vendredi 10 février 2012 Dernière mise à jour 01h26
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Un nouveau Rabaska?

À Québec, le fleuve est de nouveau au coeur d'un conflit opposant développement économique et considérations environnementales

Le retour au fleuve est dans l’air du temps à Québec, mais des groupes de citoyens craignent les impacts d’un vaste projet d’expansion du port.
Photo : Agence Reuters
Le retour au fleuve est dans l’air du temps à Québec, mais des groupes de citoyens craignent les impacts d’un vaste projet d’expansion du port.
Québec — Pour souligner le 400e anniversaire de Québec, le gouvernement fédéral et le Port ont aménagé trois grands sites afin de «redonner» un accès au fleuve à la population. Or des groupes de citoyens y voient une ruse pour dissimuler un vaste projet d'expansion du port.

Le retour au fleuve est dans l'air du temps dans la capitale. Après deux siècles axés sur l'industrialisation du littoral, les deux ordres de gouvernement ont décidé de souffler dans une autre direction pour le 400e, misant sur la verdure, les pistes cyclables, les parcours ornithologiques et même l'entreposage de planches à voile.

Québec a investi pas moins de 70 millions de dollars dans sa promenade Samuel-de-Champlain, qui fait déjà le bonheur des cyclistes, entre les ponts et la vieille ville. Du côté du fédéral, plus de 40 millions de dollars ont été injectés dans le projet «À la rencontre des eaux et des hommes» dans la zone portuaire. Au terme d'un long processus, trois sites ont été réaménagés, dont la baie de Beauport qu'on inaugurait cette semaine.

Lundi matin, 10h30. Pendant qu'une poignée de kitesurfers bravent le vent près de la plage, le président du Port, Ross Gaudreault, invite les convives à admirer les installations de 18,3 millions de dollars: un bâtiment, des espaces de rangement pour les planches à voile, un restaurant, des sentiers, etc.

Cela faisait plus de 20 ans que les amateurs de voile avaient conquis ce site inexploité par le Port et voilà que, pour le 400e, ce dernier acceptait de le léguer officiellement à la population. Un geste généreux pour des espaces précieux, de souligner M. Gaudreault. «Nous avons consacré plus de quatre millions de pieds carrés de terrain ici, à la baie de Beauport; c'est un gros cadeau!»

Et d'ajouter que ce projet fait bien la preuve que l'industrie et les activités nautiques et de plein-air peuvent cohabiter. «La baie de Beauport est un grand site récréonautique [...] mais c'est aussi un centre névralgique d'opérations pour le Port de Québec. [...] Il est important pour le Port de maintenir et d'encourager cette vocation portuaire, car le port rapporte!»

Dans la salle, Dany Martel, une adepte de la voile, accueille les nouveaux aménagements avec enthousiasme. Les travaux sont complétés et elle va enfin pouvoir regagner la belle plage d'un kilomètre, un site unique dans la région, où on peut même se baigner de façon sécuritaire la plupart du temps.

«On nous a écoutés pour les installations. La structure pour recevoir les bateaux est énorme. On a des douches, des toilettes, ce qu'on n'avait pas avant. On est vraiment très satisfaits», explique cette représentante des usagers de la plage. Mais en même temps, Mme Martel est convaincue que le p.-d.g. essaie ainsi d'acheter la paix...

C'est qu'on souhaite que le port prenne de l'expansion juste à côté, dans la zone de vrac.

Ce projet d'au moins 250 millions, dit-on, vise à accroître la capacité de manutention du port, qui connaît une croissance soutenue depuis quelques années. Une tendance qui risque de plafonner sans nouvelles infrastructures, plaide son président.

Dany Martel est perplexe. «On est très ouverts à l'expansion économique, c'est certain, mais on se demande juste si c'est viable, un parc à côté d'un quai de 610 mètres dans le fleuve. C'est inquiétant. J'aimerais qu'il y ait des études.»

Interrogé à ce propos, le p.-d.g. se montre rassurant. «Ça ne peut pas nuire parce qu'on fait juste une expansion de deux quais. Vous ne le verrez même pas d'ici et on va doubler la grandeur de la plage», lance-t-il avant d'ajouter que les gens seront consultés mais qu'il attend avant de présenter son projet «correctement».

L'Association des kitesurfers et véliplanchistes (AKVQ) est déjà mobilisée contre le projet. Sur son site Web, un montage photo illustre la baie de Beauport «avant» et ce qu'elle serait «après» le développement. Son président-fondateur, Yvon Lefebvre, est un ex-champion de planche à voile. Il suit le projet de près depuis des mois et, pour lui, il n'y a pas de doute: c'est tout simplement «désastreux». «Ça obstrue complètement le panorama fluvial, ça diminue de près de la moitié la longueur de la plage, ça réduit de façon importante l'espace navigable.» On craint que les vents soient bloqués, que l'ensablement et l'envasement de la baie ne s'accélèrent.

Comme d'autres, M. Lefebvre se méfie de Ross Gaudreault lorsqu'il parle de consultation publique et craint un processus fantoche. Il souhaite que le fédéral ordonne une commission d'examen, dont l'influence serait au moins équivalente à celle des audiences du BAPE.

Pour l'instant, la baie de Beauport demeure un secret bien gardé à Québec. Sauf pour les sportifs qui y ont leurs habitudes, la plage était jusqu'à tout récemment méconnue et d'accès difficile. Or, lundi, le ministre fédéral Jean-Pierre Blackburn l'a décrite comme l'un des plus beaux sites du genre en Amérique du Nord. Un brin cynique, Dany Martel espère que les investissements du fédéral attireront beaucoup, beaucoup de promeneurs. «Je souhaite qu'il y ait du monde, qu'il y en ait tellement que ça devienne vraiment compliqué de faire son truc.»
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Yvan-M. Roy
    Inscrit
    mercredi 11 juin 2008 07h01
    Sous Québec, la vue la plus belle ...au monde ?
    Le Bassin de Québec, auquel appartient la Baie de Beauport, est au centre de ce que La Hontan, compagnon de Frontenac, a appelé '' La vue la plus belle et la plus étendue qui soit au monde '' (1684).

    Depuis 150 ans, les immobilisations portuaires de n'ont cessé par leurs méga-structures de dénaturer cet espace exceptionnel. La vue du Château Frontenac donne directement sur le Bassin de Québec. L'Ile d'Orléans ferme le Bassin à l'est. Rabaska sera construit devant l'Ile, à la porte du Bassin. L'extension du port devant la Baie de Beauport en ajoute.

    S'opposer à la méga-industrialisation sous la ville de Québec n'est pas un combat d'arrière garde, c'est préserver l'héritage de Frontenac pour notre bien-être et pour le bénéfice de l'industrie du tourisme. Cette industrie rapporte cent fois plus que l'industrie portuaire. Une pierre deux coups, quoi ? Bravo aux véliplanchistes (AKVQ) de Beauport qui s'opposent à l'extension du port de Québec à la Baie de Beauport.

    Yvan-M. Roy
    Québec

  • andré michaud
    Inscrit
    mercredi 11 juin 2008 09h02
    Co habitation travail/loisir
    Je demeure à quelques minutes de cette magnifique plage, que je visite plusieurs fois dans un été.C'est un bel example de cohabitation travail/loisir avec le port de Québec. Je crois que l'on peut très bien continuer le développement économique du port tout en gardant cette plage.

    Travail et loisir ne sont pas ennemis, même si le travail doit passer avant les loisirs, comme me le disait mon père. Ce n'est pas une poignée de sportifs qui doivent décider de prévilégier leur LOISIR au détriment du développement économique, ce serait absurde!

    J'invite mes concitoyens québécois et les visiteurs des autres régions à venir profiter du point de vue unique de cette plage. En effet, plus de gens en profiteront, plus la population démontrera son attachement, plus sa vocation deviendra essentielle, et plus le développement du port devra en tenir compte.Et d'ici quelques années , nous pourront même nous y baigner...

    Longue vie à la Baie de Beauport, vive le port de Québec! Les deux sont essentiels pour les citoyens de Québec.Pourquoi négliger l'un ou l'autre?

  • Roland Berger
    Abonné
    mercredi 11 juin 2008 09h02
    De l'espoir
    De plus en plus de citoyens flairent la ruse dans les projets gouvernementaux. C'est un début de politisation. Il y a sans doute de l'espoir. Espérons qu'elle servira dans la régon de Québec lors des prochaines élections fédérales.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario

  • Claude L'Heureux
    Abonné
    mercredi 11 juin 2008 09h04
    Le fleuve d'Ottawa
    Quand on parle d'accès au fleuve ça devrait pouvoir dire y mettre les pieds. Très peu d'endroits de cette nature sont accessible aux riverains: Baie de Beauport, Anse-aux-Foulons et la plage Jacques-Cartier. Le reste c'est le territoire de Ross Gaudreault, le bras armé d'Ottawa qui nous y invite à célébrer le Canada, lors du 400e, bilingue, Passagers Passengers.
    Comme dans un aéroport bilingue jusqu'au moment de monter dans un vol d'Air Canada! Plus baveux que ça du meurt!

    Claude L'Heureux, Québec

  • Fernand Trudel
    Abonné
    mercredi 11 juin 2008 09h18
    Ce ne sont pas des legs fédéraux
    Les terrains dont vous parlez ne sont pas des legs car le Port de Québec en a gardé la propriété. Pour la Baie de Beauport, la fenêtre sur le fleuve est dans la cour arrière et le port soutend que l'ajout de deux quais font partie du deal. Or, la ville paye 500,000$ par année en loyer au Port de Québec pour ce site et pour l'anse Brown on paye aussi un loyer de 67,000$ par année. Quant à l'agora, le promoteur doit louer au port les lieux pour y faire ses spectacles.

    Lors de la visite du Ministre Jean Lapierre, je lui avais posé la question et avait qualifié ces "supposés legs" de cadeaux de grec. J'ai à maintes reprise demandé qu'un organisme autre que le Port de Québec soit propriétaire des lieux que l'on veut rendre publics.

    Le fédéral ne fait pas de don au 400ème. Il ne fais que revamper son site du Bassin Louise. Agrandir ses propres installations n'est pas un cadeau mais un investissement non taxé par la Ville.

    Enfin, le Port de Québec grossit ses chiffres de manutention de 40% en incluant les transbordements du quai privé d'Ultramar, je me demande quand Rabaska sera en opération, si Monsieur Gaudreault va inclure ces données dans son rapport d'activité...

    Pour les deux nouveaux quais que le Port de Québec réclame en urgence, ce dernier n'a pas fait la preuve qu'il utilise efficacement ses installations actuelles. Ainsi les quais 25 et 26 au nord des silos à grain de la Bunge ont été fermés deux ans pour permettre à la Davie de construire des plate-formes de forage pour le golfe du Mexique. Devant la baisse de la manutention du blé de l'ouest, j'ai demandé à ce que les silos soient polivalents et contiennent d'autre vrac que le blé pour réactiver les quais 25 et 26 juste en face du projet d'expansion et ainsi libérer du terrain à la Baie de Beauport. Le Port de Québec, ne nous a pas convaincu que les quais du Foulon qui ont perdu les containeurs au profit de Montréal. sont utilisés au maximum. On y a accueilli le rassemblement naval sans problème tellement ces quais sont peu occupés.

    Alors avant d'investir des centaines de millions pour ajouter des quais, le Port de Québec devra prouver que ses quais sont tous utilisés à un niveau presque complet et que les silos sont utilisé à pleine capacité. Malgré tout celà, si le Port de Québec tiens encore à ses quais, il devra se soumettre à un BAPE.

  • Léonce Naud
    Inscrit
    mercredi 11 juin 2008 15h08
    Beauport : vers une symbiose entre Ville et Port ?
    Au début des années 80, une plage péninsulaire est apparue devant Beauport, résultat inattendu de remblaiements massifs dans le fleuve effectués par le port de Québec depuis les années soixante. En effet, le port souffre d'un manque chronique de terrains de vaste étendue et de surface plane. Il s'agit d'un « site plaisant mais contrariant pour le commerce et l'industrie » (Faucher, 1973). La géographie de Québec, ville acropole juchée sur ses falaises inexpugnables, est moins propice à l'armateur qu'à l'artilleur et à son canon. Voilà pourquoi, depuis plus d'un siècle, les administrations portuaires successives n'ont de cesse d'augmenter leur domaine foncier aux dépens du domaine fluvial à grands renforts de fonds publics de ce brave Dominion. Or, depuis trois décennies, la plage apparue inopinément à l'extrémité de la vaste péninsule industrialo-portuaire de Beauport a été de plus en plus fréquentée à des fins récréatives par la population.

    Conséquences économiques et sociales

    La création par remblaiement dans le fleuve d'un prolongement industrialo-portuaire de plus d'un demi kilomètre, actuellement envisagé pour la moitié sud de la péninsule de Beauport, entraînera des effets négatifs irréversibles sur un site récréatif régional dont on achève le réaménagement au coût de 19 millions de dollars de fonds publics:

    -Obstruction du panorama fluvial, l'élément d'attraction fondamental du site;
    -Diminution de près de la moitié de la longueur de la plage et par conséquent de la capacité d'accueil du public en général;
    -Réduction dramatique de la surface navigable près de la plage, laquelle compromettra sérieusement la pratique de la voile légère (catamarans, dériveurs, kitesurfs, planches à voile...);
    -Juxtaposition contre nature du récréotourisme et de l'industriel portuaire lourd;
    -Réduction de l'attractivité future du fleuve pour tout le secteur Est de la Capitale;
    -Blocage de la croissance normale des activités récréotouristiques à cet endroit et effondrement correspondant des retombées économiques et sociales d'un équipement public aménagé à grands frais dont la Ville de Québec devra assumer l'entretien durant les 30 prochaines années.

    Rappelons que Québec jouit de fort peu d'accès publics au fleuve dignes de ce nom, pour une ville touristique de son importance. Cette situation regrettable n'est pas sans entraîner de lourdes pénalités économiques. Quelques trottoirs, promenades ou quais ne permettent comme seule activité qu'une déambulation moutonnière ou la contemplation à bonne distance de ce bien public. Les nouveaux aménagements ne font en général pas exception à la règle qui suit: "Qu'ils regardent le fleuve tant qu'ils voudront...pourvu qu'ils nous laissent l'administrer et en profiter à notre guise". Il serait donc contre-indiqué d'amputer sans plus de réflexion près de la moitié d'une plage régionale unique alors qu'est censé progresser le "Retour au fleuve" maintes fois promis.

    Recommandations au Gouvernement du Québec

    - Que le Gouvernement du Québec mandate un organisme, indépendant à la fois du Port et de la Ville, pour diffuser largement toute l'information pertinente, animer des débats publics puis tenir des audiences afin de susciter diverses propositions et solutions visant la coexistence des vocations portuaires et récréotouristiques sur la péninsule de Beauport, ainsi que l'intégration harmonieuse de ces activités dans le développement à long terme de la partie Est de la ville et de son littoral. L'organisme habilité ne devrait pas exclure à priori la possibilité que le scénario le plus désirable pour la prospérité à long terme de la ville et de sa population consisterait à limiter les activités portuaires aux terrains actuellement utilisés à ces fins;

    - Que l'organisme habilité procède à une évaluation comparative des retombées économiques d'investissements d'une part en récréotourisme, d'autre part en manutention de vrac, le tout avant de recommander quoi que ce soit. En matière d'infrastructures, il faut investir là où les retombées économiques et sociales seront les plus élevées compte tenu des investissements consentis. Rappelons ici un principe d'économique, à savoir que la rentabilité d'un investissement dépend de l'allocation la plus efficace possible de ressources rares ou désirées entre différents groupes concurrents d'usagers;

    - Que les retombées économiques fréquemment évoquées par l'Administration portuaire fassent l'objet d'un examen indépendant, compte tenu des chiffres fortement à la baisse provenant du "Portrait du transport des marchandises, Régions administratives de Chaudière-Appalaches et de la Capitale-Nationale" (2006), étude commandée par les Conférences régionales des élus de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches;

    - Que le gouvernement revisite des sites potentiels de développement d'activités portuaires lourdes telles la manutention de vrac sur le Saint-Laurent, c'est-à-dire ailleurs que dans le secteur patrimonial et touristique de Québec (ex. Gros-Cacouna, Port-Cartier, Sept-Îles...), de sorte à conforter la compétitivité de l'ensemble de l'axe maritime Saint-Laurent - Grands lacs et à maximiser l'efficacité de l'activité portuaire dans l'ensemble du Québec, y compris en région;

    - Enfin, dans le but de réduire la pression exercée par la croissance continue de la demande de transbordement de divers vracs sur les rivages étroits et densément peuplés de Québec, que le gouvernement propose à l'administration fédérale d'examiner la possibilité de fusionner certaines ou encore la totalité des administrations portuaires au Québec sous la dénomination « Ports du Québec », tout comme il vient de le faire en Colombie-Britannique en fusionnant les ports de Fraser River, de North Fraser et de Vancouver, regroupés en une seule administration portuaire depuis le 1er janvier 2008.

    Léonce Naud, géographe
    Québec

  • PENSONS-Y
    Abonné
    mercredi 11 juin 2008 16h04
    Un air de déjà-vu
    Effectivement, le Port de Québec et Rabaska sont deux acteurs économiques de philosophie identique quant à leur vision de la place de l'industrie au coeur de la Vieille Capitale.

    Le premier a déjà plaidé la nécessité d'un quai de transbordement d'alumine au pied de la falaise du Vieux Sillery.... à l'endroit même où on a récemment opté pour une promenade publique dans la perspective de redonner l'accès au fleuve à la population.

    Le second tente toujours et encore de dorer la pilule aux Québécois en niant les nuisances environnementales de tout ordre qu'engendrera son port méthanier sur la côte sud face à l'Ile d'Orléans.

    Vivement le Bape ! clameront instinctivement les gardiens du développement durable devant les prétentions d'expansion douteuses du Port dans la baie de Beauport. À tous ceux-là, il est requis de répondre : ne soyons pas naïfs, le Bape a perdu la valeureuse indépendance qu'on lui connaissait. Le dossier Rabaska aura apporté la preuve que le respectable organisme peut désormais être tripoté de l'intérieur par nos élus, pour peu que ceux-ci soient possédés du malheureux syndrome du tout-à-l'économie.

    Effectivement, le projet du Port de Québec présente une apparence - triste - de déjà-vu....

    Mathias Brandl

  • Patrick Albert
    Abonné
    jeudi 12 juin 2008 18h38
    Les fausses prétentions de l'Administration portuaire de Québec
    La baie de Beauport est l'objet de convoitise depuis de nombreuses années et les différents intervenants souhaitent y développer des activités incompatibles, voire conflictuelles. Mais dans tout ce débat, plusieurs choses sont affirmées dont on peut mettre en doute la véracité. En voici quelques-unes.

    - Propriété du territoire que le Port veut développer

    Le gouvernement du Québec n'a jamais reconnu les prétentions de propriété du Port quant au territoire où seraient construits les nouveaux quais. Ce territoire n'appartient pas au Port; il appartient à la population, qui est en droit d'avoir son mot à dire quant à ce qu'on va y développer.
    Quand les représentants de l'Administration portuaire de Québec disent que le port a donné 4 millions de pieds carrés à la population locale, ils prétendent encore une fois qu'ils sont propriétaires de ces terrains. Ceux-ci appartiennent plutôt au gouvernement fédéral, et donc à la population, qui en a confié la gestion à l'Administration portuaire de Québec. Le Port ne donne donc pas 4 millions de pieds carrés; il rétrocède l'usage de ces terrains à la population, qui a manifesté le désir de les consacrer à un autre usage que le développement industriel.

    - Précisions au sujet des retombées économiques du Port

    Il est vrai que le Port de Québec est un acteur économique important dans notre région. Cependant, les données avancées par les dirigeants du Port doivent être mises en contexte pour pouvoir en apprécier la valeur. Ainsi, les retombées économiques du port touchent l'ensemble de la grande région économique de Québec, soit des confins de Portneuf jusqu'aux limites de Charlevoix. Les données fournies tiennent compte de toutes les entreprises qui font affaire directement ou indirectement avec le Port pour le transport des produits qu'ils utilisent ou qu'ils produisent. Ce n'est pas certain que ces entreprises cesseraient d'exister si le Port cessait ses activités. Beaucoup utiliseraient probablement d'autres moyens de transport ou d'autres ports pour faire fonctionner leur entreprise.
    Par ailleurs, aucune donnée n'existe quant aux retombées pour la seule ville de Québec. Quand quelqu'un affirme que "Le Port ça vaut 300 millions pour Québec à chaque année!", il faut relativiser les choses.

    - Coût des terrains dans le secteur des nouveaux quais

    La construction de deux nouveaux quais est un projet qui devrait coûter au bas mot 250 millions de dollars. Un tel coût signifie qu'il faudrait louer ces nouveaux terrains au minimum trois fois le prix du marché. Aucun investisseur ne voudra payer un tel prix alors qu'on peut obtenir de bien meilleurs tarifs dans d'autres sites portuaires. Il faudra donc louer les terrains au prix du marché, ce qui revient à subventionner les utilisateurs industriels à hauteur d'au moins les deux tiers du coût réel des terrains. Comment peut-on justifier un tel investissement dans de telles conditions ? C'est prendre l'argent des contribuables pour le mettre directement dans les poches des entrepreneurs. À une époque où on veut réduire les dépenses publiques, il faut rendre publics de tels renseignements.

    - Développement récréotouristique versus construction de nouveaux quais

    Les représentants de l'Administration portuaire prétendent que la construction de nouveaux quais ne nuirait pas aux activités récréotouristiques. On peut douter de cette affirmation. En effet, la construction de nouveaux quais entraînera probablement un envasement complet du secteur de la plage en raison des modifications au mouvements des eaux entraînés par les quais. Actuellement, c'est toute la petite baie située près de l'usine d'épuration qui s'est envasée au cours des dix dernières années parce que les courants marins changés favorisent le dépôt des limons. Le même phénomène risque fortement de se reproduire dans le secteur de la plage une fois qu'elle sera confinée derrière des quais.
    De plus, la construction des quais et leur utilisation pour l'entreposage de matériaux en vrac (minerais, sel de déglaçage ou autre) fera disparaître la moitié du panorama unique qu'on peut observer lorsqu'on est à la plage. C'est ce panorama qui rend le site si beau et unique. Il faut être allé sur le site pour en mesurer toute la valeur.

    - Création d'emplois liés aux nouveaux quais

    La construction de nouveaux quais devrait créer au maximum une quarantaine d'emplois (en se basant sur le taux de création d'emplois à l'hectare pour les activités de transport de vrac solide). Ceci est une estimation optimiste qui ne tient pas compte des développements de la mécanisation des opérations au cours des dix dernières années.

    - Création d'emplois liés au secteur récréotouristique

    Déjà une soixantaine d'emplois directs ont été créés dans le secteur récréotouristique de la Baie de Beauport jusqu'à maintenant, dans des conditions d'opération difficiles. Une centaine d'emplois directs additionnels devraient être créés une fois qu'on aura atteint un achalandage du site qui correspond à sa capacité d'accueil. Aucune estimation n'existe quant à la création d'emplois indirect.

    - Retombées économiques du développement récréotouristique

    Le développement récréotouristique à la baie de Beauport servira de moteur au redéveloppement du secteur urbain de l'avenue d'Estimauville, en le rendant beaucoup plus attrayant pour les visiteurs, les investisseurs et les résidents actuels et potentiels. C'est un secteur qui attend depuis plus de vingt ans les investissements nécessaires à la revitalisation, dont une voie d'accès direct au secteur de la Baie de Beauport. Une fois que cet accès sera aménagé et que les infrastructures récréotouristiques seront pleinement fonctionnelles, il est plus que probable que les retombées économiques augmenteront considérablement dans le secteur (construction domiciliaire, hébergement touristique, restauration, fourniture d'équipements spécialisés, etc.).
    Il a été démontré dans plusieurs grandes villes (Miami, Chicago, San-Francisco par exemple) que chaque dollar investi dans l'aménagement récréotouristique du littoral entraîne des retombées annuelles de sept dollars. La revalorisation des zones littorales est un des investissements les plus rentables en milieu urbain. Québec ne peut se permettre de gaspiller un site récréotouristique aussi unique que celui de la baie de Beauport en y permettant la construction d'aires d'entreposage de matériaux en vrac.

  • Paulyne Gauvin
    Abonnée
    samedi 14 juin 2008 22h19
    Le Devoir se laisse aller à de la manipulation, par André Stainier (stainier@mediom.qc.ca)
    Je suis très déçu de voir le Devoir se laisser aller à de la manipulation de l'opinion publique comme la pratiquent les journaux qui recherchent avant tout le succès populaire. Pourquoi le petit article où Mme Porter rapporte l'aménagement par le fédéral de trois sites d'accès au fleuve à Québec, assorti des commentaires positifs pour une part, négatifs pour une autre, d'une usagère et d'un responsable d'organisme, se retrouve-t-il en première page? Pourquoi surtout appâte-t-on le lectorat en coiffant cet article du titre magique de "nouveau Rabaska", alors que ce nom n'est même pas mentionné dans l'article? Pourquoi encore annoncer en sous-titre qu'"à Québec, le fleuve est de nouveau au coeur d'un conflit" alors que tout ce que Mme Porter rapporte sont des craintes face à un projet envisagé et des exigences que ce projet, lorsqu'il sera effectivement proposé, fasse l'objet d'un processus d'examen valable? Le Devoir aurait-il l'idée de rechercher, par ce genre de traitement des textes de ses journalistes, la faveur d'un public à qui cela plaît? Ce serait profondément regrettable et nous y perdrions tous beaucoup.
    André Stainier
    Québec
    stainier@mediom.qc.ca

  • Gerry Pagé
    Inscrit
    mercredi 25 juin 2008 03h07
    Un avant-goût de RABASKA.
    Après l'orgiaque tsunami des saoulons hâbleurs, des accros crâneurs et des toxicos casseurs qui ont déferlé et se sont déchaînés sur ce que le Joyau du Patrimoine mondial a de singulier et de distinctif, de beau et d'élégant, la Saint-Jean 2008 a marqué un point de rupture définitive et de non retour formel, avec l'identification de la fierté et du nationalisme québécois. Le 24 juin 2008, au matin, la Cité de Champlain avait l'air d'un écoeurant dépotoir à ciel ouvert, un GROS RABASKA polluant la vue et empuantissant l'atmosphère, encombrés de loques humaines et de relents pestilentiels qui donnent une image nauséeuse du pays que hurlent, sacrent et dégueulent ces hardes de guenilleux et voyous pelotonnés dans les drapeaux de notre fierté, devenus les bleus torchons souillés des boues et des crottins de leur sulfureux idéal patriotard. Ce sont ces empilages de déchets et de loques hébétées que photographiaient les touristes du 400e. Depuis 2008, le 24 juin est devenu et demeurera le souvenir de la déchéance honteuse de ces malotrus qui débarquent par troupeaux à Québec, y vomir les dégueulasseries de leur démence et y faire le vide des vessies de leur nationalisme de lanterne. C'est au jardin zoologique désaffecté d'animaux respectables qu'il faudra orienter ces hordes d'abrutis qui prennent les Plaines d'Abraham pour des lieux de beuveries et des bécosses, des champs de bagarres et des savanes d'orgies.

    Gerry Pagé
    Ville de Québec

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
10 réactions
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012