Spécialité Écologie
    Grande Rivière

  • Fernand Trudel
    Abonné
    mardi 12 mai 2009 19h10
    La foire aux jobs payantes
    La foire est ouverte. Les verts se sont créé des emplois dans la fonction publique. Ils vont décider combien de tonnes de carbone les industries devront acheter à 1,01$/tonne , c'est le prix qui a cours actuellement, à la bourse de Montréal, et ainsi nourir les ambitions des altermondialistes de créer un gouvernement onusien avec cet argent.

    Oui, le nirvana promis aux groupes environnemtalistes pour leur effort de conditionnement des consciences, arrive. À eux l'assiette à beurre, les crédules payeront la note...

    Maudit que les priorité sont aux mauvaises places. Rienm pour nous sortir de la crise financière actuelle. La fonction publique et la bureaucratie prendra de l'embonpoint à l'heure ou tout le monde se serre la ceinture...

  • Fernand Trudel
    Abonné
    mercredi 13 mai 2009 09h14
    La bourse du carbone selon Steven Guilbault
    Voici un extrait d'une audition au comité permanent de l'environnement et du développement durable de la chambre des communes fédérale le 10 février 2005.

    A une question sur la bourse du carbone par un député bloquiste, la réponse de Steven Guilbault fut étonnante.

    Voici les faits question et réponse.

    M. Bernard Bigras: Une autre question. On a appris qu'on vise à réduire les objectifs pour les grands émetteurs industriels de 55 à 35 mégatonnes environ. Inévitablement, si on veut atteindre l'objectif de Kyoto, il faudra aller les chercher ailleurs. Il semble que le gouvernement fédéral veuille aller chercher ces émissions ailleurs à l'étranger.
    Je regardais dans le plan original de novembre 2002, on parlait de 12 mégatonnes qu'on souhaitait aller chercher en émissions internationales par le gouvernement canadien. N'y a-t-il pas une limite à tenter d'aller chercher des mégatonnes à l'étranger alors que nous avons un potentiel évident de pouvoir réduire à la source les émissions de gaz à effets de serre sur notre territoire? Y a-t-il une limite à tenter d'augmenter l'objectif d'aller chercher les crédits d'émissions à l'étranger?

    Le président: Monsieur Guilbeault, une courte réponse, s'il vous plaît.

    M. Steven Guilbeault: Il n'y a pas de limite prévue dans le cadre du protocole de Kyoto, donc, théoriquement the sky is the limit. Évidemment, là où cela devient problématique c'est que cela pourrait être perçu comme une fuite de capitaux. Je suis d'accord avec votre collègue du Parti conservateur, ce qu'on ferait c'est qu'on financerait ailleurs des réductions d'émissions, du développement technologique, alors que nous restons pris avec nos vieilles affaires polluantes. Je ne pense pas que ce soit une stratégie de développement économique qui fasse beaucoup de sens.

    Pourtant Mme Beauchamps fonce tête baissée dans le miroir aux alouettes... Ouiles jobs de fonctionnaires de l'air vont se multiplier. Ouvrez votre portefeuille...

  • Fernand Trudel
    Abonné
    mercredi 13 mai 2009 09h57
    Une bourse du carbone est l'art de pousser la pollution sous le tapis
    C'est une façon de dire qu'on pollue moins en se payant un permis de polluer. C'est donc un trompe l'oeil dans lequel les industries visées par une armée de fonctionnaires payent pour je ne sais qui en sera bénéficiaire sauf l'ONU qui rêve de former un gouvernement mondial dont il tirera les ficelles.

    En Europe, ça permet à l'Allemagne d'intensifier la construction de centrales électriques mues au charbon et même de déplacer des villages pour agrandir des mines de charbon à ciel ouvert. Au contraire, l'Allemagne montre faussement un bilan amélioré couvert par des certificats d'achat de crédits.

    Ça n'empêche pas la France de construire des centrales électriques à l'uranium et convoyant leurs déchets radioactifs dans des trains en direction de la Russie traversant tout l'Europe. Au contraire, la France montre faussement un bilan amélioré couvert par des certificats d'achat de crédits.

    Ça n'empêche pas l'Italie d'accumuler des tonnes de déchets domestiques le long des voies publiques. La ville de Naples ressemble de plus en plus à une décharge géante en raison de la fermeture de sites de traitement de déchets. La presse semble découvrir ce phénomène mais la crise des déchets se répète depuis quatorze ans dans la région de Naples. Au contraire, l'Italie montre faussement un bilan amélioré couvert par des certificats d'achat de crédits.

    On a utilisé les argents perçus par les bourses du carbone européennes pour construire au Maroc une centrale électrique mue au gaz naturel. Vous savez ce que Rabaska veut produire et que les écolos dénoncent, en Europe, on utilise les argents des bourses du carbone pour en construire. Pire encore, cette centrale électrique servira à fournir une usine de concentration de gaz naturel pour en faire du GNL dans le port de Tanger au Maroc et ainsi exporter le gaz naturel du maghreb. Vous savez Sonatrach dont Gaz de France est partenaire a besoin de GNL pour Rabaska. Si Gasprom se désiste, Gaz de France pourrait s'alimenter par Tanger. Comme quoi les $$$ vertes serviront lutter contre ses propres convictions écolos. Voilà le paradoxe environnemental qui nous fait faire du sur place depuis 1990 et que les bourses du carbone esnt l'art de pousser sous le tapis la pollution sans la changer...

    Je comprendss pourquoi Steven Guilbault n'est pas très chaud à cette idée que Mme Beauchamps veut mettre de l'avant...

  • Yvon Dionne
    Inscrit
    mercredi 13 mai 2009 22h06
    La folie climatocratique
    La ministre Beauchamp, soutenue par son chef le petit avocat Jean Charest, nous conduit dans un bateau qui coule de toutes parts. Veut-elle poursuivre la récession après 2012 ? Quel sera l'impact économique ? L'impact sur le climat quand on sait que le rôle du CO2 est de plus en plus contesté par de nombreux scientifiques ? Même le GIEC concède maintenant que le contrôle du CO2 aura peu d'impact. Prière de nous énumérer les industries touchées et le coût pour les consommateurs avant de nous imposer une couleuvre ! Il y a d'autres priorités en matière de pollution. Les 7 millions de Québécois émettent combien de tonnes de CO2 simplement en respirant ? Combien de méthane inflammable ? Pour le prouver, Mme Beauchamp n'a qu'à s'allumer une allumette.

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
10 réactions
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012