samedi 26 mai 2012 Dernière mise à jour 00h05
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

GES: Washington refuse un accord global

Bush tente de calmer le jeu avec Poutine

La police, dont huit agents ont été blessés notamment par des jets de pierres, a indiqué avoir interpellé 141 personnes hier.
Photo : Agence France-Presse
La police, dont huit agents ont été blessés notamment par des jets de pierres, a indiqué avoir interpellé 141 personnes hier.
Heiligendamm, Allemagne — Manifestations houleuses, querelles sur le réchauffement climatique et propos polémiques aux relents de guerre froide entre Américains et Russes ont marqué hier l'ouverture du sommet du G8, en Allemagne. Le conclave annuel des pays les plus industrialisés s'est ouvert par une réception et un dîner dans un château baroque. Mais déjà, il est apparu que la chancelière Angela Merkel devra rabaisser ses ambitions en ce qui concerne le réchauffement climatique, sujet au sommet de l'ordre du jour du sommet de Heiligendamm.

Les États-Unis refusent en effet qu'un objectif global à long terme de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) soit annoncé. Auparavant, devant Mme Merkel, le président américain George W. Bush avait assuré «vouloir travailler avec [le G8] à un accord post-Kyoto».

Mais un responsable de l'administration américaine pour l'environnement, Jim Connaughton, a précisé que les États-Unis ne veulent pas entendre parler d'engagement avant de tenir des discussions, au cours des 18 prochains mois, avec les principaux pays émetteurs, notamment la Chine et l'Inde. Selon M. Connaughton, le communiqué final n'énoncera donc pas d'objectif global à long terme: «Nous ne sommes pas préparés à adopter une telle proposition.»

Mme Merkel a reconnu que «les objectifs définis par les Européens ne peuvent pas être tous partagés immédiatement par le reste du monde». Elle estime que «la vraie question est [de savoir si on] aura avancé à la fin du sommet». Pour le mesurer, il faudra nécessairement «la reconnaissance de l'origine humaine des changements climatiques et [le fait] qu'il nous faut un processus dans lequel l'ONU soit partie prenante», a-t-elle martelé.

Mme Merkel a reçu hier des soutiens clairs des autres membres du G8 pour son approche sur le climat. Celle-ci prévoit dans le cadre de l'ONU une entente dès 2009 sur un nouvel accord post-Kyoto (après 2012), fixant des objectifs quantifiés. Le président français Nicolas Sarkozy a ainsi réitéré son souhait d'obtenir au sommet du G8 «un objectif chiffré» dans le texte final.

Bush modère

George W. Bush a par ailleurs rejeté hier l'idée que l'escalade verbale entre Russie et Occidentaux puisse être suivie d'une escalade militaire, en dépit des menaces du Kremlin. «La Russie ne va pas attaquer l'Europe», a assuré M. Bush. Mme Merkel a aussi rappelé que «la guerre froide est finie».

«La Russie n'est pas notre ennemie. Il n'y a pas besoin de réaction militaire» américaine aux récentes mises en garde russes «parce que nous ne sommes pas en guerre avec la Russie», a dit M. Bush à quelques journalistes. Il a assuré que la Russie ne constitue pas une «menace». Mais il a répété que le projet antimissile américain qui irrite la Russie n'est pas davantage une menace pour celle-ci.

Les États-Unis veulent installer un radar en République tchèque et des missiles intercepteurs en Pologne pour, disent-ils, protéger leurs alliés européens de la menace balistique d'États «voyous» comme l'Iran. M. Bush a affirmé sa volonté d'essayer d'en convaincre M. Poutine aujourd'hui, alors que les deux hommes auront un entretien en privé.

M. Poutine a ravivé cette semaine le spectre du grand affrontement géostratégique en menaçant de pointer de nouveaux missiles sur l'Europe si le projet américain se concrétise. La Maison-Blanche a critiqué une «escalade» verbale qui, selon elle, «n'arrange pas les choses».

Hier, un porte-parole du Kremlin a indiqué que Moscou apportera une réponse «totalement efficace en vue de garantir la sécurité» de la Russie si les États-Unis concrétisent leur projet d'installer des systèmes de défense antimissile. Mais il a affirmé que la menace agitée par le président russe de pointer de nouveaux missiles vers l'Europe, comme au temps de la guerre froide, n'est qu'«une des possibilités» envisagées.

Plusieurs des alliés européens de M. Bush ont prôné la fermeté avec M. Poutine. Le premier ministre britannique Tony Blair a promis une «franche discussion» avec lui. Nicolas Sarkozy a aussi déclaré son intention d'avoir un dialogue franc avec le président russe.

Mais M. Bush fait face à des critiques grandissantes contre son parti pris d'entretenir des relations très personnalisées avec M. Poutine pour mieux coopérer aux grandes affaires internationales. Le président américain répond qu'être cordial ne l'empêche pas d'être «ferme» vis-à-vis du président russe. M. Bush a ainsi pris mardi le risque de compliquer la situation en critiquant sévèrement l'état de la démocratie en Russie sous la présidence Poutine.

Harper parlera démocratie

Le premier ministre du Canada, Stephen Harper, soulèvera d'ailleurs lui aussi la question du respect de la démocratie auprès du président russe Vladimir Poutine aujourd'hui, ont confirmé hier des responsables canadiens.

La démarche de M. Harper survient après les récents passages à tabac et arrestations de manifestants antigouvernementaux en Russie ainsi que les décès subits et mystérieux de certains des critiques les plus vigoureux de Poutine.

Selon des fonctionnaires canadiens, le premier ministre Harper entend rappeler au président russe sa «responsabilité» en tant que membre du groupe des huit principaux pays industrialisés. «Il est important qu'en tant que membre du G8, la Russie envoie un signal au reste du monde», a commenté un fonctionnaire.

Il n'est pas clair si M. Harper abordera la menace controversée du président de pointer des missiles en direction de pays d'Europe de l'Ouest. Avant son arrivée au sommet, en Allemagne, M. Harper a tenté d'assurer au leader russe qu'il n'a rien à craindre du projet américain de bouclier antimissile en République tchèque, un territoire qui appartenait auparavant à la sphère d'influence russe.

«Nous tentons de maintenir paisibles les échanges», a répondu un fonctionnaire auquel on demandait pourquoi le gouvernement canadien avait réagi de façon modérée et ne voulait pas s'engager à soulever la question avec M. Poutine.

Toute la semaine, le personnel du cabinet de M. Harper s'est refusé à confirmer la rumeur d'une rencontre avec M. Poutine. C'est le Kremlin qui a d'abord répondu aux demandes d'information à ce sujet. Le cabinet du premier ministre a par la suite confirmé la tenue de la rencontre.

Violences

Hors des cercles politiques, l'ouverture du G8 a autrement été marquée par de violentes échauffourées qui ont éclaté hier en soirée. La police tentait alors de déloger les manifestants qui bloquaient encore l'accès routier à Heiligendamm. Des groupes extrémistes en cagoules et vêtus de noir avaient plus tôt fait irruption au milieu de plusieurs milliers de manifestants pacifiques qui avaient réussi à s'approcher de la grille de sécurité entourant la station balnéaire de Heiligendamm.

Les pierres fusaient contre la police, qui ripostait avec des gourdins de caoutchouc. En début de soirée, la police avait commencé à déloger des manifestants qui avaient pénétré pendant la journée dans la très vaste zone de sécurité établie dans la région de Heiligendamm, bloquant les routes d'accès. Sur un point d'accès à la station, les policiers ont utilisé des canons à eau pour disperser les centaines de personnes rassemblées sur une route. Des policiers à cheval ont aussi participé à l'opération.

Jusqu'à 10 000 manifestants ont été recensés par la police tout autour de la barrière de sécurité, qui interdit aux contre-manifestants l'accès à l'hôtel de luxe abritant le sommet. Un des organisateurs, l'association ATTAC, a annoncé vouloir poursuivre les opérations de blocage jusqu'à demain, dernier jour du sommet. La police, dont huit agents ont été blessés notamment par des jets de pierres, a indiqué avoir interpellé 141 personnes.

Le Devoir

D'après l'Agence France-Presse et la Presse canadienne
La police, dont huit agents ont été blessés notamment par des jets de pierres, a indiqué avoir interpellé 141 personnes hier. La traditionnelle photo de famille réunissant les chefs d’État et leurs compagnes.
 
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Articles
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012