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Pollution au-dessus de l'Asie - Un «nuage brun» qui inquiète

N/A ZZZN/A   13 août 2002  Environnement
Ce nuage de trois kilomètres de long est composé de cendres, d’acides, de gaz aérosols et autres particules.
Photo : Agence Reuters
Ce nuage de trois kilomètres de long est composé de cendres, d’acides, de gaz aérosols et autres particules.
New Dehli — Le président de la Commission de l'ONU sur les changements climatiques (IPCC) a annoncé hier que l'épais nuage de pollution survolant actuellement l'Asie du Sud était source d'inquiétude, même s'il faudra au moins cinq ans pour déterminer son impact réel.

Une étude menée par les Nations unies révèle que ce nuage de trois kilomètres de long, composé de cendres, d'acides, de gaz aérosols et autres particules met en danger des millions de personnes en raison des sécheresses et des violentes inondations qu'il est susceptible de provoquer.

«Il aura un impact, mais son ampleur reste à déterminer. Elle pourrait être mineure, négligeable, ou il pourrait s'agir de quelque chose de très grave», a expliqué à Reuters Radjendra Pachauri, qui préside l'IPCC. «Nous n'avons pas encore effectué toutes les modélisations climatiques dont nous avons besoin. C'est un sujet d'inquiétude, cela ne fait aucun doute, mais nous devons faire des recherches.»

Il a précisé que des recherches poussées devaient être menées pour savoir à quel point ce phénomène climatique, baptisé le «nuage brun asiatique», pouvait affecter le niveau des précipitations, des ressources en eau potable, l'agriculture et la santé publique. «On doit étudier cela de très près. Cela pourrait prendre quatre à cinq ans», a déclaré Pachauri.

Ensoleillement

La veille, le directeur du Programme des Nations unies pour l'environnement, Klaus Toepfer, avait déclaré lors d'une conférence de presse que ce phénomène pourrait avoir des conséquences au niveau mondial étant donné que le nuage peut traverser en une semaine la moitié de la surface de la Terre.

Selon Toepfer, ce nuage résulte des feux de forêt, de l'incinération de déchets agricoles, de la consommation accrue de combustibles fossiles dans les véhicules, les sites industriels et les usines d'électricité, ainsi que des émissions produites par des millions de cuisinières défectueuses.

Le professeur Victor Ramanathan, l'un des quelque 200 chercheurs qui ont participé à l'étude consacrée par les Nations unies au «nuage brun», a expliqué que ce dernier entraînait une réduction pouvant aller jusqu'à 15 % de la quantité d'énergie solaire touchant la surface de la Terre.

«Nous nous attendions à une baisse de l'ensoleillement de la terre et des mers, mais pas d'une telle ampleur», a-t-il dit.

En absorbant une partie de la chaleur émise par le soleil, le nuage refroidit considérablement la partie inférieure de l'atmosphère, et cette combinaison de facteurs dérègle la mousson hivernale, entraînant une raréfaction des précipitations dans le nord-ouest de l'Asie et une augmentation concomitante des chutes de pluie dans l'Est asiatique.

Selon Toepfer, la publication du rapport préliminaire des Nations unies sur le «nuage brun» vient à point pour rappeler aux dirigeants du monde entier, à l'approche du Sommet de la Terre de Johannesbourg, qu'ils doivent traduire en actes les promesses faites par le passé en matière de protection de l'environnement.






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