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Verts paradoxes

Quelle drôle de bestiole que l'être humain! Tout en contradictions et antinomies naturelles, il soutient sans hésitation les visées du protocole de Kyoto, mais dans la douceur de son foyer, hormis une ampoule fluocompacte ou deux et la verdeur du bac de recyclage, il hésite à changer son mode de vie, là où pourtant il serait le plus capital de le faire.

Enquête sur les ménages et l'environnement, menée par Statistique Canada, est un bijou révélateur des menus paradoxes qui tissent l'humain.

Depuis le dernier coup de sonde qui avait été effectué par l'organisme fédéral il y a 12 ans, les habitudes des Canadiens se sont — bien évidemment — grandement améliorées. En 1994, seule la moitié de la population du Québec avait accès à un programme de recyclage; aujourd'hui, plus de 85 % marient le bac vert à la poubelle.

L'enquête révèle que, désormais, près de 60 % des consommateurs s'éclairent le soir à l'«éconergétique». Bon point. Que 40 % des ménages ont opté pour le thermostat programmable. Fort bien. Que le pommeau de douche et la cuvette à faible débit sont de plus en plus populaires. Bravo!

Interrogé sur son appui aux cibles de Kyoto, le Québécois coche oui, sans problème, tout de suite, j'achète! Ainsi, 89 % des Québécois sondés il y a un an par Léger Marketing affirmaient tout de go être en accord parfait avec ce plan vert international. Toutefois, lorsqu'il doit abandonner le doux confort de ses habitudes, et jouer le tout pour le tout là où il serait peut-être le plus significatif de le faire, le citoyen affiche magnifiquement ses contradictions. Les valeurs écologiques s'entrechoquent avec «l'usage du temps libre, le confort et les raisons pratiques», pointe à juste titre le rapport.

Le bilan canadien — et québécois — en matière de transport n'est en effet pas des plus reluisant: l'enquête nous apprend que les trois quarts des usagers de la route font le trait d'union entre le bureau et la maison en automobile. Plus encore, près de 60 % font ce trajet fin seuls.

En parfaite harmonie avec le phénomène d'étalement urbain qui fait pousser les banlieues, les automobilistes sont aussi de plus en plus nombreux à multiplier les kilomètres de grande route, les distances à parcourir entre dodo et boulot s'étirant sans cesse.

Les consommateurs rechignent peut-être à prendre le virage vert en matière de transport, mais peut-on les en blâmer lorsqu'on connaît la déficience de certains réseaux de transport en commun? Hors des grands centres, où l'usage de la voiture peut franchement devenir une vraie nuisance, peu d'arguments plaident en faveur de la mise au rancart de l'automobile, responsable, avec les autres moyens de transport, du quart des émissions de gaz à effet de serre.

Le quidam a donc besoin qu'on le secoue pour se défaire de ses habitudes de pantouflard. Une réglementation visant à réduire l'usage de pesticides non essentiels pour verdir les pelouses a produit d'excellents résultats au Québec, contrairement à d'autres provinces où, sans filet réglementaire, leur utilisation a augmenté.

En plein coeur de l'été, on ne peut s'empêcher de penser à la richesse de nos lacs, de plus en plus intoxiqués par les cyanobactéries. Voilà un bel exemple d'un secteur où, pour éviter les abus et la démesure, un sérieux contrôle est de mise. Or, les politiques de protection des rives n'ont jamais, au Québec, connu de pleine adhésion. Pour faire fondre les contradictions citoyennes, une dose de maîtrise politique s'impose.

***

machouinard@ledevoir.com
 
 
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  • Fernand Trudel
    Abonné
    vendredi 13 juillet 2007 10h17
    La simplicité volontaire doit demeurer volontaire
    Il n'y a pas de contradiction entre le discours et les faits. Ce que l'on veurt nous contraindre est tout simplement d'adopter la simplicité volontaire à tout pris, sinon on disparaît. De toute façon dans 50 ans, je serai disparu ...

    Si les québécois n'adoptent pas le transport en commun c'est qu'il est mal adapté aux besoins des usagers de l'automobile. Ici à Québec, on a aménagé un parc de stationnement du Métrobus à D'Estimauville et ca fonctionne. Même que l'on se sert d'un terrain où l'on veut développer la Neuro-Cité. Quand elle se construira, il faudra déplacer ce parc automobile ailleurs et ainsi changer encore une fois les habitudes des usagers.

    Ici à Québec, on fait grand état de la venue d'un tramway d'un milliard de dollar tout simplement pour faire comme les autres. On va remplacer des circuits Métrobus par ce tramway sans plus. Aucun changement dans le nombre d'usagers autre que de tabler sur l'attrait du nouveau pour provoquer les choses. Ca fait très cher pour l'environnement. Or, les le RTC change graduellement sa flotte pour le bi-énergie et on est en train de les acheter. Quand on les aura remplacer par un rutilant tramway, on fera quoi avec ces instissements pour l'environnement. Car les autobus hybrides sont pour diminuer leurs émissions de CO et non de CO2.

    Évidemment pour le CO2, le GIEC a oublié de nous dire qu'il n'est pas de source humaine... Il est produit principalement par l'évaporation des océans suite à l'action du soleil.

    Mais en environnement, on n'en est pas à une menterie près du moment qu'on fait agir les gens dans le sens que l'on veut. Moi, j'appelle ca de la duperie car la simplicité volontaire doit demeurer un choix volontaire, pas imposé comme le font les alarmistes de la religion kyotiste...

  • Jean-Paul Gosselin
    Inscrit
    vendredi 13 juillet 2007 12h13
    Verts paradoxes...
    «Il n'est pas utile de refaire ici le procès de la société de consommation, ou plutôt de gaspillage, qui est la nôtre.Le processus, engagé depuis plus d'un siècle, apparaît nettement irréversible. Tout au plus pourrait-on espérer en limiter les excès, en réfléchissant à l'absurdité des solutions que la société actuelle est contrainte d'envisager»

    Le regretté Fernand Seguin -décédé en 1988- Le cristal et la chimère, en page 62-L'avenir du sac à ordures-ÉDITION LIBRE EXPRESSION, 1988!!!

    C'était en 1988...ne parlons pas de 2007!!!

  • François Beaulé
    Abonné
    vendredi 13 juillet 2007 12h29
    Urbanisme déficient
    Le type d'habitations et leur répartition en banlieues qui s'étalent expliquent l'attrait pour l'automobile. Déjà en 1973, avec la «crise de l'énergie» les urbanistes auraient dû développer une «conscience énergétique».

    On connaît le rôle des GES dans le phénomène du réchauffement planétaire depuis au moins 15 ans. Et les gouvernements et les urbanistes ont continué et continuent encore à se soumettre au libre marché. Chaque consommateur, en bon Nord-américain, veut une grande maison et un grand terrain. Mais le résultat de ces tendres désirs est catastrophique à grande échelle. Pour conscientiser les gouvernements et les citoyens, il faudrait des urbanistes... consciencieux.

    Y a-t-il un urbaniste capable d'une perspective environnementale dans la salle?

  • Claude L'Heureux
    Abonné
    dimanche 15 juillet 2007 21h31
    MOI
    L'égoïsme du citoyen est abissal et stupide. Le citoyen se plain de payer trop de taxe... à Québec mais met sa priorité dans l'achat d'une auto qu'il désire conduire le plus vite possible. Cinq à six milles dollars par année pour ce veau d'or plus les kilomètres en surplus pour le boulot à des disaines de kilomètres de la maison en parfaite contradiction avec la première règle budgétaire que monsieur Chiasson s'évertue à rappeler tous les samedi dans sa chronique. Le droit de s'installer aux abords de nos cours d'eau devenus inaccessibles et pollués. Ces mêmes propriétaires veulent êtres dédommagés lors de crues! Et le citoyen n'ayant pas accès à ses cours d'eau... de trouver qu'il paye trop de taxes à Québec! Mort aux cons? Qu'elle vaste entreprise disait De Gaulle.

    Claude L'Heureux, Québec

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