Hausse des émissions de GES au Canada
Photo : Jacques Nadeau
Les émissions de gaz à effet de serre (GES) du Canada ont augmenté de 4 % de 2006 à 2007, ce qui porte les émissions globales à 747 millions de tonnes (Mt ou mégatonnes), soit un dépassement de 33,8 % par rapport aux engagements juridiques qu'a pris le Canada dans le cadre du protocole de Kyoto.
Et le Québec ne fait pas mieux, qui passe de 82,6 Mt en 2006 à 85,7 Mt en 2007, soit une augmentation de 3,8 %. Ce sont principalement les émissions de la centrale thermique d'Hydro-Québec à Bécancour (+1,2 Mt) et les transports (+2,1 Mt) qui sont responsables de l'essentiel de la hausse.
Le Canada s'est engagé à Kyoto à ramener ses émissions de GES à 6 % sous le niveau de 1990, soit à 558 Mt par année entre 2008 et 2012. On connaîtra l'an prochain, dans le rapport soumis à l'ONU, de combien le Canada a dépassé son engagement, mais il est d'ores et déjà acquis, au rythme où les émissions progressent, qu'un litre de pétrole sur quatre, en moyenne, devrait être retranché de notre consommation afin de respecter nos engagements envers la communauté internationale.
Dans les faits, cependant, les conservateurs de Steven Harper ont annulé le plan que les libéraux de Paul Martin avaient mis en place. Ils l'ont remplacé par des mesures incitatives légères, dont le bilan de 2007 permet de mesurer l'inefficacité globale.
«De 1990 à 2007, précise Environnement Canada dans son résumé du rapport de 613 pages soumis hier à l'ONU, la forte augmentation de la production pétrolière et gazière, en grande partie à des fins d'exportation, s'est accompagnée d'une hausse considérable du nombre de véhicules motorisés et d'une dépendance encore plus marquée aux centrales électriques au charbon, pour donner lieu à une progression rapide des émissions.»
Environnement Canada attribue l'importante augmentation des émissions survenue de 2006 à 2007 aux transports routiers et à l'exploitation minière, qui ont été en partie compensées par des baisses notables dans les secteurs des procédés industriels, dans les sous-secteurs agricoles, dans l'industrie des pâtes et papier ainsi que dans plusieurs secteurs commerciaux et institutionnels.
Ainsi, la production d'électricité thermique a suscité des émissions supplémentaires de 10 Mt. L'Ontario s'est notamment vu obligé de rouvrir des centrales au charbon, après avoir dû fermer certains réacteurs nucléaires déficients.
La production de pétrole a engendré des émissions presque aussi importantes, de 7,4 Mt, en grande partie attribuables à une augmentation de 12 % en un an des exportations de sables bitumineux aux États-Unis. De 1990 à 2007, les émissions des industries minière, gazière et pétrolière ont connu une hausse de 56,7 % de leurs émissions, «surtout attribuables à l'activité accrue dans les champs de sable bitumineux de l'Alberta», confirme le rapport gouvernemental.
Autre changement notable: les forêts sont devenues en 2007 «une source nette de 45 Mt d'émissions», alors que par le passé le CO2 qu'elles absorbaient dépassait en importance celui qu'elles émettaient. Quant à l'agriculture, ses émissions ont progressé de 11,2 Mt depuis 1990, soit une augmentation de 11 % qui porte sa part du grand total émis à 7,2 % du bilan canadien.
Steven Guilbeault, d'Équiterre, s'est insurgé contre le «cynisme» du gouvernement Harper, qui a choisi le Jour de la Terre pour rendre public son bilan «catastrophique», en raison de sa politique de laisser-faire qu'illustrent notamment les émissions des grosses voitures, qui ont bondi de 117 % depuis 1990, faisant de l'atmosphère la «poubelle» de l'industrie pétrolière.
Et le Québec ne fait pas mieux, qui passe de 82,6 Mt en 2006 à 85,7 Mt en 2007, soit une augmentation de 3,8 %. Ce sont principalement les émissions de la centrale thermique d'Hydro-Québec à Bécancour (+1,2 Mt) et les transports (+2,1 Mt) qui sont responsables de l'essentiel de la hausse.
Le Canada s'est engagé à Kyoto à ramener ses émissions de GES à 6 % sous le niveau de 1990, soit à 558 Mt par année entre 2008 et 2012. On connaîtra l'an prochain, dans le rapport soumis à l'ONU, de combien le Canada a dépassé son engagement, mais il est d'ores et déjà acquis, au rythme où les émissions progressent, qu'un litre de pétrole sur quatre, en moyenne, devrait être retranché de notre consommation afin de respecter nos engagements envers la communauté internationale.
Dans les faits, cependant, les conservateurs de Steven Harper ont annulé le plan que les libéraux de Paul Martin avaient mis en place. Ils l'ont remplacé par des mesures incitatives légères, dont le bilan de 2007 permet de mesurer l'inefficacité globale.
«De 1990 à 2007, précise Environnement Canada dans son résumé du rapport de 613 pages soumis hier à l'ONU, la forte augmentation de la production pétrolière et gazière, en grande partie à des fins d'exportation, s'est accompagnée d'une hausse considérable du nombre de véhicules motorisés et d'une dépendance encore plus marquée aux centrales électriques au charbon, pour donner lieu à une progression rapide des émissions.»
Environnement Canada attribue l'importante augmentation des émissions survenue de 2006 à 2007 aux transports routiers et à l'exploitation minière, qui ont été en partie compensées par des baisses notables dans les secteurs des procédés industriels, dans les sous-secteurs agricoles, dans l'industrie des pâtes et papier ainsi que dans plusieurs secteurs commerciaux et institutionnels.
Ainsi, la production d'électricité thermique a suscité des émissions supplémentaires de 10 Mt. L'Ontario s'est notamment vu obligé de rouvrir des centrales au charbon, après avoir dû fermer certains réacteurs nucléaires déficients.
La production de pétrole a engendré des émissions presque aussi importantes, de 7,4 Mt, en grande partie attribuables à une augmentation de 12 % en un an des exportations de sables bitumineux aux États-Unis. De 1990 à 2007, les émissions des industries minière, gazière et pétrolière ont connu une hausse de 56,7 % de leurs émissions, «surtout attribuables à l'activité accrue dans les champs de sable bitumineux de l'Alberta», confirme le rapport gouvernemental.
Autre changement notable: les forêts sont devenues en 2007 «une source nette de 45 Mt d'émissions», alors que par le passé le CO2 qu'elles absorbaient dépassait en importance celui qu'elles émettaient. Quant à l'agriculture, ses émissions ont progressé de 11,2 Mt depuis 1990, soit une augmentation de 11 % qui porte sa part du grand total émis à 7,2 % du bilan canadien.
Steven Guilbeault, d'Équiterre, s'est insurgé contre le «cynisme» du gouvernement Harper, qui a choisi le Jour de la Terre pour rendre public son bilan «catastrophique», en raison de sa politique de laisser-faire qu'illustrent notamment les émissions des grosses voitures, qui ont bondi de 117 % depuis 1990, faisant de l'atmosphère la «poubelle» de l'industrie pétrolière.
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