vendredi 10 février 2012 Dernière mise à jour 21h23
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Toujours plus grosses, toujours plus puissantes

Les autos vendues au Québec depuis dix ans affichent une augmentation de puissance de 55 %

Des ados à casquette vont développer tout un complexe aux États-Unis s’ils croisent un «mononcle» qui conduit cette Tesla entièrement électrique, capable de rouler à 210 km/h avec une accélération 0-100 de moins de quatre secondes, ce qui, à
Photo : Jacques Nadeau
Des ados à casquette vont développer tout un complexe aux États-Unis s’ils croisent un «mononcle» qui conduit cette Tesla entièrement électrique, capable de rouler à 210 km/h avec une accélération 0-100 de moins de quatre secondes, ce qui, à
Le virage vert que tente d'imprimer le Salon de l'auto de Montréal depuis quatre ans à cette industrie et aux consommateurs ne semble avoir aucun effet sur les achats réels des Québécois, qui optent plutôt pour des voitures de plus en plus puissantes.

Et ce n'est pas le gouvernement Harper qui va y changer quelque chose, car la consultation publique sur les normes de consommation de carburant, annoncée hier au Salon de l'auto de Montréal par le ministre fédéral des Transports, Lawrence Cannon, prévoit au mieux de chaîner jusqu'en 2020 la politique canadienne de consommation des véhicules à celle de l'administration Bush. Dans le pire des cas, il en résultera un affrontement constitutionnel avec les provinces comme le Québec et le Manitoba, qui préfèrent s'inspirer des normes californiennes même si elles sont en retard d'une décennie par rapport aux normes européennes et asiatiques.

Les données sur l'augmentation de la puissance du parc automobile québécois ont été confirmées hier au Devoir par deux sources.

Tout d'abord, le Centre d'expérimentation des véhicules électriques (CEVEQ) de Saint-Jérôme a établi à partir d'une compilation des véhicules immatriculés au Québec depuis dix ans que la puissance du parc québécois a augmenté de 55 % en une décennie.

«Cette compilation démontre que les gains réalisés par l'industrie automobile sur le plan technologique n'ont pas servi à diminuer la consommation des véhicules et leurs émissions de gaz à effet de serre», a expliqué au Devoir le directeur du CEVEQ, Pierre Lavallée. «Tout est allé à la puissance, à quelques exceptions près. Quand on constate que le kilométrage moyen parcouru par les Québécois a augmenté, que le nombre de voitures en circulation a augmenté et que leur poids et leur taille ont augmenté, on comprend pourquoi la consommation de carburant ainsi que les émissions de GES du parc automobile québécois augmentent en chiffres absolus.»

Une autre analyse réalisée par Daniel Breton et Mathieu Castonguay, de la Coalition Québec-Kyoto et de l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA), montre comment le «marketing vert» des constructeurs masque en réalité leur intérêt pécuniaire à miser sur la puissance.

MM. Breton et Castonguay ont comparé la consommation et la puissance de modèles populaires sur dix ans et l'évolution de leur puissance à partir de données états-uniennes, les cotes de consommation de l'année 1997 n'étant pas disponibles sur Internet au Canada.

Par exemple, la Ford Explorer 1997 (huit cylindres) avait une consommation ville/route de 12 et 17 milles au gallon américain (mpg). En 2008, le même véhicule affiche une consommation de 13/20 mpg. Cette situation s'explique par le fait que sa puissance est passée de 215 à 292 Ch en dix ans, soit une augmentation de 35 %. Pour sa part, la GMC Sierra a vu sa puissance augmenter de 31 % en dix ans (de 255 à 355 Ch), pour une consommation stable de 13/18 mpg.

Chez Honda, l'Accord a vu sa puissance passer de 120 à 177 Ch en dix ans, une hausse de 36 %, alors que sa consommation restait la même en ville (22 mpg) et s'améliorait légèrement sur la grande route (de 29 à 31 mpg). La petite Civic a suivi la même tendance en passant de 106 à 140 Ch, ce qui a accru sa consommation au lieu de la réduire, la faisant passer de 31/39 mpg en 1997 à 26/34 mpg en 2008.

Le pire exemple de la série relevée par les deux groupes environnementaux est celui de la Mazda Protegé 3, passée de 92 à 148 Ch en dix ans, une augmentation de 60 % qui coïncide avec une augmentation de sa consommation, de 26/33 mpg en 1997 à 24/32 mpg aujourd'hui.

Chrysler, qui construit quelques-uns des véhicules les plus énergivores, a toutefois stabilisé la puissance de sa célèbre Caravan à 150 Ch pendant dix ans, ce qui lui a permis d'améliorer sa consommation de carburant, de 16/23 mpg à 20/26 mpg pour son véhicule à quatre cylindres.

Quelques avancées

Les nouveautés ne sont pas nombreuses au Salon de l'auto Montréal en matière de performance énergétique des voitures.

Il faut cependant souligner la présence à Montréal de la Tesla, une sportive britannique entièrement électrique, construite à partir d'une Lotus Elise. Certains ados à casquette vont développer tout un complexe aux États-Unis s'ils croisent un «mononcle» au volant de ce bolide capable d'atteindre les 210 km/h avec un 0-100 en moins de quatre secondes, ce qui, à 100 000 $ l'unité, en fait une rivale des Ferrari et des Maserati pour la moitié du prix! Sans compter qu'avec ses 6831 piles d'ordinateur montées en série, le bolide a une autonomie de 350 kilomètres et un temps de recharge complet de seulement trois heures et demie, le temps d'un bon repas avant de poursuivre son chemin. Avis à ceux qui perçoivent encore l'auto électrique comme un monte-charge d'entrepôt!

La Prius de Toyota de deuxième génération permet de faire quelques kilomètres à basse vitesse en mode tout-électrique. Mais aux États-Unis, des ateliers la transforment déjà en mode «branchable» (plug in), ce qui lui confère plus d'une centaine de kilomètres d'autonomie en tout-électrique et la capacité de rouler sur l'autoroute. Au Salon de Detroit, Toyota a présenté une véritable branchable qui sera disponible en 2010. Un propriétaire pourra faire la quasi-totalité de ses déplacements urbains après une recharge nocturne, ce qui pourrait réduire sa consommation de carburant de 70 à 100 % dans la plupart des cas.

Quelques constructeurs ont présenté à Montréal des turbo-diesels très économes, soit Honda, Volkswagen et BMW avec sa Mini-Cooper. La Jetta sera disponible en version berline ou grande familiale l'été prochain, avec une consommation route de 5,1 litres aux 100 km. Une Honda turbo-diesel, qui sera disponible en version familiale spacieuse l'automne prochain, se contente de 4,8 litres aux 100 km sur la route et de 7,5 litres aux 100 km en ville, tout comme la Mini-Cooper.

De son côté, Toyota annonce pour l'automne prochain la Venza, une autre familiale spacieuse et manuelle de la taille d'une Camry, dont la consommation serait tout aussi exceptionnelle.

Ces voitures pourraient bien amorcer un intéressant renversement de tendance. À l'heure actuelle, avec des modèles qui imitent les anciennes familiales mais en leur donnant des allures sportives de petites camionnettes à grosses roues, la fonctionnalité de la plupart d'entre eux est à la baisse en matière d'espace de chargement, de pneus à grand diamètre (inadaptés au Québec) et de consommation, en raison de leur puissance inutile. Le retour de véritables familiales avec un centre de gravité plus sécuritaire, une consommation raisonnable et une conduire manuelle pour le plaisir de la conduite permet d'envisager le retour de voitures un peu plus fonctionnelles et plus rationnelles pour les petites familles.

Affrontement en vue

La visite du ministre Lawrence Cannon au Salon de l'auto hier n'a pas rassuré ceux qui espèrent que le parc automobile nord-américain perde cet air d'«arriéré technologique» qu'il affiche de plus en plus par rapport aux marchés actuels d'Europe et d'Asie, où on ne parle plus de milles par gallon ou de litres aux 100 kilomètres mais de grammes de CO2 par kilomètre et de normes plus exigeantes.

Le ministre Cannon a annoncé une consultation de 60 jours sur d'éventuelles normes canadiennes de consommation de carburant, encore calquée sur la stratégie des États-Unis. Les normes que vient d'entériner le président Bush ramèneraient la consommation moyenne des automobiles de 8,7 à 6,7 litres aux 100 km en 2020. Par contre, la Californie, qui veut atteindre cet objectif d'ici 2016 et dès maintenant de façon progressive, n'a pas pu mettre son règlement en vigueur car l'administration Bush a refusé d'autoriser ces normes, pourtant adoptées par 16 autres États.

Or le Québec et le Manitoba veulent imiter les normes californiennes si elles finissent par entrer en vigueur là-bas, une bataille d'au moins deux ans. Pour le ministre Cannon, la détermination de la consommation d'essence relève du gouvernement fédéral. Mais il reconnaît que «les provinces ont des responsabilités en matière d'environnement». Il écoutera donc ce qu'elles ont à dire, ainsi que les constructeurs et les écologistes.

À Québec, le premier ministre Jean Charest a promis hier de mobiliser les autres premiers ministres des provinces autour des normes californiennes, qu'il continue de privilégier.

Curieusement, le ministre Cannon, qui aligne spontanément le Canada sur les normes américaines en matière de consommation de carburant, a évité tout commentaire sur l'idée de voir le Canada imiter l'administration Bush, qui a décidé de ne pas utiliser le pétrole provenant des sables bitumineux de l'Alberta dans les équipements et les édifices fédéraux américains en raison des émissions de GES records qui y sont associées.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Francois Meloche
    Abonné
    vendredi 18 janvier 2008 03h32
    Les autos électriques ne sont pas nécessairement propres
    Les véhicules qui fonctionnent à l'électricité peuvent émettre indirectement des GES si l'énergie est produite à partir de charbon ou de gaz naturel. Et une bonne part de l'électricité en Amérique du nord provient d'hydrocarbures.
    Par ailleurs, il est grand temps que les constructeurs, consommateurs et les gouvernements mettent en valeur l'efficacité plutôt que la puissance ou la sécurité (perçue) des véhicules. Rappelons que 38% des émissions de GES du Québec proviennent du secteur des transport!

  • Lenseclaes Denis
    Inscrit
    vendredi 18 janvier 2008 07h26
    Le future se profile Désolation
    Je suis si triste. Pourquoi l'humanité laisse tombé l'éponge et persiste avec sa fuite en avant. Qu'est-ce qui sauvera l'homme de lui-même? En Europe, on nous parle de voitures vertes mais c'est une ineptie (et une bon prétexte pour continuer le Business as usual), il s'agit plutôt de voitures brunes. Qui crois encore que la voiture SOLO est synonime de progrès. C'est une prison. Et quand elle ne roulera plus... on va redécouvrir ce que c'est de marcher des journées entières.

  • Yvon Montoya
    Abonné
    vendredi 18 janvier 2008 07h41
    Il est où le problème?
    Le plus important à mon avis ce n'est pas la voiture, c'est la fumée secondaire des cigarettes. Il faut protéger nos engfants dans els bars , les restos de la fumée secondaire.

  • Jean-Pierre Dupuis
    Inscrit
    vendredi 18 janvier 2008 07h53
    La voiture électrique est ce qu'il y a de plus propre à date
    C'est certain qu'il y a un coût écologique à produire de l'électricité. Mais les études à ce sujet démontrent que même si la voiture se recharge sur un réseau qui utiliserait uniquement le charbon, la pollution associée est de 50% moindre qu'une voiture à l'essence. Ceci à cause qu'une centrale électrique est plus efficace à produire de l'électricité qu'une voiture à essence à produire de la puissance de propulsion. Et si le réseau est hydro-électrique, l'empreinte écologique est beaucoup moindre.
    De plus si on tient compte du coût écologique que génère la production de l'essence (extraction, raffinage, transport), alors l'avantage de la voiture électrique est encore plus évident.
    Un autre qualité de la voiture électrique, elle n'émet aucun gaz nocif, ce qui améliorerait énormément la qualité de l'air dans les villes.

  • andré michaud
    Inscrit
    vendredi 18 janvier 2008 08h26
    Discours vert vs actions polluantes
    Dans les sondages les québécois se prétendent très vert, dans leurs actions c'est le contraire....le culte de l'automobile est aussi grand ici qu'aux USA. Si nous n'avions pas la chance d'avoir d'hydroélectricité, nous serions plus pollueurs que nos voisins du sud. Au Québec les grandes compagnies ont fait plus d'effort pour baisser leur pollution que les citoyens...selon Greenpeace.

    Non seulement les québécois trippent sur les "chars" mais ils conduisent leur auto de façon très polluante; départs et arrêts brusques, haute vitesse, laisser tourner le moteur à vide, manque d'entretien...Nous avons donc la pollution que l'on mérite! De grâce ne faisons pas la morale aux américains...

  • Marc Lavallée
    Inscrit
    vendredi 18 janvier 2008 08h43
    Il n'y a pas que des solutions technologiques
    J'abonde dans le même sens que François Meloche. Après la lecture d'un document trouvé sur Internet, titré "Some energy fundamentals" ( http://www.tinaja.com/glib/energfun.pdf ) j'apprends que l'essence aurait encore le meilleur rapport masse/énergie, jusqu'à 30 fois celui d'une pile au lithium. La notion tout simple qu'un "transporteur d'énergie" (essence, réseau, batterie) est en fait un amplificateur de pollution, fait réaliser jusqu'à quel point la seule solution viable est la réduction drastique de notre consommation d'énergie sous toutes ses formes, lié à un changement radical de nos modes de vie. L'idée que les énergies dites "alternatives" vont tout régler est une bêtise, si c'est pour faire la même chose que d'habitude. La Tesla n'est pas une solution écologique; le transport en commun l'est.

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    vendredi 18 janvier 2008 09h16
    W. Bush, nouvel écolo ?
    M. Bush ferait maintenant des leçons d'environnement à M. Harper suite aux Américains qui n'utiliseront pas le pétrole provenant des sables bitumineux de l'Alberta dans les équipements et les édifices fédéraux américains en raison des émissions de GES records qui y sont associées, comme indiqué plus haut.

  • Guy Fafard
    Inscrit
    vendredi 18 janvier 2008 10h42
    La solution est dans le recherche
    Québec, Pollution, Automobile, États-Unis (pays), Canada (Pays)

    La solution est dans le recherche et l'éducation , pas ailleurs. C'est rêver que de penser que le petit marché qu'est le Québec et le Canada pourront imposer le pas au ploton international.

    Guy Fafard

  • Michel Chamoun
    Inscrit
    vendredi 18 janvier 2008 12h34
    Les voitures électriques ont tout de même du bon
    Même en considérant que l'électricité est produite à partir de combustibles fossilles, les voitures électriques restent beaucoup moins polluantes. En effet, elles ont la capacité de récuperer l'énergie de freinagee (les hybrides le font deja) et perdent moins d'énergie sous forme de chaleur. Conséquemment, en utilisant du gaz naturel pour produire de l'électricité, et ensuite faire rouler nos voitures avec, nous émetterions bien moins de CO2. Le seul problème vient des 6831 piles d'ordinateurs utilisées pour la faire rouler, qui sont sans doutes riches en différents produits toxiques.

  • Michel Chayer
    Inscrit
    vendredi 18 janvier 2008 12h53
    Combustibles fossiles
    Tiens donc !

    L'électricité est «fabriquée» à l'aide de la combustion de pétrole et de charbon...les écologistes à la petite semaine n'y avaient pas pensée à celle-là !

  • Jean-Pierre Dupuis
    Inscrit
    vendredi 18 janvier 2008 18h36
    Réagissez! À quoi ça sert
    J'ai "réagit" en laissant un message ce matin vers 7:30. Mon message ainsi que tous les autres sauf le premier (M. Meloche), ne sont apparus que ce soir vers 18h00. À quoi bon réagir si les messages n'apparaîssent que le soir. Un quotidien, c'est le matin qu'on le lit. Les messages devraient apparaître aussitôt envoyés, avec peut-être un court délai pour la révision par le journal. Ça prend pas 8 heures pour réviser quelques courts textes.

  • Jean-Pierre Le Grand
    Inscrit
    samedi 19 janvier 2008 18h33
    L'électrique, une menace pour l'industrie automobile?
    Je ne suis pas un spécialiste de l'auto, loin de là, mais il m'est venu une idée en parcourant cet article. J'ai pensé à ma petite tondeuse électrique. En 15 ans de fidèles services, je n'ai jamais regardé sous le capot. Ni changé une bougie. Ni mis une goutte d'huile ou d'essence, évidemment. Pourtant, elle tourne comme au premier jour. En fait, avec un coup de bombe aérosol et une lame aiguisée, elle serait comme neuve ! Quel est le rapport, direz-vous ? Eh bien, j'aimerais savoir quelle proportion des revenus de l'industrie automobile sont directement imputables à l'entretien et aux réparations imposées par le moteur à explosion et à ses composantes? Imaginez : plus de bougies, plus de changements d'huile, plus de mises au point... Mes connaissances limitées en mécanique ne me permettent pas de bien visualiser toutes les répercussions sur l'entretien, mais il me semble qu'il ne resterait que peu de choses. C'est en tout cas ce que soutien le fabricant d'un petit véhicule utilitaire, dénommé Alkè (http://www.alke.com/alke-electric-vehicles.htm), qui affirme que l'investissement requis à l'achat se rembourse sans peine à même les économies sur un entretien pour ainsi dire inexistant, auquelles on peut ajouter celles sur le coût du carburant. Supposons un véhicule tout électrique pas trop moche qui arrive sur le marché à un coût raisonnable, disons 18 000 $, qui ne coûte rien à entretenir et qui s'use beaucoup moins vite qu'un véhicule conventionnel (les dinosaures de demain, si toutefois ils ne nous entraînent pas avec eux) : vous imaginez la ruée des consommateurs ?

    Une voiture qui dure aussi longtemps qu'une tondeuse électrique, avec aussi peu d'entretien, relativement parlant, ne peut être, pour l'industrie, qu'une vision d'horreur, un cauchemar, l'équivalent d'un des chevaliers de l'Apocalypse. Le fait qu'elle nous y conduise allègrement, vers l'apocalypse, montre clairement que ces sociétés ne sont pas dirigées par des être humains qui respirent, qui ressentent et qui réfléchissent, mais par des chiffriers. Des colonnes de chiffres, voilà à quoi tient notre destin. C'est la seule chose qui puisse expliquer qu'ils enfoncent le pied sur l'accélérateur alors que nous nous dirigeons droit vers le gouffre.

    Nous sommes de plus en plus nombreux à rêver de nous affranchir de la mainmise des pétrolières qui nous obligent à payer pour polluer, mais je pense que nous rêvons en couleur si nous attendons que l'industrie vienne nous délivrer. Elle n'y a aucun avantage. Sinon, comment expliquer qu'une petite société indépendante arrive à produire une bolide électrique comme la Tesla ? Il est clair que si en 2008 les grands de l'automobile n'ont pas encore développé un seul véhicule écologique, économique et ergonomique, c'est qu'un seul véhicule de ce genre serait la faille dans la digue construite par l'industrie pour empêcher un marché mondial captif de lui échapper.

    Nous continuerons donc de payer pour polluer, ce qui est doublement douloureux pour nombre d'entre nous, pendant que nos gouvernements, engourdis par les taxes somptueuses qu'ils prélèvent sur chaque litre qui se brûle, prennent le virage vert à la vitesse du Titanic devant la banquise.

    Le seul espoir demeurant le libre marché, il faut donc regarder du côté des petites sociétés qui ont tout à gagner et rien à perdre, sans oublier qu'elles n'auront sans doute pas la partie facile car les grandes, elles, qui ont tout à perdre, pourraient bien leur mettre des bâtons dans les... moteurs roues.

    Tout compte fait, je pense qu'il faudrait faire sauter le point d'interrogation du titre qui chapeaute ce commentaire.

    Jean-Pierre Le Grand
    Waterville

  • Mark Kmicikiewicz
    Inscrit
    samedi 28 août 2010 00h00
    des bâtons dans les... moteurs roues.
    Je suis d’accord avec la plus part d’opinions exprimées dans ce commentaire. Les grands de l’automobile ont tout à perdre avec une voiture électrique, c’est vrai, si elle pouvait délivrer les performances. J’imagine que votre tondeuse a une corde…, ne marche pas avec une batterie! Les problèmes des voitures électriques sont multiples; la batterie, provenance de l’électricité [propre], recyclage de batteries et coût de production. Le coût de production serait le plus facile à régler…
    En ce qui concerne le moteur roue, c’est HQ qui se mis les bâtons dans les [moteur] roue en négligeant les lois physiques en plaçant les moteurs électriques dans les roues! Question des masses non suspendues et donc de la sécurité (tenue de route à des vitesses élevées.) Pour une fois les Grandes de l’automobile avaient raison de rejeter le concept de moteur roue…!
    À moins d’une invention soudaine dans le domaine de batteries, l’industrie d’automobile traditionnelle n’est pas menacée par la voiture électrique. Les consommateurs vont se rendre compte (se sont déjà rendu compte) que la voiture électrique n’est pas ce qu’il a été miroité par la publicité, en majorité trompeuse, et que les économies ne sont pas là, et que la pollution a été reléguée aux centrales électriques au charbon ou au gaz. Si on considère tous les aspects de l’hydroélectricité, on peut s’apercevoir qu’elle n’est pas si propre que ça! Et si on se convertie à « rouler sans pétrole » le prix d’électricité va augmenter considérablement… et surement!
    L’industrie du charbon doit se réjouir du ‘fuss’ que les medias font en annonçant le voitures à « émissions zéro… » (sic)

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
13 réactions
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012