Lettres: Un golf dans le désert?
Exporter de l'eau en vrac? Cette perspective démontre avec une rare acuité le problème numéro un en matière d'environnement en Occident: la tendance lourde à rechercher n'importe quelle solution à la condition que celle-ci n'exige pas de changement fondamental de nos comportements.
Dans certains États du sud des États-Unis, on construit des golfs en plein désert. On s'acharne à faire pousser sur des sols plus ou moins arides des cultures comme le coton et le riz, à grands renforts d'irrigation et de subventions, pour ensuite inonder le marché mondial. Ce faisant, ce sont des millions de paysans de pays émergents qui ne parviennent même plus à vendre leurs cultures traditionnelles sur les marchés locaux. Certaines grandes villes vont bientôt pomper de l'eau salée de leurs nappes phréatiques et devront investir des sommes colossales dans des technologies de traitement hyper perfectionnées.
Devant ces situations, on pourrait croire que des virages radicaux se dessinent pour renverser les tendances. Pas du tout! On reluque au nord, au sud, à la recherche de solutions temporaires aptes à répondre à la soif illimitée de produire. Et surtout, aucun des groupes d'intérêt en présence ne cède un pouce de ses acquis. Au contraire, on parle d'occasions d'affaires!
Cette fuite en avant n'a aucun sens. La perspective d'exportation d'eau en vrac évite complètement les enjeux véritables. En effet, cette solution éventuelle tend à renforcer les comportements existants plutôt qu'à renverser le mouvement. Et c'est pourtant là que le rôle de législateur et le leadership de nos dirigeants devraient entrer en jeu.
Nous roulons à 200 à l'heure sur une route qui présente, au-delà du prochain virage, un mur... et nous nous interrogeons encore sur la pertinence d'inventer les freins!
Dans certains États du sud des États-Unis, on construit des golfs en plein désert. On s'acharne à faire pousser sur des sols plus ou moins arides des cultures comme le coton et le riz, à grands renforts d'irrigation et de subventions, pour ensuite inonder le marché mondial. Ce faisant, ce sont des millions de paysans de pays émergents qui ne parviennent même plus à vendre leurs cultures traditionnelles sur les marchés locaux. Certaines grandes villes vont bientôt pomper de l'eau salée de leurs nappes phréatiques et devront investir des sommes colossales dans des technologies de traitement hyper perfectionnées.
Devant ces situations, on pourrait croire que des virages radicaux se dessinent pour renverser les tendances. Pas du tout! On reluque au nord, au sud, à la recherche de solutions temporaires aptes à répondre à la soif illimitée de produire. Et surtout, aucun des groupes d'intérêt en présence ne cède un pouce de ses acquis. Au contraire, on parle d'occasions d'affaires!
Cette fuite en avant n'a aucun sens. La perspective d'exportation d'eau en vrac évite complètement les enjeux véritables. En effet, cette solution éventuelle tend à renforcer les comportements existants plutôt qu'à renverser le mouvement. Et c'est pourtant là que le rôle de législateur et le leadership de nos dirigeants devraient entrer en jeu.
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