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Déchets - Consensus municipal sur la valorisation biologique

Les communautés métropolitaines de Montréal et de Québec ainsi que les deux unions municipales ont signé le 17 février une entente avec deux importants regroupements de citoyens et d'écologistes pour devancer de 2018 à 2012 une réduction de 60 % des matières organiques du sac vert par une stratégie de «valorisation biologique».

Cette entente, qui élimine la gazéification thermique des matières organiques, doit être dévoilée prochainement en même temps qu'elle servira de base pour une demande de financement par Québec de cette stratégie nettement plus écologique que ce qui se préparait dans les bureaux d'ingénierie depuis deux ans.

Elle est d'autant plus importante que les matières organiques représentent 40 % du sac vert moyen au Québec. Faute de récupérer et de traiter ces matières biodégradables, l'agglomération métropolitaine de Montréal a paralysé littéralement l'atteinte des objectifs de la politique québécoise de récupération des matières recyclables. Cette politique visait à sortir du sac vert 60 % des matières résiduelles qui s'y trouvent. Dans l'ensemble du Québec, on a soulagé le sac vert d'environ 40 % de son contenu vers le recyclage jusqu'ici. Mais, dans la région de Montréal, on plafonnait en 2007 au taux lamentable de 22 %.

L'entente, dont Le Devoir a obtenu copie, est signée par les maires de Montréal et de Québec qui sont aussi présidents de leur communauté régionale respective, Gérald Tremblay et Régis Labeaume. On y retrouve aussi les signatures de Robert Coulombe, président de l'Union des municipalités du Québec, et de Bernard Généreux, président de la Fédération québécoise des municipalités. Les termes de cet accord, qui cimente les forces environnementales derrière le monde municipal, ont aussi été avalisés par Jacques Ruelland, président du Regroupement national des conseils régionaux de l'environnement, et par Céline Martin, présidente d'Action RE-buts, le groupe de coordination des groupes citoyens impliqués dans le dossier des déchets.

La gazéification: trop cher

Cet accord est particulièrement important, car il évite une guerre entre les écologistes et le monde municipal sur la gazéification des déchets, une technologie de traitement thermique dont les gaz sont utilisés à des fins énergétiques. Mais la facture d'au moins 850 millions a été très froidement accueillie à Québec, selon nos sources.

C'est de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) qu'est alors venue l'idée de réunir tous les acteurs derrière une demande commune de fonds pour une solution indiscutablement écologique afin de provoquer un déblocage de ce dossier. La facture de la valorisation biologique a été ramenée à environ 300 millions.

Cette «valorisation biologique», qui fait consensus, comprend le compostage à ciel ouvert ou en milieu fermé ainsi que la méthanisation, soit un compostage en milieu scellé, dont on récupère le méthane produit en l'absence d'oxygène.

Les matières organiques représentent, dans la région de Montréal, 40 % du sac vert. Mais on récupère dans la grande région de Montréal tout au plus 8 % de ces 40 %, ce qui explique le très bas taux de récupération global, qui plafonne à 22 %.

L'entente du 17 février évoque l'«urgence» d'une solution consensuelle et d'un rattrapage du retard subi.

Le document est le premier du genre à reconnaître la nécessité d'intégrer la gestion des matières organiques produites par les citoyens et celles produites par les industries, commerces et institutions (ICI). Jusqu'ici, la politique québécoise gérait séparément ces deux stocks de déchets.

Selon le document obtenu par Le Devoir, les parties à l'entente vont demander à Québec «que la possibilité d'ajouter les matières organiques issues des ICI soit également prise en compte dans le calcul des quantités à traiter et à valoriser si la municipalité concernée souhaite présenter un plan intégré de traitement et de valorisation des matières organiques de son territoire».

Tendre vers zéro

Les écologistes et le monde municipal estiment qu'avec une aide financière substantielle et rapide de Québec, il serait même possible de dépasser d'ici à 2012 l'objectif de valoriser biologiquement 60 % des matières organiques. À leur avis, il est possible de tendre «vers le zéro élimination» de ce type de déchets, dont l'enfouissement cause l'essentiel des nuisances subies par les riverains des dépotoirs autorisés.

L'entente n'interdirait pas aux villes et MRC de recourir à la gazéification des «résidus ultimes», soit ce qui n'est ni recyclable ni compostable. Les résidus ultimes représentent de 10 à 15 % du sac vert. Si on enfouit cette portion dite de «déchets ultimes» dans les sites de nouvelle génération, les inconvénients seraient nettement inférieurs en l'absence de décomposition des matières putrescibles. Et, fait important, les projets souvent controversés d'agrandissement des mégasites d'enfouissement seraient moins nombreux, moins grands et plus sécuritaires.
 
 
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  • Kim Cornelissen - Inscrite
    24 février 2009 05 h 53
    Très bonne nouvelle!
    Ça fait des années que je travaille sur la question de la valorisation des déchets organiques dans le but de récupérer le méthane pour le biogaz (qui peut servir entre autres comme biocarburant plutôt que le problématique éthanol) mais également le fertilisant qui est disponible alors aussi des bioréacteurs. L'approche municipale multipartenaire est tout à fait adéquate, comme le démontre la Suède qui est une pionnière à cet égard, et ce, depuis au moins 15 ans.
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  • André Fauteux - Abonné
    24 février 2009 06 h 47
    Jardins toxiques
    Il était temps que les citadins produisent leur propre engrais naturel,
    sans ingrédients pétrochimiques, afin d'amender les sols urbains toxiques...
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  • Claude Beaulé - Inscrit
    24 février 2009 11 h 34
    Un consensus dans la bonne voie - Compostage et valorisation biologique
    Le portrait de la situation était pourtant clair: depuis des lustres nous acheminons les produits de l'agriculture vers les villes et nous brûlons ou empilons dans un grand trou les restes qui pouvaient être utiles à l'agriculture.

    D'un grand mouvement orchestré nous prenons à la terre d'un côté et nous remplissons un grand trou de l'autre. L'effet à long terme de ce ballet incohérent ne peut résulter qu'en l'épuisement des terres agricoles. Pour compenser ce déséquilibre majeur on ajoute un pansement sur la plaie béante des terres agricoles à grand coups d'engrais à base de pétrole, de potasse, de phosphate et d'azote afin de maintenir les terres aux soins intensifs. Les résultats de ces traitements de soutien artificiel à la production agricole nous en sentons les effets partout dans notre quotidien, y compris dans les rejets directs à l'environnement qui contribuent largement à la prolifération des cyanobactéries.

    Pour ajouter à l'incohérence nous utilisons encore plus de pétrole pour transporter les matières résiduelles vers le grand trou auquel elles sont en général destinées. La valorisation biologique c'est à tout le moins le point de départ vers la réduction de l'effet pervers du drainage des ressources agricoles vers les sites d'enfouissement. On pourra bientôt songer à redonner à l'agriculture un engrais de qualité qui réduira d'autant la dépendance au pétrole du cycle de nutrition humain. J'ai eu la chance de visiter des installations de compostage local sur site en Suède ou l'on pratique depuis 20 ans une récupération systématique des résidus compostables par des composteurs de type Big Hanna. Ils n'ont même pas besoin des camions de transport de matières résiduelles pour le compost puisque les volumes sont réduits de 90%. Les écoles, les hôpitaux, les cafétérias, les restaurants, les hôtels et les habitations sont autant d'endroits où les matières compostables sont traitées à la source pour une fraction du coût d'enfouissement et de transport. L'effet de réduction des gaz à effet de serre est aussi impressionnant: au moins une tonne et demi de gaz à effet de serre évités par tonne de matières résiduelles compostées.

    Il s'agit d'un bilan qu'on ne peut pas ignorer, la réussite des Suédois par l'implantation de nombreux appareils de compostage local a permis de changer radicalement leur bilan de traitement des matières résiduelles. Sans grosses usines, sans transports encombrant et polluant et en fournissant une économie d'échelle pour les frais de traitement des matières résiduelles, sachons nous inspirer de cette réussite.

    Claude Beaulé, ing.

    Vertal inc.
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  • Sylvain Racine - Abonné
    24 février 2009 12 h 11
    Des polices dans vos poubelles, vraiment Monsieur Pageau?
    Quelle coïncidence, j'écrivais justement un article concernant les biogaz hier http://vigile.net/Je-reve-de-voir-le-Quebec-dormir

    Bon, ça fait deux ans que j'ai quitté le Québec, alors je vais vous donner le bénéfice du doute au sujet d'une éventuelle "police des poubelles".

    Mais en Suède, je n'ai jamais vu de police des poubelles. On recycle les matières organiques, de la même façon qu'on recycle le papier ou le carton. Rien de bien compliqué!!!

    Je ne sais pas pour tout le Québec, mais à Victoriaville tout le monde a trois gros bacs roulant: un noir pour les déchets irrécupérables, un vert pour le recyclage de papiers, cartons, métal, plastique, et un brun pour les restants de tables, le gazon, les branches, etc.

    Bonne journée
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  • Jean Yves Arès - Abonné
    24 février 2009 12 h 58
    300 millions$, vraiment?
    Pourtant monsieur Francoeur, ici, dans la MRC Haute-Yamaska, le projet de trie-compostage, si cher a notre préfet, est annoncé a 35 millions$, et nous sommes moins de 90,000 habitants sur ce territoire. Une simple règle de trois nous amène a un coût projeté pour l'ensemble du Québec a près de 3 milliards...

    Et imaginez, quand on sait le n'importe-quoi qui peut se retrouver dans les ordures, la qualité du composte issu du processus de tri mécanique! En fait ce n'est pas de "qualité" de composte dont il faut parler mais bien de taux de contamination...

    J'ai beaucoup de misère a comprendre cette acharnement dirigé sur la partie la plus naturelle de nos déchets, sur cette partie la plus biodégradable et composée au trois-quart d'eau. Même dans un site d'enfouissement il a biodégradation, et il y est déjà prévu de collecter les gaz méthane qui seront présent de toute façon présent.
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  • CIVETTA 65 - Inscrit
    24 février 2009 16 h 13
    Bilans énergétique et matière.
    Ici en France, les résultats ne sont pas mirobolants pour la méthanisation. Une fois de plus, nos élus de part et d'autre de l'Atlantique n'ont pour objectif que de perdurer et flatter pour cela les groupes de pressions écologistes (dans le sens du poil, bien sûr). Les peuples nordiques sont de bons citoyens respectueux des règles imposées et acceptées. Chez nous c'est toujours aussi bordélique. En admettant que 70 % des habitants de 70 % des logements fassent le "bon" geste, nous n'obtiendrons que 49 % de diversion pour un produit final suspect et bien souvent inutilisable pour l'agriculture. Vous devriez aller voir les résultats du gazéificateur de PEEL (Ontario)et les résultats obtenus, bien que l'unité de traitement ait déjà près de 20 ans. Le coût à la tonne traitée est bien inférieur à celui de la méthanisation. Les "politiques" n'ayant généralement aucune connaissance technique (en dehors de la parole pour faire prendre des vessies pour des lanternes) prennent des décisions collectivement coûteuses pour complaire à quelques groupes de pression idéologiques. Rien à voir avec la simple réalité cartésienne
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  • Claude Beaulé - Inscrit
    24 février 2009 18 h 30
    @ M. Jean Yves Arès - Les 3/4 des bio gaz de l'enfouissement ne sont jamais récupérés
    M. Arès,

    Il est agréable de penser qu'on peut extraire les biogaz du sol après l'enfouissement, mais au mieux cette technique n'a jamais donné plus de 25% de récupération. Le 3/4 des gaz à effet de serre ne sont jamais récupérés et ils s'accumulent dans le bilan global des GES.

    Claude Beaulé, ing.

    Vertal inc.
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