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Le Québec entre de plain-pied dans la carburoculture

Depuis quelques semaines, les tracteurs de ferme ont commencé à creuser les sillons sur les dizaines de milliers d'hectares supplémentaires de maïs-grain qu'on ensemence cette année, ce qui va faire entrer le Québec pour la première fois dans la «carburoculture», c'est-à-dire l'utilisation croissante des champs agricoles pour la production de biocarburants.

Fin février, l'usine des Alcools de commerce de Varennes lançait ainsi sa production d'éthanol, qui devrait atteindre les 150 000 tonnes, dont 100 000 tonnes qu'on mélangera à l'essence des voitures. Le président de la Fédération des producteurs de cultures commerciales de l'UPA, Christian Overbreek, minimise la portée de ce tournant.

«L'usine de Varennes, a-t-il dit, n'utilisera que 10 % des trois millions de tonnes de maïs-grain qu'on produit au Québec. C'est à peu près comme l'Ontario mais beaucoup moins qu'aux États-Unis, où la production d'éthanol pour les voitures accapare 20 % des 11 milliards de boisseaux produits annuellement.»

Mais pour un départ, c'est tout un départ, qui ressemble à une ruée vers l'or organique, pour ne pas dire transgénique. En effet, cet été, le maïs OGM occupera 51 % des surfaces consacrées à cette culture. Déjà, les multinationales de la génétique songent à des maïs calibrés tout spécialement pour la carburoculture.

Dans une publication récente, Statistique Canada prévoit que les surfaces consacrées en 2007 à la culture de maïs-grain, la plus intense des «pétrocultures» en raison des engrais et des pesticides qu'elle consomme, vont augmenter de 27 % à l'échelle du pays. En même temps, les surfaces consacrées à la culture du blé vont diminuer de 15 %, prévoit l'organisme fédéral. Au Québec, a précisé Luc Belzile, de la Fédération des producteurs de cultures commerciales, les surfaces consacrées au maïs-grain vont passer de 392 000 hectares en 2006 à 443 000 hectares en 2007, soit une augmentation de 13 % en une seule saison. Toutefois, a insisté M. Belzile à l'instar de son président, le Québec va tout simplement rejoindre le sommet de la production de maïs-grain, atteint en 2002, alors que les surfaces atteignaient presque 450 000 hectares.

C'est la politique du président George W. Bush en matière de biocarburants qui frappe le Québec comme un ressac. Puisque la Maison-Blanche entend remplacer 20 % du pétrole consommé aux États-Unis d'ici 2020, les surfaces consacrées au maïs-grain, dont on tire principalement l'éthanol, ont commencé à empiéter sur les surfaces agricoles jusqu'ici réservées à l'alimentation des humains et des animaux d'élevage au profit des voitures et des camions. Le nouveau Klondike suscité par la carburoculture a dopé les prix. En un an, le prix de la tonne de maïs-grain est passé de 117 $ à 180 $CAN à l'échelle continentale.

Pour Christian Overbreek, ces prix permettent tout juste aux producteurs québécois de couvrir leurs coûts, qu'il évalue autour de 200 $ la tonne. «Maintenant qu'on couvre presque nos coûts, a-t-il dit, ça fera ça de moins que les gouvernements et les contribuables devront couvrir» par le truchement des programmes de soutien financier. Mais les contribuables devront vraisemblablement payer la facture par le biais de leur épicerie hebdomadaire, car les prix du porc et du boeuf, tout comme celui du lait des vaches, devraient se ressentir de la hausse de prix qui frappera le maïs, et ce, pour plusieurs années, selon les économistes. Le débat sur l'ampleur de ces hausses est ouvert.

Il a été impossible de parler aux présidents des fédérations de l'UPA qui regroupent les producteurs de porcs et de bovins, les deux productions les plus directement frappées par cette hausse de 54 % du maïs-grain en un an. Toutefois, a reconnu le porte-parole de l'Union des producteurs agricoles, Patrice Juneau, c'est tout un défi que de maintenir les consensus au sein d'un syndicat comme l'UPA dans un contexte où les différentes catégories de producteurs ont des intérêts divergents.

Christian Overbreek estime cependant que le problème n'est pas si grave pour d'autres producteurs et pour les consommateurs. D'abord, a-t-il dit, les producteurs de porcs et de bovins savent que les prix du maïs-grain ont été abaissés artificiellement au cours des dernières années aux États-Unis en raison de l'aide financière très substantielle que le gouvernement états-unien accordait à ses producteurs. «Comme le marché est ouvert entre les deux pays, a-t-il expliqué, le prix pratiqué ici est celui qui prévaut aux États-Unis», ce qui a plongé les producteurs québécois dans des années très difficiles entre 2002 et 2006, au point où plusieurs se sont tournés vers d'autres cultures et que les surfaces consacrées au maïs-grain ont diminué. Quant aux consommateurs de lait, de pain — la diminution des surfaces consacrées au blé va aussi pousser les prix à la hausse —, de boeuf et de porc, ils devront absorber des hausses de prix qui seraient marginales, selon M. Overbreek. Sur un pain de 2 $, a-t-il expliqué, environ 6 ¢ vont au producteur de blé. Même si celui-ci doublait son prix, a-t-il donné en exemple, cela ne ferait pas doubler le prix du pain. Et dans le cas de l'élevage, a-t-il dit, l'achat des aliments ne représente qu'une fraction des coûts totaux de production.

Des impacts inconnus

Si, à court terme, les consommateurs québécois seraient peu touchés la transformation d'une partie de l'agriculture en carburoculture pourrait changer la donne dans plusieurs domaines à plus long terme.

Il y a quelques semaines, un rapport de l'ONU, publié notamment par Le Devoir, laissait entrevoir que des pans entiers de l'agriculture alimentaire pourraient éventuellement être consacrés, dans les pays en développement, au remplissage des réservoirs des automobiles et des gros véhicules utilitaires sport (VUS) des pays occidentaux.

Lester Brown, du Worldwatch Institute, a calculé dans un bilan fracassant que l'administration Bush ne parviendrait pas à réduire de 20 % la consommation de pétrole grâce aux biocarburants — éthanol et biodiesel végétal — même si 100 % des surfaces agricoles des États-Unis étaient consacrées à l'industrie de la carburoculture. Le libre-échange qui caractérise le marché du maïs-grain en Amérique du Nord pourrait donc faire en sorte que les trois usines ontariennes d'éthanol et la seule usine en activité au Québec ne soient que l'amorce d'un mouvement de substitution beaucoup plus vaste à moyen terme.

La politique énergétique du Québec limite à une seule usine la production d'éthanol, soit celle de Varennes. S'il y a expansion de cette filière énergétique, la politique prévoit en effet que ce sera avec de la cellulose d'origine forestière, des résidus agricoles ou des déchets urbains.

L'automne dernier, le conseil général du Parti québécois, qui s'est penché sur la question, a tout simplement rejeté une proposition qui visait à hausser à 10 % la part de l'éthanol dans l'essence. Le dernier plan vert du gouvernement Harper vise quant à lui un objectif de 5 % d'éthanol dans toutes les essences d'ici 2010, ce qui pousse déjà très fort à la hausse la production d'éthanol en Ontario et dans les autres provinces.

«C'était une proposition prématurée. Tout d'abord, il n'est pas établi scientifiquement que l'utilisation d'éthanol nous apporte de véritables gains énergétiques et environnementaux, a expliqué Stéphane Bergeron, critique du PQ en environnement. On ne sait même pas si le recours à la filière cellulosique rapportera elle aussi un plus sur le plan environnemental. Je suis de ceux qui pensent que devant tant d'incertitudes, il faut appliquer le principe de précaution sans pour autant remettre en question l'usine de Varennes, qui devait, au moment où on l'a conçue, digérer les excédents de production. Mais il est clair que le nouveau contexte va susciter un réarrangement profond de la problématique agricole et que cette question pourrait devenir un véritable enjeu social et politique, dont il faudra débattre à fond.»

Mais pour l'instant, pas de débat ni d'orientation précise par le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ), même si, par exemple, sa priorité aux exportations de porcs pourrait souffrir d'un relèvement des coûts de production.

«On est devant un marché qui prend les décisions à la place de la société, qui va écoper des vrais coûts, cachés ou pas», a expliqué la sociologue Louise Vandelac, qui étudie ces questions au sein d'équipes multidisciplinaires. «On est pour une bonne part devant le résultat de la montée des cultures transgéniques sur le marché, qui ont engendré des surplus, ce qui a obligé les gouvernements à aider les agriculteurs parce que ces surplus ont fait chuter les prix. Dans ce contexte, la production d'éthanol pour les voitures est d'abord, il faut le dire carrément, une politique d'aide à l'agriculture, à laquelle l'éthanol offre de nouveaux débouchés, et non pas, comme on le dit, une politique environnementale pour remplacer du pétrole et réduire les émissions de gaz à effet de serre, ce qui est loin d'être démontré quand on fait une analyse des cycles complets de production.»

Pierre Lavallée, qui dirige le Centre d'expérimentation des véhicules électriques du Québec (CEVEQ), se dit d'accord avec Louise Vandelac. On réduit fort peu, a-t-il dit, les émissions de GES d'une voiture si on remplace 5 % ou 10 % de l'essence classique par de l'éthanol. Si c'était l'objectif visé, les millions que les gouvernements consacrent à l'éthanol rapporteraient beaucoup plus s'ils servaient à accroître la part des hybrides électriques ou du gaz naturel dans le parc automobile. M. Lavallée a cité des analyses de l'Agence internationale de l'énergie, qui a établi que la conversion de véhicules au gaz naturel réduit de 40 % les émissions de GES. L'utilisation de voitures hybrides essence-électricité assure, a-t-il dit, des gains encore plus substantiels, selon la même étude, car les émissions moyennes de dioxyde de carbone de 297 grammes par kilomètre pour une voiture à essence passent à environ 105 grammes pour une hybride.

Du côté de l'UPA et de ses fédérations, tous reconnaissent que l'impact le plus profond du changement qui s'amorce pourrait à long terme lancer une remise en question des privilèges que la société a accordés à l'agriculture jusqu'à maintenant parce que l'autarcie et la sécurité alimentaires sont des priorités sociales que la carburoculture ne poursuit pas. Protection du territoire agricole, assurance récoltes coûteuse et programmes de soutien des revenus, limites imposées au pouvoir de planification territoriale des MRC: voilà autant de privilèges et de concessions que le remplissage des réservoirs des voitures pourrait bien ne plus justifier dans l'esprit de la population. Et cela, d'autant plus que la production de maïs-grain demeure la plus polluante des cultures pour les cours d'eau avec son cortège d'engrais, de pesticides et de destruction des rives. Et aussi parce que les mers de blé d'Inde qui ont remplacé les boisés et exigé l'assèchement des sols de la frontière américaine jusqu'à la Beauce ne constituent pas ce qu'on peut appeler des écosystèmes diversifiés et en santé.
Dans les pays en développement, des pans entiers de l’agriculture alimentaire pourraient un jour être consacrés au remplissage des réservoirs des automobiles et des gros véhicules utilitaires sports (VUS) des pays occidentaux. Ici, un travailleur
 
 
 
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  • Paul Collin
    Inscrit
    samedi 19 mai 2007 07h08
    Eau...
    Pour produire un litre d'éthanol,il faut environ trois mille litres d'eau douce en plus de toute la quantité d'eau requise pour la croissance du maïs. En effet, cette culture demande une énorme quantité d'eau prise à même la nappe phréatique,en plus de tous les produits chimiques associés
    ; les plantes sont arrosées en plein soleil d'où une évaporation immédiate très importante (50%). Les forêts brésiliennes et du sud-est asiatique (sans parler de celle du sud du Québec)n'ont pas fini de reculer...

    Nous n'en sortons pas car il est reconnu que les véhicules consommant un biocarburant consomme beaucoup plus que le même véhicule roulant à l'essence conventionnelle.

    Pour mémoire, il faut environ cinq litres d'eau douce pour produire un seul litre d'essence... entre 3000 et 5 litres, mon choix est vite fait.

  • Tim Yeatman
    Abonné
    samedi 19 mai 2007 07h16
    "Nourrir le monde"?
    de Johanne Dion sur le courriel de son chum:

    L'UPA va devoir se trouver un autre logo. Du maïs pour faire de l'éthanol, çà nourrit pas le monde!

  • lise jacques
    Abonnée
    samedi 19 mai 2007 07h30
    Un projet douteux et à risques!
    C'est choquant! Encore une fois le Canada copie les USA, en ne réglant rien ...bien au contraire...il a été prouvé que l'éthanol n'était pas la solution pour réduire les gaz à effets de serre. Si nos gouvernements veulent vraiment diminuer la consommation les émissions de GES, il y a toujours le marché des véhicules hybrides et aussi encourager les recherches pour trouver des solutions aux véhicules qui polluent

    Comment se fait-il que ce marché a été mis en place, ici au Québec? Est-ce un choix de notre société? On sait que le maïs est la plante qui exige le plus de pesticides et qu'en plus cet aliment est transgénique, la plupart du temps ...alors pourquoi prend-on des mauvaises décisions? répercussions qui coûteront cher du point de vue environnemental mais qui rapporteront à certains ...

    Subventions de 345 millions de dollars aux OGM camouflées en mesures environnementales ?une subvention déguisée de 345 millions de dollars aux cultures génétiquement modifiés (GM) suite au rejet croissant des OGM sur les marchés internationaux. De plus, produire des biodiésels avec principalement du maïs et du canola est probablement une des pires options d'un point de vue environnemental, notamment sur la réduction des gaz à effect de serre et le bilan énergétique global. En fait le plan Harper qui veut réduire de 4 mégatonnes les émissions de GES ce qui représente environ actuellement 0,5 % de toutes les émissions de GES du Canada ! Un montant ridicule lorsque l'on sait que le Canada devrait les réduire d'environ de 30 % pour remplir ses obligations selon le protocole de Kyoto.

    Si l'utilisation de l'éthanol à des fins bacchiques ne saurait être remise en question, la preuve scientifique de la rentabilité énergétique, économique et environnementale de l'utilisation de l'éthanol comme carburant est loin d'être faite.

    Ce genre de culture requiert des surfaces cultivables importantes, beaucoup d'eau, d'engrais chimique, et de pesticides. Le cocktail complet pour appauvrir les sols...qui dit mieux?

    En outre, le bilan est loin d'être reluisant pour l'environnement. La production d'un litre d'éthanol requiert 1700 litres d'eau douce et rejette dans l'environnement 12 litres d'effluents nocifs (engrais et pesticides).

    Il est loin d'être évident que le plan vert Harper bénéficiera à l'environnement et au peuple canadien.

    Par contre, ce qui est plus sûr, c'est que les grands capitalistes, les patrons des multinationales céréalières et les grands distillateurs doivent déjà se frotter les mains d'aise à l'annonce des plantureuses subventions gouvernementales (il en faut, car le projet n'est pas rentable...); ainsi que de l'explosion prochaine de la demande (et du prix) des céréales, et aussi de la viande, car les animaux de boucherie sont engraissés avec ces mêmes céréales.
    Je suis de plus en plus inquiète pour la démocratie lorsque je vois un gouvernement négliger, escamoter, ou masquer carrément les vrais enjeux pour rendre acceptable à la population un projet douteux.

    lise jacques

  • Robert Henri
    Inscrit
    samedi 19 mai 2007 07h37
    Une catastrophe annoncée!
    On cultive du blé-d'inde pour en faire du combustible... On déshabille Pierre pour habiller Paul. Plus ça va être payant de cultiver du maïs à biogaz et plus le maïs alimentaire coutera et pendant ce temps, on polluera tout autant.

    Il y a d'autres avenues et uil fait s'y engager...

  • Jean Dussault
    Inscrit
    samedi 19 mai 2007 09h00
    epandons le purin de cochon!
    Les barons mégaporcheristes doivent être ravis. Ils auront beau couper les quelques derniers boisés, pour avoir encore plus d'espace où faire épandre des volumes accrus de purin porcin par leurs vassaux locaux ('producteurs agricoles' - devenus épandeurs industriels), et peut-être construire de nouvelles centrales à purin porcin dans les secteurs encore épargnés.

  • André Chamberland
    Inscrit
    samedi 19 mai 2007 10h23
    Zoné agricole ou pétrole
    Désormais le zonage agricole servira à l'industrie. Appelons-le donc désormais "zonage pétrole".
    Les champs devenus des parcs industriels n'ont rien à faire dans le zonage agricole protégé pour nourrir les gens.
    André Chamberland
    Lévis QC

  • Nicolas Lauzier
    Abonné
    samedi 19 mai 2007 11h59
    L'éthanol, avantages et inconvénients...
    L'idée derrière l'utilisation de l'éthanol au lieu du pétrole dans les voitures est très bonne à la base. On ne cherche pas à réduire les émissions de GES des véhicules, mais plutôt de réduire l'entrée de "nouveau carbone" dans le cycle du carbone. En effet, en utilisant le pétrole, on sort du carbone séquestré dans la terre pour densifier notre atmosphère. En utilisant l'éthanol provenant des déchets de l'industrie du bois ou des déchets alimentaires, on émet du CO2 qui aurait été émis de toute façon lorsque ces mêmes déchets se seraient décomposés. Ce CO2 sera éventuellement capté à nouveau par les plantes et ainsi se poursuivra le cycle. C'est pour cette même raison que faire un feu sur le bord de la plage n'augmente pas le réchauffement climatique. Bruler du pétrole, cependant, augmente la quantité totale de carbone dans le cycle, créant ainsi le problème qu'on connait.

    Réutiliser les déchets fait ainsi tout son sens. De plus, le meilleur procédé pour transformer les déchets agricoles en éthanol est développé par une entreprise canadienne, logen Corporation. Un jour, on peut penser que les ménages vendront leurs déchets alimentaires aux fabricants d'éthanol.

    La production de maïs pour l'industrie de l'éthanol est un sujet plus délicats, pour les nombreuses raisons évoquées dans l'article ci-haut. En effet, on ne sauve pas l'environnement si on surexploite nos terres agricoles. De plus, l'agriculture est énergivore et l'on dépense donc beaucoup d'énergie pour créer de l'énergie, minant ainsi l'efficacité du procédé global. Si cette voie doit être conservée, l'utilisation des ressources doit être optimisée. Par exemple, les résidus du procédé de la fabrication d'éthanol, soient en gros les grains de maïs assechés, peuvent servir à nourrir le bétail duquel on pendra les excréments pour engraisser les champs. Ce serait nettement mieux que de jeter les déchets, nourrir le bétail avec des grains provenant d'autres champs et fertiliser les champs avec des engrais provenant de la pétrochimie.

    En somme, l'avantage principal de l'éthanol c'est la possibilité de l'utiliser immédiatement. Les moteurs existent déjà (les fameux flex-fuel), le système de distribution est le même, etc. De plus, rien n'empêche d'utiliser des hybrides fonctionnant à l'éthanol! Cela est donc une bonne technologie de transition avant les voitures pleinement électriques ou fonctionnant à l'hydrogène. Quoi qu'il en soit, cela ne doit cependant jamais remplacer l'utilisation de véhicules plus légers, sur de plus courtes distances, lorsqu'on ne peut utiliser le transport en commun!

  • Lfa
    Abonné
    samedi 19 mai 2007 13h36
    Le mauvais chemin...
    Lorsque l'on se retrouve à un carrefour et que l'on emprunte un chemin, on s'éloigne aussi des autres destinations.

    Le temps n'est pas encore venu pour les "bio-carburants"... ce choix ne donnera que bonne conscience aux gens... et fera encore une fois que reporter à plus tard (ou mettre en péril) les efforts d'efficacité énergétique...

    Avec ce gouvernement conservateur, les intérêts américains semblent avoir priorité sur ceux des canadiens.

    Maintenant ou jamais... A quand les prochaines élections fédérales ?

  • Claude Archambault
    Inscrit
    samedi 19 mai 2007 13h59
    Encore Bravo
    Tout comme le projet de déménagement du casino, ici au Québec on est toujours contre le projet générateur d'argent et de travail. On préfèrent le BS et les pissenlit. Oui l'écologie c'est bon mais comme toute chose, il fait en avoir les moyen et aussi trop c'est comme pas assez. Si on ne le fait pas quelqu'un autre le fera et nous payerons sans récolter.

  • Fernand Trudel
    Abonné
    samedi 19 mai 2007 14h20
    Kyoto, cette arnaque !!!
    C'est la seconde fois que je dénonce la tactique des kyotistes de faire des articles auquel on ne peux réagir. sous le titre «Changements climatiques - De Boer lance un appel aux pays récalcitrants« , les trois amis écolos du Canada (Équiterre, Sierra et la fondation Suzuki) sont intervenus pour réclamer la bourse du carbone, cette arnaque internationale.

    En Avril dernier, le crédit de carbone se négociait à 0,48 euros (0,60$ canadien)la tonne, à la bourse européenne. C'est une aubaine pour les industries polluantes qui veulent acheter la paix à vil prix. La pénalité dans le plan Baird est de 15 $ la tonne. Évidemment les industriels ont choisi d'activer la venur de la bourse du carbone pour ne pas dépolluer à bas prix. Mais que fait-on de cet argent transigé. On l'envoie à la Banque Mondiale qui privilégie des projets dit énergétiques. Ainsi, la Banque Mondiale vient d'aspprouver pour 43,2 millions, la construction d'une centrale électrique biénergie (capteurs soleaire et gaz naturel) au Maroc. Mais que va t'on faire de cette électricité ? On vient de découvrir des gisements énormes de gaz naturel au Maroc et du pétrole en Algérie. Il faut alimenter l'europe de ces énergies et la seule façon de développer l'extraction est d'amener l'électricité en Afrique du Nord. Ceux qui veulent me contredire devront expliquer ce que veux signifier la phrase suivante émanant du communiqué de la Banque Mondiale. «Le projet vient en réponse au besoin urgent du Maroc de renforcer sa capacité énergétique. En effet, le gouvernement marocain est en phase de mise en oeuvre de nouvelles politiques pour diversifier les sources d'énergie, afin de réduire la dépendance énergétique du pays et favoriser son intégration dans les marches régionaux et les marchés de l'Union Européenne.» Oui on veut exploiter le gaz natiurel pour le marché de l'Union Européenne. Comme quoi la diminution de GES n'est pas au rendez-vous...

    Quand à l'éthanol, les écolos se tournent vers une énergie chère à produire et dont la capacité d'approvisionnement est limitée. Faudra enlever du pain de la bouche du monde pour faire de l'éthanol. De toutee façon, le plan Baird ne s'aligne pas du tout vers cette sorte d'énergie mais plutôt vers l'hydrogène tout comme en Californie. Pourtant ces écolos à la menthe devraient connaître le centre de l'Énergie à Shawinigan où le centre de recherche en Hydrogène de L'UQTR avance à grand pas. Voici le site des projets sur l'Hydrogène du gouvernement du Canada, du centre de recherche de l'UQTR.

    http://www.nrcan.gc.ca/es/etb/ctfca/ProjectDesc_f.

    http://irh.uqtr.ca/

    Quand aux batteries servant à stocker l'Hydrogène, une découverte importante vient d'être faite au MIT au Massachusetts, le nanocondensateur. Voici le lien pour la nouvelle qui a paru dans le Figaro en France.

    http://www.lefigaro.fr/automobile/
    20070413.FIG000000179_naissance_d_une_batterie_revolutionnaire.html

    Nul doute que les recherches sur l'automobile, même électrique, sont plus avancées que l'Éthanol. Vous n'avez qu'à fureter sur ce site internet pour vous en rendre compte : http://www.clean-auto.com/article.php3?id_article=

    Je suis tanné de ces alarmistes qui prennent toute la place pour dire que le gouvernement ne fait rien et que le dossier des GES empire. C'est faux car depuis 1990, le niveau a baissé globalement et c'est Yvo De Boer, secrétaire général du CCNUCC qui l'a dit. Voici un extrait du bilan qu'il a tracé : «Les émissions de ces gaz à effet de serre (GES), dont le principal est le dioxyde de carbone (CO2), ont diminué de 3,3% dans les pays industrialisées de 1990 à 2004». Alors arrêtez de nous énerver le pompon...

    Quand au gouvernement Harper tellement décrié par ces faiseurs de conférence mais qui n'agissent pas, son plan est concret et réaliste. Il a signé avec toutes les provinces des ententes de participation d'un montant de 1,5 milliard. Ainsi, au Québec, c'est 350 millions qui est inclus dans le calcul du déséquilibre fiscal de 2,3 milliards qu'Ottawa verse au Québec.

    Ses programmes sont nombreux:

    Octroi de 1,5 milliard de dollars pour soutenir les projets environnementaux des provinces et des territoires pour réduire les gaz à effet de serre et la pollution de l'air.
    Octroi de 2 milliards de dollars pour soutenir la production de carburants renouvelables.
    Imposition de 5 p. 100 de contenu renouvelable dans l'essence d'ici 2010 et de 2 p. 100 dans le carburant diesel et l'huile à chauffage d'ici 2012.
    Octroi de 2 milliards de dollars pour les initiatives écoÉNERGIE pour aider les Canadiens et les Canadiennes à utiliser l'énergie plus efficacement, augmenter les approvisionnements énergétiques et concevoir des technologies énergétiques propres.
    Octroi de 1,3 milliard de dollars aux transports en commun.
    Octroi de 100 millions de dollars à la Stratégie écoTRANSPORT dans le cadre d'initiatives nouvelles de transport propre.
    Octroi de 36 millions de dollars, étalés sur deux ans, au Programme de «mise à la ferraille» des vieux véhicules.
    Rabais allant jusqu'à 2 000 $ à l'achat d'un véhicule à haut rendement énergétique et une imposition allant jusqu'à 4 000 $ sur les véhicules qui ne le sont pas.
    Crédit fiscal à l'achat d'un laissez-passer mensuel de transport en commun.
    Formation d'un Corps responsable d'effectuer les tâches reliées à l'entreposage et au captage du carbone dans le cadre d'NERGIE dans le but de recommander les meilleures façons pour le Canada d'implanter à grande échelle cette technologie prometteuse du captage du dioxyde de carbone et les meilleures façons de l'entreposer profondément dans le sol.
    Octroi de 160 millions de dollars, étalé sur deux ans, pour offrir des rabais axés sur le rendement à l'achat de nouveaux véhicules utilitaires légers.
    Le nouveau gouvernement du Canada prend aussi des mesures pour protéger le patrimoine naturel canadien, renforcer la mise en oeuvre des dispositions de la Loi sur les espèces en péril, mettre en oeuvre une nouvelle stratégie nationale sur l'eau et améliorer l'application des lois sur la protection de l'environnement.

    Une chance que ce gouvernement se tourne les pouces...

  • Nadine Lecorre
    Inscrite
    samedi 19 mai 2007 22h27
    Analogie
    Quelle belle solution!
    C'est comme de traiter le problème de l'alcoolisme en mettant un peu d'eau dans le vin!
    Si en plus la production de l'éthanol est fait aux OGM. Eh bien le problème environemental ne demeure pas qu'entier il est multiplié par deux. Je vois vraiment pas de bonne nouvelle la dedans. Il faut qu'on apprenne à modérer nos transports, à consommer moins ou mieux à tout le moins! Quand on en demandera davantage d'alternatives vertes L'industrie devra suivre.

  • Yvon Dionne
    Inscrit
    samedi 19 mai 2007 22h32
    La science et la technique d'abord, et non les émotions
    Il me semble que les choix en matière d'environnement ou tout autre matière doivent être fondés sur des critères économiques, sinon ce n'est que du gaspillage de ressources.

    Le plan de Claude Béchard lorsqu'il était ministre de l'Environnement vient donc de se faire kaput pour ce qui est de l'éthanol, de même que les milliards dévolus à cette fin au dernier budget fédéral. L'expérience des États-Unis devrait être instructive à cet égard.

    Il en est de même pour les moulins à vent et pour toutes les politiques qui condamnent le CO2 comme étant un gaz toxique. Je crois que la Chine et d'autres pays du monde que l'on dit Tiers ont compris qu'il vaut mieux recevoir de l'argent grâce à cette fabulation des agitateurs du climat. Ils auront acquis une puissance multipliée par deux: 1. grâce au libre-échange, qui est justifié; 2. grâce aux transferts de fonds pour obtenir des crédits via un programme de l'ONU, programme qui n'est pas justifié.

    Yvon Dionne
    http://www.yvondionne.org/

  • Olivier Sourd
    Inscrit
    dimanche 20 mai 2007 01h58
    Colza ?
    Je suis surpris d'entendre parler de maïs au sujet des biocarburants. La production d'éthanol telle qu'on en parle habituellement concerne surtout le colza (les petites fleurs jaunes). Avantage : il n'intervient que marginalement dans la consommation alimentaire et est donc peu susceptible de la concurrencer. Moins d'eau, de pesticides ou d'OGM que le maïs, également.

    Votre avis ?

  • Normand Roy
    Abonné
    dimanche 20 mai 2007 08h49
    Nourrir son char
    Parfois et de plus en plus souvent je me demande ou se situe la supériorité de l'homme.
    Quand nous sommes rendus à donner à manger à la déesse automobile au detriment de notre santé, on fait vraiment dur.

  • Fernand Trudel
    Abonné
    dimanche 20 mai 2007 09h55
    Voici une partie de la facture kyotiste
    Ceux qui criaient de respecter Kyoto réalisent que le facture sera salée comme on sale un épi de blé d'inde. Verrons-nous disparaitre le blé d'inde de Neuville, les fermiers privilégiant l'Éthanol qui est plus payant.

    On parle d'augmentation de la déforestation pour faire place à plus de terre cultivable en maïs.

    Non, l'éthanol est une solution dispendieuse et la Californie lui a tourné le dos. Cet état privilégie l'Hydrogène et a même poussé la science jusqu'aux essais «in situ» sur l'hydrogen Highway muni de 15 mini stations mobiles alimentées avec des capteurs solaires pour faire l'électrolyse de l'eau. Génial...

    Ici, au Québec le centre de recherche de l'UQTR devient notoire et donne le pas aux recherches en cours sur la pile à l'Hydrogène (fuel-cell). http://irh.uqtr.ca/

    Le gouvernement Harper concocte un projet d'autoroute de l'Hydrogène pour les jeux olympiques de Whisler et plusieurs projets sont sur pied. Déjà une première station a été inaugurée à Victoria : http://www.bctransit.com/regions/vic/news/newsrele

    Enfin le MIT, oui le centre de recherche de Richard Lindzen qui a quitté le GIEC, arrive avec une découverte qui va révolutionner le marché de l'automobile : le nanocondensateur http://www.lefigaro.fr/automobile/2007
    0413.FIG000000179_naissance_d_une_batterie_revolutionnaire.html

    On imagine une Prius de toyota équipée de cette batterie! Une Prius n'utilise actuellement que 15 % de la charge de sa batterie nickel-métal-hydride, selon Joël Schindall. Avec un nanocondensateur, le taux grimperait à 90 % avec un encombrement divisé par quatre et un poids réduit des deux tiers.

    Comme vous voyez, les septiques sont pro-actifs. Nous ne bénéficions pas du battage médiatique des pro-kyoto car nous croyons que des efforts pour dépolluer doivent être faits pour nettoyer notre perron et réparer notre négligence qui date de plusieurs siècle, non seulement des 50 dernières années. Nous discernons entre la pollution humaine et des facteurs naturels d'un cycle planétaire. Nous ne doutions pas que nous sommes dans une période plus chaude tout comme tous les astres du système solaire tout comme il y a cinquante ans où la période d'après guerre était plus froide. Encore là, nous avons fait fi des alarmistes qui disaient ceci : «"Le refroidissement continuel et rapide de la terre depuis la seconde guerre mondiale est en rapport avec l'augmentation de la pollution de l'air associée à l'industrialisation, à la mécanisation, à l'urbanisation et à l'explosion de la population" (Reid Bryson, "Global Ecology ; Readings towards a Rational Strategy for Man" - 1971). » Comme quoi la terre tourne encore...

    Quant à l'amélioration de la situation, je vous laisse avec un extrait du bilan 1990-2004 fait par nul autre que Yvo De Boer, oui celui qui tape du pied envers le Canada, L'espagne, le Portugal, etc... Pour lui rien ne va assez vite : « Les émissions de ces gaz à effet de serre (GES), dont le principal est le dioxyde de carbone (CO2), ont diminué de 3,3% dans les pays industrialisées de 1990 à 2004 »...«Malgré la croissance des émissions de certains pays de 2000 à 2004, les parties au protocole de Kyoto ont de bonnes chances d'atteindre leurs objectifs, a estimé Yvo de Boer.»

    Je réitère que le GIEC n'a pas encore produit ses documents scientifiques supportant le résumé qu'ils ont publié en férier dernier. On nous les avait promis pour mai et la date vient d'être reculée en novembre. C'est inacceptable et prouve que le GIEC est un organisme plus politique que scientifique. Déjà certaines parties du documentaire d'Al Gore ont été démentis par le GIEC et certains scientifiques on jugé bon de faire eux aussi un documentaire «The great global warming swindle» que vous pouvez visionner sur googles à l'adreese ci jointe : http://video.google.com/videoplay?docid=2332531355
    Naturellement, il n'a pas eu la couverture de celui de Gore, car celui-ci a bénéficié de généreux bailleurs de fonds qui ne laisse sceptique sur leurs intentions réelles. Ces hommes d'affaires sont des pirates de la finance et ce n'est pas pour sauver le monde qu'ils font ca mais pour emplir leurs poches avec des crédules comme nous.

    Le gouvernement Harper agi selon un plan réaliste et concret. Nous somnmes assuré qu'il sera mopins dispendieux et plus efficace que celui du protocole de Kyoto.

  • Antonin Paquet
    Inscrit
    samedi 2 juin 2007 23h55
    Les biocarburants sont une vrai solution d'avenir
    Produire de l'éthanol avec le grain de maïs n'est certe pas très efficace sur le plan énergétique. Cependant, il existe de nouvelles technologies qui permettent de transformer les résidus agricoles, les résidus forestiers et même les résidus domestiques et industriels en éthanol, en divers formes de biocarburant, ou simplement en électricité, et ce de façon très efficace et très peu polluante.

    http://www.enviroaccess.ca/techno-26-fr.html
    http://www.enerkem.com/
    http://www.iogen.ca/


    Malgré la controverse autour de l'éthanol de grain de maïs, le domaine des biocarburants et de la valorisation énergétique de la biomasse est des plus prometteurs, surtout au plan de la réduction des gaz à effet de serre.

    Par exemple, la transformation de tous les résidus forestiers du Québec en éthanol permettraient de remplacer 20% de l'essence consommée ici (Bulletin de l'investissement international. Vol.14 No1 mars2007 http://www.investquebec.com). La combustion de l'éthanol de résidus forestier a un effet pratiquement nul sur l'ajout de GES dans l'atmosphère. Combinez-ça avec des voitures moins énergivores et une utilisation accrue des transports publiques... là on s'en va quelque part.

    La ville de Londres en Angleterre va bientôt transformer une partie des ses déchets domestiques, après recyclage et compostage, en un gaz appeler «syngas» à l'aide d'une technologie Québécoise. Ce «syngas» produit de l'électricité de façon très efficace et très propre et peut également être transformé en éthanol.

    http://www.enerzine.com/6/1197+Une-centrale-bioene

    C'est une chose de critiquer la production d'éthanol de grain de maïs, cette technologie de l'âge de pierre des biocarburants, mais s'est notre devoir de s'informer sur ce qui se fait de remarquable chez-nous et d'encourager ceux qui travaillent aux vrais solutions et non tout rejeter en bloc.

    Antonin Paquet

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