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Accord de Kyoto: des voix scientifiques discordantes se font entendre

14 novembre 2002  Actualités sur l'environnement
Ottawa - Huit spécialistes en climatologie et en énergie ont tenu hier une conférence de presse, commanditée par Imperial Oil et plusieurs grands utilisateurs d'énergie, au cours de laquelle ils ont demandé au gouvernement fédéral de retarder la ratification du protocole de Kyoto prévue avant Noël.

Rassemblés à Ottawa, ils ont recommandé qu'une consultation soit menée au préalable auprès de la communauté des sciences et de l'énergie.

«Il existe au bas mot des milliers d'experts dans le domaine qui sont fortement opposés à Kyoto mais qui n'ont pas été consultés», a soutenu Tim Patterson, professeur en sciences de la terre de l'université Carleton, à Ottawa.

«Il existe trop de preuves scientifiques contre Kyoto pour procéder à la ratification dans un délai aussi court», a fait valoir M. Patterson.

Depuis 1998, le gouvernement fédéral a dépensé 22,3 millions de dollars en frais de consultation sur le protocole de Kyoto, selon des chiffres rendus publics il y a sept jours par la sénatrice libérale Kira Spivak. Elle avait cherché à obtenir cette information après avoir entendu le gouvernement de l'Alberta dire qu'aucune consultation sérieuse n'avait été menée.

Quoi qu'il en soit, le professeur Fred Singer, spécialiste en sciences de l'environnement de l'université de Virginie, a indiqué hier que «les alarmistes des changements climatiques» ont faussé le débat en faveur de Kyoto de façon irrationnelle.

«La rectitude politique voile la science, mais les données spécifiques ne soutiennent tout simplement pas la ratification de Kyoto par le Canada», a déclaré le Dr Singer.

Les spécialistes remettent en cause le postulat voulant que les émissions de gaz à effet de serre dues à l'activité humaine aient une influence sur le climat et l'environnement.

Selon le Dr Patterson, «la climatologie est trop balbutiante pour justifier Kyoto» et «notre environnement actuel suit une tendance voulant qu'on pourrait croire à des causes entièrement naturelles».

Pour sa part, la scientifique Sallie Baliunas, du George C. Marshall Institute aux États-Unis, a noté qu'«aucun diagnostic définitif ne peut à ce jour être posé sur la cause et les effets des changements climatiques».

«Nous savons de façon certaine que les variations de l'activité solaire ont une incidence beaucoup plus marquée sur le climat que les niveaux de dioxyde de carbone», a-t-elle déclaré.

«Non seulement Kyoto fera du tort à l'économie et à la productivité canadienne, mais il n'aura pratiquement aucun effet sur l'assainissement de l'environnement», a-t-elle renchéri.

Le protocole de Kyoto doit amener le Canada à réduire d'ici 2010 ses émissions de gaz à effet de serre de 6 % par rapport à la situation de 1990.
 
 
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