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Planetair «trafique» le carbone - Chacun peut annuler sa production de GES

Le coût d'un demi-plein d'essence compense une année de pollution automobile

Le citoyen moyen a souvent tendance, en matière d'émission de gaz à effet de serre (GES), à critiquer les gouvernements et les entreprises qui en font trop peu. Mais lui, individuellement, fait-il quelque chose pour compenser le gaz carbonique qu'il envoie dans l'atmosphère? Parce qu'il est maintenant possible d'acheter des crédits compensatoires pour effacer ses traces. Une industrie en pleine expansion.

«Plusieurs accusent les entreprises de compensation de vendre de la bonne conscience à des gens qui génèrent énormément de GES sans faire d'efforts pour changer leur comportement», affirme Karel Mayrand, directeur du programme Planetair chez Unisféra, un organisme québécois sans but lucratif qui est devenu l'un des chefs de file de l'industrie de la compensation au Canada.

«Mais quelqu'un qui est prêt à payer de sa poche pour compenser ses émissions de GES est nécessairement très conscientisé, très motivé et très convaincu de l'urgence d'agir, ajoute-t-il. En fait, les gens qui achètent des crédits chez nous font partie du 1 % de la population qui est le plus sensibilisé à l'impact des changements climatiques et qui a décidé d'agir individuellement.»

Comment ça fonctionne ?

Le principe de l'industrie de la compensation est très simple. On calcule combien de tonnes de GES on relâche dans l'atmosphère à partir du type de voiture que l'on possède, du nombre de kilomètres qu'on parcourt en une année, des voyages qu'on fait en avion et de ce que notre domicile produit comme GES. Cela nous donne un nombre de tonnes à compenser. Évidemment, des sites Internet comme celui de Planetair calculent cela pour nous en quelques clics de souris.

«Par exemple, pour un Québécois moyen qui ne prend pas l'avion et qui chauffe à l'électricité, ses émissions se limitent à ses déplacements en voiture. S'il a une voiture moyenne et qu'il parcourt environ 20 000 km par année, il génère environ cinq tonnes de GES. À, disons, 39 $ chacune, ça lui coûte 200 $ par année pour compenser. Ça peut paraître beaucoup, mais si on compare à ce que ça lui coûte en essence, c'est rien!», indique M. Mayrand.

Financer des projets qui font une différence

Une fois qu'on donne de l'argent à une compagnie pour compenser les tonnes de GES qu'on relâche dans l'atmosphère, que fait-elle avec les fonds recueillis? En fait, l'industrie de la compensation se divise en deux catégories d'interventions: planter des arbres qui capturent du carbone en poussant et financer des projets de réduction de GES.

«Nous, on a décidé d'investir seulement dans des projets de réduction de GES. Ce n'est pas que planter des arbres n'est pas bon, mais on ne pourra jamais en planter assez pour compenser toutes nos émissions. Ainsi, la solution passe nécessairement par la réduction et c'est dans ce sens que nous avons décidé d'investir», explique Karel Mayrand.

De plus, Planetair a choisi de soutenir des projets dans des pays en développement. Par exemple, il finance la construction d'un parc éolien à Madagascar pour remplacer une centrale au diesel. «Les gens là-bas sont très pauvres et manquent vraiment d'électricité. Investir dans un tel projet crée de l'emploi pour eux, alors nous voyons ça un peu comme des projets de compensation équitables qui donnent aux pays pauvres», indique-t-il.

Toutefois, Planetair souhaite prochainement investir dans des projets québécois. «Nous aurons probablement un projet québécois à proposer dans environ 18 mois, mais c'est plus difficile du côté de la réglementation. Parce qu'évidemment, il faut savoir que nos projets sont certifiés pour assurer une certaine qualité à nos clients», ajoute le directeur du programme.

Investir prudemment

Des projets certifiés donc, parce que toute personne qui fait le saut dans le monde de la compensation doit y aller prudemment pour s'assurer que son argent va bel et bien là où elle le souhaite. Parce qu'évidemment, comme dans toute industrie, la fraude est possible. Il faut donc s'informer avant de donner son argent à une compagnie.

Pour aider les mordus d'environnement à faire des choix éclairés, le site Web www.carboncatalog.org répertorie toutes les entreprises de compensation de carbone dans le monde et leur accorde des crochets, selon leurs normes de transparence et leurs types de projets.

Au Canada, Planetair est la mieux cotée, suivie de près par Offsetters. Dans le monde, Planetair fait partie des quelques entreprises qui trônent au sommet. «Nous sommes sur le point de publier notre premier rapport annuel, donc nous espérons encore monter dans le classement de transparence. Pour nous, c'est vraiment important d'être le plus concret possible. Par exemple, nous aimons dire aux gens qu'en 2007, nous avons compensé 5000 tonnes de GES, ce qui est comme si nous avions enlevé les 160 000 voitures qui se rendent quotidiennement au centre-ville de Montréal pendant trois jours», illustre M. Mayrand.

Des progrès à faire au Québec

Si, en 2007, Planetair a vendu 5000 tonnes de crédits, elle en avait vendu 500 à ses débuts en 2006 et cette année, en quelques mois seulement, elle en a déjà vendu autant que pendant toute l'année 2007. «Le marché est en plein essor, il n'y a pas de doute là-dessus», affirme le directeur.

Toutefois, il remarque que les Québécois sont loin d'être les plus avancés dans le domaine. «Les Québécois sont moins prêts à payer pour compenser leurs émissions de GES que les Européens, et même, que les autres Nord-Américains. Au Québec, on voit davantage d'institutions, de syndicats et d'associations que d'individus qui achètent des crédits. Certaines entreprises font aussi des efforts. Elles souhaitent devenir des leaders dans leur domaine d'affaires en matière d'environnement et en plus, elles peuvent inclure les sommes investies en compensation dans leurs dépenses, alors c'est avantageux», explique M. Mayrand.

Mais il y a tout de même de l'espoir en ce qui a trait à l'achat de crédits par des individus. Cette année, plus de 500 joueurs de la Ligue nationale de hockey ont accepté l'invitation de David Suzuki de compenser leurs émissions de GES en faisant affaire avec Planetair. «Ils remboursent chacun 10 tonnes de CO2, précise M. Mayrand. Comme les joueurs de hockey sont très populaires auprès de la population, surtout ces temps-ci, nous espérons qu'ils inciteront des gens à compenser.»

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  • Dominic Pageau
    Abonné
    samedi 19 avril 2008 03h05
    C'est incroyable le marché qu'ouvre la propagande à propos des GES
    On vend des crédits qui vont compenser la pollution que vous engendrez....

    Il y a un hic, le CO2 n'est pas un gaz polluant

    Il n'y pas de preuves que les GES émis par l'homme cause le réchauffement actuel....

    Mais d'innombrables preuves que le lobby de l'énergie et de la finance est derrière la propagande afin qu'on implante un marché global des GES.

    D'ailleurs, Charest a signé un "traité" avec le Governator, émissaire de la famille Rothschild afin d'implanter la bourse de carbone.

  • Fernand Trudel
    Abonné
    samedi 19 avril 2008 13h27
    Quand l'homme veut se substituer à la nature
    C'est bien beau chercher des moyens de financer ses rêves mais nourrier lle monde avant que le désastre survienne est beaucoup plus important.

    La plupart des végétaux sont apparus sur Terre à une époque où la concentration en gaz carbonique était 4 à 5 fois plus élevée qu'aujourd'hui. Elles ont su tirer partie de cette ressource, puisque le CO2 est utilisé avec l'eau et la lumière pour assurer la photosynthèse, et donc la croissance de la matière organique. Que le CO2 soit favorable aux cultures est connu depuis deux siècles déjà : en 1804, Nicolas de Saussure consignait cette observation dans ses Recherches chimiques sur la végétation. Dans les années 1960 et 1970, plus de 400 expériences locales de fumigation au gaz carbonique ont été développées.

    Résultats :
    - pour le riz, le gain est de 44 % en serre, 24 % en tunnels, 19 % en système SPAR, 26 % en OTC, 20 % selon FACE ;
    - pour le soja, le gain est de 34 % en serre, 36 % en tunnels, 28 % en système SPAR, 37 % en OTC, 40 % selon FACE ;
    - pour le blé, le gain est de 47 % en serre, 26 % en tunnels, 31 % en OTC, 19 à 23 % selon FACE (avec deux méthodologies différentes).

    Décidément, les plantes ne sont pas comme les humains et elles apprécient le gaz carbonique. Aussi les esprits irrités par cet optimisme végétal se tournent-ils volontiers vers une autre menace : la carence en nutriments, et précisément en azote. Cette nouvelle crainte concerne les forêts, supposées souffrir prochainement. Le raisonnement est le suivant : la croissance végétale est certes accélérée par le gaz carbonique, mais les arbres auront besoin d'azote pour soutenir cette croissance et ils n'en trouveront pas assez dans les sols, car la fixation de l'azote atmosphérique et sa transformation en nitrate ne suivront pas le rythme. Conséquence : une croissance qui revient à la normale, et pourquoi pas une décroissance avec tous les drames qui s'ensuivent habituellement (saturation du puits carbone terrestre, hausse du gaz carbonique atmosphérique, température caniculaire, fin du monde). La plupart des modèles actuels du cycle du carbone tablent sur cette limitation progressive de l'azote au cours du siècle.
    Voilà donc deux bonnes nouvelles pour la végétation et pour le cycle du carbone. Qui seront évidemment ignorées comme deux fausses notes dans le concert de la lamentation permanente.

    Références
    Finzi, A.C. et al. (2007), Increases in nitrogen uptake rather than nitrogen-use efficiency support higher rates of temperate forest productivity under elevated CO2, Proceedings of the National Academy of Sciences, 104, 14014-14019.
    Long, S.P. et al. (2005), Global food insecurity treatment of major food crops with elevated carbon dioxide or ozone under large-scale fully open-air conditions suggests recent models may have overestimated future yields, Philosophical Transactions of the Royal Society B, 360, 2011-2020.
    Long, S.P. et al. (2006), Food for thought: Lower-than-expected crop yield stimulation with rising CO2 concentrations, Science, 312, 1918-1921.
    Ziska, L.H. et J.A. Bunce (2007), Predicting the impact of changing CO2 on crop yields: some thoughts on food, New Phytologist, 175, 607-618.

    Mais pour des profiteurs comme Planetair qui cherchent à s'enrichir de l'hystérie collective, je que je dis est sans valeur monnayable.

    Entre temps des collectivités crient famine car l'homme est devenu irraisonnable. Il ne penses plus à partager ses richesses (nourriture, eau, soins) il pense à réguler le climat de son environnement. C'est illusoire car la terre a ce pouvoir d'autorégulation qui annihile l'intervention de l'homme...

  • Biscornu
    Inscrit
    lundi 21 avril 2008 02h03
    Zètes pas tannés?
    J'ai bien quelques amis auxquels on pourrait coller l'étiquette de "Kyotistes", et affubler d'autres sobri-quolibets parmi ceux qui fusent à la bouche de nos compères Trudel-Pageau mais, jamais leur prosélytisme -qu'excuserait déjà leur profond humanisme- n'atteindra le niveau de pugnacité avec lequel nos deux climato-sceptiques de service s'emploient à faire la promotion des GES!

    C'est à se demander si Fern va pas bientôt paraître dans une pub télévisée d'une minute commanditée par Shell, où on le verrait marchant, contemplatif et fusil à la main, dans la "splendeur automnale du puits de carbonne chamoiré enflammant le paysage de mille feux"!

    C'est à se demander

  • Dominic Pageau
    Abonné
    lundi 21 avril 2008 22h21
    Monsieur Roy, et vous?
    On pourrait dire que vous z'êtes financer par les financiers qui vont faire de l'argent en échangeant des quotas de carbone?

    Pour votre information Shell est un membre influent de l'organisation environnementale WWF et lui a fourni son second président.

    Bref, Shell est de ceux qui poussent vers des crédits de carbone.

    Comme le journal le devoir fait de la propagande verte à tous jours, et bien j'y répond moi aussi.

    Bref, je suis en effet écoeuré, mais tant aussi longtemps que les propagandistes verts vont dire n'importe quoi et bien je vais leur répondre, parce que je suis en désaccord avec leur constat sans base solide et je suis contre leurs solutions

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