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Climat: Tony Blair espère une «percée historique» au G8

Le Sommet des pays du G8 ne s'ouvre que mercredi, dans la station balnéaire allemande d'Heiligendamm, mais on peut déjà prédire que la question des changements climatiques sera la plus épineuse à l'ordre du jour des leaders des États les plus industrialisés de la planète. Alors que les Américains sont réticents à adopter les cibles de réduction des gaz à effet de serre approuvées par l'Europe, le premier ministre canadien, Stephen Harper, qui s'est envolé hier pour l'Europe, a laissé entendre qu'il aimerait voir le Canada jouer un rôle de conciliation entre les différentes parties.

Optimiste, le premier ministre britannique, Tony Blair, a estimé hier à Berlin qu'une «percée historique» était possible, invitant les États-Unis à aller «plus loin» dans leurs propositions de lutte contre le réchauffement climatique. «J'espère que cela va arriver», a-t-il déclaré à propos d'une éventuelle percée sur le climat au sommet du G8, après une rencontre avec la chancelière allemande Angela Merkel.

Tous deux ont d'ailleurs salué à nouveau l'initiative du président américain sur le climat et insisté sur le fait que celle-ci devait déboucher sur des négociations sous la houlette des Nations unies. George W. Bush a proposé jeudi un nouveau cycle de négociations avec les grandes économies mondiales pour fixer d'ici à la fin de 2008 un objectif mondial à long terme de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de lutte contre le réchauffement climatique. «Il y a trois ou quatre ans, nous n'en étions pas là», a affirmé M. Blair.

Mme Merkel a toutefois reconnu sans ambages qu'aucun objectif contraignant de réduction de CO2 n'était à attendre du prochain sommet du G8, mais que ce serait «un résultat nouveau et important si nous nous mettons d'accord pour agir dans le cadre de l'ONU». «Justement, après la dernière proposition du président américain, je vois une chance que tous les pays du G8 rentrent dans le cercle des négociations de l'ONU», a-t-elle ajouté.

Cette semaine, au cours du sommet du G8, Angela Merkel devrait proposer de limiter à 2 degrés Celsius le réchauffement par rapport à 1990, en réduisant de 50 % les émissions de gaz à effet de serre (GES) d'ici 2050 par rapport à leur niveau de 1990. Washington a déjà rejeté cette position. La position canadienne à ce sujet n'a pas été précisée.

Une nouvelle convention des Nations unies doit être négociée à partir de décembre prochain à Bali pour remplacer le protocole de Kyoto entré en vigueur en 2005 et qui prévoit une réduction des gaz à effet de serre, principaux responsables du réchauffement climatique. Les États-Unis, responsables d'un tiers des émissions, ont refusé de ratifier ce protocole qui expire en 2012.

Greenpeace a de son côté fait part de l'urgence, pour les pays industrialisés, de s'engager concrètement dans la lutte contre les changements climatiques. L'organisation écologiste demande notamment que les leaders réunis en Allemagne s'engagent à réduire leurs émissions de GES de 30 % d'ici 2020. Et pour 2050, ces gaz devraient avoir diminué de 80 à 90 % par rapport à leurs niveaux de 1990.

De cette façon, les émissions mondiales pourraient commencer à diminuer d'ici 10 à 15 ans. On presse aussi le G8 de prendre des engagements fermes au plus tard en 2009. Tout cela constitue, pour Greenpeace, «le minimum pour le prochain sommet du G8», a-t-on indiqué au Devoir hier. Greenpeace souligne que les pays du G8, qui génèrent à eux seuls plus de 40 % de l'ensemble des émissions de gaz à effet de serre, «portent une responsabilité de premier plan dans la réduction de ces émissions à la hauteur du défi climatique».

Harper en Europe

M. Harper a quitté Ottawa hier matin pour un séjour officiel en Europe dont la première étape sera le sommet de l'Union européenne, aujourd'hui, à Berlin. Le premier ministre se rendra ensuite à Paris afin d'y rencontrer le président français, Nicolas Sarkozy, élu le mois dernier, avant de retourner en Allemagne pour prendre part au sommet du G8 devant prendre fin le 8 juin.

Le chef conservateur y fera valoir que toute entente internationale sur les changements climatiques devra tenir compte des défis auxquels fait face le Canada dans sa lutte contre les gaz à effet de serre. Selon de hauts responsables canadiens, toute entente acceptable devrait tenir compte de l'économie croissante, de la population et de l'industrie pétrolière du pays, sans donner plus de précision. Toutefois, un responsable soutient que la position que défendra le premier ministre devrait être en lien avec le plan vert présenté récemment par le ministre de l'Environnement, John Baird. Selon lui, ce plan, même s'il a été conçu pour le Canada, permettrait de faire avancer la lutte contre les changements climatiques sur le plan international.

Selon ce plan, les industries canadiennes, tous secteurs confondus, devront réduire l'intensité de leurs émissions de GES de 18 % d'ici 2010, par rapport à leur niveau de 2006. Elles devront par la suite les réduire annuellement de 2 % de plus, jusqu'en 2020. Il est important de souligner que le plan prend pour année de référence 2006, et non 1990, comme le prévoit le protocole de Kyoto. Or, le Canada dépasse déjà actuellement de 34 % les cibles fixées par Kyoto.

Échauffourées pré-G8

Le sommet a déjà attiré des milliers de manifestants opposés au capitalisme, à la mondialisation, à la guerre en Irak et au G8 lui-même. Des centaines de protestataires et des policiers ont été blessés samedi, dont certains grièvement, dans le port de Rostock, dans le nord de l'Allemagne, lorsque de violents affrontements ont éclaté entre manifestants et forces de l'ordre.

Tim Laumeyer, porte-parole du mouvement communiste et radical de la Gauche interventionniste, précise de son côté que 8000 militants d'extrême gauche, dont des Danois, des Suédois, des Français, des Italiens, des Espagnols, des Autrichiens et des Grecs, ont effectivement pris part à la manifestation. Mais seuls 200 d'entre eux peuvent être considérés comme membres du «Bloc noir», et ont effectivement participé aux affrontements, affirme-t-il.

M. Laumeyer a lui aussi condamné les violences. «Tout a commencé lorsque des policiers ont été attaqués avec des pierres, ce qui est injustifiable», a-t-il affirmé, en critiquant toutefois le «manque de mesure» dont a fait preuve selon lui la police, qui a fait usage de lances à eau et de gaz lacrymogène contre la foule des manifestants. Selon lui, des manifestants ont été tellement malmenés pendant leur arrestation qu'ils ont dû être hospitalisés.

Les organisateurs du mouvement de protestation anti-G8, qui ont fermement condamné les échauffourées en marge de la grande manifestation de samedi contre le sommet, se disent résolus à «tout faire» pour que la suite du mouvement se déroule dans le calme. «Nous voulons tout faire pour que tout se passe bien désormais et que personne ne jette de l'huile sur le feu», a indiqué hier à l'AFP Karsten Smid, l'un des porte-parole des organisateurs de la manifestation. «Nous voulons convaincre avec des arguments, pas avec des pierres. C'est pourquoi nous avons tout de suite vivement condamné ces violences intolérables», a ajouté M. Smid, par ailleurs membre de Greenpeace.

Hier, la police a interdit toute circulation sur les routes menant au lieu du sommet et a accru les mesures de sécurité mises en place dans les secteurs environnants. Entre 13 000 et 16 000 policiers sont mobilisés depuis le début de la semaine pour éviter tout débordement, ce qui représente la plus grande opération de police en Allemagne depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

***

Avec l'Agence France-Presse, la BBC, Le Monde et Reuters
 
 
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  • Fernand Trudel - Abonné
    4 juin 2007 11 h 25
    Les modèles globaux sont voués à l'échec
    Le Canada veut poser la bonne question : Doit-on adapter la lutte à la pollution selon les problématiques de chaque pays ou doit-on conserver un modèle unique ?

    Il est clair dans mon esprit que la poppullion européenne avec sea densification urbaine est différente des grans espaces canadiens ou nord américains. La pollution est plus importante aux États-unis qu'au Canada. Nous avons tous pollué mais à des degrés divers. Or, le protocole de Kyoto ne fait pas cette différence.

    Ici au Canada, outre les champs pétrolifères, les aciéries et les centrales élkectriques au charbon de l'Ontario, la pollution est normale.

    Il est clair qu'un modèle unique ne peut être efficace si réellement on veut lutter pour réparer la pollution humaine.

    Je ne parle pas de réchauffement climatique mais de pllution humaine et pour cause.

    Le recyclage des déchets est une façon d'étirer nos sites d'enfouissements en y apportant moins de mati;ère à y entasser. Cette situation résulte moins du réchauffement que du phénomène du «pas dans ma cour» qui hante les BAPE sur la question des sites d'enfouissements.

    Quand à Tony Blair, il est un activiste du climat qui s'entend merveilleusement bien avec Al Gore. On exagère un phénomène naturel pour passer deux message : Dépolluons ce que nous avons pollué et instaurons un ordre mondial pour régenter les humains au dessus des pays et de leur souveraineté.

    La pollution des transport n'est pas due au CO2 mais au monoxyde de carbone CO qui est incolore, inodore mais toxique pour l'humain. Ces risques se multiplient souvent en cas de mauvais temps ou de tempête, où le vent refoule bien souvent le gaz à l'intérieur du bâtiment.

    Beaucoup d'intoxications sont dues au mauvais fonctionnement des appareils de chauffage et anomalies d'aération. On recense également l'utilisation du monoxyde de carbone comme méthode de suicide.

    C'est loin du réchauffement climatique cà...

    Parmi les multiples sources de monoxyde de carbone, on peut notamment citer :

    1) tous les moteurs à explosion quel que soit le combustible (automobiles, groupes électrogènes, motopompes, ...).
    2) les systèmes fixes de chauffage avec combustion.
    3) les appareils de chauffage d'appoint avec combustion (qui d'une part consomment l'oxygène de la pièce où ils fonctionnent et, d'autre part, y rejettent les gaz brulés, dont le monoxyde de carbone).
    4) les appareils de production d'eau chaude avec combustion.
    tout appareil ou outillage avec combustion (décolleuse à papiers-peints, ...).
    5) la combustion du tabac, principale source d'exposition chronique.

    Le plan Baird s'attaque à ce genre de pollution de l'air ambiant qui crée le smog des concentrations urbaines mais le protocole s'intéresse qu'aux Dioxines de carbone (CO2). L'incinération des déchets est la principale source de dioxines dans notre environnement.

    Quand aux exploitation des sables pétrolifères albertains, les émissions ont augmenté en 2005 par rapport à 2004, en raison de la production plus élevée et de l'utilisation accrue de l'installation de cogénération surtout par l'utilisation du gaz naturel. Voici les données comparatives d'émissions de GES 2001-2005 dans chaque domaine provenant de la compagnie Pétro-Canada.

    Pétrole Albwertain: 3,872 KT en 2001 et 3,668 KT en 2005
    Gaz Naturel : 1,968 KT en 2001 et 1,956 KT en 2005
    Pétrole cote est: 0 Kt en 2001 et 721 KT en 2005
    Sables bitumineux: 0 Kt en 2001 et 957 KT en 2005

    On note que le pétrole a atteint son nioveau maximum et est en déclin alors que l'exploitation d'Hibernia au large du Labrador a commencé son exploitation ainsi d<que les sables bitumineux. On assiste bien plus à un déplacement de l'activité pétrolière qui amène une certaine augmentation de production pour faire face à des besoins grandissants. La recherche pour des produits de remplacement est plus due à un épuisement des réserves fossiles qu'à un réchauffement climatique.

    À moins qu'on s'achète tous des vélos pour se véhiculer, le pétrole sera pour encore quelques décennies l'énergie essentielle aux déplacements de l'humain.

    Dans tout ce brouhaha médiatique, la pollution humaine est difficilement identifiable à une intensification de l'astre solaire et deu reveil des volcans terrestres.

    Ne devrait-on pas parler de pollution plutôt que de réchauffement ??? C'est pour celà que les modèle de solutions globales sont vouées à l'échec car chaque problème sont différents d'un pays à l'autre. En Europe on parle de concentration urbaine et au Canada d'un problème d'exploitation nouvelle des sables bitumieux. Deux approches bien différentes avec des problèmes différents.
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  • Lfa - Abonné
    5 juin 2007 01 h 32
    Pollution humaine et GES
    Cher monsieur Trudel, vous avez bien raison de parler de pollution humaine et de réchauffement climatique... car les deux sont intimement liés... Je vous soumets donc quelques éléments de ma réflexion, sachant, selon vos précédents écrits, que vous êtes l'un des défenseurs francophones les plus acharnés de l'anti-Kyotisme, et doué d'un sens de la recherche tout à fait particulier.

    Dans ce débat, que se livrent les divers courants politiques à travers le monde, on peut être d'accord ou non sur le lien possible entre les gaz à effet de serre et les changements climatiques. Cependant, depuis quelques années, la probabilité de ce lien apparaît de plus en plus grande, malgré que vous ayez rapporté d'autres causes possibles des changements climatiques. Inutile de répéter ces causes marginales, car ceux qui ont suivi vos écrits les connaissent !

    Il faut cependant comprendre qu'en réduisant la consommation et la combustion des hydrocarbures, par des mesures d'efficacité énergétique ou autres (filtration, récupération, etc.), on réduit non-seulement les émissions d'oxydes de carbone mais aussi la pollution humaine, car la combustion produit en même temps d'autres polluants (oxydes d'azote et de soufre, etc.).

    Il apparaît donc que les mesures technologiques ou administratives vigoureuses à l'échelle de chaque pays ou à l'échelle internationale, visant à contrôler les gaz à effet de serre (GES), seront bénéfiques de toute manière, que l'on soit d'accord ou non sur le lien de causalité probable.

    Chacun des pays du monde possède un « cocktail » différent de sources d'énergie (renouvelables ou non-renouvelables, plus ou moins polluante), ce qui rend la tâche de réduire les GES plus ou moins facile selon les endroits. Des objectifs globaux tels que ceux de Kyoto sont, à mon avis nécessaires, même si les méthodes pour atteindre ces objectifs sont différentes dans chaque pays, provinces ou états.

    La province de Québec favorisée par les ressources renouvelables (hydroélectrique, éolienne) a bien sûr la tâche relativement plus facile que d'autres provinces ou pays dépendant principalement des hydrocarbures. Le Québec doit donc jouer un rôle de leader en matière de réduction des émissions de GES à l'instar d'autres provinces telles que la Colombie-Britanique, l'Ontario ou certains états américains (Californie, Nouvelle-Angleterre).

    Il faut être deux pour danser le tango!

    Le principal défi à relever pour inclure tous les pays dans un accord global tel que Kyoto, me semble lié au partage des efforts de réduction des GES entre pays partenaires producteurs (exportateurs) et consommateurs (importateurs) d'hydrocarbures.

    Par exemple, l'Australie, qui exporte d'énormes quantités d'hydrocarbures (gaz liquéfiés) vers l'Asie (Japon) doit-elle assumer la majeure partie des efforts de réduction ou une partie mineure des efforts car ce sont les asiatiques qui consomment ces ressources.

    L'Alberta, important producteur d'hydrocarbures, doit-elle assumer la majeure partie des efforts de réduction car ce sont principalement les Américains qui consomment ses hydrocarbures ?... et comment parvenir à une entente ?

    Quel pourcentage d'effort doit assumer la Chine qui importe et consomme les hydrocarbures en provenance d'autres pays producteurs ?...

    La question du partage des efforts de réduction entre partenaires commerciaux importants doit donc être réglée entre partenaires, sous des directives acceptables internationalement... Pour cela, des ententes bipartites régissant les échanges d'hydrocarbures entre pays partenaires commerciaux me semblent impératives.

    Cependant, le G8 actuel ne semble pas le groupe idéal pour discuter de réduction des gaz à effet de serre et arriver à un consensus. Il serait cependant souhaitable qu'il donne naissance à un G8 élargi ou qu'il aide à la création d'un nouveau groupe indépendant intégrant les plus importants pays partenaires producteurs et consommateurs d'hydrocarbures et producteurs de GES...
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