Pour exploiter la mine Osisko, à Malartic, il faudra déménager 200 maisons
Des écologistes appréhendent un examen bidon par le BAPE
La gigantesque mine à ciel ouvert que l'entreprise Osisko compte établir à Malartic a reçu l'appui d'élus locaux avant même que ne débutent les audiences publiques prévues pour étudier le projet, ce qui n'est pas sans soulever des questions chez les écologistes.
La coalition Pour que le Québec ait meilleure mine se demande «si l'examen public [...] du projet de mine d'or à ciel ouvert Osisko est pipé d'avance» et s'il recevra le feu vert aussi facilement que d'autres projets économiques examinés par le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE).
Pour la coalition, qui regroupe plus d'une douzaine de groupes écologiques, dont Nature-Québec et l'Action boréale Abitibi-Témiscamingue, l'appui formel donné par plusieurs élus locaux au titanesque projet minier avant même qu'il n'ait été examiné publiquement apparaît comme un prélude à son autorisation.
Les membres de la coalition s'inquiètent du fait que les ministres Pierre Corbeil et Serge Simard ont rencontré le promoteur à Malartic vendredi dernier. Selon la coalition, cette attitude d'agents ministériels censés attendre le verdict de la commission du BAPE «contrevient aux principes de réserve et d'indépendance les plus élémentaires».
La coalition a aussi relevé le fait que le président du BAPE, Pierre Renaud, a reçu le 28 janvier, en privé dans son bureau de Québec, des représentants d'Osisko, «une procédure très inhabituelle pour le président d'un quasi-tribunal administratif à l'aube d'une audience». Le BAPE a répliqué à la lettre de la coalition par son préposé à l'éthique, qui a affirmé que son patron avait respecté les règles du jeu lors de cette rencontre qui avait un caractère strictement social.
Le projet Osisko est d'une ampleur sans précédent. La mine à ciel ouvert projetée à Malartic, au nord de Val-d'Or, créera un trou de deux kilomètres de long sur près d'un kilomètre de profondeur, ce qui le rendra visible de l'espace. Pour s'étendre ainsi, le projet minier bénéficie des droits prépondérants qui pourraient autoriser l'expropriation des résidents de Malartic qui ne voudraient pas céder leurs terrains et maisons à la mine.
Son exploitation à moyen terme exigera le déplacement de 200 maisons et de cinq institutions, soit environ 20 % de la municipalité qui se retrouvera néanmoins au bord du trou géant. Jusqu'ici, une soixantaine de personnes ont accepté de vendre ou de déménager leurs maisons. Le tarif de compensation, fixé à 20 % en sus de l'évaluation municipale, désavantagerait les propriétaires des vieilles maisons, dont la valeur ne suffirait pas pour en acquérir une autre.
Selon Ugo Lapointe, du Forum de l'Institut des sciences de l'environnement de l'UQAM, les résidus de la future mine pourraient recouvrir de 50 m les 560 km de route entre Val-d'Or et Montréal. Les règles de fermeture des mines n'ayant pas force de loi, rien ne garantit, selon les écologistes, qu'Osisko refermera la plaie béante qu'elle pratiquera dans le territoire de Malartic pour extraire en une génération neuf mètres cubes d'or d'une valeur de plusieurs milliards.
Chaque jour, explique la coalition, la mine utilisera 25 millions de litres d'eau et 11 tonnes de cyanure de sodium pour le traitement du minerai.
La coalition Pour que le Québec ait meilleure mine se demande «si l'examen public [...] du projet de mine d'or à ciel ouvert Osisko est pipé d'avance» et s'il recevra le feu vert aussi facilement que d'autres projets économiques examinés par le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE).
Pour la coalition, qui regroupe plus d'une douzaine de groupes écologiques, dont Nature-Québec et l'Action boréale Abitibi-Témiscamingue, l'appui formel donné par plusieurs élus locaux au titanesque projet minier avant même qu'il n'ait été examiné publiquement apparaît comme un prélude à son autorisation.
Les membres de la coalition s'inquiètent du fait que les ministres Pierre Corbeil et Serge Simard ont rencontré le promoteur à Malartic vendredi dernier. Selon la coalition, cette attitude d'agents ministériels censés attendre le verdict de la commission du BAPE «contrevient aux principes de réserve et d'indépendance les plus élémentaires».
La coalition a aussi relevé le fait que le président du BAPE, Pierre Renaud, a reçu le 28 janvier, en privé dans son bureau de Québec, des représentants d'Osisko, «une procédure très inhabituelle pour le président d'un quasi-tribunal administratif à l'aube d'une audience». Le BAPE a répliqué à la lettre de la coalition par son préposé à l'éthique, qui a affirmé que son patron avait respecté les règles du jeu lors de cette rencontre qui avait un caractère strictement social.
Le projet Osisko est d'une ampleur sans précédent. La mine à ciel ouvert projetée à Malartic, au nord de Val-d'Or, créera un trou de deux kilomètres de long sur près d'un kilomètre de profondeur, ce qui le rendra visible de l'espace. Pour s'étendre ainsi, le projet minier bénéficie des droits prépondérants qui pourraient autoriser l'expropriation des résidents de Malartic qui ne voudraient pas céder leurs terrains et maisons à la mine.
Son exploitation à moyen terme exigera le déplacement de 200 maisons et de cinq institutions, soit environ 20 % de la municipalité qui se retrouvera néanmoins au bord du trou géant. Jusqu'ici, une soixantaine de personnes ont accepté de vendre ou de déménager leurs maisons. Le tarif de compensation, fixé à 20 % en sus de l'évaluation municipale, désavantagerait les propriétaires des vieilles maisons, dont la valeur ne suffirait pas pour en acquérir une autre.
Selon Ugo Lapointe, du Forum de l'Institut des sciences de l'environnement de l'UQAM, les résidus de la future mine pourraient recouvrir de 50 m les 560 km de route entre Val-d'Or et Montréal. Les règles de fermeture des mines n'ayant pas force de loi, rien ne garantit, selon les écologistes, qu'Osisko refermera la plaie béante qu'elle pratiquera dans le territoire de Malartic pour extraire en une génération neuf mètres cubes d'or d'une valeur de plusieurs milliards.
Chaque jour, explique la coalition, la mine utilisera 25 millions de litres d'eau et 11 tonnes de cyanure de sodium pour le traitement du minerai.
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