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Que restera-t-il du Québec naturel dans 100 ans?

Il y a deux semaines, je filais à moitié endormi en raison du décalage horaire dans le TGV Paris-Nîmes en direction du parc national des Cévennes, le plus grand de France.
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  • Pierre-Jules Lavigne - Abonné
    20 juin 2008 10 h 23
    12 % , cible trop petite
    Ayant oeuvrer à la conservation, je me suis toujours inspiré de la réflexion que vous faites pour évaluer l'empreinte que j'aurai laissé. Dans 100 ans, aura t-elle été qu'une douce vague sur un rivage constamment déstabilisé? Je conclue que la cible de 12 % à laquelle tout le monde se raccroche est insuffisante. Il y a 20 ans parler de 12 % quand la moyenne mondiale était sans doute inférieure à 4 % (?), ça amenait les décideurs sur la piste. Maintenant, il faut passer à une cible plus importante car la démographie mondiale et le libéralisme économique sont si irrémédiablement envahissant que la biodiversité et les mécanismes du maintien de la vie ne pourront se rebâtir sur 12%. La recolonisation des continents après les glaciations bénéficiait d'une distribution continue du capital vivant.Avec une cible à 12 %, les "trous" sont et seront béants et le déficit des mécanismes assurant la vie sera si important que la vie peinera à se réinventer.
    // Le Parc des Cévennes,jumellé au Parc du Saguenay, seul parc où l'humain est intégré dans le projet de conservation via ses modes de vies traditionnelles et économiquement viables. C'est la piste de l'avenir. Il faut que Parc Québec s'en inspire pour atteindre et défoncer le 12 %. L'approche bulle de verre ressemble à des opérations de sauvetage et se confine à des territoires trop petits là où l'occupation du territoire est importante. De la Montérégie à la Gaspésie,de l'Abitibi à la Basse-Côte y a plein de cibles où inventer ces zones périphériques de développement durable où l'humain s'épanouit dans une économie durable et où l'industrialisation de l'exploitation des ressources devrait régresser sur une génération . Les zones tampons comme elles sont définies et auxquelles vous faites référence ne feront que compenser des choix de conservation insuffisants. On en est plus là.
    Pierre-Jules Lavigne , pierre-jules @hotmail.com
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  • Maurice Monette - Abonné
    20 juin 2008 12 h 18
    Cette question, je me la posais déjà au début des années 80...
    Ce moment de lucidité pendant votre "rêverie" dans un Train Grande Vitesse / T. G. V. français, je l'ai vécu moulte fois durant le bref moment où j'ai oeuvré pour le Gouvernement du Québec, d'abord en tant que Technicien de la Faune, au Ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche / M. L. C. P., de 1978 à 1980. Puis, encore plus sérieusement quand j'étais au Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, en tant que Biologiste, entre 1980 et 1982.

    À voir tout d'abord les razzias qui étaient faites dans les forêts au nord de l'Outaouais, autour et dans de la Réserve de LA VÉRENDRYE, lors de multiples inventaires aériens de gros gibiers et autres, j'étais indigné par tous ces saccages qui détruisaient les aires naturelles où la faune évolue. Oh ! Nos Dirigeants d'alors disaient qu'il fallait récolter la matière ligneuse avant qu'elle ne tombe au sol et n'ait plus de valeur. Mais, la faune et la flore qui avaient mises des centaines d'années à atteindre un certain équilibre ÉCOLOGIQUE / CLIMAX devenaient ainsi très vulnérables à toute menace. Qu'il s'agisse de prédation intensive parce que le couvert naturel pour se cacher n'existait plus ou l'érosion accrue parce que l'eau de pluie ruisselait sur le sol dénudé de sa protection végétale et que les alluvions transportés par celle-ci allaient colmater le fond des cours d'eau et des lacs. Ces alluvions ont couverts les fonds de ceux-ci et la production de larves d'insectes et autres organismes vivants qui se servent de ces biomes pour se reproduire et y croitre, ont vues leurs conditions de vie détériorées pour de longues périodes.

    Puis, en 80, j'ai rempli une fonction de Biologiste au Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec / M. A. P. A. Q. où, encore une fois, j'ai pu assister à l'effet dévastateur que la CUPIDITÉ humaine avait sur la biomasse marine. En effet, étant affecté au perfectionnement des engins de pêche, perfectionnement en capture et en sélectivité des espèces visées il va sans dire, j'ai pu observer une diminution drastique dans la taille moyenne des captures au cours des deux premières années de mes activités. À un point tel que, l'Équipe de biologistes que formions ici, à Grande Rivière, avions prise l'initiative de nous rendre à Québec pour convaincre nos Dirigeants qu'il fallait diminuer les pressions de pêche de l'industrie car, la resssource donnait des signes d'épuisement. Mais, nous nous sommes faits répondre que ce sont des gens comme les pêcheurs qui élisent nos Patrons et qu'il fallait leurs donner satisfaction.

    Ne faisant ni une, ni deux, nous avons tous choisi d'aller travailler à un autre Ministère, par mutation. La mobilité du personnel étant plus facile à cette époque pas si lointaine, nous avions au moins cette issue. Et, qu'est-il advenue depuis de la ressource halieutique...?

    Tout ça pour dire que, l'espèce humaine est IMMATURE et TOTALEMENT IRRESPONSABLE. Pour cette raison, les prévisions que laisse entrevoir votre Article ont de forte chance ou plutôt, auront fortement le malheur de se réaliser...

    Tout ÇA, c'est dû au fait que la gent humaine se croit propriétaire de la BIOSPHÈRE sur laquelle elle a eue la faveur de venir ÉVOLUER en GRÂCE et en $age$$e (SAGESSE) mais, cette dernière a eu le culot de TOUT DÉTRUIRE pour futilement s'enrichir d'argent complètement inutile à son ÉVOLUTION . Donc, NOUS en sommes rendu au point où NOUS devons tenter de faire des extrapolations, telles celles que votre Article sous-tend et la perspective ne semble pas trop alléchante...

    Merci de votre ATTENTION & que sera cet AVENIR...?

    Votre Ami, SAGE, lui,
    MAURICE MONETTE
    BIOLOGISTE #939
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