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Devant le fléau de l'herbe à poux, mieux vaut vivre ailleurs qu'à Montréal

Une Montréalaise aux prises avec le rhume des foins photographiée devant l’un des bosquets où l’herbe à poux profite des engrais de la Ville de Montréal.
Une Montréalaise aux prises avec le rhume des foins photographiée devant l’un des bosquets où l’herbe à poux profite des engrais de la Ville de Montréal.
Tout le monde a le droit, théoriquement, à un environnement de qualité, mais tous ne sont pas égaux devant l'Ambrosia artemisiifolia, plus connue sous le nom d'herbe à poux, cette plante d'apparence inoffensive qui rend une personne sur dix malade pendant cinq à six semaines au début de l'automne.

Dans une dizaine de municipalités, le problème est présentement maîtrisé à 90 % ou 95 %. Les citoyens peuvent y respirer sans inhaler ce pollen allergène, dont chaque plant, aussi petit soit-il, émet des millions de spores qui dérèglent le système immunitaire.

Les villes exemplaires se distinguent sur deux points: elles ont un plan de contrôle global de la plante polluante sur leurs voies publiques, qu'elles font appliquer par leurs employés ou par une firme spécialisée. Ces municipalités se dotent généralement aussi d'un règlement qui interdit en plus la présence d'herbe à poux sur les terrains privés après le début d'août, soit avant la libération du pollen allergène.

Ailleurs, y compris à Montréal, l'herbe polluante se multiplie avec pour seul obstacle des dépliants, des articles de journaux ou, sur Internet, des opérations locales de sensibilisation et quelques initiatives d'éradication, d'impact marginal.

Il faut dire que la gestion de ce que la Communauté urbaine de Montréal considérait à l'époque comme son principal contaminant de l'air a radicalement changé. Montréal, qui regroupe l'essentiel des anciens territoires de la CUM, a aboli son règlement après avoir été ciblé par un recours collectif qui lui reprochait de l'avoir peu ou pas appliqué. La Cour supérieure a déchargé Montréal de toute responsabilité l'an dernier en statuant que la plaignante n'avait pas démontré que le pollen qui la rendait malade était celui qui avait été émis en raison du laxisme de la Ville. Ce verdict a été porté en appel.

Mais le deuxième changement important est le brevet et l'homologation de l'Herbanatur, un produit salin inventé par un Québécois, André Grégoire, qui dessèche la plante allergène jusqu'à la racine. D'application beaucoup plus rapide que la vapeur d'eau, la méthode privilégiée par les Australiens, l'épandage de ce produit salin a peu ou pas d'impacts sur l'environnement et les plantes voisines.

Une cinquantaine de municipalités confient aujourd'hui à cette petite firme québécoise le soin de cartographier les abords de leurs routes et des trottoirs où l'ambroisie prolifère, de les arroser et de vérifier par des capteurs l'efficacité de l'opération. Mais, explique André Grégoire, seulement une dizaine ont un plan qui attaque simultanément toutes les sources locales afin d'obtenir des gains cumulatif d'une année à l'autre. Jusqu'ici, seule la Gaspésie a réussi par des corvées d'éradication dans les années 30 à se débarrasser de l'herbe à poux.

Aujourd'hui, assure le président d'Herbanatur, plusieurs municipalités voient après deux ou trois ans d'épandages complets la reproduction de l'herbe à poux fléchir sensiblement en plus d'obtenir une réduction des concentrations atmosphériques dès la première année. Celles qui pensent obtenir ce résultat avec un ou deux fauchages font radicalement erreur, dit-il, car la plante a le réflexe immédiat de se faire plus petite, mais tout aussi productive en pollen.

Herbanatur a fait ses premiers essais dans la ville de Brossard, une des «villes modèles», comme il les appelle. Une ville comme Châteauguay a fait traiter cet été 650 km de bordures de routes et de trottoirs, tout comme Vaudreuil-Dorion et d'autres.

Les deux plus grandes villes qui utilisent ce traitement sont Québec et Laval. Mais, ajoute immédiatement André Grégoire, ces villes ne traitent qu'une partie du problème, ce qui ne leur assure malheureusement qu'un succès mitigé. Québec a dû faire des pressions sur le ministère des Transports, le principal propriétaire d'herbe à poux du Québec, pour que ses abords d'autoroute ne contaminent plus les portions stérilisées par la Ville.

Et Montréal?

À Longueuil et à Montréal, l'éradication de l'herbe à poux se limite à la sensibilisation du public par des dépliants, des pages Internet, des articles dans les journaux de quartier et quelques initiatives de sensibilisation et d'éradication. Mais, faute de règlement, ces deux grandes villes sont impuissantes contre les grands propriétaires terriens qui possèdent de véritables pépinières d'herbe à poux sur leurs terrains vagues.

À Montréal, explique Alan DeSousa, maire de Saint-Laurent et porte-parole du Comité exécutif en matière d'environnement, il n'y a plus qu'un règlement sur les nuisances pour mettre ces propriétaires au pas, ce qui se fait, mais pas spécifiquement pour contrôler l'herbe à poux. Le règlement sur les nuisances se contente d'exiger la coupe des mauvaises herbes à 20 cm du sol. Montréal est donc littéralement infestée par cette plante allergène qui frappe chaque année au moins 100 000 de ses citoyens. Les horticulteurs de la Ville tout comme les cols bleus qui sillonnent la ville pendant tout l'été ne sont pas formés pour la reconnaître, ce qui explique qu'il leur arrive de stimuler sa croissance avec les engrais destinés aux arbres!

Selon Alan DeSousa, c'est là «l'effet pervers» du recours collectif toujours en suspens devant la Cour d'appel et dont la réclamation dépasserait désormais le milliard de dollars. Mais, malgré l'enjeu, il confirme que la Ville n'a pas tenté de négocier un arrangement à l'amiable, comme un budget et un règlement assurant le contrôle du contaminant atmosphérique à long terme.

En comparaison, Laval aura investi cette année 500 000 $ dans la lutte contre l'herbe à poux, selon son porte-parole, Jean-Claude Beaudry. La Ville emploie huit jeunes dépisteurs en été et fait annuellement plus de 6000 interventions auprès de ses citoyens en misant notamment sur la pression que constitue notamment l'existence d'un règlement sur l'herbe à poux.

Décontaminer le Québec

Le président d'Herbanatur estime qu'il serait possible de contrôler progressivement l'herbe à poux en bordure des routes du Québec avec un budget de 15 millions, ce qui constituerait une vitrine technologique permettant de conquérir les marchés étrangers asiatiques et européens où le problème a encore plus d'acuité qu'ici.

Il n'en revient pas de voir que la ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Line Beauchamp, ait investi quelque 15 millions contre les algues bleues alors que tout le monde convient que, globalement, l'impact de cette politique a été marginal et que le problème, de l'aveu de la ministre, n'a eu aucun impact sur la santé publique jusqu'ici.

À l'Environnement, dit-il, on l'a pourtant renvoyé à la Santé publique. Et là, on l'a renvoyé au ministère des Transports, qui l'a renvoyé aux municipalités.

«Le problème central avec cette forme de pollution, conclut André Grégoire, même si elle coûterait au Québec un quart de milliard en frais de toute sorte, selon les chiffres publiés l'an dernier dans un colloque scientifique à Mont-Tremblant, c'est que les gestionnaires publics ont décidé de laisser les gens se débrouiller tout seuls. Il faut que les gens se fâchent pour que quelqu'un bouge. La rationalité semble n'avoir ici aucun poids.»
 
 
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  • Pierre Ferron - Inscrit
    9 septembre 2008 02 h 11
    Commencer par les cours d'école et les bordures de rues.
    Dans la magnifique municipalité de Trois-Rivières qui déboise allègrement ses bandes riveraines et plusieurs autres milieux naturels, l'infestation ne cesse d'augmenter; il faudrait cependant commencer un contrôle dans toutes les cours d'école et surtout en bordure des rues. Une façon peu coûteuse et efficace, ce serait de maintenir une bonne végétation en évitant d'y accumuler les neiges souillées.

    Pierre Ferron, agronome
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  • François Touchette - Abonné
    9 septembre 2008 08 h 59
    Appui
    Bonjour M. Francoeur,

    Je représentais jusqu'à tout récemment comme président la Coalition des amis du parc Jarry. Comme groupe qui promeut des initiatives nous avons depuis 3 ans fait une corvée annuelle d'arrachage d'herbe à poux dans le parc Jarry. L'endroit le plus infesté était l'aire de jeux des enfants. Nous tentons avec nos maigres moyens de susciter un intérêt de la part des élu(e)s et des citoyen(ne)s à éradiquer physiquement l'herbe à poux. Ce qui est assez difficile dans un contexte comme vous l'avez souligné dans votre article ou la ville de Montréal s'en est lavé les mains.

    De plus, comme nous sommes des gens curieux, nous participons aux sessions d'information de la Santé publique du Québec et nous avons appris qu'en 2007 les coûts attribués à cette malveillance de la nature tournait en coûts directs et indirects autour de 165 millions à la société québécoise annuellement Il n'est pas étonnant de voir ces jours-ci des publicités télévisées proposant la solution que sont les antistaminiques comme panacée à ce qui pourrait être si simple à éradiquer comme l'a démontré le professeur Caya de l'université Laval en mettant de l'avant l'éradication de l'herbe à poux à la fin des années trente pour la Gaspésie. Toujours à cette conférence, nous avons appris que parce qu'il n'y a plus de campagnes d'éradication de l'herbe à poux celle-ci est en train de gagner son pari d'envahir à nouveau la Gaspésie depuis les années soixante-dix dont, et je le souligne, le principal vecteur est l'humain par ses nombreux déplacements.

    Finalement, Hydro-Québec présente sur le plancher de cette rencontre a convenu selon ses 40 ans d'études scientifiques que le seul moyen efficace d'enrayer et d'éliminer complètement cette nuisance était son éradication physique. Ce qui jette par terre la pratique fumeuse qu'est sa coupe avant sa maturation. Ce qui fait joli mais qui a la fâcheuse de produire pas une tête de graminées de pollens mais plusieurs. On vient de multiplier le problème par dix.

    En fait l'herbe à poux est selon moi un problème de santé publique et la question demeure : Quand la Santé publique du Québec reconnaitra-t-elle que l'ambroisie est une plante dangereuse pour la santé humaine et doit être éradiquer comme nuisance à l'environnement?

    François-Guy Touchette
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  • Pierre Jutras - Abonné
    9 septembre 2008 09 h 37
    En attendant, pourquoi ne pas disséminer un guide d'identification ?
    Je trouve curieux qu'en voulant informer on ne joigne aucune photo claire de la plante. Un dépliant ne circule pas assez, un journal, ... un peu plus tout de même.
    Ci-joint l'adresse d'un excellent guide d'identification:
    http://lotnaturegb.free.fr/botanique/IMG/pdf/Ambro
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  • Gisèle Lamoureux - Inscrite
    9 septembre 2008 10 h 25
    Réussite du ministère des Transports, qui connaît bien l'ennemi
    Le long des autoroutes où se pratique la gestion écologique des abords routiers, le ministère des Transports semble sur la voie de la réussite. Il a d'abord reconnu le microhabitat de cette annuelle: lieux ensoleillés où le sol est nu et maintenu à nu à chaque année, par exemple par le passage de la gratte qui déneige l'accotement (environ 30 cm de sol à côté de l'asphalte). Le ministère a ensuite coupé très ras, sous les cotylédons (2 premières feuilles) avant la floraison, ce qui empêche la plante de se refaire une tête. Puis le ministère a favorisé l'occupation du sol nu par d'autres annuelles qui entrent en compétition avec l'herbe-à-poux; cela se fait de façon naturelle par 2 espèces de trèfle: trèfle pied-de-lièvre et trèfle couché. Le ministère a donc semé à répétition ces espèces, et cette année j'ai facilement remarqué sur des kilomètres et des kilomètres d'autoroutes, une belle bordure en coussin, rose ou jaune, selon l'espèce de trèfle qui a pris la dominance. Bravo au ministère des Transports.
    Quant à une solution saline... il est évident qu'elle s'attaque à tous les végétaux; seules de rares espèces supportent le sel! Ça me semble être un polluant de plus dans l'environnement. Et si on ne remplace pas l'herbe-à-poux par d'autres espèces, l'habitat reste disponible et l'herbe-à-poux reviendra d'année en année... et voilà une job à vie pour le promoteur d'Herbanatur.
    En ville, l'arrachage est simple... suffit de reconnaître la plante. Mais il faut aussi faire disparaître l'habitat: favoriser d'autres végétaux qui occuperont le sol nu.
    Pour bien mener une bataille, la connaissance des habitudes de l'ennemi aide!
    Gisèle Lamoureux, botaniste-écologiste
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  • Pierre Samuel - Abonné
    9 septembre 2008 10 h 42
    La politique du "je-m'en-foutisme" à l'état pur!
    Comment un édile municipal tel Alan DeSousa peut-il se moquer à ce point de concitoyens victimes de cette plaie indéracinable qu'est l'herbe à poux qui afflige sérieusement la santé de nombreux Montréalais depuis des lustres? Faut avoir un sacré culot que d'oser blâmer "l'effet pervers" d'un recours collectif maintenant en appel, tout en admettant que la Ville n'a aucunement l'intention de "négocier un arrangement à l'amiable" ni de "règlement en assurant le contrôle"! Comment la Gaspésie a-t-elle pu mettre fin à ce fléau depuis 80 ans en plus d'une dizaine d'autres municipalités alors que la métropole du Québec continue de "cafouiller" à l'image de ses élus de façade?
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  • Fernand Trudel - Abonné
    9 septembre 2008 11 h 10
    Montréal sur le bord du gouffre financier
    Tout craque de partout à Montréal. Il n'est pas surprenant que la lutte à l'herbe à poux soirt négigé.

    Il est temps d'être rationnel et d'apprendre à gérer des fonds publics de façon responsables.

    Les écolos ont tôt fait de réclamer sans chercher à aider par des corvées ou autrement par une éducation des gens. Natrurellement ils demansderont des $$$ pour leurs effforts.

    Il faudra à court terme prioriiser les interventions municipales:

    Le recyclage est déficient, les égouts sont mal en point, l'aqueduc perd de sa capacité à raison de 40%. le réseau roputier est en piteux état, les services de proximités sont parcimonieusement distribués et les écolos réclament encore plus d'interventions étatiques.

    Va falloir que les gens pensent que l'état c'est nous et que le gouvernement n'invente pas l'argent mais vient la chercher dans nos poches en nous en retrournant une partie infime après avcoir engraisser l'appareil bureaucratique et réglementé à l'extrême. Assez, c'est assez, Montréal est au boird du gouffrfe financier, il est temps de revenir à l'essentiel...
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  • Tim Yeatman - Abonné
    9 septembre 2008 13 h 30
    C'est pourtant si simple à régler!
    Je suis propriétaire d'un terrain de 18,000 pieds carrés dans une ville. Une douzaine de plants d'herbe à poux en moyenne apparaissent à tous les ans sur mon terrain, surtout à cause de la façon que la municipalité déblaie le trottoir. Çà me prend quelques minutes à tous les ans d'éliminer cette mauvaise herbe de mon terrain.


    Si tous mes voisins faisaient de même, il y a de grosse chances qu'après quelques années, cette tâche s'éliminerait d'elle-même. Si les citoyens se partageraient la tâche de faire les terrains publics et le long des routes près de chez eux, le problème serait réglé.


    Je ne suis pas allergique. Mais il semble bien que ceux qui le sont aiment mieux remplir les poches des pharmaceutiques et de leurs actionnaires.


    Johanne Dion
    sur le courriel de mon conjoint
    Richelieu, Qc
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  • Rachelle Renaud - Abonné
    9 septembre 2008 13 h 44
    Chacun doit faire sa part
    Montréal, le 9 septembre 2008

    Monsieur Francoeur,

    Je suis vos chroniques de près; merci de votre vigilance et de votre ténacité dans plusieurs dossiers liés à l'environnement!

    Notre groupe citoyen 'Côté cour côté voisins' veille sur un terrain vacant situé rue Lafrance, dans le district De Lorimier du Plateau-Mont-Royal. Chaque été, nous organisons une corvée d'arrachage d'herbe à poux. L'an prochain, nous songeons à établir une 'patrouille herbe à poux' pour le terrain et d'afficher l'indice pollinique et l'indice de la qualité de l'air de façon régulière.

    Ce jeudi, le 11 septembre, dès 17h, nous aurons une corvée de désherbage et de plantation, ainsi que notre toute première épluchette de blé d'Inde.
    Voir notre site Web pour d'autres renseignements:
    http://cotecourvoisins@brinkster.net.

    Cordialement,
    Rachelle Renaud
    Secrétaire de CCCV
    rarenaud@total.net
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  • Louis-Marie Poissant - Abonné
    9 septembre 2008 14 h 46
    Connaître son ennemie pour savoir comment la combattre
    Herbe à poux connaître son ennemie. Gare aux solutions simplistes des années 60.
    Louis-Marie Poissant, M. Sc. Environnement, ex-agronome (1980-2000).

    Dans Le Devoir du 9 septembre, Louis-Gilles Francoeur fait comme à son habitude un bon portrait de la situation quand il affirme que les villes qui réussissent le mieux sont celles qui se donnent « un plan de contrôle global de la plante polluante sur leurs voies publiques ». Il fait peut-être preuve d'un peu trop d'optimisme quand il laisse entendre que la mise en marché d'un produit soit d'une importance comparable à une stratégie globale (quelle que soit la valeur intrinsèque de ce produit). Quand l'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire de Santé Canada (ARLA) homologue un produit, quel qu'il soit, elle n'en fait pas une panacée. Sinon il y aurait longtemps qu'il n'y aurait plus de pissenlits en ville, avec les quantités de 2,4-D qu'on y a appliqué pendant des décennies! Dans le cas de AdiosAmbros d'Herbanatur, l'ARLA ne fait que signifier que le produit « présente des avantages et une valeur conformes au Règlement sur les produits antiparasitaires et ne comporte pas de risque inacceptable ». Il ne faut pas avoir sorti non sans peine de la pensée magique de l'herbicide parfait à un autre, fut-il « naturel ».

    Tout étudiant en malherbologie vous le dira : cette science se résume à connaître la plante pour comprendre les différentes techniques à appliquer pour réduire sa concentration. Il n'y a jamais une seule technique suffisante, qu'il s'agisse de tonte, d'herbicide naturel ou de synthèse, homologué ou non. Ambrosia ne fait pas exception. Depuis les années 50 jusqu'aux années 90 et même au-delà, une approche mécaniste plutôt qu'écosystémique, aidée il est vrai par les vendeurs de produits miracles, a conduit à privilégier une solution unique, facile et pour tout dire simpliste. Heureusement les agriculteurs ont à présent compris que c'était leur intérêt bien compris de penser globalement leurs champs.

    Ambrosia ambrosiifolia, l'ambroisie, appelée au Québec herbe à poux, est une plante annuelle, on ne le dira jamais assez. En janvier prochain, à Montréal et partout au Québec il n'y aura à toute fin pratique plus un seul plant d'Ambroisie. Il n'y aura que des graines, des semences. Contrairement à l'adventice la mieux connue des québécois, le pissenlit, Taraxacum officinale, qui est vivace et donc prête à partir très tôt au printemps à partir de sa racine pivotante, l'ambroisie doit repartir de la graine à chaque printemps, la rendant ainsi très vulnérable face aux vivaces. Dans un champ de pissenlits, l'herbe à poux n'a aucune chance.

    Mais alors, pourquoi en aurons-nous en 2009? C'est que l'herbe à poux est une espèce pionnière, exactement comme les cyanobactéries dans les lacs oligotrophes : leur spécialité est de coloniser un milieu « récemment » ouvert à la lumière. Or nos villes sont constamment ouverts à la lumière : stationnements, arbres rares, herbe courte. Allez voir dans la forêt du Mont-Royal : aussitôt qu'il y aura un peu d'ombre des arbres, il n'y a plus d'herbe à poux. Nous passons donc notre temps à lui aménager l'habitat qu'elle privilégie.

    La plante est aussi sensible à la variation de la longueur du jour. C'est pourquoi, quelle que soit sa hauteur, elle produira du pollen au début d'août sous nos latitudes, parce que sous nos latitudes il y a une grande différence de longueur de jour entre l'été et l'hiver. C'est pourquoi aussi elle ne s'implantera jamais aux tropiques. Jamais un zèbre ne broutera de l'herbe à poux (sauf dans un zoo...). Par contre, bien qu'originaire d'Amérique du Nord (les Prairies), elle envahit lentement mais sûrement les pays qui ont nos latitudes : d'abord la France, puis l'Allemagne, la Pologne, etc. En somme des endroits où les jours sont courts en hiver.

    Contrairement au pissenlit dont les graines disposent d'aigrettes pour voyager au loin, la graine d'ambroisie est grosse, massique, lourdaude. Ici il faut peut-être relever une confusion fréquente entre pollen et graine. Autant le pollen d'Ambroisie est léger et petit (un centième de millimètre), autant la graine est grosse, car une annuelle doit emmagasiner tout ce dont elle aura besoin en énergie au printemps suivant. Quand la graine est mûre, à partir de septembre, elle retombe à côté du plant. Ceci a une conséquence très importante sur la distribution spatiale des plants : alors que le pissenlit envoie ses graines un peu partout, et donc essaie de germer un peu partout disposant les plants régulièrement sur une surface, les graines d'Ambroisie vont surtout se regrouper à courte distance du plant, formant une sorte de colonie à partir d'un plant mère.

    Mais, dira-t-on, comment se propage-t-telle d'une rue à l'autre si elle est si massive et dénuée de moyens de propagation efficaces? Grâce à vous et au déneigement des rues. Elle colle aux pneus des vélos, des autobus, des autos. La graine germera au printemps et si c'est dans un terrain ensoleillé mais pauvre et sec, sans compétition, comme les stationnements de gravier, elle prospérera rapidement. Une nouvelle colonie s'y développera avec les années. Le déneigement des trottoirs fait aussi problème : le plant pousse souvent à la bordure du gazon et du trottoir, ou entre le trottoir et l'asphalte. Les graines restent sur le plant ou tombent à côté. La déneigeuse de trottoir arrache la plante et en même temps un peu de pelouse. Voici nos graines en parfaite position pour germer dans l'habitat qu'elles affectionnent : un sol nu sans compétition. Quand vous verrez une lignée de petits plants d'herbe à poux, dites vous que leurs aïeuls étaient un peu en amont par rapport au parcours de la déneigeuse.

    Les scientifiques essaient de mettre au point un contrôle sélectif, spécifique à Ambrosia, qu'il soit chimique ou biologique, mais aucun n'est vraiment au point. Certains, pas assez spécifiques, affaiblissent toutes les plantes à feuilles larges, ce qui laisse un couvert végétal pus faible l'année d'après, favorisant ainsi l'ambroisie. D'autres sont très spécifiques mais les conditions climatiques optimales sont rarement rencontrées dans un été.

    En somme, encore une fois, il n'y aura jamais une solution unique et simple pour gérer une plante indésirable. Mais connaissant les caractéristiques de la plante et les caractéristiques du système « ville » qui favorisent sa prolifération, on peut penser à des mesures structurales relativement simples et relativement peu coûteuses. Par exemple, si tous les stationnements avaient une bordure de ciment pour empêcher les autobus scolaires, les autobus urbains et les autos de rouler sur le gazon ou le gravier, cela empêcherait à la fois de créer un habitat favorable et d'ensemencer le sol par leurs pneus.

    En terminant, j'invite ceux qui désirent en savoir plus à consulter le site web de la table nationale sur l'herbe à poux (tqhp.qc.ca) et ambroisie.info, un site français bien fait, mais où il faut faire des adaptations pour le Québec.
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  • Maurice Léveillé - Inscrit
    9 septembre 2008 16 h 53
    Et si ce n'était pas un Québécoi???
    M.André Grégoire de Herbanature est un des nôtre, un Québécois. Il a trouvé la formule pour irradier l'herbe à poux. Si cette découverte avait été présentée pas un pur étranger, les municipalités et le Gouvernement Provincial dirait,: " C'est génial ". Il ne faut pas qu'un des nôtres prospère. C'est ridicule. Pendant ce temps là, les gens sont malades et perdent des journées de travail, les cliniques sont débordées et c'est nous qui en payons la note.
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  • André Grégoire - Inscrit
    18 septembre 2008 15 h 08
    Lorsque l'ingorance frôle l'arrogance
    Lachenaie, 18 septembre 2008



    Pour faire suite aux commentaires de madame Gisèle Lamoureux, envoyés mardi le 09 septembre 2008 à 10:00

    'Réussite du ministère des Transports, qui connaît bien l'ennemi'.


    J'ai peine à croire, sauf tout le respect que je vous dois, madame, qu'une botaniste/écologiste - chercheure - écrivaine - écologiste/activiste - éditeure - femme d'affaires - graphiste et phytophotographe se permet de véhiculer publiquement autant d'informations farfelues truffées de constats périmés et/ou sans fondement, le tout, de façon gratuite et partisane.

    Permettez-moi de commenter le contenu de certains passages que vous avez publiés en prenant soin de les citer d'abord.

    G.L. : «Le ministère des Transports semble sur la voie de la réussite.»

    A.G. : En attendant, la seule chose qui semble sur «la voie » comme vous le dites si bien,... ce sont des milliards de plants d'ambrosia sur la presque totalité du réseau routier géré par le MTQ.

    Considérant qu'un seul plant peut produire plus de 3,000 semences (graines), il est évident qu'un nombre important de graines viables se sont accumulées dans le sol au fil des années.

    - Les corridors routiers représentent 90% des infrastructures publiques à risque.
    -50% des routes du Québec sont gérées par le MTQ.
    -Les bordures routières sont la principale source de dispersion des semences.
    -Faute de méthode d'intervention efficace à grande échelle, la majorité des infrastructures publiques sont sévèrement infestés.
    -Au Québec, la dispersion de la plante s'étend maintenant du Témiscamingue jusqu'en Gaspésie et de la frontière Américaine jusqu'à la Côte-Nord.
    -La majorité des semences que l'on retrouve sur les terrains privés et agricoles proviennent du réseau routier.





    G.L. : «Le ministère a ensuite coupé très ras, sous les cotylédons (2 premières feuilles) avant la floraison, ce qui empêche la plante de se refaire une tête.»
    A.G. : Foutaise, après 50 ans de contrôle mécanique, il serait temps de vous rendre à l'évidence que :

    -Les méthodes mécaniques stimulent la croissance de la plante.

    -Que la plante s'adapte rapidement au niveau du type de coupe qu'elle subit. On peut facilement observer des plants de moins d'un centimètre dans les terre-pleins, les parcs et les pelouses résidentielles.

    -Le contrôle mécanique demeure impraticable sur de nombreuses infrastructures infestées.

    -Les méthodes de contrôle traditionnelles ne fonctionnent que partiellement et laissent ainsi l'opportunité à cette plante annuelle de se reproduire aisément chaque saison.

    La cause fondamentale de la prolifération de l'Ambrosia est fort simple :

    -Le sol est infesté de graines faute de contrôle efficace de la plante.
    -Faute de contrôle efficace de la plante, le sol est infesté de graines.

    G.L. : «j'ai facilement remarqué sur des kilomètres et des kilomètres d'autoroutes, une belle bordure en coussin, rose ou jaune, selon l'espèce de trèfle qui a pris la dominance. Bravo au ministère des Transports.»

    A.G. : Est-ce que vous avez pris la peine de vous arrêter pour constater que la majorité de vos belles bordures en coussin sont infestées d'herbe à poux? Vous devriez aller faire un tour, de l'avis de plusieurs spécialistes, ce projet ne règlera en rien la situation.
    En passant, les fleurs jaunes que vous voyez sont majoritairement de la lupuline et non pas du trèfle jaune !

    Après avoir observé au cours des dix dernières années l'évolution de la plante et évalué objectivement le rendement des méthodes de contrôle traditionnelles, nous pouvons affirmer les faits suivants :
    -L'extraction manuelle, quoiqu'efficace, ne représente pas une méthode de contrôle à grande échelle.
    -L'utilisation de vapeur d'eau chaude est une méthode non sélective, très coûteuse et irréalisable sur l'ensemble d'un territoire.
    -Le fauchage ne représente pas une méthode efficace pour contrôler l'Ambrosia.
    -La tonte représente une méthode de contrôle limitée et impraticable sur la majorité des infrastructures.

    Les méthodes de contrôle mécaniques répétitives n'ont aucun impact significatif sur la problématique et sont une source importante de Gaz à Effets de Serres (G.E.S.).

    L'implantation d'un couvert végétal compétitif ne s'attaque pas directement à la source du problème et par conséquent, ne représente pas une méthode de contrôle fiable à long terme.

    Les statistiques recueillies jusqu'à présent démontrent que l'herbe à poux et les allergies provoquées par son pollen sont en constante progression, soutenant ainsi le fait que les méthodes de contrôle traditionnelles énumérées ci-haut ne peuvent assurer un contrôle efficace de la plante à grande échelle.

    G.L. : «Quant à une solution saline... il est évident qu'elle s'attaque à tous les végétaux; seules de rares espèces supportent le sel! »

    A.G. : De nombreux rapports de recherches rédigés par des sommités dans le domaine, tels que le Dr. Alan Watson (McGill), le Dr. Antonio DiTommasso (Corel) et le Dr. Alain Meilleur (U.M.) confirme la non-toxicité, l'efficacité et la sélectivité du produit qui s'attaque majoritairement à l'ambrosia sans affecter les graminées.

    La plupart des végétaux à feuilles larges qui peuvent être affectés par le produit le long des bordures routières sont majoritairement considérés comme des mauvaises herbes.

    Pour assurer le succès de notre mission, nous nous efforçons depuis une dizaine d'années de supporter scientifiquement les biens fondés de nos actions tout en impliquant directement des intervenants gouvernementaux à nos projets de R&D.

    Voici quelques exemples de témoignages livrés par ceux-ci :

    -Méthode de suppression éprouvée et recommandée par le Ministère des Transports du Québec. (Service des acquisitions du MTQ, 2007)

    -Cette nouvelle méthode, d'utilisation d'un produit qui est parfaitement écologique et sélectif détruit l'herbe à poux en n'attaquant pas les autres plantes, c'est quand même exceptionnel. (Porte-parole Denis L'Heureux du M.T.Q., Corus Nouvelles, Régionales, Estrie, aout 2006)

    -Ce produit écologique a la propriété de s'attaquer majoritairement aux plants d'Ambrosia. Il laisse donc intact les graminées (gazon) et la plupart des autres végétaux.


    Ce produit sélectif à l'herbe à poux s'avère d'une grande efficacité. Cette méthode écologique est relativement peu coûteuse (0.17¢ du m2). (Service de l'environnement de la Ville de Québec)

    Plusieurs rapports de recherches publiés entre autre par le MTQ supportent le fait que l'utilisation d'ADIOS AMBROS® réduit considérablement le couvert d'herbe à poux à court terme (1 à 3 ans).

    L'impact positif des interventions sur la qualité de l'air a pu être validé scientifiquement (aérobiologie) au cours des trois dernières saisons.


    G.L. : «Ça me semble être un polluant de plus dans l'environnement.»

    A.G. : Un rapport publié par le MTQ en collaboration avec McGill confirme hors de tout doute la non-toxicité du produit.

    Dûment homologué par Santé Canada à titre de produit à faible impact environnemental sans restriction d'application près des cours d'eau ou des milieux humides. Ce produit n'engendre aucun effet négatif sur les animaux ou l'environnement.

    La population peut, en toute confiance et même pendant les opérations, fréquenter les sites qui sont contrôlés. Une seule application est requise pour éliminer la plante.

    G.L. : «Et si on ne remplace pas l'herbe-à-poux par d'autres espèces, l'habitat reste disponible et l'herbe-à-poux reviendra d'année en année...»

    A.G. : La seule et unique façon durable d'éliminer cette plante toxique est:
    -De localiser et de cartographier l'ensemble des secteurs infestés.
    -De contrôler efficacement la plante avant qu'elle ne produise ses semences et son pollen.
    -De patiemment, au fil des saisons, épuiser le réservoir de graines dans le sol.


    G.L. : «et voilà une job à vie pour le promoteur d'Herbanatur.»

    A.G. : Humm ! Je détecte une pointe de jalousie dans ces propos. Par contre, c'est la seule affirmation dans votre intervention qui tienne la route... pleine d'herbe à poux !


    G.L. : «En ville, l'arrachage est simple... suffit de reconnaître la plante. Mais il faut aussi faire disparaître l'habitat: favoriser d'autres végétaux qui occuperont le sol nu.»

    A.G. : Croyez-vous sérieusement que vous pouvez régler la problématique en semant d'autres végétaux et en arrachant l'Ambrosia le long de l'autoroute 20 ou 40 Montréal-Québec. Le travail va être ardu, surtout que l'herbe à poux est camouflé dans un coussin de lupulines, de trèfles et de graminées soit disant compétitif !

    Les méthodes de contrôle mécaniques répétitives sont loin de représenter un modèle de développement durable pour les raisons suivantes :
    -Elles offrent un contrôle limité et impraticable sur la majorité des infrastructures à risques.
    -Elles n'ont aucun impact significatif sur l'ensemble de la problématique.
    -Elles sont une source importante de Gaz à Effets de Serres (G.E.S.).

    G.L. : «Pour bien mener une bataille, la connaissance des habitudes de l'ennemi aide! »

    A.G. : La seule et unique façon durable d'éliminer cette plante toxique est :

    -De localiser et de cartographier l'ensemble des secteurs infestés.
    -De contrôler efficacement la plante avant qu'elle ne produise ses semences et son pollen.
    de patiemment, au fil des saisons, épuiser le réservoir de graines dans le sol.

    Pour le bien de votre communauté, au lieu de critiquer sans savoir vraiment de quoi vous parler et de répéter le même refrain qu'on fredonnait il y a dix ans, il serait de mise d'encourager ceux qui ont le désir et la détermination de développer de nouvelles alternatives qui peuvent avoir un impact à court terme sur la santé de la population.

    Surtout lorsque l'on a rien de vraiment intéressant à proposer.

    À la rigueur, ayez la décence de ne pas critiquer une solution qui a déjà fait ces preuves avant d'avoir fait vos devoirs. Je vous mets au défi de nous prouver le contraire.

    Je termine en affichant une citation que vous avez faite le 15 décembre 1999. Je crois que vous devriez la prendre un peu plus au sérieux.

    André Grégoire
    HERBANATUR Inc.
    514-863-3270
    herbanatur@sympatico.ca

    «Ne sommes-nous pas chacun une courtepointe formée à partir d'influences aussi diverses que nos parents, amis, éducateurs, professeurs, conjoints, auteurs et artistes dont nous fréquentons les oeuvres et que nous aimons ?»
    Gisèle Lamoureux, courriel, le mercredi 15 décembre 1999.
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