Le mégasite d'enfouissement de déchets à Lachenaie - Trop gros, trop tôt
La Communauté métropolitaine de Montréal veut d'abord augmenter la part des déchets recyclés pour ensuite établir ses besoins futurs en matière d'enfouissement
Mégasite de Lachenaie: trop gros, trop tôt, dit la CMM
L'audience publique sur l'agrandissement du site d'enfouissement de BFI à Lachenaie, le seul du territoire de la nouvelle CMM, commence sur des prévisions d'enfouissement qui semblent à première vue dépasser sensiblement les besoins futurs de la métropole.
La Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) estime «un peu prématuré» le projet du mégasite d'enfouissement de BFI à Lachenaie car elle entend d'abord s'attaquer à la réduction de la taille du sac vert moyen pour rehausser la part du recyclage de 14,5 % à l'heure actuelle à 60 % en 2008, ce qui réduira d'autant les volumes envoyés à l'enfouissement.
C'est ce message qu'a envoyé hier la CMM par la voix du président de son comité de l'environnement, André Boileau. Ce dernier a rendu public le premier bilan chiffré de la gestion municipale des déchets sur le territoire métropolitain, ce dernier englobant désormais 63 municipalités des deux rives et de l'île et abritant trois millions de Québécois.
Ce premier défi environnemental de la CMM, qui a hérité des mandats environnementaux de l'ancienne CUM en plus du délicat dossier des déchets, a été qualifié de «titanesque» par M. Boileau car il exigera de trouver le moyen de recycler 46 % ou la moitié de l'actuel sac vert des métropolitains d'une façon plus environnementale.
Et ce n'est pas en commençant par définir la capacité et les structures d'enfouissement des déchets ultimes ou impossibles à récupérer qu'on y arrivera, a expliqué le porte-parole de la CMM, qui ira dire ces choses très clairement à la commission du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), qui a commencé lundi à évaluer la pertinence et les impacts environnementaux du mégasite de 40 millions de tonnes que BFI veut ajouter à ses installations de Lachenaie.
Avouant avoir l'épiderme «quelque peu irrité» par l'audience de Lachenaie, M. Boileau a précisé que «c'est comme si on mettait en place une structure d'élimination avant qu'on n'ait terminé le plan» de recyclage et les éventuels besoins réduits d'enfouissement.
Cependant, la CMM réclamera devant le BAPE une extension de la vie utile des cellules autorisées de Lachenaie afin que le site puisse accueillir les déchets de la région d'ici à ce que le plan de gestion des matières résiduelles (PGMR) soit opérationnel, soit au début 2004. La partie du site de Lachenaie actuellement exploitée aura atteint sa capacité légale de 15 millions de tonnes en mars. Le site devra amorcer la procédure de fermeture. Pour les porte-parole de la CMM, la période transitoire, qui exigera une prolongation de la vie utile du site existant, pourrait aller «de un à trois ans».
Mais visiblement, André Boileau ne pense pas que ce soit le moment d'autoriser un site de 40 millions de tonnes dans la région, ce qui en ferait le septième site en importance de toute l'Amérique.
En 2001, les activités humaines sur le territoire des 63 villes de la CMM ont généré 400 000 tonnes de boues d'épuration et 5,2 millions de tonnes de déchets. De ces déchets, 1,7 million de tonnes ont été générées par le secteur résidentiel, soit 487 kilos par personne. Les organisations municipales — villes ou MRC — ont «valorisé» par recyclage ou autrement quelque 214 millions de tonnes, soit 14,5 %, de sorte qu'il a fallu éliminer 1,5 million de tonnes de déchets ou de «matières résiduelles», pour utiliser l'euphémisme «positif» mis à la mode par l'Environnement.
Pour atteindre l'objectif de réduction globale fixé par la loi québécoise, soit retirer du sac à déchets 60 % de ce qu'on peut en recycler ou environ 55 % de son contenu global d'ici 2008, il faudra, précise André Boileau, hausser entre 15 et 20 % le pourcentage des matières recyclables comme le papier, le métal, le verre, les plastiques et les fibres. Il faudra aussi amorcer, dit-il, une politique de récupération des déchets putrescibles pour les composter dans des équipements collectifs.
La région métropolitaine a généré environ 745 000 tonnes de matières recyclables (verre, métal, plastique ainsi que les fibres comme le papier et le carton) en 2001. Il faudra donc en recycler
445 000 tonnes pour atteindre l'objectif provincial. En 2001, 181 000 tonnes de ces déchets étaient effectivement recyclées, soit une moyenne de 53 kilos par personne, grâce à la collecte sélective.
Le tonnage des putrescibles retirés du sac à déchets devra passer de
30 000 à 445 000 tonnes, ce qui exigera, selon M. Boileau, de «modifier la culture et les comportements» des citoyens, qui ignorent en général tout de cette forme de tri et de compostage.
Les déchets putrescibles constituent 46 % du sac vert moyen. Mais les résidus alimentaires, i.e. les déchets de table, ne comptent cependant que pour 18,5 % du même sac, soit moins que le papier (23,1 %) ou que les herbes et les feuilles (22,3 %).
La gestion des déchets a coûté aux 63 villes de la CMM la somme totale de 127 millions en 2001, pour un coût unitaire moyen de 82 $ la tonne ou de 93 $ par «unité d'occupation».
Pour les spécialistes qui ont réalisé cette compilation de données sur la gestion municipale des déchets dans la CMM, trois conclusions s'imposent, que partagent les élus comme André Boileau.
D'abord, disent-ils, on est à l'évidence devant un échec des mesures volontaires. Deuxièmement, il faut hausser sensiblement l'effort consenti jusqu'à présent en matière de collecte sélective, et il faut finalement amorcer dans la région métropolitaine la collecte à trois voies, c'est-à-dire un tri et une collecte spécialisée pour l'ensemble des déchets putrescibles, soit alimentaires, horticoles, etc., si on veut atteindre les pourcentages de la politique québécoise de gestion des matières résiduelles, déjà en retard par rapport à son échéancier.
La Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) estime «un peu prématuré» le projet du mégasite d'enfouissement de BFI à Lachenaie car elle entend d'abord s'attaquer à la réduction de la taille du sac vert moyen pour rehausser la part du recyclage de 14,5 % à l'heure actuelle à 60 % en 2008, ce qui réduira d'autant les volumes envoyés à l'enfouissement.
C'est ce message qu'a envoyé hier la CMM par la voix du président de son comité de l'environnement, André Boileau. Ce dernier a rendu public le premier bilan chiffré de la gestion municipale des déchets sur le territoire métropolitain, ce dernier englobant désormais 63 municipalités des deux rives et de l'île et abritant trois millions de Québécois.
Ce premier défi environnemental de la CMM, qui a hérité des mandats environnementaux de l'ancienne CUM en plus du délicat dossier des déchets, a été qualifié de «titanesque» par M. Boileau car il exigera de trouver le moyen de recycler 46 % ou la moitié de l'actuel sac vert des métropolitains d'une façon plus environnementale.
Et ce n'est pas en commençant par définir la capacité et les structures d'enfouissement des déchets ultimes ou impossibles à récupérer qu'on y arrivera, a expliqué le porte-parole de la CMM, qui ira dire ces choses très clairement à la commission du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), qui a commencé lundi à évaluer la pertinence et les impacts environnementaux du mégasite de 40 millions de tonnes que BFI veut ajouter à ses installations de Lachenaie.
Avouant avoir l'épiderme «quelque peu irrité» par l'audience de Lachenaie, M. Boileau a précisé que «c'est comme si on mettait en place une structure d'élimination avant qu'on n'ait terminé le plan» de recyclage et les éventuels besoins réduits d'enfouissement.
Cependant, la CMM réclamera devant le BAPE une extension de la vie utile des cellules autorisées de Lachenaie afin que le site puisse accueillir les déchets de la région d'ici à ce que le plan de gestion des matières résiduelles (PGMR) soit opérationnel, soit au début 2004. La partie du site de Lachenaie actuellement exploitée aura atteint sa capacité légale de 15 millions de tonnes en mars. Le site devra amorcer la procédure de fermeture. Pour les porte-parole de la CMM, la période transitoire, qui exigera une prolongation de la vie utile du site existant, pourrait aller «de un à trois ans».
Mais visiblement, André Boileau ne pense pas que ce soit le moment d'autoriser un site de 40 millions de tonnes dans la région, ce qui en ferait le septième site en importance de toute l'Amérique.
En 2001, les activités humaines sur le territoire des 63 villes de la CMM ont généré 400 000 tonnes de boues d'épuration et 5,2 millions de tonnes de déchets. De ces déchets, 1,7 million de tonnes ont été générées par le secteur résidentiel, soit 487 kilos par personne. Les organisations municipales — villes ou MRC — ont «valorisé» par recyclage ou autrement quelque 214 millions de tonnes, soit 14,5 %, de sorte qu'il a fallu éliminer 1,5 million de tonnes de déchets ou de «matières résiduelles», pour utiliser l'euphémisme «positif» mis à la mode par l'Environnement.
Pour atteindre l'objectif de réduction globale fixé par la loi québécoise, soit retirer du sac à déchets 60 % de ce qu'on peut en recycler ou environ 55 % de son contenu global d'ici 2008, il faudra, précise André Boileau, hausser entre 15 et 20 % le pourcentage des matières recyclables comme le papier, le métal, le verre, les plastiques et les fibres. Il faudra aussi amorcer, dit-il, une politique de récupération des déchets putrescibles pour les composter dans des équipements collectifs.
La région métropolitaine a généré environ 745 000 tonnes de matières recyclables (verre, métal, plastique ainsi que les fibres comme le papier et le carton) en 2001. Il faudra donc en recycler
445 000 tonnes pour atteindre l'objectif provincial. En 2001, 181 000 tonnes de ces déchets étaient effectivement recyclées, soit une moyenne de 53 kilos par personne, grâce à la collecte sélective.
Le tonnage des putrescibles retirés du sac à déchets devra passer de
30 000 à 445 000 tonnes, ce qui exigera, selon M. Boileau, de «modifier la culture et les comportements» des citoyens, qui ignorent en général tout de cette forme de tri et de compostage.
Les déchets putrescibles constituent 46 % du sac vert moyen. Mais les résidus alimentaires, i.e. les déchets de table, ne comptent cependant que pour 18,5 % du même sac, soit moins que le papier (23,1 %) ou que les herbes et les feuilles (22,3 %).
La gestion des déchets a coûté aux 63 villes de la CMM la somme totale de 127 millions en 2001, pour un coût unitaire moyen de 82 $ la tonne ou de 93 $ par «unité d'occupation».
Pour les spécialistes qui ont réalisé cette compilation de données sur la gestion municipale des déchets dans la CMM, trois conclusions s'imposent, que partagent les élus comme André Boileau.
D'abord, disent-ils, on est à l'évidence devant un échec des mesures volontaires. Deuxièmement, il faut hausser sensiblement l'effort consenti jusqu'à présent en matière de collecte sélective, et il faut finalement amorcer dans la région métropolitaine la collecte à trois voies, c'est-à-dire un tri et une collecte spécialisée pour l'ensemble des déchets putrescibles, soit alimentaires, horticoles, etc., si on veut atteindre les pourcentages de la politique québécoise de gestion des matières résiduelles, déjà en retard par rapport à son échéancier.
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