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    L'après- crise aura coûté deux milliards

    Un cauchemar prolongé pour Hydro-Québec

    Pour Hydro-Québec, la crise du verglas représente, 10 ans plus tard, beaucoup plus qu'un souvenir cauchemardesque. Ce cataclysme naturel a eu des répercussions économiques considérables sur la société d'État, qui aura, à la fin de travaux commencés dès 1998 et qui ne seront complétés qu'en 2011, dû investir environ deux milliards pour renforcer ses réseaux de transport et de distribution.

    Le rapport du comité d'experts mandaté par le conseil d'administration d'Hydro-Québec faisait état en août 1998 de la somme des dommages. Le réseau de transport, géré par TransÉnergie depuis les barrages jusqu'aux 500 postes à partir desquels s'alimente le réseau de distribution, s'étend sur une longueur de 32 000 km. La tempête de verglas a endommagé 116 de ses lignes et 3110 de ses structures se sont effondrées. Il s'agissait notamment de 1000 pylônes en acier. Il y avait aussi des milliers de transformateurs. Dans le cas du réseau de distribution, il y a eu 350 lignes endommagées et 16 000 structures (poteaux en bois) effondrées.

    Lignes temporaires

    Dans un premier temps, la priorité a été de procéder le plus rapidement possible à la remise en état du service pour l'hiver 1998. Il a fallu construire en toute urgence des lignes temporaires là où les dégâts étaient trop considérables ou remettre en état de fonctionnement les installations moins endommagées. Au total, il y a eu 40 projets de restauration dont le coût a été évalué à 700 millions.

    Dans un deuxième temps, il a fallu établir un plan à long terme pour le renforcement de l'ensemble du réseau. Le plan arrêté prévoyait des travaux d'environ 900 millions entre 1999 et 2007. En fait, il reste maintenant 200 millions à investir d'ici 2011 dans deux projets précis: l'interconnexion avec l'Ontario et les équipements de déglaçage.

    Dans le cas des pylônes, il s'agissait d'en installer de plus forts et en acier. Pour ce qui est des poteaux, il fallait leur donner un ancrage plus solide en les enfonçant davantage dans le sol. Le plan prévoyait aussi l'installation d'une interconnexion avec l'Ontario, afin de pouvoir exporter davantage d'énergie, mais aussi pour en importer en grands volumes en cas de besoin, notamment dans l'éventualité d'une crise de verglas aussi dévastatrice que celle de 1998. La décision de la construction de cette interconnexion a été confirmée par le gouvernement du Québec, il y a quelques mois. Dans les mesures préventives, il y a aussi l'installation d'équipement de déglaçage du réseau. À cet égard, des tests ont lieu présentement dans les installations d'Hydro-Québec à Lévis.

    Sous surveillance

    Déjà, au moment de cette crise du verglas, André Caillé, le président de la société d'État, affirmait que tous les ingénieurs de la planète allaient surveiller la manière dont Hydro-Québec renforcerait ses réseaux, ce qui constituerait de nouvelles normes de sécurité. «Les vieilles lignes», c'est-à-dire celles construites sur pylônes d'acier avant 1974 et conçues selon les normes de l'époque, pouvaient supporter une charge limite théorique de 35 mm de glace. Toutefois, la résistance de ces lignes a pu diminuer avec l'usure du temps, particulièrement dans le cas des isolateurs et des accessoires. Or, on a mesuré qu'il était tombé entre 50 et 90 mm de pluie verglaçante dans les régions touchées.

    Dans les premières hypothèses de sécurisation du réseau, on n'avait pas pris en compte le facteur du vent, qui peut évidemment ajouter au poids du verglas sur une ligne. Quoi qu'il en soit, la nouvelle norme prévoit une charge limite de 65 mm. Tous les nouveaux pylônes sont construits conformément à cette norme. De surcroît, il y a désormais un certain nombre de pylônes «antichute en cascades», installés à des intervalles réguliers pour éviter justement qu'en cas d'affaissement d'un pylône il y ait un phénomène de dominos qui fasse tomber l'ensemble d'une ligne, comme cela s'est produit en 1998.

    Pour ce qui est des lignes de distribution qui s'appuient sur des poteaux, on a constaté en 1998 que 80 % du temps avait été consacré à replanter des poteaux, ce qui a été un facteur important dans la lenteur à rétablir la livraison d'électricité aux 1,4 million de foyers qui en ont été privés pendant cinq semaines, pour les plus malchanceux.

    Qui paie?

    Enfin, une question se pose tout naturellement: qui paie ces deux milliards? En ce qui concerne le coût de 700 millions pour les mesures d'urgence prises en 1998, le ministère de la Sécurité publique du Québec s'était engagé à payer certaines dépenses comme l'achat de mazout et certains travaux routiers. En ajoutant des frais de financement de 171 millions, cela a donné une somme de 593,5 millions, dont le ministère a remboursé jusqu'à maintenant environ 300 millions. Le reste devrait être payé d'ici 2014. Par ailleurs, le gouvernement québécois, qui avait réclamé 435 millions du gouvernement canadien en vertu de son programme d'aide aux régions victimes de cataclysme, est toujours en attente du paiement de cette somme. Des échanges ont eu lieu en décembre dernier au plus haut niveau, dit-on. En ce qui concerne les assurances privées, la Lloyd's par exemple a déclaré avoir versé 168,3 millions de dollars en indemnités à ses clients victimes de la crise du verglas en 1998 au Québec, en Ontario et au Nouveau-Brunswick.
     
     
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