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La grande industrie veut garder le Canada dans Kyoto

Entreprises et provinces réclament un plan pour le 1er janvier

La grande industrie canadienne, ainsi que la plupart des «grands émetteurs» de gaz à effet de serre (GES) comme les grands producteurs d'électricité thermique veulent que le Canada participe à fond au marché international d'échange de crédits d'émissions pour que les acteurs économiques d'ici puissent tirer profit des grands mécanismes du protocole de Kyoto, quitte à ce que le Canada rattrape son retard actuel dans la deuxième phase qui doit débuter après 2012.

C'est ce qui ressort d'un rapport soumis confidentiellement en février au gouvernement Harper par le Groupe interprovincial et industriel sur les réductions de GES (Industry-Provincial Offset Group ou IPOG), dont Le Devoir a obtenu copie. Ce rapport, produit sous la coordination de ICF International de Toronto, traduit un consensus sans précédent dans la communauté des affaires et parmi les provinces, dont les travaux conjoints ont démarré en juin 2006, sous la coprésidence de l'Alberta et de Spectra Energy.

Ce rapport définit les grandes lignes, les objectifs et les règles de ce que devrait être le futur marché canadien de crédits d'émissions de GES, lequel permettrait aux grandes entreprises canadiennes de profiter du marché international de crédits, mis en place en vertu des règles du protocole de Kyoto, des règles qu'on propose au Canada de reprendre à son compte avec de légères adaptations pour que le système soit opérationnel ici dès le 1er janvier 2008.

Plus précisément, le rapport de l'IPOG, le plus important groupe de forces hétérogènes à se prononcer jusqu'ici pour que le Canada demeure lié au protocole, propose formellement que le marché d'échanges de crédits du Canada soit compatible avec les deux principaux mécanismes du protocole, soit celui de l'Application conjointe (AC), qui permet aux signataires de s'échanger des crédits, et le Mécanisme de développement propre (MDP), qui permettrait aux entreprises canadiennes d'obtenir des crédits à moindre prix en finançant des projets dans des pays en voie de développement.

Sans jamais écrire une seule fois le mot «Kyoto», les auteurs de cet important rapport proposent néanmoins au Canada de mettre en place un marché régi par des objectifs réglementaires de réduction qui couvrirait la période 2010-2015, soit trois ans de plus que la période quinquennale de réductions 2008-2012.

«Cela donnerait aux gouvernements et aux entreprises deux ans, soit 2008 et 2009, pour rendre le système opérationnel au Canada et permettrait d'atteindre des objectifs tangibles dès 2010 par une première vague de projets. Mais en prolongeant le plan canadien au-delà de 2012, soit jusqu'en 2015, le Canada offrirait aussi aux entreprises la stabilité nécessaire au lancement de projets coûteux car tous sauraient que le Canada ne s'arrêtera pas après 2012. Seuls des objectifs précis de moyen terme, sur sept ou huit ans par exemple, vont donner un signal assez fort pour inciter à l'action», expliquait hier au Devoir Jean-Luc Allard, porte-parole de Réseau Environnement en matière de changements climatiques.

Réseau Environnement, qui a participé aux travaux de l'IPOQ, regroupe des centaines d'entreprises québécoises impliquées dans les secteurs de la gestion des déchets et de l'assainissement sous toutes ses formes.

D'entrée de jeu, le rapport de l'IPOQ estime qu'un «cadre réglementaire visant à réduire les émissions canadiennes de GES est inévitable», que sa gestion par les règles du marché est la méthode la moins coûteuse pour l'économie et la plus efficace, qu'un «système d'échanges de crédits pour aider les entreprises à atteindre leurs objectifs de réduction est une nécessité», qu'une approche solidement encadrée va stimuler la capacité d'adaptation des entreprises et accroître la capacité et leur niveau de confiance dans les changements technologiques en leur permettant «d'augmenter leur efficacité énergétique tout en atteignant leurs objectifs de réduction au moindre coût.» C'est pourquoi le groupe affirme au gouvernement Harper «que la mise en place du système doit démarrer le plus vite possible, soit plus tôt que plus tard».

Le plan national de réduction des GES, dont le groupe réclame la mise en application dès janvier prochain, permettrait aux projets émanant «de tous les secteurs de l'activité économique et institutionnelle, quelle que soit leur taille» d'être reconnus et de générer des crédits. Il doit aussi permettre à la stratégie canadienne de «se construire et d'être liée avec les programmes et systèmes d'échanges existants» ailleurs dans le monde, ce qui implique de rester lié au protocole de Kyoto ainsi qu'aux marchés qu'il suscite en Europe ou ailleurs dans le monde. Il doit aussi correspondre aux critères des deux grands mécanismes d'échanges créés par l'ONU, soit l'AC et de MDP. Et pour que cette compatibilité existe, déclarent clairement les participants au groupe de travail, le système canadien doit être basé sur le principe de «réductions nettes additionnelles», ce qui implique qu'un projet normal ne sera pas admissible à moins d'atteindre un niveau de réductions supérieur à celui d'une technologie standard. Ainsi, le critère ultime sera le gain environnemental et non le prix possiblement plus élevé d'un projet.

Le rapport met clairement cartes sur table pour que le gouvernement Harper cible des réductions des émissions globales du Canada. Et Ottawa ne doit pas lésiner: «L'objectif est d'aller de l'avant en enclenchant une participation aussi en profondeur que large dans les activités de réduction qu'il est possible.»

Le rapport de l'IPOQ ne se mouille pas dans le débat sur la pertinence de réductions «absolues» ou «en intensité» selon les secteurs industriels.

«Mais c'est clair que pour que nos entreprises bénéficient du marché international régi par les règles de Kyoto, le Canada doit faire en sorte d'atteindre ses objectifs par des cibles à court et moyen termes, en chiffres absolus. Sinon, on se sort du système et ce n'est pas à l'avantage de nos entreprises et de notre crédibilité sur la scène internationale. Viser seulement le long terme, même avec des objectifs ambitieux, ça n'est pas réaliste ni stimulant pour des entreprises qui planifient des projets importants. Si le Canada fixe des objectifs par intensité à certains secteurs, il va rendre difficile la négociation des crédits de leurs entreprises sur le marché. Mais il lui appartiendra ultimement de faire en sorte que, globalement, le pays atteigne ses objectifs et réalise son rattrapage», commente le porte-parole de Réseau Environnement.

***

Les participants aux travaux sur les GES

Des représentants des organismes, entreprises et gouvernements suivants ont participé aux travaux du Groupe interprovincial et industriel sur les réductions de GES. Son rapport final représente le consensus obtenu auprès des deux tiers des participants sur ses conclusions. De plus, dans un processus parallèle, les principaux grands émetteurs du domaine de la production thermique d'électricité ont endossé les conclusions du rapport de l'IPOG, soit Atco, Epcor, TransAlta, Sask Power, Nova Scotia Power et New Brunswick Power.

Ont participé aux travaux de l'IPOG:

AgCert

Alcan

Alberta-Pacific Forest Industries

Association canadienne de l'électricité

Association canadienne du ciment

Association canadienne du gaz

Association du commerce international des émissions de GES

Baseline Emission Management

B.-C. Hydro

Bennett Jones LLP

Biothermica Énergie

Bourse de Toronto

Bourse du climat de Montréal

Bourse du climat de Chicago

Bruce Power

Climate Change Central

Canadian Climate Exchange

CO2e

Conseil albertain de la recherche

Direct Energy

Dow Chemical

EnCana

EPCOR

Fédération canadienne des municipalités

Golder Ecofys Solutions

Gouvernement de l'Alberta

Gouvernement du Manitoba (obs.)

ICF International

Industrie Canada (observateur)

IPSCO inc

INVISTA Canada

Manitoba Hydro

Ministère des Affaires extérieures et du Commerce international (observateur)

Ministère de l'Environnement de la Colombie-Britannique

Ministère de l'Environnement de l'Ontario (obs.)

Ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Qc. (obs.)

Ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, Qc. (Obs.)

Natsource

Nexen

Ontario Power Generation

Parkland Agri-Services

Pristine Power

Réseau Environnement

Shell Canada

SNC-Lavalin Environnement

Spectra Energy (ex. Duke Energy)

Suncor

The Delphi Group

TransCanada

TransAlta
 
 
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  • Lfa
    Abonné
    dimanche 15 avril 2007 23h27
    Message à monsieur Harper
    Bravo pour ce rapport...

    Il est temps que les industries canadiennes et les gouvernements provinciaux se mouillent en appuyant le protocole de Kyoto... et des mesures qui réduisent vraiment les GES...

    Par ailleurs, la conjoncture aux États-Unis semble favorable... A l'instar du gouverneur de la Californie, plusieurs autres états américains vont probablement "se mouiller" dans les mois qui viennent. De plus, les démocrates semblent bien positionnés pour reprendre le pouvoir aux prochaines élections.

    Monsieur Harper, serez-vous assez courageux pour présenter en chambre le projet de loi sur la qualité de l'air et amendé par les partis d'opposition ?

  • Jacques Gagnon
    Abonné
    lundi 16 avril 2007 07h44
    Édifiant
    En effet, pour nos éminences de l'Institut qui, par la voie de madame Elgrably, tentent de faire contrepoids à ce ramassis de "prophètes de malheur" et d'"apprentis visionnaires" dont vous avez ci-haut une liste très partielle, voilà matière à réflexion.

    Il faudrait ajouter les 600 auteurs de 40 pays, 620 experts et des représentants de 113 pays.

    Je ne peux que m'incliner devant autant de courage.

    J'ai hâte de voir le confrontation de ces milliers de pseudo-savants et hommes d'affaires, qui tentent de nous asservir, de limiter notre liberté et de nous maintenir dans l'ignorance la plus crasse avec leur propos ténébreux, avec le tribunal de l'IEDM.

    Ce n'est pas moi qui utilise le mot hérésie. N'oubliez pas, au tribunal des inquisiteurs, les débats étaient rigoureux.

  • Pierre Marchand
    Inscrit
    lundi 16 avril 2007 08h14
    L'initiation des changements inversés
    Je suis heureux de voir que des entreprises sont susceptibles d'influencer la prise de décision du gouvernement à moins que ce dernier soit totalement sourd et campé dans ses positions....Plus les temps changent et plus j'ai l'impression que l'ordre normale des prises de décisions changent à savoir que c'est de plus en plus aux électeurs, autant particlier que corporatif de dire à son gouvernement la direction que ce derneir doit prendre. Bien entendu cette ordre des choses EST la bonne et le principe même de la représentativité gouvernementale mais on s'en était passablement écarté depuis un bout.....Il ne nous reste qu'à nous citoyen de dire à nos entreprises clairement ce que l'on attend d'elles...en achetant de façon responsable par exemple auprés d'entreprises qui le sont...alors la boucle sera bouclée et nous serons finalement entendu tout là haut....

  • Jean-Pierre Aubry
    Abonné
    lundi 16 avril 2007 09h13
    Beaucoup de chemin à faire
    Le gouvernement Harper ne semble même pas être prêt à mettre sur la table des prévisions à long terme du niveau total d'émissions de GES pour le Canada, en tenant compte de diverses hypothèses quant au développement des sables bitumineux. Le gouvernement ne veut pas dire à la population canadienne et au reste du monde que le statu quo et le fait de quadrupler ou de quintupler la production des sables bitumineux vont faire en sorte que les GES du Canada vont augmenter de façon très importante.

    Le premier pas avant de contrôler ou de réduire les GES est voir et de dire où on s'en va si rien n'est fait. Il y a donc beaucoup à faire avant de faire ce premier pas.

    Jean-Pierre Aubry
    Économiste

  • Fernand Trudel
    Abonné
    lundi 16 avril 2007 09h50
    Un déplacement du problème
    Les crédits d'émissions sur une bourse internationale et une élégante façon de pousser sous le tapis les probkèmes de pollution industrielle.

    Une entreprise qui ne veut pas modifier ses émissions peut acheter la paix en achetant des crédits internationaux en provenance des pays pauvres. Le gouvernement peut quand à lui démontrer un meilleur bilan qui ne réflète pas la réalité sur le terrain.

    Quand on voit des groupes de pression nombreux qui ont à leur tête Greenpeace, il est entendu que pour eux ce n'est qu'une preière étape. Ils chercheront à forcer les industries à moins polluer quand même peu importe que l'entreprise s'est conformée par un transfert d'émissions. Alors l'entreprise paiera deux fois pour se conformer.

    L'Objectif de ces bourses du carbone est double. D'abord accélérer artificiellement l'atteinte des objectifs de Kyoto et deuxièmement pour l'ONU de transférer 100 milliards de dollars vers les pays pauvres incapable de lutter contre la méchante nature.

    Mais au bout du compte la planète ser aussi polluée et les industries auront la paix dans l'âme. Par contre les environnementalistes réaliseront vite que le dossier ne s'améliorera pas globalement et obligeront d'autres gestes concrets.

    Non, ces bourses sont un oyen de pousser chez le voisin notre problème et ne change en rien l;a situation dans sa globalité.

    Greeenpeace accusera toujours les pétrolières et les industries polluantes comme les cimentières ou les aciéries de continuer à polluer ce qui annule les efforts faits dans les pays pauvres avec leur argent.

    Pourtant la décontamination de Sydney Steel commencée en 2007, qui coûtera 400 millions aux gouvernements de la Nouvelle-Écosse et fédéral est une preuve que les plans de Greenpeace et le libéral environnementaliste Stéphane Dion n'ont pas agi adéquatement dans ce dossier et que leur façon de faire est erronée. D'ailleurs,lors d'un discours livré au Canadian Club de London, Eddie Goldenberg avait soutenu que le gouvernement Chrétien n'était pas prêt à l'époque à atteindre les objectifs de Kyoto, qu'il aqualifié «d'extrêmement ambitieux». Il a affirmé même que la possibilité de rater la première échéance du protocole de Kyoto était évaluée comme une forte possibilité au sein du gouvernement libéral de l'époque.

    Je penses dans ce contexte que le gouvernement Harper est mieux de convaincre nos industries de faire un plan à plus long terme que de jouer au voisin gonflable. Pour l'avenir de notre pays vert ce serait une approche plus responsable. D"ailleurs c'est cette voie qu'a décidé d'emprunter ce gouvernement.

  • laurier thériault
    Inscrit
    lundi 16 avril 2007 17h11
    Kyoto : pipé
    Bof, à quoi sert Kyoto si l'Inde et la Chine embarquent pas ?!

    D'ailleurs n'est-ce pas pour ça que la grande industrie s'installe là, pour continuer à polluer... tout en se donnant 1 fausse image verte en Amérique.

    Kyoto ne va rien régler du tout et va juste mettre en péril encore plus les travailleurs manufacturiers du Québec et du ROC, qui subissent dèjà 1 véritable massacre, pour eux, et nous tous.

    J'comprend que les industriels listés dans votre article veulent garder Kyoto; quelle aubaine pour continuer le massacre!!

    PS J'aimerais avoir des réactions des lecteurs.

    L.Thériault, Montréal

  • Nadine Lecorre
    Inscrite
    lundi 16 avril 2007 22h26
    Attitude de clou de cerceuil
    Pour Monsieur Thériault qui veut des réactions des lecteurs.
    Bien voici la mienne:
    Belle attitude. Il y a un problème à règler. Plus de 160 pays, petits et grands s'engagent pour lutter. Sous prétexte que 2 de ses grands s'y refusent (pour le moment) on devrait, nous ici, baisser les bras? Le défi est grand ici aussi. C'est vrai. On a certainement pas besoin d'attitude défaitiste mais bien de se retrousser les manches. Quand il ne restera plus que 2 ou 3 pays qui n'auront pas mis la main à la pâte de manière concrète, la lutte aux changements climatiques sera déjà gagnée. Voyons! Tout est dans le discours que l'on veut bien soutenir. Normal que l'Inde et la Chine veulent vivre un peu eux aussi. En Amérique ca fait des décénies qu'on est aveuglés par le capitalisme. On devrait justement en tirer des leçons et renseigner les pays qui se pensent en émergence pour qu'ils ne commettent pas les mêmes erreurs que nous. Notre planche de Salut n'est pas dans la consommation de biens. Qu'ils viennent d'ici ou d'ailleurs!

  • laurier thériault
    Inscrit
    mardi 17 avril 2007 12h49
    Kyoto : pipé PART TWO
    Merci madame LeCorre d'avoir pris le temps de nous faire connaître votre réaction.

    Je suis peut-être défaitiste (depuis peu car ça fait 20 longues années que je m'intéresse sérieusement à l,environnement et ça fait 2 ans à peu près que j,ai décroché) mais n,en suis pas moins réaliste, je crois.

    Car ne s'agit-il pas ici de n,importe quels 2-3 pays mais d,a peu près la moitié de la planète - avec souvent des procédés de production et énergétiques archaiques par ailleurs - ? Sans compter l'ajout à leurs propres usines suite à "l'immigration industrielle et financière" nord-américaine massive (et, je le répètes, leur permettant ainsi d'échapper à Kyoto et continuer de spolier la planète et nos vies).

    Je n'y crois plus à ce Protocole; je crois même que c'est devenu 1 leurre, de la part des industriels nord-américains, et probablement européens aussi.

    De toute façon, nous y collaborons tous en fermant les yeux - et nos coeurs -, maintenant que tout-un-chacun est devenu partenaire/actionnaire/petit investisseur...

  • Nadine LeCorre
    Inscrite
    mardi 17 avril 2007 15h54
    2 ou 3 pays,... = c'est une moitié de gagnée
    J'avais pourtant bien pesé mes mots (mes chiffres) en disant
    que s'il ne reste que 2 ou 3 pays à adhérer au protocole nous serions près de la coupe aux lèvres. Comme vous dites la Chine et l'Inde représentent probablement la moitié des gens sur Terre. Bien ca serai une moitié de gagnée s'il ne reste qu'eux à convaincre. WaW! Si nous, qui faisont partie du TOP 5 des pollueurs, redoublont d'efforts pour Kyoto. Le voisin d'en bas et eux aussi sentiront la pression d'autant plus grande pour emboiter le pas. Je pense aussi que c'est grace à des gens comme vous, qui vous intéressé à l'environnement depuis 20 ans qu'on le sent comme jamais cet engouement pour le mieux-être du milieu dans lequel on vit. La 'game' nécessite maintenant de jouer dans la plate-bande de l'économie Comme, semble-t-il, c'est l'argent qui mène encore le monde cela représente toute une joute!
    Qui a besoin du plus grand nombre de joueurs possible.

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