La touche d'Al Gore pour empêcher Rabaska
Luc Archambault - Peintre, sculpteur, designer, performeur, céramiste et citoyen
10 juillet 2007
Actualités sur l'environnement
Cher monsieur Gore,
J'admire et salue votre admirable et efficace implication dans le redressement de la situation environnementale de la planète.
Ici, au Québec, le projet du consortium multinational milliardaire Rabaska d'implantation d'un port et terminal méthanier à Lévis, en face de l'Île d'Orléans et à quelques encablures de Québec, Ville du patrimoine mondial, vient de recevoir l'appui du BAPE (Bureau d'audiences publiques en environnement) et de son pendant fédéral canadien.
Ce sont des travaux auxquels j'ai participé en 2006 à travers le dépôt d'un mémoire. Plus de 600 mémoires ont été déposés, la plupart en vain, par des organismes locaux et nationaux opposés au projet, notamment l'APPEL, RABAT-Joie et le GIRAM. À titre d'artiste-peintre, j'ai aussi participé en 2005 à un spectacle-performance au profit des opposants à Rabaska.
Il ne reste plus que l'aval du gouvernement du Québec, à venir fin septembre, pour qu'on assiste au saccage d'un majestueux paysage, qui contribuera en outre au réchauffement de la planète. Et ce, sous prétexte que ce gaz naturel liquéfié permettrait aux État-Unis de réduire ses émissions de gaz à effet de serre et d'améliorer son bilan environnemental, grâce au remplacement d'installations supposées plus polluantes (charbon, pétrole). Cette ineptie doit être contredite: votre prise de position à cet égard ne peut être que déterminante, vous qui êtes états-unien.
Ces installations serviront d'unité de transit pour les porteurs d'eau que nous sommes afin d'alimenter en gaz les États-Unis, lesquels ne tolèrent plus ce type d'installations sur leurs côtes, notamment dans le nord-est du pays, près de nos frontières.
Votre avez mené un fier combat aux États-Unis. Les gains résultants de vos valeureux efforts ne doivent pas être l'occasion de délocaliser à proximité de vos frontières ce que vous proscrivez à l'intérieur de ces mêmes frontières. Les cas d'espèce que sont Rabaska et Gros-Cacouna — projet déjà accepté par Québec — sont exemplaires à cet égard.
Aussi, votre implication dans la lutte que nous menons ici à Lévis et Québec me semble s'imposer. Votre intervention, éventuellement une visite du site à la fin de l'été, des rencontres avec les autorités locales, dont le premier ministre du Québec Jean Charest, afin de faire pression sur elles pour qu'elles rejettent le projet Rabaska, autant de gestes qui nous permettraient, avec votre prestigieux concours, de gagner une de ces si nombreuses batailles qu'il faut livrer avant d'envisager de gagner la guerre contre le saccage de la planète. Pour nous, pour cette région, dès la fin septembre 2007, il sera déjà trop tard.
Votre intervention permettrait, j'en suis persuadé, d'attirer les projecteurs sur les enjeux nationaux et internationaux de ce projet d'implantation. Jusqu'à maintenant, Rabaska a été plutôt associé à de simples enjeux locaux liés au développement économique de la région — qui en a bien besoin, toute revigorée qu'elle serait par les quelques millions de dollars liés à sa construction et aux 10 millions de dollars promis à titre de revenus de taxes pour la Ville de Lévis... Des peccadilles au regard des milliards de dollars en jeu! Une pratique indigne consistant à nationaliser les risques et les impacts territoriaux, tout en «multinationalisant» et en «déterritorialisant» les profits... de la pollution!
Merci à l'avance de prendre le temps et la peine de réfléchir à cette invitation pressante. Le temps est compté, comme vous le savez.
Au plaisir de vous rencontrer ici, à Lévis, lors de votre visite prochaine.
J'admire et salue votre admirable et efficace implication dans le redressement de la situation environnementale de la planète.
Ici, au Québec, le projet du consortium multinational milliardaire Rabaska d'implantation d'un port et terminal méthanier à Lévis, en face de l'Île d'Orléans et à quelques encablures de Québec, Ville du patrimoine mondial, vient de recevoir l'appui du BAPE (Bureau d'audiences publiques en environnement) et de son pendant fédéral canadien.
Ce sont des travaux auxquels j'ai participé en 2006 à travers le dépôt d'un mémoire. Plus de 600 mémoires ont été déposés, la plupart en vain, par des organismes locaux et nationaux opposés au projet, notamment l'APPEL, RABAT-Joie et le GIRAM. À titre d'artiste-peintre, j'ai aussi participé en 2005 à un spectacle-performance au profit des opposants à Rabaska.
Il ne reste plus que l'aval du gouvernement du Québec, à venir fin septembre, pour qu'on assiste au saccage d'un majestueux paysage, qui contribuera en outre au réchauffement de la planète. Et ce, sous prétexte que ce gaz naturel liquéfié permettrait aux État-Unis de réduire ses émissions de gaz à effet de serre et d'améliorer son bilan environnemental, grâce au remplacement d'installations supposées plus polluantes (charbon, pétrole). Cette ineptie doit être contredite: votre prise de position à cet égard ne peut être que déterminante, vous qui êtes états-unien.
Ces installations serviront d'unité de transit pour les porteurs d'eau que nous sommes afin d'alimenter en gaz les États-Unis, lesquels ne tolèrent plus ce type d'installations sur leurs côtes, notamment dans le nord-est du pays, près de nos frontières.
Votre avez mené un fier combat aux États-Unis. Les gains résultants de vos valeureux efforts ne doivent pas être l'occasion de délocaliser à proximité de vos frontières ce que vous proscrivez à l'intérieur de ces mêmes frontières. Les cas d'espèce que sont Rabaska et Gros-Cacouna — projet déjà accepté par Québec — sont exemplaires à cet égard.
Aussi, votre implication dans la lutte que nous menons ici à Lévis et Québec me semble s'imposer. Votre intervention, éventuellement une visite du site à la fin de l'été, des rencontres avec les autorités locales, dont le premier ministre du Québec Jean Charest, afin de faire pression sur elles pour qu'elles rejettent le projet Rabaska, autant de gestes qui nous permettraient, avec votre prestigieux concours, de gagner une de ces si nombreuses batailles qu'il faut livrer avant d'envisager de gagner la guerre contre le saccage de la planète. Pour nous, pour cette région, dès la fin septembre 2007, il sera déjà trop tard.
Votre intervention permettrait, j'en suis persuadé, d'attirer les projecteurs sur les enjeux nationaux et internationaux de ce projet d'implantation. Jusqu'à maintenant, Rabaska a été plutôt associé à de simples enjeux locaux liés au développement économique de la région — qui en a bien besoin, toute revigorée qu'elle serait par les quelques millions de dollars liés à sa construction et aux 10 millions de dollars promis à titre de revenus de taxes pour la Ville de Lévis... Des peccadilles au regard des milliards de dollars en jeu! Une pratique indigne consistant à nationaliser les risques et les impacts territoriaux, tout en «multinationalisant» et en «déterritorialisant» les profits... de la pollution!
Merci à l'avance de prendre le temps et la peine de réfléchir à cette invitation pressante. Le temps est compté, comme vous le savez.
Au plaisir de vous rencontrer ici, à Lévis, lors de votre visite prochaine.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

