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Forêt boréale: Greenpeace cible trois grandes forestières

Greenpeace a attaqué hier trois des principaux exploitants forestiers du Québec et de l'Ontario — Abitibi-Consolidated, Bowater et Kruger — en s'en prenant à l'image de leurs principaux clients internationaux, que le groupe environnemental international rend complices de la «destruction en chaîne» de la forêt boréale canadienne.

Dans un rapport publié hier et distribué à l'échelle internationale, Greenpeace réclame des trois exploitants forestiers qu'ils cessent immédiatement leurs activités de coupe dans les parties de la forêt boréale encore intactes où elles détiennent des permis d'exploitation et qu'ils adoptent les normes d'exploitation du Forest Stewardship Council (FSC), une norme conçue par les grands groupes écologistes internationaux.

Quant aux clients commerciaux de ces trois grandes sociétés forestières, auquel s'ajoute la société SFK Pâtes qui utilise la matière première d'Abitibi-Consolidated, on leur demande de modifier leurs politiques d'achat de façon à éliminer ou à marginaliser les exploitants forestiers québécois et ontariens qui ne sont pas certifiés par le FSC en cessant «temporairement d'acheter de la pâte, du papier et des produits de bois» chez eux pour plutôt donner préséance à leurs concurrents locaux aux standards plus élevés.

Deux exploitants forestiers québécois et ontariens trouvent grâce aux yeux de Greenpeace, soit Domtar et Tembec, parce qu'ils ont commencé à faire certifier une partie de leurs parterres de coupe en vertu de la norme FSC.

Greenpeace estime par ailleurs que des sociétés comme Ikea et Home Depot, qui priorisent l'achat et la vente de bois certifiés FSC, sont des modèles que les autres grands clients des trois grandes forestières québécoises auraient intérêt à imiter.

Pas de boycottage

La porte-parole de Greenpeace, Mélissa Filion, a insisté sur le fait que son groupe ne lançait pas hier un mot d'ordre de boycottage des produits de ces grands acheteurs internationaux de bois ou de papier québécois et ontariens. En réalité, le groupe environnemental vise plutôt à écorcher leur image pour qu'ils forcent leurs fournisseurs à adopter des mesures plus rigoureuses que celles des gouvernements la plupart du temps assimilés au rôle de défenseurs inconditionnels des papetières et forestières.

Les grands acheteurs que Greenpeace rend complices du «pillage d'une des dernières forêts anciennes du monde» sont Wal-Mart, Best Buy, Coles/Indigo Books, Rona, Sears, Toys «R» Us, Harlequin Books, Time inc., Pinguin Books US, Waz Essen, Office Max, Hachette USA, Axel Springer, etc. La liste et le rapport peuvent être consultés sur le site Internet du groupe environnemental.

Malgré la double crise qui frappe l'industrie canadienne du bois — structurelle avec ses fusions et rationalisations et conjoncturelle avec le ralentissement de la construction aux États-Unis —, Greenpeace estime que les grands exploitants forestiers doivent maintenant cesser d'exploiter à tout le moins les parties de la forêt boréale québécoise et ontarienne qui ont échappé jusqu'ici à l'exploitation lourdement mécanisée et aux coupes à blanc. Il ne resterait, selon Mélissa Filion, que 15 % de la forêt boréale québécoise qui n'aurait jamais été coupée et 18 % en Ontario. Et cette urgence, dit-elle, est aggravée par le fait que le Québec n'a jusqu'ici protégé contre le développement industriel que 5 % de ses forêts et l'Ontario, 9 %. En comparaison de l'objectif de conservation de 12 % préconisé à l'échelle internationale, il faut, dit-elle, passer à l'action immédiatement sous peine de rater complètement ces objectifs, ce qui pourrait notamment menacer de disparition le caribou des bois en Ontario et au Québec d'ici quelques décennies.

Riposte

La riposte des industriels a été immédiate et musclée. Guy Chevrette, président et directeur général du Conseil de l'industrie forestière du Québec (CIFQ), a accusé Greenpeace d'être carrément «irresponsable» parce qu'elle utilise «la peur et le chantage» pour faire valoir son point de vue.

«La suspension complète des activités forestières en forêt boréale et l'action menée auprès des clients pourraient ni plus ni moins que condamner à mort plusieurs communautés dont l'économie repose sur la mise en valeur de la ressource forestière», a déclaré l'ancien ministre des Ressources naturelles.

En entrevue au Devoir, il a expliqué que la réédition des stratégies utilisées par Greenpeace et d'autres grands groupes internationaux pour sauver la forêt du Grand Ours en Colombie-Britannique auraient «encore plus d'impacts ici au Québec en raison de la double crise, conjoncturelle et structurelle, que traverse l'industrie sans compter qu'elle laisserait sur le carreau des dizaines de petites municipalités dont l'économie est déjà fragilisée par la situation actuelle». Le directeur du CIFQ estime que la crise qui frappe l'industrie forestière pourrait se poursuivre encore un an au moins et que le nombre de pertes d'emplois pourrait atteindre 20 000.

Guy Chevrette n'est pas d'accord, non plus, avec les chiffres mis en avant par Greenpeace qui soutient que seulement 15 % de la forêt boréale québécoise et 18 % de la forêt ontarienne ont été intouchées jusqu'ici: «Il suffit de la survoler en avion ou en hélicoptère pour réaliser que les forêts surannées, celles que l'âge rend particulièrement vulnérables aux épidémies et aux feux de forêt, sont beaucoup trop nombreuses. Deux ou trois fois plus que le prétend Greenpeace. Je pense qu'il est préférable de les récolter au profit des humains plutôt que de les laisser disparaître.»

Quant à l'adoption des normes du FSC, que seuls Tembec et Domtar privilégient présentement, Guy Chevrette estime «que ce n'est pas à Mélissa Filion de dire aux industriels ou aux régions comment exploiter les forêts: le gouvernement québécois accepte les trois certifications disponibles au Canada, soit celle du CSA et du SFI (Sustainable Forest Initiative)».

Partage d'objectifs

De son côté, Isabelle Des Chênes, la directrice des communications de l'Association des produits forestiers du Canada (APFC), estime que les forestiers canadiens «partagent les mêmes objectifs de conservation» que Greenpeace et que leurs pratiques en font foi.

Les Nations Unies, dit-elle, ont confirmé dans le Rapport sur la situation des forêts du monde (mars 2007) que le taux de déforestation au Canada est de zéro, ce qui signifie que tout ce qui est exploité est aussi en mode régénération, contrairement à ce qui se passe dans d'autres pays. Et le Canada, dit-elle, a conservé 91 % de son couvert forestier d'origine, soit plus que tout autre pays. Enfin, un quart seulement des forêts canadiennes est exploité commercialement, notamment parce que plus de 70 % de la forêt boréale est inaccessible.

Enfin, souligne-t-elle, le Canada protège 40 millions d'hectares de ses forêts, dont 28 millions en forêt boréale, soit plus que tout autre pays. Or le Canada détient 30 % des forêts boréales de la planète, soit sensiblement moins que la Russie, qui en détient 50 % et qui devrait monopoliser l'attention de Greenpeace, pensent beaucoup d'exploitants forestiers canadiens. Ces derniers estiment d'ailleurs être fort exigeants côté certification: 40 % de toutes les forêts certifiées sur la planète se retrouvent en territoire canadien, soit trois plus dans le cas de la portion boréale que tout autre pays de la planète.
 
 
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  • martin jean-philippe - Inscrit
    21 août 2007 00 h 13
    déterrioration et certifications
    je suis tout à fait d'accord avec la position de greenpeace: il suffit de rouler quelques kilomètres sur les routes de la côte-nord pour constater les dégats.

    Quant à l'argument voulant que les forestières canadiennes soient parmis les plus certifiées du monde... peut-être, mais de quelles certifications s'agit-il: CSA et SFI? si c'est bien le cas, il faut tout de même s'inquiéter car l'industrie participe elle-même au financement de ces certifications, contraiment à la certification FSC. Comment prétendre que nos fôrêts sont bien gérées quand les firmes qui certifient la coupe sont à la solde des entreprises qui les financent???
    Finalement, quant à la perte d'emploi... ne vaudrait-il pas mieux couper moins, mais couper mieux pour plus longtemps, ou couper tout ce qu'il nous reste et fermer toutes nos usines dans quelques années faute de ressource à exploiter???
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  • Roland Berger - Abonné
    21 août 2007 06 h 01
    Victime de l'âgisme ?
    Lorsque Guy Chevrette a été poussé vers la porte de sortie par la direction du Parti québécois, il a dit être victime d'âgisme. Il est en train de prouver qu'a son âge, on peut demeurer très actif. Et il l'est, protégeant les intérêts de compagnies forestières qui font de la coupe à blanc et dévastent ainsi la forêt boréale. Quelle tristesse !
    Roland Berger
    London, Ontario
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  • Claude L'Heureux - Abonné
    21 août 2007 08 h 59
    Quels farceurs!
    Chevrette et... ses compagnies osent nous faire croire que Greenpeace charie sur leur dos en ce qui concerne l'exploitation des forêts boréales, alors qu'au sud il n'y a plus de feuillus assez gros pour le bois d'oeuvre qu'on est obligé d'acheter aux États-Unis!

    Claude L'Heureux, Québec
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  • coté carol - Inscrit
    21 août 2007 09 h 34
    Transparence
    |$ Greenpeace n'a pas révélé ses sources de financement et ne laisser aucun doute sur leurs intentions.2:Sur quelles études se base Greenpeace pour affirmer que la foret boréal nèst pas bien gérée.3!Aucune mesure d'atténuation n'est prévue pour les populations locales,Ah c'est vrai ces gens ne font pas de politique,on laisse les problemes se régler par le milieu.4: Un poil dans la soupe cela coupe l'appétit surtout un poil de caribou,laissons les caribous ou il sont ils se porte tres bien madame la marquise.
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  • Yves Chagnon - Inscrit
    21 août 2007 11 h 10
    Forestiers :défenseur du statu quo
    Pas de surprise dans la réaction de M. Chevrette, qui se porte à la défense des communautés installés loin des grands centres, ces communautés qui vivent de la rente du bois. En Alaska, lorsqu'on a décidé de limité la coupe forestière, d'autres activités économiques ont vu le jour, tel que le tourisme. Il existe toujours une solution, nous n'allons pas rester-là à vous regarder piller nos dernières ressources naturelles pour que vous puissiez vous promenez en Hummer. Il est temps de faire place à l'écologie-économie.
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  • francis dery - Inscrit
    21 août 2007 15 h 22
    Guy Chevrette, un chêne surannée de la politique
    Quand est-ce qu'on le transforme en billots?
    A-t-il des dents en or?


    En Afrique, il est dit que lorsqu'un vieillard meurt, c'est une bibliothèque qui brûle.
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  • Aline Power - Inscrite
    21 août 2007 15 h 33
    Commentaires
    Bonjour,

    Je ne peux demeurer de marbre devant le communiqué de presse émis par le CIFQ et des commentaires de M. Chevrette à l'égard de la campagne de Green Peace visant à sauver la forêt boréale. Contrairement à ce que le CIFQ semble assumer, Green Peace, comme la plupart des organisations environnementales, ont l'aspect social et économique à coeur, tout autant que l'environnement. Seulement il y a une balance à équilibrer. Selon moi, le but n'est pas d'arrêter complètement la coupe forestière, mais de le faire d'une façon écologique et utiliser une approche holistique. À l'heure actuelle, les coupes à blancs pratiquées par les compagnies forestières pointées des doigts devraient être carrément illégales! C'est le devoir des organismes indépendants d'informer la population sur ces pratiques inacceptables, car ce ne seront évidemment pas les compagnies forestières ni les gouvernements qui l'admettrons (ce qui reviendrait à admettre leur erreur en matière de gestion des ressources).

    A pars l'argent et les jobs, c'est quoi l'important. On s'en fou des animaux et de la biodiversité, on s'en fou des autochtones et des générations futures, on s'en fou des ruisseaux détruits par les machineries, on s'en fou du fractionnement de l'habitat par des systèmes de routes de plus en plus extensifs. Allons-donc, peut-être que M. Chevrette et d'autres têtes dirigeantes devraient suivre quelques cours d'écologies 101. M. Chevrette explique que les forêts doivent être utilisées par l'homme, sinon elles seront brulées par les incendies ou ravagées par les pestes, et bien croyez-le ou non, ce sont des cycles naturels désirables !! Et oui !! Peut-être pas pour vos portes-feuille, mais pour le bien-être des écosystèmes. Et les systèmes de forêts reboisées encouragent davantage les pestes, vu la diminution de la diversité biologique qui devrait naturellement offrir une certaine protection contre celles-ci. Raison de plus pour laissez les forêts vierges restantes intactes et développer des systèmes de reboisement qui utilisent plusieurs espèces (contrairement à la monosylviculture, qui comme la monoculture, engendre de grave problèmes écologiques).

    De plus la superficie d'aires protégées au Québec est dérisoire (moins de 5%), nous les humains sommes une espèce sur des millions, et nous devrions avoir le droit d'utiliser 75% (ou plus) de toute l'habitat forestier disponible?

    Et soyons franc, M. Charrette et l'industrie forestière accuse Green Peace d'utiliser la peur comme moyen de pression, mais ils font la même chose en parlant de menace de perte d'emplois. Ils font peur aux employés possiblement affectés pour les rallier aveuglément à leur cause, sans leur dévoiler qu'il existe des alternatives. Et justement, au lieu de faire peur aux travailleurs du bois avec ça, il faudrait penser à des alternatives, comme l'industrie du recyclage ou encore la coupe sélective. La vision anthropocentrique actuelle et l'appât du gain ne fera que nous mener à notre propre perte. Il est possible de concilier l'industrie forestières et la protection des écosystèmes, mais ce n'est pas le cas au moment où on se parle. Au lieu de pointer du doigts ceux qui ne désirent que sauver les générations futures, ne vaudrait-il pas mieux s'assoir à une table, discuter, et faire des compromis, quitte à accepter une diminution de la croissance des industries, afin de rendre les pratiques plus durables et moins destructrices. Car rappelons-nous qu'un écosystème productif ne peut permettre une croissance annuelle à long terme de 8 à 10 % (gros maximum). Alors quand on voit des chiffres d'affaires de beaucoup de compagnies croître de 20% et plus annuellement, il y a un sérieux problème de durabilité !!


    Aline Power
    Citoyenne concernée
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  • Philippe Champagne - Inscrit
    21 août 2007 16 h 30
    Home Depot n'est pas une référence
    "Greenpeace estime que des sociétés comme Ikea et Home Depot, qui priorisent l'achat et la vente de bois certifiés FSC, sont des modèles que les autres grands clients des trois grandes forestières québécoises auraient intérêt à imiter."

    Il y a quelque chose qui me titille dans cette avenue prise par Greenpeace. Si les normes FSC sont si importantes pour eux, comment estiment-ils pouvoir convaincre Home Depot de ne pas inonder nos résidences avec leurs circulaires?

    Dans mon PubliSac, j'ai non pas 1 mais 4 circulaires Home Depot pour la même semaine, portant différents échéanciers, contre une seule de Rona.

    Il y a des ? qui se perdent!
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  • Chryst - Abonné
    22 août 2007 10 h 41
    Geste de dernier recours
    Les plus récents gestes de Greenpeace envers les forestières n'a rien de surprenant. En situation désespérée ou presque, les coups d'éclats ont leur raison d'être. Les choix faits renvoient à nos valeurs collectives.

    L'industrie des pâtes et papier a toujours été nomade, c'est l'histoire qui le démontre. De plus, elle n'a toujours misé que sur le court terme en plus de se comporter en mendiant. Rappelez-vous le 1,6 milliard de fonds publiques investis pour moderniser les usines sous Yves Bérubé. Au profit de qui ?

    Aujourd'hui, elles doivent faire face à de profondes remises en question afin de pouvoir survivrent dans un monde de plus en plus exigeant sur les questions environnementales, sinon elles seront avalées par nos voisins. Quel bel avenir pour un peuple qui se cherche

    Madame Power nous parle de plantations formées de plus d'une espèce afin de réduire les risques environnementaux tout en conservant la biodiversité. Quelle excellente idée.

    C'est faux de prétendre que les forêts âgées vont disparaître si on ne les coupe pas. Les centaines de courbes de croissance que nous avons établies pour estimer la productivité potentielle démontrent toutes que, dans le meilleur des mondes, il y a au pire une très légère baisse du volume marchand après l'âge de maturité du peuplement. Cela s'explique par le remplacement continuel des vieux arbres morts par de jeunes recrues en forêt dite inéquienne (composée de tiges de plusieurs classes d'âge)

    C'est également faux de croire que les forêts de sapin ou d'épinette noire parviennent à maturité vers 50 ou 70 ans en zone d'épinette noire, comme on le croit souvent.. Il faut 90 ou même 110 ans pour que les forêts naturelles atteignent leur âge d'exploitabilité, c'est-à-dire le moment où leur accroissement annuel moyen atteint son maximum.

    La forêt expérimentale de l'université Laval a été mise a contribution pour vérifier les résultats de nos travaux de même que plusieurs facteurs écologiques. Un mathématicien a même vérifié nos formules mathématiques établies pour faciliter certains calculs de possibilités

    Couper indistinctement toutes les forêts sous prétexte qu'on les croit toutes mâtures équivaut à exploiter aveuglément la forêt. Les forêts naturelles ne parviennent pas à exprimer leur plein potentiel naturel. C'est comme de retirer son capital placé à taux progressif alors que le taux n'est encore que de 4% alors qu'il pourrait atteindre jusqu'à 12%plus tard. L'âge d'exploitabilité fluctue évidemment selon la fertilité des milieux.

    D'autres facteurs sociaux ou économiques peuvent influencer le moment de la récolte finale. Il est curieux aussi de prétendre qu'il y a surabondance de forêts mâtures pour justifier leur exploitation. Alors, comment expliquer que l'industrie soit rendue à exploiter les forêts les moins productives de toute la zone des forêts denses de l'épinette noire ? Parce qu'on coupe trop. C'est comme pour la morue.

    L'île René Levasseur du réservoir manic V compte parmi les forêts les moins productives de la zone des forêts de l'épinette noire dense qui traverse le Québec d'ouest en est.

    Le Québec ne peut justifier la coupe rase sur de vastes superficies. Ou encore le bien-fondé de ces dernières par le simple fait de reboiser en créant de jeunes forêts en croissance. En réalité, je serais surpris que l'on reboise partout après la coupe. Actuellement rien ne garanti que les plants reboisés donneront un excellent rendement.

    En faisant appel aux nouvelles technologies de l'informatique, il serait possible d'orienter les futures plantations sur les milieux les plus fertiles. Le rendement des plantations serait maximisé.

    Par exemple, nous réussi à produire, parmi le framboisier, des trembles de 10 pouces de diamètre (hauteur de poitrine) à 10 ans et avec un entretien presque nul. En zone plus nordique, des arbres aussi gros pourraient être obtenus en 15 ou 20 ans peut-être. De quoi rivaliser avec les forêts de pin du sud.

    Les plantations mixtes d'espèces améliorées, faites le plus intelligemment du monde, compenseraient pour la création de nouvelles aires protégées.

    Il reste à souhaiter que l'ordre de Ingénieurs forestiers du Québec et notre employeur entendent raison et accepte de publier un article scientifique sur le sujet des nouvelles technologies appliquées à l'aménagement forestier. Cela aurait au moins le mérite de susciter un débat parmi les Ingénieurs forestiers tout en aidant aussi l'industrie et la population concernée à sortir de la crise.
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