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Développement durable et biodiversité - Montréal agit

Des muséums pour instruire et... pour conserver

Les tamarins dorés du Biodôme de Montréal
Les tamarins dorés du Biodôme de Montréal
Pour améliorer le sort de la planète, la Ville de Montréal intervient dans différents domaines de la vie des citadins. Bien sûr, elle élabore des politiques. Il y a quelques semaines, elle lançait la deuxième phase de son plan d'action en matière de développement durable. Mais la Ville fait aussi d'autres actions, peut-être un peu moins connues. Par l'intermédiaire de ses muséums nature par exemple, elle travaille à la conservation de la biodiversité.

Revenons sur cette deuxième phase du plan d'action de la Ville de Montréal pour le développement durable. Comptant sur l'appui de 76 partenaires économiques et sociaux, l'administration Tremblay a annoncé

19 actions qui viennent s'ajouter à celles de la première phase, pour un total de 36. La Ville s'engage par exemple à réduire la présence d'îlots de chaleur urbains par le verdissement de la ville, à implanter de nouveaux écocentres, à promouvoir l'économie sociale et à poursuivre le remplacement de ses véhicules par des modèles plus verts.

Étant donné que le plan a été conçu à la suite d'importants efforts de concertation avec différents acteurs, il n'est pas étonnant de constater qu'il a été plutôt bien reçu. Quelques critiques ont tout de même été lancées. S'il trouve que le plan va dans le bon sens, le directeur général du Conseil régional de l'environnement de Montréal, Robert Perreault, croit toutefois que la Ville devra être plus précise dans la détermination de cibles quantitatives et de moyens pour atteindre ses objectifs.

Des actions ciblées

Le responsable du développement durable au comité exécutif de la Ville de Montréal, Alan DeSousa, n'est pas d'accord. «Chaque action de notre plan est précise et chiffrée. La contribution de la Ville est toujours bien établie, avec un échéancier et les grandes étapes à suivre. Prenons l'exemple de l'action qui consiste à mettre en place des mesures de réduction et de récupération des matières résiduelles dans les grands parcs et autres lieux publics. La Ville s'engage à implanter la collecte sélective dans la moitié des 22 grands parcs de Montréal d'ici la fin de 2009. Tout est clairement expliqué dans le plan. J'ai pris cet exemple, mais j'aurais pu prendre n'importe quel autre», indique-t-il.

D'ailleurs, M. DeSousa précise que la première phase du plan d'action, dont le bilan a été déposé en même temps que le lancement de la deuxième phase, a donné des résultats très concrets. «On a juste à regarder l'adoption de la réglementation interdisant la marche au ralenti des véhicules, ou encore l'installation de plus de supports à vélos.»

Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, dénonce pour sa part le fait qu'on n'y parle pas de réduire la place de l'auto. «Nous ne prétendons pas que tous les efforts que la Ville fera dans le domaine du développement durable sont inclus dans ce document. Pour ce qui est de la réduction de la place de l'automobile, le plan de transport qui sera déposé prochainement sera sans doute porteur. Notre plan de développement durable est comme un grand parapluie et en dessous, différentes politiques et initiatives seront adoptées, par rapport à la gestion des matières résiduelles par exemple, à l'eau, etc.», explique M. DeSousa.

Le Biodôme et ses multiples efforts

Depuis son ouverture, il y a 15 ans, le Biodôme attire les foules d'ici et d'ailleurs intéressées à découvrir diverses espèces animales et végétales présentes dans ses cinq écosystèmes. Toutefois, rares sont ceux qui sont au courant des efforts de conservation de la biodiversité poursuivis par le Muséum nature. Quatre chercheurs travaillent à temps plein au Biodôme, dont trois dans le domaine de la conservation de la biodiversité.

Chaque chercheur a son créneau bien spécifique. «Robert Davidson travaille beaucoup avec les espèces végétales de la forêt amazonienne, au Brésil. Il s'intéresse aux conséquences de la déforestation, comme le mercure dans le sol qui est lessivé dans les rivières et qui contamine les poissons et, par la suite, les humains. Il travaille beaucoup avec la population brésilienne à faire de la reforestation et aussi, de la sensibilisation», explique la directrice du Biodôme, Rachel Léger.

La chercheuse Andrée Nault travaille pour sa part avec les espèces végétales d'ici qui sont menacées, comme l'ail des bois et le ginseng à cinq folioles. L'ail des bois est la vedette d'un programme particulièrement dynamique de restauration de l'espèce en milieu naturel. «Notre chercheuse est allée récolter des graines et a fait appel à des propriétaires d'érablière pour suivre une formation et semer de l'ail des bois sur leurs terres. L'objectif était de trouver 1000 semeurs, mais nous nous sommes rendus à 1200 et nous avons dû refuser des gens. Maintenant, nous avons terminé l'étape de semer des graines et nous faisons le suivi. Jusqu'à maintenant, les résultats semblent très positifs», indique Mme Léger.

Espèces mal aimées en perte de population, les chauves-souris insectivores du Québec sont les protégées du chercheur Michel Delorme. «Il n'y a presque plus de forêts anciennes où vivent ces chauves-souris au Québec et les gens les chassent des vieilles maisons, alors elles n'ont presque plus d'habitat. M. Delorme travaille à mieux les connaître, à étudier leurs milieux de vie et à aider les espèces à survivre», soutient Mme Léger.

Le Biodôme travaille aussi à préserver d'autres espèces animales vulnérables ou menacées du Québec, comme la tortue des bois, la tortue molle à épine, le bar rayé d'Amérique et le chevalier cuivré. Le Muséum nature participe également à des programmes internationaux de survie d'espèces, comme l'ara hyacinthe et le tamarin doré. «Nos bêtes sont fichées et peuvent servir à des fins de reproduction et ainsi, permettre de perpétuer l'espèce. C'est important, puisque la reproduction en captivité peut servir à réintroduire des spécimens dans la nature», indique Mme Léger.

Le parcours de la biodiversité

Au Jardin botanique, les chercheurs ont constaté que la seule manière vraiment efficace de travailler à conserver la biodiversité est d'agir auprès des milieux naturels des espèces végétales. C'est pour cette raison que le Muséum nature a choisi d'intervenir auprès des espèces du Québec. Ainsi, le Jardin botanique a créé son parcours de la biodiversité, qui compte à ce jour 62 espèces menacées du Québec. Le but est d'arriver à réintroduire ces espèces dans leur milieu naturel, mais le défi est grand.

Tout d'abord, il a fallu collecter des graines de ces plantes en milieu naturel et réussir à les mettre en culture. «Ce n'est pas évident puisque, d'abord, ces espèces sont souvent difficiles à trouver car leur habitat naturel est rare. De plus, leurs graines sont souvent peu nombreuses puisqu'elles se reproduisent peu. Ensuite, il faut développer des méthodes de culture adaptées, étant donné que nous ne sommes pas habitués à cultiver ces plantes», explique le directeur du Jardin botanique, Gilles Vincent.

L'équipe du Jardin botanique a également dû trouver de belles façons de présenter au public ces plantes souvent moins intéressantes visuellement que des orchidées, par exemple. Des panneaux explicatifs ont également été créés pour donner de l'information pertinente sur chaque espèce. Maintenant, le grand défi est de réintroduire ces espèces dans leur milieu naturel. «Ce n'est pas facile, puisque les habitats naturels des plantes sont souvent rares ou grandement modifiés. Mais nous sommes rendus là. C'est également important pour nous d'envoyer le message à la population que nous pouvons réagir à cette menace de perte de biodiversité», conclut M. Vincent.

***

Pour souligner le Jour de la Terre, des laissez-passer pour un des muséums nature de Montréal sera remis aux 1000 premières personnes qui apporteront des rebuts ce samedi 21 avril dans l'un des six écocentres de Montréal.

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  • Fernand Trudel
    Abonné
    dimanche 22 avril 2007 10h48
    Bien
    Comme je vois l'industrie de l'environnement est en pleine expansion...

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