« Écologez » dans un bâtiment durable
« Au Canada, 30 % de toute l'énergie est consommée par les bâtiments »
Cette année, le projet était de transformer la vieille brasserie O’Keefe, située sur le campus de l’ETS, angle Peel et Notre-Dame, en bâtiment vert.
Lentement mais sûrement, le concept du bâtiment durable fait des avancées au Québec dans le milieu des professionnels de la construction. Et c'est pour développer et soutenir ces avancées que l'École de technologie supérieure, de concert avec Équiterre, organise maintenant au mois de février le concours Écologez.
Le concours Écologez invite, dans les locaux de l'École de technologie supérieure (ETS), quelque 50 étudiants universitaires en architecture, en urbanisme, en génie, en design et en environnement à concevoir un bâtiment vert. «La première année, nous avons rejoint seulement des étudiants québécois, explique Hugues Rivard, professeur à l'ETS et organisateur du concours, mais pour cette deuxième édition, nous avons accueilli des étudiants en provenance de plusieurs universités canadiennes.»
Les participants sont regroupés par équipes multidisciplinaires d'environ huit étudiants. À l'intérieur d'une fin de semaine, chaque équipe doit concevoir et présenter un projet de bâtiment durable. Un jury, composé de professionnels, choisit le gagnant. «On pose le même problème à toutes les équipes et on leur fournit toutes les données techniques nécessaires. La problématique et l'exercice sont tout à faits réalistes.»
La première année, le projet proposé était de concevoir un nouveau bâtiment pour loger les bureaux d'Équiterre, d'où l'implication de cet organisme dans le concours. «Lorsque j'ai eu l'idée de ce concours, j'ai aussitôt approché les gens d'Équiterre parce que je connaissais leur intérêt pour le bâtiment vert.» Cette année, le projet était de transformer la vieille brasserie O'Keefe, située sur le campus de l'ETS, angle Peel et Notre-Dame, en bâtiment vert pouvant loger au rez-de-chaussée des commerces, aux deuxième et troisième étages des salles de classe et aux étages supérieurs, une résidence étudiante.
Nouvelle approche
Le concours Écologez met de l'avant une nouvelle approche de la conception d'un bâtiment qui repose sur deux concepts: la conception intégrée et le bâtiment vert ou écologique. «Les étudiants, qu'ils soient en architecture, en urbanisme ou en génie, reçoivent tous une formation en "silo". Ils ont rarement l'occasion de se rencontrer et d'échanger leurs différents points de vue. Écologez leur en donne l'occasion.»
C'est aussi un avant-goût d'une nouvelle tendance qui se développe dans le domaine de la construction, soit la conception intégrée. En règle générale, la conception et la construction d'un bâtiment se font par étapes, les professionnels intervenant les uns après les autres, allant de l'architecte jusqu'à l'entrepreneur. Avec la conception intégrée, tous les professionnels sont assis à la même table dès le début du projet. «Même l'usager du bâtiment s'y trouve. Avec cette approche, on peut concevoir un bâtiment où les différents systèmes sont mieux intégrés, où le confort est plus grand et où l'on peut répondre aux véritables besoins de l'usager.»
La conception intégrée est une approche qui commence tout juste à apparaître au Québec et au Canada, bien qu'elle soit plus répandue en Europe et aux États-Unis. C'est aussi l'approche préconisée lorsqu'on veut concevoir un bâtiment écologique. Mais qu'est-ce qu'un bâtiment écologique?
Un bâtiment écologique est un édifice qui s'inscrit dans le concept du développement durable. Il se doit d'abord d'être efficace sur le plan énergétique. «Au Canada, 30 % de toute l'énergie est consommée par les bâtiments.» De plus, pour être écologique, on doit tenir compte de toute une série de nouveaux facteurs, par exemple, l'impact du bâtiment sur son environnement immédiat, l'utilisation de nouvelles méthodes de chauffage et de climatisation telle la géothermie, le recyclage des eaux de pluie, la présence d'un toit vert, l'orientation et la fenestration du bâtiment afin de profiter au maximum de l'ensoleillement, l'aménagement paysager, la convivialité du bâtiment, la proximité des transport en commun, etc.
Au Canada, un bâtiment, pour être pleinement reconnu comme un bâtiment vert, doit recevoir l'accréditation LEED (Leadership in Energy and Environmental Design), qui agit en quelque sorte comme une norme ISO écologique. «Au Québec, il y a présentement seulement deux bâtiments certifiés LEED, et environ cinq en voie de le devenir. Le bâtiment durable au Québec demeure encore un réflexe à développer», conclut Hugues Rivard qui, en plus d'enseigner à l'ETS, est aussi titulaire de la chaire du Canada en ingénierie assistée par ordinateur pour la conception de bâtiments durables.
Équiterre
L'organisme sans but lucratif Équiterre, qui s'est d'abord fait connaître à sa promotion du commerce équitable, n'a pas hésité une seconde à devenir partenaire du concours Écologez lorsqu'il fut approché par Hugues Rivard l'an dernier. «Le bâtiment durable est une préoccupation que nous avons maintenant depuis plusieurs années, explique François Boulanger, coordonnateur du volet efficacité énergétique chez Équiterre. Le concours Écologez est un excellent outil de sensibilisation auprès des étudiants qui seront nos prochains professionnels du bâtiment. Il y a fort à parier que le bâtiment durable et la conception intégrée deviendront la norme d'ici quelques années.»
Bien que le phénomène du bâtiment durable au Québec soit plutôt récent, François Boulanger croit que les choses sont en train de changer. «On sent de plus en plus d'intérêt pour le bâtiment durable chez les professionnels.» C'est la raison pour laquelle Équiterre entend à l'avenir faire de façon plus élargie la promotion du bâtiment durable. «Nous travaillons présentement à la conception d'une nouvelle campagne de sensibilisation au bâtiment durable qui aura deux volets, l'un pour les professionnels et l'autre pour le grand public.»
En attendant la venue du bâtiment vert, Équiterre ne perd pas de temps et poursuit sa promotion de l'efficacité énergétique auprès du grand public. «Nous agissons en tant qu'agent livreur de certains programmes d'efficacité énergétique, comme les visites ÉnerGuide.» De plus, Équiterre a mis en place son propre programme d'efficacité énergétique, ÉconoLogis, à l'intention des familles à budget modeste. «C'est un programme saisonnier qui a lieu de septembre à mars. Un technicien visite le logement, en dresse le bilan énergétique et procède gratuitement à certains petits travaux, comme le calfeutrage et la pose d'une pomme de douche à faible débit.»
Le projet de construction d'un nouveau bâtiment devant loger Équiterre va bon train et les concepteurs visent l'accréditation LEED Platine, la plus exigeante. «Cela sera le premier bâtiment LEED Platine dans un contexte urbain au Canada. C'est une vitrine intéressante pour le Québec.»
Collaborateur du Devoir
Le concours Écologez invite, dans les locaux de l'École de technologie supérieure (ETS), quelque 50 étudiants universitaires en architecture, en urbanisme, en génie, en design et en environnement à concevoir un bâtiment vert. «La première année, nous avons rejoint seulement des étudiants québécois, explique Hugues Rivard, professeur à l'ETS et organisateur du concours, mais pour cette deuxième édition, nous avons accueilli des étudiants en provenance de plusieurs universités canadiennes.»
Les participants sont regroupés par équipes multidisciplinaires d'environ huit étudiants. À l'intérieur d'une fin de semaine, chaque équipe doit concevoir et présenter un projet de bâtiment durable. Un jury, composé de professionnels, choisit le gagnant. «On pose le même problème à toutes les équipes et on leur fournit toutes les données techniques nécessaires. La problématique et l'exercice sont tout à faits réalistes.»
La première année, le projet proposé était de concevoir un nouveau bâtiment pour loger les bureaux d'Équiterre, d'où l'implication de cet organisme dans le concours. «Lorsque j'ai eu l'idée de ce concours, j'ai aussitôt approché les gens d'Équiterre parce que je connaissais leur intérêt pour le bâtiment vert.» Cette année, le projet était de transformer la vieille brasserie O'Keefe, située sur le campus de l'ETS, angle Peel et Notre-Dame, en bâtiment vert pouvant loger au rez-de-chaussée des commerces, aux deuxième et troisième étages des salles de classe et aux étages supérieurs, une résidence étudiante.
Nouvelle approche
Le concours Écologez met de l'avant une nouvelle approche de la conception d'un bâtiment qui repose sur deux concepts: la conception intégrée et le bâtiment vert ou écologique. «Les étudiants, qu'ils soient en architecture, en urbanisme ou en génie, reçoivent tous une formation en "silo". Ils ont rarement l'occasion de se rencontrer et d'échanger leurs différents points de vue. Écologez leur en donne l'occasion.»
C'est aussi un avant-goût d'une nouvelle tendance qui se développe dans le domaine de la construction, soit la conception intégrée. En règle générale, la conception et la construction d'un bâtiment se font par étapes, les professionnels intervenant les uns après les autres, allant de l'architecte jusqu'à l'entrepreneur. Avec la conception intégrée, tous les professionnels sont assis à la même table dès le début du projet. «Même l'usager du bâtiment s'y trouve. Avec cette approche, on peut concevoir un bâtiment où les différents systèmes sont mieux intégrés, où le confort est plus grand et où l'on peut répondre aux véritables besoins de l'usager.»
La conception intégrée est une approche qui commence tout juste à apparaître au Québec et au Canada, bien qu'elle soit plus répandue en Europe et aux États-Unis. C'est aussi l'approche préconisée lorsqu'on veut concevoir un bâtiment écologique. Mais qu'est-ce qu'un bâtiment écologique?
Un bâtiment écologique est un édifice qui s'inscrit dans le concept du développement durable. Il se doit d'abord d'être efficace sur le plan énergétique. «Au Canada, 30 % de toute l'énergie est consommée par les bâtiments.» De plus, pour être écologique, on doit tenir compte de toute une série de nouveaux facteurs, par exemple, l'impact du bâtiment sur son environnement immédiat, l'utilisation de nouvelles méthodes de chauffage et de climatisation telle la géothermie, le recyclage des eaux de pluie, la présence d'un toit vert, l'orientation et la fenestration du bâtiment afin de profiter au maximum de l'ensoleillement, l'aménagement paysager, la convivialité du bâtiment, la proximité des transport en commun, etc.
Au Canada, un bâtiment, pour être pleinement reconnu comme un bâtiment vert, doit recevoir l'accréditation LEED (Leadership in Energy and Environmental Design), qui agit en quelque sorte comme une norme ISO écologique. «Au Québec, il y a présentement seulement deux bâtiments certifiés LEED, et environ cinq en voie de le devenir. Le bâtiment durable au Québec demeure encore un réflexe à développer», conclut Hugues Rivard qui, en plus d'enseigner à l'ETS, est aussi titulaire de la chaire du Canada en ingénierie assistée par ordinateur pour la conception de bâtiments durables.
Équiterre
L'organisme sans but lucratif Équiterre, qui s'est d'abord fait connaître à sa promotion du commerce équitable, n'a pas hésité une seconde à devenir partenaire du concours Écologez lorsqu'il fut approché par Hugues Rivard l'an dernier. «Le bâtiment durable est une préoccupation que nous avons maintenant depuis plusieurs années, explique François Boulanger, coordonnateur du volet efficacité énergétique chez Équiterre. Le concours Écologez est un excellent outil de sensibilisation auprès des étudiants qui seront nos prochains professionnels du bâtiment. Il y a fort à parier que le bâtiment durable et la conception intégrée deviendront la norme d'ici quelques années.»
Bien que le phénomène du bâtiment durable au Québec soit plutôt récent, François Boulanger croit que les choses sont en train de changer. «On sent de plus en plus d'intérêt pour le bâtiment durable chez les professionnels.» C'est la raison pour laquelle Équiterre entend à l'avenir faire de façon plus élargie la promotion du bâtiment durable. «Nous travaillons présentement à la conception d'une nouvelle campagne de sensibilisation au bâtiment durable qui aura deux volets, l'un pour les professionnels et l'autre pour le grand public.»
En attendant la venue du bâtiment vert, Équiterre ne perd pas de temps et poursuit sa promotion de l'efficacité énergétique auprès du grand public. «Nous agissons en tant qu'agent livreur de certains programmes d'efficacité énergétique, comme les visites ÉnerGuide.» De plus, Équiterre a mis en place son propre programme d'efficacité énergétique, ÉconoLogis, à l'intention des familles à budget modeste. «C'est un programme saisonnier qui a lieu de septembre à mars. Un technicien visite le logement, en dresse le bilan énergétique et procède gratuitement à certains petits travaux, comme le calfeutrage et la pose d'une pomme de douche à faible débit.»
Le projet de construction d'un nouveau bâtiment devant loger Équiterre va bon train et les concepteurs visent l'accréditation LEED Platine, la plus exigeante. «Cela sera le premier bâtiment LEED Platine dans un contexte urbain au Canada. C'est une vitrine intéressante pour le Québec.»
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