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Eau contaminée: McGuinty condamne Ottawa

27 octobre 2005  Environnement
Toronto — Le gouvernement fédéral a été «aux abonnés absents» dans la crise de l'eau contaminée à la réserve de Kashechewan, dans le nord de l'Ontario, accuse le premier ministre de la province, Dalton McGuinty. Au même moment, certains réclament la démission du ministre fédéral des Affaires indiennes, Andy Scott.

Il est «inacceptable» que 1900 résidants de la communauté de Kashechewan, à la baie James, vivent dans des conditions aussi «déplorables» alors que leur santé est de responsabilité fédérale, a affirmé M. McGuinty hier.

La veille, le premier ministre a ordonné l'évacuation de plus de la moitié des résidants de la réserve, rendus malades par l'eau contaminée. Les habitants de la réserve doivent faire bouillir leur eau depuis plus de deux ans déjà.

«Le gouvernement fédéral va devoir décider s'il est prêt ou non à assumer ses responsabilités, a déclaré M. McGuinty. S'il n'est pas prêt à assumer ses responsabilités, alors il devrait parler aussi aux autres premiers ministres et en arriver à un nouvel arrangement parce que pour le moment [...] ils ont été aux abonnés absents.»

Des équipes médicales devaient entreprendre l'évacuation des résidants malades hier après-midi.

Le premier ministre McGuinty n'est pas allé jusqu'à réclamer la démission du ministre Scott, mais le critique néo-démocrate Gilles Bisson l'a fait. Ses fonctionnaires ont «embobiné» les gens pendant toutes ces dernières années, a-t-il lancé.

Mais le ministre Scott a soutenu devant des journalistes qu'Ottawa a fait tout ce qu'il pouvait dans les circonstances, que la décision d'évacuer relevait du gouvernement ontarien et que le gouvernement fédéral payait les coûts de l'opération.

Quand on lui a rappelé qu'un rapport de l'Agence ontarienne des eaux avait tiré la sonnette d'alarme à propos de la station d'épuration des eaux de Kashechewan il y a plus de deux ans déjà, et qu'on lui a demandé pourquoi rien n'avait été fait depuis, M. Scott a répondu que son gouvernement travaille à trouver une solution à ce problème grave, et ancien, mais que «malheureusement», il a été pris de vitesse par les événements du dernier week-end.

Le dossier a soudainement pris une tournure plus urgente il y a deux semaines quand on a découvert la dangereuse bactérie E. coli dans des échantillons d'eau.






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