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L'événement météo de l'année: la fonte de la banquise arctique

Les bateaux comme le Polarstern (Allemagne) éprouveront à l’avenir de moins en moins de problèmes à naviguer dans l’Arctique. En septembre, les glaces ne recouvraient plus que quatre millions de km2 de l’océan Arctique, soit une diminution de
Photo : Agence France-Presse
Les bateaux comme le Polarstern (Allemagne) éprouveront à l’avenir de moins en moins de problèmes à naviguer dans l’Arctique. En septembre, les glaces ne recouvraient plus que quatre millions de km2 de l’océan Arctique, soit une diminution de
La fonte record des glaces dans l'Arctique en 2007 constitue l'événement météorologique le plus marquant de l'année au Canada, a annoncé hier le ministère canadien de l'Environnement.

Chaque année depuis 12 ans, le ministère publie un palmarès des dix phénomènes climatiques ou météorologiques les plus marquants au Canada.

En 2007, la «disparition» des glaces dans l'océan Arctique «a été si frappante qu'elle a rapidement été classée comme l'événement météorologique le plus marquant», a indiqué le ministère dans un communiqué.

En septembre, les glaces ne recouvraient plus que quatre millions de km2 de l'océan Arctique, soit une diminution de 23 % par rapport au précédent record de 5,3 millions km2 qui avait été enregistré en 2005, selon le ministère.

La surface de glace qui a fondu correspond en gros à la taille de la province de l'Ontario ou d'un pays comme l'Afrique du Sud.

«Les Canadiens se souviendront peut-être de 2007 comme de l'année où les changements climatiques ont commencé à se faire sérieusement sentir dans leur pays», a souligné le ministère.

Fait exceptionnel, la navigation a été possible pendant près de cinq semaines en août et septembre dans le passage du Nord-Ouest, route maritime de l'archipel arctique qui permet de passer de l'Atlantique au Pacifique.

Sur les 2300 kilomètres de ce passage, il n'y avait en effet «qu'une vingtaine de kilomètres de glace, au lieu des 400 kilomètres observés habituellement», ce qui a permis à près de 100 navires d'emprunter ces eaux, selon le ministère.

«La fonte sans précédent des glaces de l'Arctique» est le résultat direct de «plusieurs années de vents arctiques» dominants, qui ont favorisé le déplacement d'anciennes étendues de glace vers l'Atlantique. Y ont également contribué le «réchauffement annuel cumulatif persistant» observé dans le Nord et la «transformation radicale» du manteau blanc, qui a fait place à «de sombres eaux marines absorbant la chaleur».

Le ministère note que les deux derniers hivers dans le Grand Nord canadien ont été les «plus chauds jamais observés» et que la région n'a pas connu d'hiver «froid» depuis près de 15 ans.

La réduction de la surface des glaces observée cette année est comparable à celle que certains climatologues entrevoyaient seulement dans une trentaine d'années, ce qui, poursuit le ministère, accroît la possibilité que la glace «fonde encore davantage l'été prochain».

Selon le ministère, il ne fait pas de doute que l'océan Arctique est appelé à ne plus avoir de glace l'été pendant des périodes de plus en plus longues et que le principal facteur en cause est le réchauffement planétaire issu de l'activité humaine.

«Cette étendue de glace a une énorme influence sur le climat planétaire et sa diminution soudaine pourrait avoir des effets durables sur les conditions météorologiques, et ce, bien au-delà des limites de l'Arctique», conclut-il.

Gaspésie

Parmi les autres éléments marquants de la météo, notons la menace persistante d'inondations en Colombie-Britannique, les conditions météorologiques préhivernales chaotiques d'un océan à l'autre, l'été tropical dans les Prairies, alors que le sud de l'Ontario a connu un été sec. On signale également le bas niveau de l'eau dans les Grands Lacs et la première tornade de catégorie F5 au Canada.

À l'échelle du Québec, la Gaspésie a été malmenée par les éléments alors que, le 20 janvier, un intense système dépressionnaire remontait la côte Est, déversant jusqu'à 90 cm de neige, tandis que des pluies diluviennes se sont abattues à quelques reprises au cours de l'été, faisant de lourds dégâts.

Enfin, au Canada atlantique, l'hiver 2007 a retenu l'attention alors que la ville de Saint John's, à Terre-Neuve-et-Labrador, a reçu deux mètres de neige en janvier et février.
 
 
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