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Gro Harlem Brundtland au Devoir - Le développement durable, une idée souvent déformée

La planète n’a pas encore vraiment pris le chemin du développement durable,  estime l’auteur du concept, l’ancienne première ministre de la Norvège, Gro Harlem Brundtland.
Photo : Jacques Nadeau
La planète n’a pas encore vraiment pris le chemin du développement durable, estime l’auteur du concept, l’ancienne première ministre de la Norvège, Gro Harlem Brundtland.
Malgré la popularité du concept de «développement durable» et le retentissement qu'il a eu dans les relations internationales depuis 20 ans, on peut se demander si la planète est aujourd'hui en voie de mettre en oeuvre ce nouveau paradigme dont tous les politiciens se revendiquent.

«Non!», répond avec une franchise désarmante Gro Harlem Brundtland, qui a signé en 1987 le premier bilan de l'état de la planète Terre jamais produit par des humains, dans le cadre d'un mandat donné par l'Assemblée générale de l'ONU.

Elle n'a peur ni de prononcer certains mots, ni de porter un jugement, ni même de discuter ouvertement des «déformations» conceptuelles qu'a suscitées partout dans le monde ce concept, qui allait pourtant déboucher sur la conférence de Rio, les traités sur le climat et la protection de la biodiversité ainsi que la Déclaration sur les forêts. Gro Harlem Brundtland a d'abord été ministre de l'Environnement de la Norvège avant d'en devenir la première ministre pendant trois mandats, entre 1981 et 1996. Puis elle est passée à l'Organisation mondiale de la santé, qu'elle a dirigée de 1998 à 2003.

De passage à Montréal, où elle a rencontré un groupe d'«investisseurs responsables» et où elle a enregistré une conférence en vue d'un colloque à l'Université de Sherbrooke à la mi-juin, Mme Brundtland base son verdict sévère sur l'évolution pas très reluisante de trois dossiers critiques pour la planète et les humains: le réchauffement de la planète, l'épuisement croissant des ressources biologiques et l'iniquité dans la redistribution de la richesse entre pays et au sein des sociétés.

Elle reconnaît sans ambiguïté que plusieurs des vieilles politiques et pratiques que le développement durable devait changer se retrouvent aujourd'hui souvent drapées dans le concept, y compris la surconsommation de biens et d'énergie dans des pays comme les États-Unis et le Canada, qu'elle nomme explicitement.

«On peut tout déformer, y compris le développement durable, dit-elle. Mais dans le concept de développement durable, il y a celui, crucial, de la protection de l'environnement. Personne ne peut utiliser ce concept raisonnablement sans exiger une stricte protection de l'environnement. Prétendre le contraire, c'est déformer le concept. Rien d'autre».

Les failles du développement

Pour Mme Brundtland, le développement durable, ce n'est pas développer l'économie au-delà des besoins essentiels en saupoudrant un peu de préoccupations écologiques à gauche et à droite. Le développement durable, explique-t-elle, respecte l'environnement et s'arrête là où la capacité des grands écosystèmes de rester vivants et capables de se perpétuer est compromise par l'activité humaine.

Cela soulève cependant plusieurs problèmes. Si un pays déjà développé peut imposer à son développement économique de strictes balises afin de préserver ses écosystèmes pour les léguer en bon état aux prochaines générations, le problème est différent, dit-elle, dans le cas des pays en développement dont on voudrait qu'ils protègent le capital génétique de l'humanité encore présent sur leur territoire, mais sans en payer le prix: «Bien des pays développés ont rasé leurs forêts pour construire leurs villes et développer leur agriculture. Mais ils voudraient maintenant que les pays en développement n'en fassent pas autant et qu'ils protègent, comme le Brésil, par exemple, ce qui reste des grandes forêts tropicales.»

L'aide au développement plafonne, dit-elle, autour de 0,25 % du budget des pays occidentaux. On réglerait pourtant l'essentiel des problèmes de développement et de conservation si on haussait cette contribution à 0,7 %, ce qui est «infime pour nous mais énorme pour eux», ajoute Mme Brundtland. Et rien, ici, n'est simple: «Il faut, dit-elle, avec cette aide, élaborer des modèles de développement qui non seulement soient compatibles avec les caractéristiques de chaque environnement national, mais qui tiennent compte aussi de l'histoire de chacun, des niveaux de vie différents, de l'éducation, des modèles d'utilisation de l'énergie, etc. Face à ceux qui affichent des besoins désespérants, il y a l'attitude scandaleuse de ces pays industrialisés qui dépensent beaucoup trop d'énergie par rapport aux besoins réels de leur économie. Je pense que les États-Unis et le Canada sont des exemples de pays grands consommateurs d'énergie qui doivent changer radicalement d'attitude, ce qui exigera des décisions difficiles pour amorcer ces changements.»

Elle vise ici explicitement les bas prix du pétrole qui encouragent une consommation d'énergie inacceptable. L'Europe, dit-elle, vit depuis des années avec des prix au-dessus de 2 $ le litre «et cela force tout le monde à changer ses habitudes, à délaisser l'auto pour le transport en commun, à choisir des voitures moins énergivores, etc.»

La dernière excuse du Canada, qui justifie ses émissions galopantes de GES par la nécessité de développer son industrie pétrolière, ne tient pas, ajoute Mme Brundtland. Elle en donne pour preuve l'exemple de la Norvège, le principal pays producteur de pétrole de l'Europe, qui veut réduire de 30 % ses émissions d'ici 2020 — par rapport à 1990 — et qui vise la «neutralité» en matière d'émissions de carbone pour 2050. Certes, convient-elle, la Norvège devra acheter sur le marché international les crédits qui lui feront inévitablement défaut, mais cela va concourir à aider des pays en développement à consolider leur développement et à protéger leur environnement. Pour Mme Brundtland, c'est une «question de responsabilité globale» pour à la fois obtenir une plus grande équité dans le développement et mieux protéger l'environnement mondial.

Structurer une «solidarité mondiale»

L'évolution du climat vers un réchauffement et la perte croissante de la biodiversité commandent, selon l'ancienne première ministre de la Norvège, des changements majeurs dans les politiques nationales des grands pays énergivores et surconsommateurs de biens comme le Canada et les États-Unis. Mais aussi une refonte des grandes alliances et des traités internationaux qui régissent jusqu'ici la protection de l'environnement.

Pour elle, le dossier du climat est clos: «Les preuves sont claires et le diagnostic n'est plus matière à débat.»

À son avis, dans un prochain traité sur le climat — qui ne porterait plus le nom de Kyoto, pour se débarrasser de l'image négative qu'il a auprès de certains — il faudrait, dit-elle, ajouter la protection des grands écosystèmes forestiers, notamment, à titre de puits de gaz à effet de serre dans une démarche globale qui inclurait activement, par ce biais, les pays en développement.

L'ancienne première ministre estime que le prochain protocole sur le contrôle du climat doit procéder d'un nouveau modèle de «solidarité mondiale» où la défense du patrimoine commun, qu'il s'agisse des espèces maritimes en déclin, de grandes forêts ou du climat, sera assumée par tous et non plus uniquement par les pays fiduciaires de ces écosystèmes.

Mais, pour réaliser cette protection renforcée de la planète, il faudra, dit-elle, des politiciens capables d'avoir une vision à long terme, ce qui suppose des électeurs plus sensibilisés et mieux informés, «des électeurs conscients qu'ils doivent élire des politiciens qui pensent plus loin que leur première élection».

En Norvège, pour atteindre cet objectif, le gouvernement a doté chaque classe du pays d'une copie du film Une vérité qui dérange, de l'ancien vice-président américain Al Gore. Le système scolaire, conclut Gro Harlem Brundtland, doit amorcer cette vision auprès de la relève si on veut que celle-ci renouvelle le jeu démocratique.
 
 
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  • André Cotte
    Abonné
    mercredi 30 mai 2007 07h24
    Une vérité qui dérange...
    Quelqu'un peut-il suggérer cette idée à notre ministère de l'Éducation?

  • René Lachapelle
    Abonné
    mercredi 30 mai 2007 08h24
    Une conception du développement durable qui n'est pas réductionniste
    Le grand intérêt de cette entrevue c'est de mettre bien en évidence que le développement durable renvoìe à l'environnement (le réchauffement du climat notamment), mais aussi à l'économie (l'épuisement des ressources) et au social (l'iniquité dans le partage des richesses). Il me semble déterminant de placer les enjeux à l'échelle des continents: le Nord développé ne saurait imposer au Sud le même fardeau de l'assainissement de ses pratiques sans y contribuer à la mesure de l'appropriation qu'il s'est faite des ressources des pays du Sud. Enfin je considère particulièrement éloquent le rappel de Madame Bruntland à l'effet que le développement durable est d'abord un enjeu démocratique. Autrement dit, il n'y a pas d'avenir pour la planète si nous n'arrivons pas à franchir le seuil d'une juste participation des citoyennes et citoyens. Tant que les États ne miseront pas d'abord sur la capacité citoyenne de résoudre les problèmes, ils ne disposeront pas des moyens pour mettre au pas les intérêts individuels qui s'accaparent les richesses à court terme aux dépens de la majorité de l'humanité et des générations futures.

    René Lachapelle
    Sorel-Tracy

  • Sylvia Roy MÉPACQ
    Abonnée
    mercredi 30 mai 2007 08h51
    Le capitalisme n'est pas un développement durable
    Il y a malheureusement de très bonnes idées, qui une fois récupérées et remachées par la novlangue néolibérale, ne veulent plus rien dire, sont galvaudées. Le développement durable est l'une de ces bonnes idées. Heureusement, il y a la résistance de Madame Brundtland, et celle de groupes qui portent les véritables valeurs du développement durable (par exemple: www.creddsaglac.com), pour dénoncer les faux prophètes.

    Il faut se méfier de voir des capitalistes et des partisans du libre marché parler d'un développement "durable".

    Éric Dubois

  • MGB
    Inscrit
    mercredi 30 mai 2007 09h00
    SOUTENABLE
    Comme l'exprime clairement madame Bruntland, il aurait été plus juste et plus adéquat de traduire l'appellation d'origine de sustainable par le qualificatif clair et sans équivoque de soutenable. Ce qualificatif pose intrinsèquement la question fondamentale face à tout développement économique: est-ce que c'est soutenable pour les écosystèmes et tous les types d'environnements qu'ils soient naturels, sociaux, économiques ou culturels? Qu'est-ce qu'on peut produire ou consommer sans détruire nos ressources communes et celles des générations futures? Quelle est la réelle dimension de notre empreinte écologique? Venant de l'instigatrice de ce qu'on a désigné en français comme du développement durable, cette critique est fort pertinente.

  • Normand Chaput
    Abonné
    mercredi 30 mai 2007 09h12
    un ecran de fumee
    Toute premiere ministre qu elle fut, la dame vient nous expliquer un concept (le developpement durable) qu on ne comprend manifestement pas. Evidemment c est parce qu on est pas sensibilise et eduque qu on ne comprend pas parce que sans cela on ecouterait, bien sur puisque c est pour notre bien (et le sien). Mais elle ne nous explique pas le dit concept puisque la cause est entendue semble-til. Elle part d un concept qu on comprend pas et qu elle nous explique pas pour passer a toute autre chose qui manifestement l interesse beaucoup plus. J y ai vu les relations internationnales, le partage de la richesse, la justice, l aide aux pays en developpement et tutti quanti. Mais en tant qu experte en environnement et developpement durable, j aurais bien mieux voulu savoir en quoi c est si grave le rechauffement de la planete et pourquoi si je cesse d augmenter (et non pas cesser) les emissions de gaz a effet de serre, la planete va etre sauvee. Parce que moi qui comprend rien, je pense que si je cesse d augmenter les gaz mortels, je vais juste mourir plus tard. Meme chose si je diminue la consommation de petrole, je vais juste en avoir un peu plus longtemps. Enfin j aurais aime mieux savoir finalement (tant qu a etre moralisateur) si elle est venue en avion (tres mauvais pour la planete) si elle habite dans un hotel qui consomme beaucoup trop d energie ou chez l habitant et combien elle recoit pour venir rien dire finalement (argent qui aurait pu servir a sauver des arbres au Bresil)!

  • Jacques Morissette
    Abonné
    mercredi 30 mai 2007 09h52
    La rencontre de deux mondes : madame Brundtland et sa vision globale et nos politiciens et leurs visions de myopes.
    Une femme qui est vraiment très intéressante et dotée d'un idéaliste qui se veut constructif avec son concept de responsabilité globale. La mentalité de la plupart de nos politiciens repose plutôt sur la notion de responsabilité restreinte. En ce sens que de par la nature de leur mandat d'élu démocratiquement, leur vision est plutôt à court terme. En somme, madame Brundtland a beaucoup de pain sur la planche pour réaliser ses objectifs globaux.

    Tout dépendant de la façon dont les choses sont présentées à la population, il faut dire que beaucoup de nos politiciens auraient tout le talent nécessaire pour parler des mêmes choses que madame Brundtland de façon tout aussi constructive. Mais, leur vision à court terme les fait plutôt en parler soit pour défendre leurs intérêts de politiciens qui veulent conserver leur pouvoir, soit en décriant les coûts astronomiques de cette approche quand ils veulent nous influencer malencontreusement dans le sens de leur vision à court terme.

    Quand y aura-t-il des politiciens autres qu'avec des formations d'économistes et d'avocats? Des politiciens qui auraient une vision vraiment plus globale et à long terme que ceux que nous avons présentement. Des politiciens vendeurs de produits durables et de bonnes qualités plutôt que de matière plastique moulés sur les intérêts restreints qu'ils défendent becs et ongles.

  • Maurice Monette
    Abonné
    mercredi 30 mai 2007 11h33
    Le problème de fond
    Madame Brundtland vient peut-être d'un pays avangardiste qui a généralement toujours su respecter notre RÔLE d'HÔTES sur cette TERRE qui était encore d'ÉMERAUDE à la FIN du millénaire précédent mais, sa façon de tenter de résoudre les PROBLÈMES causés par la $ur-exploitation des BIOMES de notre PLANÈTE BLEUE est trop axée sur la DÉMOCRATIE...

    Bien sûr, la DÉMOCRATIE est l'OUTIL par EXCELLENCE, développé par la GENT HUMAINE pour LUI permettre de se développer HARMONIEUSEMENT sur cette PLANÈTE HUMAINE mais, les EXAGÉRATIONS que le CLAN COMMERCIAL des États-Unis et du Canada a mises de l'AVANT pour $ur-exploiter notre MÈRE, cette TERRE ou GAÏA, sans respecter ses LIMITES de SUPPORTS de la VIE, ÇA demande une RÉACTION beaucoup plus DRASTIQUE. NOUS n'avons plus le temps de NOUS plier aux "courbettes" qu'exigent les CONVENTIONS INTERNATIONNALES, la TERRE sera complètement DÉVASTÉE avant la fin du siècle courant alors, se mettre comme objectif 2020 pour réduire de 20% les émissions de G.E.S ou, 2050 pour neutraliser les émissions de CARBONNE, c'est aggraver la DÉGÉNÉRESCENCE entamée depuis 20 ans.

    NON ! Mais, est-ce que quelqu'un(e) va finir par se rendre compte que la TERRE est notre BIOME pour acquérir plus de MATURITÉ de notre "LIBRE-ARBITRE" et qu'en agissant comme ces pays agissent avec l'EXPLOITATION à OUTRANCE de notre MILIEU de VIE, pour faire toujours plu$ d'argent, parce que l'o$eille e$t devenu le $eul et UNIQUE BUT de ceux-ci, NOUS n'en n'avons plus que pour quelques décennies avant que la FIN se pointe...?

  • André Duchastel de Montrouge
    Abonné
    mercredi 30 mai 2007 12h49
    RETRAITE durable
    Certes qu'il est important de continuer le débat sur le développement durable, et cet article y fait une belle contribution. Toutefois sans vouloir être trop cynique, j'aimerais noter que James Lovelock, l'instigateur de l'hypothèse (théorie dans le contexte du Earth System Science) Gaia, parle maintenant de RETRAITE durable. Autrement dit, il faut désormais renverser le développement pour vraiment résoudre et non pas simplement pallier les problèmes que causent 6 500 millions de consommateurs sur la planète...

  • Jacques Morissette
    Abonné
    mercredi 30 mai 2007 14h07
    Face à une madame Brundtland, nos politiciens en désaccord ont aussi des soldats défenseurs du système capitaliste en place.
    Si nos politiciens ne veulent pas adhérer au mouvement de développement durable, ça sera d'autant plus difficile pour les madame Brundtland de faire avancer les choses. Pour citer Charles Taylor, dans le livre "Grandeur et misère de la modernité": Les moulins de la politique démocratique réduisent invariablement en poudre ces petits îlots de résistance (p. 125). Par ailleurs, il n'y a pas que nos politiciens qui cherchent à ériger des murs de résistance, il y a aussi le monde ordinaire, ces preux soldats endoctrinés par le capitalisme dénaturé.

  • Maryève Charland-Lallier
    Inscrite
    mercredi 30 mai 2007 14h37
    Conférence très intéressante et réponses à messieurs Monette et Chaput
    J'ai eu la chance d'assister à la conférence qu'a prononcée Dr Brundtland dans le cadre du Rendez-vous international sur les applications du DD qui aura lieu à l'Université de Sherbrooke des 18 au 20 juin. Les propos tenus par Gro Harlem Brundtland étaient pertinents et très intéressants. J'ai été agréablement surprise que cette grande dame ayant baigné dans un environnement politique puisse tenir un discours profond, qui aille au-delà des motivations politiques telles que nous les connaissons ici. Elle a su identifier les véritables enjeux et les solutions, tout en y laissant une note d'espoir. Dr Brundtland a également signifié très clairement que l'approche de développement durable se fait par la participation de tous. Ainsi, pour une contribution de toutes les parties, la révolution ou l'extrémisme ne s'avèrent peut-être pas la solution idéale si l'on poursuit l'objectif d'un réel changement social. Nos sociétés avancent à petits pas (elles devront, j'en conviens, le presser bien vite) et nous ne pouvons passer outre cette composante.

    À cela, je répondrai à monsieur Monette que je suis en total accord avec les propos de Dr Brundtland sur la démocratie. Nous voulons que les gouvernements, les entreprises, les institutions en fassent plus, soit. Mais qui se trouve derrière ces organisations? Des humains, vous, moi, nos enfants et parents... Si chaque personne prenait la responsabilité qui lui revient en tant que citoyen, qu'elle exerçait non seulement son droit, mais son devoir démocratique, nous pourrions assister aux changements auxquels nous aspirons. Ainsi, oui, je suis d'avis que l'exercice de la démocratie est une condition fondamentale à l'atteinte d'un développement qui soit durable.

    Ensuite, pour monsieur Chaput. L'objectif de la conférence était de présenter l'état des choses, 20 ans après la publication du rapport Notre avenir à tous et non pas de définir le DD. Toutefois, vous pouvez trouver des ouvrages bien vulgarisés sur le sujet. Je vous propose également ma compréhension personnelle du DD qui, je l'espère, pourra vous aiguiller sur l'essence de ce concept abstrait pour plusieurs :

    Le DD est à la fois un objectif et un processus dans lequel le mieux-être collectif est la quête. Le mieux-être passe une qualité de l'environnement naturel, une situation sociale juste et équitable ainsi qu'une viabilité économique (puisque l'économie est actuellement le moteur de notre modèle de développement). L'atteinte d'un développement durable se fait différemment dépendant de l'endroit où on met en branle le processus puisqu'il doit tenir en compte les réalités du milieu, mais suit somme toute un modèle semblable, soit "une nouvelle approche de prise de décision par laquelle on tente de trouver la meilleure solution pour tous à court, moyen et long termes, et ce, en impliquant tous les acteurs impliqués et en se dotant d'une vision globale de la situation, soit sur les plans sociaux, économiques et environnemntaux". Il s'agit en fait d'être sensible à toutes les composantes d'une situation pour avoir le moins d'impacts négatifs possible et le plus de retombées positives.

    En tant que fervente défenseure du DD, je me dois de saluer les dires du Dr Brundtland, qui sait, 20 après, se montrer d'un optimisme et d'une lucidité admirables.

  • Claude L'Heureux
    Abonné
    mercredi 30 mai 2007 23h22
    Produits durables
    Madame Brundtland parle de protéger la ressource et de réduire les inégalités. Je suis quand même étonné quelle ne parle pas de production durable car si les produits comme une auto, une laveuse ou tout autre produit dur plus longtemps il y aura à la fois une baisse de consommation d'énergie et une meilleur répartition de la richesse. Par exemple, si une auto dure 20 ou 25 ans, son propriétaire pourra investir ailleur, comme dans une maison (+de 60% de locataire au Québec!) et l'économie d'énergie réalisé permettra un prix plus abordable pour la consommation d'énergie domestique (cuire sa nouriture et se réchauffer) dans les pays les plus pauvres. Les premières autos produites en Angleterre étaient tous noirs et le modèle ne changeait pas à chaques années.

  • Maurice Monette
    Abonné
    vendredi 1 juin 2007 15h27
    PRISE de CONSCIENCE que Madame Charland-Lallier n'a pas encore faite...
    Chère Madame Charland-Lallier, je suis fort aise que Vous ayez pris la PEINE de répondre en particulier à l'appel d'URGENCE que j'ai fait poindre pour qu'on comprennent qu'il n'y a plus de temps à perdre donc, plus de temps pour "DÉMOCRATISER" et gaspiller de précieuses années en palabres STÉRILES, pendant que NOTRE BIOME se meurt. Quand je mentionne que les SOLUTIONS doivent être DRASTIQUES, je veux simplement exprimer que NOUS n'avons plus le temps d'espérer convaincre l'ensemble de la PLANÈTE. Il n'y a presque plus de ressources halieutiques dans les OCÉANS, ceci étant dû par la CUPIDITÉ des continents qui les a poussés à SUR-EXPLOITER celles-ci, au point de nécessiter un ARRÊT de la PÊCHE COMMERCIALE. Pareil pour ce qui est de la RESSOURCE LIGNEUSE (le bois), les forêts ont été SUR-exploitées pour que les compagnies forestières accumulent des INVENTAIRES pour 20 ans mais, ce sont les ARBRES qui filtrent l'AIR pour que NOUS puissions respirer. Alors, moins il y avaient d'ARBRES, plus la POLLUTION atmosphérique s'est aggravée. D'autant plus qu'avec la course effrénée à la RICHE$$E, plein d'industrie n'ont pas respectées les NORMES de SALUBRITÉ et ont empirée la SITUATION.

    Donc, c'est une ROUE SANS fin et la DÉMOCRATIE, c'est bien mais, ÇA ne fait que prolonger cette AGONIE, ad vitem eternem...

    Il faut avoir le COURAGE de DIRE à quel POINT l'APOCALYPSE de notre "TERRE qui était d'ÉMARAUDE" il y a quelques décennies est IMMINENTE et c'est ce que Vous trouvez ANTI-DÉMOCRATIQUE dans ma démarche mais, il faut qu'au moins UNE personne en fasse part sinon...

  • Chryst
    Abonné
    dimanche 3 juin 2007 16h02
    ÉDUCATION D'ABORD
    La large perception donnée à ce concept par mme Brundtland témoigne de sa sensibilité face à la vie. Il n'y va pas seulement pour elle de la qualité de notre environnement immédiat mais aussi de l'état des ressources et de leur partage entre les nations. Concernant l'état et le recyclage des ressources, l'humain s'inspire souvent de l'exemple de la nature.

    L'important est que les milieux naturels conservent la capacité de perpétuer la vie, en un mot que les processus essentiels au maintien des systèmes vivants soient préservés. Photosynthèse, recyclage, économie d'énergie et résilience en sont quelques-uns. La biodiversité (nombre et diversité d'espèces animales ou végétales) est souvent utilisée pour apprécier la vitalité d'un système biologique.

    Monsieur l'Heureux parle de produits durables ce qui permettrait d'économiser une ressource limitée et non renouvelable (énergie fossile) pour le bénéfice des générations futures. L'appât du gain effréné peut être source de gaspillage.

    Monsieur Gilles Bouchard soulève un aspect fondamental lié au développement durable. Il doit être soutenable, c'est-à-dire capable d'entretenir et de perpétuer la vie. Tout à l'opposé des pratiques des dernières décennies qui ont transformé en égout à ciel ouvert certains tronçons de nos cours d'eau du Québec méridional. Ce serait même une horreur que d'y tomber.

    L'éducation devrait viser toutes les couches sociales et les politiciens myopes comme le dit monsieur Morissette, y compris les dirigeants de certains milieux d'affaire.

    Ce sont probablement ceux qui tiennent mordicus à leurs privilèges et qui ont leurs défenseurs, comme le dit si bien ce dernier, pouvant ainsi s'opposer même à la viabilité de l'entreprise, étant contre tout changement, qui pourrait aider à leur survie en situation de crise, comme actuellement en milieu forestier.

    Pour aider à sensibiliser les jeunes à de saines pratiques environnementales, le ministère de l'Éducation aurait pu penser à rendre obligatoire l'étude d'un livre comme < Le défi écologiste > de Michel Jurdant. Critique de notre société de surconsommation et du règne de l'éphémère, son bouquin parle des principaux concepts de l'écologie. Michel Jurdant, écologue forestier, a innové en réalisant au Québec, dans les années 70, les premiers travaux d'inventaire écologiques du territoire selon une méthode qu'il a appelé < le Capital Nature >. L'enseignement de son < défi écologiste > donnerait un sérieux coup de pouce à une mise en pratique réelle du concept du développement durable.

    Il n'est jamais trop tard pour prendre exemple sur la Norvège.

  • Jean-Yves Goupil
    Abonné
    jeudi 7 juin 2007 14h36
    Développement durable: encore incompris
    Nous avons bien apprécié le texte de Madame Brundtland dans le Devoir du 30 mai intitulé « Le développement durable, une idée souvent déformée ». À notre avis, il est bien nécessaire pour l'Humanité d'avoir des gens qui parviennent ainsi à nous éclairer haut et loin.

    Dans nos secteurs d'activités, nous constatons également à quel point le Développement durable cherche sa voie et souvent, tourne en rond et suscite la démobilisation. Un des points faibles du concept initial et surtout de sa symbolique, à l'aide des trois anneaux, tient au fait que celle-ci a besoin d'un grand cercle autour des trois pour s'en trouver compréhensible et facilement applicable. Nos recherches ont conduit à ce constat; sans cet ajout circulaire et unitaire, chacun en vient à inventer sa propre dynamique, augmentant encore la déformation du développement durable, rendant plutôt confuse et non durable sa mise en oeuvre actuelle. Cet aboutissement théorique est plutôt récent (2002-2005), mais déjà divers essais en montrent la pertinence et l'applicabilité. Nous oeuvrons maintenant à le diffuser le plus largement possible par des outils imagés
    Espérant relancer toujours plus fort et loin la juste compréhension du Développement durable et sa mise en oeuvre dans tous les pays.

    Benoît Gauthier PhD, écologue, Vision Développement Durable
    Jean-Yves Goupil, spécialiste des milieux humides, Vision Développement Durable
    5-06-07

  • Christian Tallon
    Inscrit
    mercredi 17 octobre 2007 14h15
    La décroissance durable
    Pendant un temps les hommes ont été pauvres, on souffert du froid, de la faim, de l'ignorance, des préjugés.
    Maintenant tout ceci a été amélioré. Le problème est l'extrème disparité des revenus. Une actrice people ne saurait même pas combien elle a de salles de bain chez elle.
    La troisième phase du développement est une baisse lente du niveau de vie s'accompagnant d'une réduction des disparités. Plus besoin de 3 voitures pour se sentir exister ! Si nous y arrivons, nous réussirons le développement durable. Sinon, il n'y a aucune chance d'y arriver. Le ratio dépenses improductives / surcroit de richesses baissera inéluctablement.
    Et comme les hommes se battent plus fort quand le gâteau est plus petit, il n'y a rien de bien réjouissant à attendre.

  • Guy Fafard
    Inscrit
    samedi 5 janvier 2008 12h00
    Des réactions à l'article
    ONU, développement durable, Gro Harlem Brundtland, Climat, Norvège (pays), Québec (province)

    Louis-Gilles Francoeur nous rapporte un article de fond sur le développement durable; mais en lisant les réactions des lecteurs certaines interventions sont très loins du réel.

    L'attaque contre le capitalisme doit être modulé. Ce n'est pas la prise de profit qui est mauvaise mais plutôt la démesure. Ce n'est pas la consommation qui est mauvaise mais la surconsommation. Ce n'est pas les objets de consommation de masse qui est mauvais, mais que les objets ne soient pas réparables ou bien entrenus. Fabriquer un article demande de l'énergie, son transport en requiert aussi, il en faut encore pour son utilisation.

    En résumé tant les manufacturiers (lire capitalistes) que les consommateurs sont à éduquer pour une meilleure utilisation de nos ressources.

    Merci monsieur Francoeur.
    Ces propos sont pour votre gouverne seulement.

    http://www.ledevoir.com/cgi-bin/Contact?from=14537

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