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Un groupe d'écologistes proteste contre l'agrandissement du dépotoir de Sainte-Sophie

Louis-Gilles Francoeur   23 novembre 2004  Environnement
Québec s'enlise dans l'enfouissement des déchets avec l'agrandissement du mégasite de Sainte-Sophie dans le nord de Montréal, ce qui irait totalement à l'encontre de sa Politique de gestion des matières résiduelles qui vise à réduire l'élimination au trou des déchets de toutes sortes.

C'est ce que soutient le Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets (FCQGED), qui reproche au gouvernement Charest d'avoir permis par décret au site d'Intersan d'ajouter 1 million de tonnes, jusqu'à concurrence de 5,4 millions de tonnes, à son site de Sainte-Sophie. Ce faisant, affirme le front commun, le ministre québécois de l'Environnement, Thomas Mulcair, fait la preuve que «les gouvernements se laissent dicter leur "agenda" depuis des années par les multinationales de l'enfouissement des déchets».

Pour le porte-parole du FCQGED, Normand Beaudet, il est important de signaler que 5 des 64 lieux d'enfouissement des déchets au Québec avalent annuellement 75 % de tous les déchets. À lui seul, dit-il, le site de Sainte-Sophie recueillera près du cinquième de tous les déchets de la province, soit «l'équivalent de trois fois la capacité du Stade olympique». Le FCQGED ne comprend pas que le ministre augmente l'offre du côté de l'enfouissement alors que sa politique vise à stimuler plutôt le recyclage.

«M. Mulcair, qui est sans doute le meilleur porte-parole de ces compagnies, ne semble pas réaliser qu'une saine élimination des déchets ne se résume pas à avoir des sites reposant sur l'argile. En agissant de la sorte, il cautionne le méga-enfouissement pêle-mêle que pratiquent ces exploitants et qui est le pire obstacle à l'atteinte des objectifs de la Politique québécoise e gestion des matières résiduelles 1998-2008», commente Normand Beaudet.

À la lumière de ce dernier développement, le front commun prédit avec cynisme «que le gouvernement émettra dans les prochaines semaines un décret d'urgence pour le lieu d'enfouissement du groupe EBI de Saint-Thomas de Joliette, cette compagnie ayant usé de la même stratégie utilisée par BFI de Lachenaie et Intersan, qui ont, elles aussi, obtenu des décrets d'urgence récemment».

Le porte-parole du front commun est d'autant plus surpris de la décision du gouvernement Charest dans ce dossier qu'il «reconnaît directement que le site de Sainte-Sophie contamine l'environnement, car il impose à Intersan de constituer une garantie financière d'un million pour couvrir les frais afférents à l'approvisionnement en eau potable de l'institution financière et de la municipalité de Sainte-Anne des Plaines».






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