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Les paysages urbains de Montréal - « Il faut se promener à Montréal en levant la tête ! »

Le Plan d'urbanisme adopté en 2004 donne les balises du développement futur

La place Riopelle, près du Palais des congrès de Montréal
Photo : Jacques Grenier
La place Riopelle, près du Palais des congrès de Montréal
Les paysages urbains sont multiples et ne se limitent pas aux seuls espaces verts. Toute la trame urbaine y participe. La Ville de Montréal l'a bien compris, puisque c'est sous cet angle qu'elle envisage le paysage urbain dans son Plan d'urbanisme.

«Montréal est une ville exceptionnelle en ce qui concerne les paysages urbains», souligne André Lavallée, maire de l'arrondissement Rosemont-La-Petite-Patrie et responsable de l'aménagement urbain et du transport collectif au comité exécutif de Montréal. Pour s'en convaincre, il suffit d'accepter l'invitation à la promenade qu'il lance.

«Il faut se promener à Montréal en levant la tête et non pas en regardant ses pieds, comme on le fait trop souvent lorsqu'on est pressé. Il faut visiter Montréal comme si on était en voyage. En voyage, on est plus contemplatif et admiratif et c'est cette façon de voir qui nous permet de découvrir la multitude de lieux qui sont exceptionnels. Et après, ce sont ces paysages qui restent et qui viennent hanter nos souvenirs. Il faut apprendre à voir Montréal de cette manière et prendre davantage conscience de ces lieux qui forment les paysages urbains montréalais.»

Le mont Royal vient immédiatement à l'esprit. «Du haut du belvédère, on peut voir le fleuve et y reconnaître sa puissance. En tournant la tête, on aperçoit l'entrée du canal de Lachine, le berceau du développement industriel de l'Amérique du Nord. Les corridors de chemins de fer nous rappellent que Montréal est l'une des portes d'entrée de l'Amérique.» Mais il y a plus à observer: «Le mont Royal n'est pas le seul massif de Montréal, il y a aussi le massif du centre d'affaires de Montréal et ses édifices. Ce massif agit en contrepoint du mont Royal et se veut un miroir de ce dernier.»

Un paysage humain

Et comme le paysage urbain ne se résume pas qu'aux parcs et espaces publics, certains quartiers offrent aussi des paysages urbains. «Prenons le Plateau-Mont-Royal. Cet alignement particulier de triplex avec leurs escaliers extérieurs, les trottoirs avec leurs rangées d'arbres qui les séparent de la chaussée, tout cela est un paysage urbain en soi. Au coeur de Rivières-des-Prairies, on trouve un ancien village québécois, avec son église et son cimetière et les quelques maisons qui l'entourent. Cela aussi, c'est un paysage urbain. Tout comme l'est la nouvelle place Riopelle dans le Quartier international.»

Tous ces paysages urbains, pourtant si différents dans leur facture, ont un point en commun. «Ce sont tous des paysages qui sont habités. Pour comprendre les paysages urbains, il faut comprendre que ces derniers sont la plupart du temps habités. Prenons le parc Molson, par exemple. En soi, c'est un parc. Mais comme il y a non loin le cinéma Beaubien et des petits commerces, en plus des résidants, il se forme autour du parc Molson un petit univers. C'est ce petit univers qui finalement construit le paysage urbain. Et c'est un paysage qui est vivant et animé.»

Le Plan d'urbanisme

Adopté en 2004, le Plan d'urbanisme de Montréal vient donner les balises pour le développement urbain de Montréal. «Il faut dire que Montréal est parti de loin. Il y a 35 ans, on avait opté pour l'approche nord-américaine qui consiste à démolir et à reconstruire.» Les mentalités changent, par contre, et en 1992 Montréal se dote d'une première politique d'urbanisme, à laquelle André Lavallée a collaboré. «C'est à ce moment que l'on a compris que l'on pouvait développer Montréal sans tout détruire. On s'aperçoit alors que Montréal peut se réinventer sur elle-même. Et c'est alors que l'on décide de faire de Montréal une ville moderne mais à échelle humaine. C'est aussi à cette époque que l'on met de l'avant le concept du massif du centre d'affaires.»

L'actuel Plan d'urbanisme con-sacre de nombreuses pages aux paysages urbains. Il est question autant de conservation et de mise en valeur des paysages urbains que de la création de nouveaux paysages urbains. On y fixe aussi les quatre principaux objectifs en matière de paysages urbains: mettre en valeur le mont Royal, le caractère insulaire et les autres éléments identitaires du paysage urbain; favoriser une architecture de qualité et consolider le cadre bâti en harmonie avec le caractère de chaque lieu; valoriser l'espace public par un aménagement cohérent de la rue et des autres lieux publics; et assurer une contribution positive des grandes infrastructures de transport à l'amélioration du paysage urbain.

De la place Riopelle à l'île Bizard

Déjà, on peut voir le résultat de cette approche dans certains éléments de Montréal, comme l'aménagement de la place Riopelle ou l'aménagement des abords du métro Mont-Royal en espace public avec un marché en plein air. La nouvelle rue Notre-Dame devra aussi s'insérer dans cette approche. «Le Plan d'urbanisme donne les grandes lignes de ce que doivent être les paysages urbains, mais l'effet réel du plan se fera sentir par percolation lorsque tous les élus et les promoteurs deviendront plus conscients des enjeux. On a commis des erreurs par le passé à Montréal et on a laissé construire des horreurs. Mais je crois que ce temps-là est révolu. On ne peut plus uniquement s'intéresser au bâtiment en soi, mais on doit aussi s'intéresser à son environnement. Comment va-t-il s'insérer dans le quartier? C'est maintenant une question que l'on doit toujours se poser.»

Selon André Lavallée, la réussite du Plan d'urbanisme en ce qui concerne les paysages urbains ne peut se réaliser sans la participation de tous les citoyens et citoyennes de Montréal. «Les élus et les promoteurs peuvent donner une direction, mais chaque personne compte. Même une simple rénovation compte. La clé du succès, c'est que les Montréalais s'approprient Montréal.» Et c'est la raison pour laquelle il invite les Montréalais à mieux connaître leur ville en la visitant. «Je m'imagine parfois que je fais visiter Montréal à des étrangers et je me rends compte que j'ai beaucoup de choix à leur proposer. L'île de la Visitation? Le Cap Saint-Jacques? L'île Bizard? Les rapides de Lachine? J'invite les Montréalais à faire le même parcours et ils verront que Montréal n'a rien à envier aux autres villes du monde.»

***

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  • gagazou - Abonné
    14 juillet 2008 07 h 06
    totoroute Notre-Dame
    bientot, grâce a l'intervention de M. Lavallé, nous pourrons voir au sud de l'ile, une grosse totoroute Notre-Dame. Que ca va etre beau. Je me demande ce que la population locale aura comme vision des feux d'artifices dans une totoroute en tranché.

    Un boulevard urbain dans le quartier des affaires (Bonaventure) et une totoroute dans un quartier populaire.

    J'admire la vision de l'administration Tremblay, une vision a tres courte vue.
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