jeudi 9 février 2012 Dernière mise à jour 18h41
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Pour exploiter la mine Osisko, à Malartic, il faudra déménager 200 maisons

Des écologistes appréhendent un examen bidon par le BAPE

La gigantesque mine à ciel ouvert que l'entreprise Osisko compte établir à Malartic a reçu l'appui d'élus locaux avant même que ne débutent les audiences publiques prévues pour étudier le projet, ce qui n'est pas sans soulever des questions chez les écologistes.

La coalition Pour que le Québec ait meilleure mine se demande «si l'examen public [...] du projet de mine d'or à ciel ouvert Osisko est pipé d'avance» et s'il recevra le feu vert aussi facilement que d'autres projets économiques examinés par le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE).

Pour la coalition, qui regroupe plus d'une douzaine de groupes écologiques, dont Nature-Québec et l'Action boréale Abitibi-Témiscamingue, l'appui formel donné par plusieurs élus locaux au titanesque projet minier avant même qu'il n'ait été examiné publiquement apparaît comme un prélude à son autorisation.

Les membres de la coalition s'inquiètent du fait que les ministres Pierre Corbeil et Serge Simard ont rencontré le promoteur à Malartic vendredi dernier. Selon la coalition, cette attitude d'agents ministériels censés attendre le verdict de la commission du BAPE «contrevient aux principes de réserve et d'indépendance les plus élémentaires».

La coalition a aussi relevé le fait que le président du BAPE, Pierre Renaud, a reçu le 28 janvier, en privé dans son bureau de Québec, des représentants d'Osisko, «une procédure très inhabituelle pour le président d'un quasi-tribunal administratif à l'aube d'une audience». Le BAPE a répliqué à la lettre de la coalition par son préposé à l'éthique, qui a affirmé que son patron avait respecté les règles du jeu lors de cette rencontre qui avait un caractère strictement social.

Le projet Osisko est d'une ampleur sans précédent. La mine à ciel ouvert projetée à Malartic, au nord de Val-d'Or, créera un trou de deux kilomètres de long sur près d'un kilomètre de profondeur, ce qui le rendra visible de l'espace. Pour s'étendre ainsi, le projet minier bénéficie des droits prépondérants qui pourraient autoriser l'expropriation des résidents de Malartic qui ne voudraient pas céder leurs terrains et maisons à la mine.

Son exploitation à moyen terme exigera le déplacement de 200 maisons et de cinq institutions, soit environ 20 % de la municipalité qui se retrouvera néanmoins au bord du trou géant. Jusqu'ici, une soixantaine de personnes ont accepté de vendre ou de déménager leurs maisons. Le tarif de compensation, fixé à 20 % en sus de l'évaluation municipale, désavantagerait les propriétaires des vieilles maisons, dont la valeur ne suffirait pas pour en acquérir une autre.

Selon Ugo Lapointe, du Forum de l'Institut des sciences de l'environnement de l'UQAM, les résidus de la future mine pourraient recouvrir de 50 m les 560 km de route entre Val-d'Or et Montréal. Les règles de fermeture des mines n'ayant pas force de loi, rien ne garantit, selon les écologistes, qu'Osisko refermera la plaie béante qu'elle pratiquera dans le territoire de Malartic pour extraire en une génération neuf mètres cubes d'or d'une valeur de plusieurs milliards.

Chaque jour, explique la coalition, la mine utilisera 25 millions de litres d'eau et 11 tonnes de cyanure de sodium pour le traitement du minerai.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Yves Côté
    Abonné
    mardi 3 mars 2009 03h49
    Sauver la planète avec du cyanure...
    Et si on prenant tous une petite gorgée de cyanure pour que ça aille plus vite ?
    Après tout, les petites doses dans le sol et les nappes phréatiques ne servent qu'à faire mourir à petit feu nos enfants, petits-enfants, arrières petits-enfants. Le tout augmentant en efficacité avec le temps...
    Allez, une grande respiration, et hop, dans le gosier tout le monde. En commençant bien sûr par qui a si besoin de tout cet or.
    Faisons exception faite bien sûr de qui n'a pas encore atteint l'âge de la majorité. Faisons un petit effort, préservons moralement ce qui peut rester d'innocence de notre monde, glouglou et tourlou la gang.
    Celles et ceux qui resteront auront ainsi au moins une petite chance d'avoir une descendance véritablement viable. Après tout, ne passons nous pas un temps fou à accumuler des biens et des richesses en annonçant que cela repose sur l'amour pour nos enfants. C'est vrai quoi, faut bien essayer de leur laisser quelque chose! Même s'il ne leur restera bientôt plus rien, dès la naissance, d'une santé et d'une existence paisible...
    Nous adultes, pleins de prétentions pseudo-raisonnables, disparaissons tous et les générations qui suivront disposeront de l'ultime chance de connaître une nature qui ne sera jamais aussi cruellement autodestructrice que l'espèce humaine dont nous aurons fait partie.
    Autrement, si le goût du cyanure nous déplaît trop pour en avaler, changeons d'angle de vue et imposons à nos politiques qu'ils aiment vraiment nos enfants. Et les leurs...

  • May West
    Abonnée
    mardi 3 mars 2009 09h53
    N'en jetez plus, la cour est pleine
    Tout est mis en place: le projet Osisko est d'une ampleur sans précédent; cette mine à ciel ouvert créera un trou de deux kilomètres de long sur près d'un kilomètre de profondeur, ce qui le rendra visible de l'espace; son exploitation à moyen terme exigera le déplacement de 200 maisons et de cinq institutions, soit environ 20 % de la municipalité; les résidus de la future mine pourraient recouvrir de 50 m les 560 km de route entre Val-d'Or et Montréal; enfin la mine utilisera 25 millions de litres d'eau et 11 tonnes de cyanure de sodium pour le traitement du minerai.

    Curieusement, on n'arrête pas de s'indigner devant le spectacle hallucinant et extrêment polluant des sables bitumineux, en Alberta. Mais à voir ce qu'on se propose de faire en Abitibi, y verra-t-on bientôt apparaître, à notre tour, au Québec, nos «propres» sables bitumineux ...?

    Faites votre choix! L'or jaune vs l'or sale?

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
2 réactions
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012