Association québécoise pour la maîtrise de l'énergie - De nouvelles normes de construction s'imposent dans le secteur du bâtiment
Créée en 1985 à la suite de la crise du pétrole, l'Association québécoise pour la maîtrise de l'énergie (AQME) regroupe en son sein la plupart des intervenants québécois impliqués dans le domaine de l'efficacité énergétique. «C'est une situation unique dans le contexte canadien», soutient Denis Tanguay, le directeur général de l'AQME.
L'Association québécoise pour la maîtrise de l'énergie compte présentement 575 mem-bres qui proviennent principalement de trois secteurs. Le premier secteur, qui représente environ 65 % des membres, regroupe les grands consommateurs d'énergie. S'y retrouvent donc les usines et les manufactures, les tours à bureaux et les centres commerciaux, mais aussi les hôpitaux et les écoles. «Il faut comprendre qu'une grande partie de l'énergie au Québec est consommée par le secteur du bâtiment, explique Denis Tanguay. Les bâtiments institutionnels et commerciaux consomment près de 40 % de toute l'énergie au Québec.»
Le deuxième secteur regroupe ceux qui travaillent dans ce que M. Tanguay appelle «les services éco-énergétiques». Ce sont essentiellement des architectes, des ingénieurs et des technologues qui conçoivent des systèmes d'énergie ou qui en assurent la gestion. Les manufacturiers et les fournisseurs de produits et services forment le troisième secteur.
L'AQME, comme toutes les associations du genre, organise une foule d'activités à l'intention de ses membres, allant du déjeuner-causerie au souper au homard. Parmi celles-ci, notons le concours Énergia qui en est à sa 15e édition cette année et vient récompenser l'excellence dans le domaine de la maîtrise de l'énergie. «C'est un prix qui est très apprécié parce que c'est un bon outil de promotion pour les entreprises.»
Un lieu de réflexion
L'Association québécoise pour la maîtrise de l'énergie a aussi pour mandat de se pencher et de réfléchir sur la problématique de l'efficacité énergétique. Pour ce faire, elle favorise la formule des comités. On en compte actuellement trois: un dans le domaine des bâtiments, l'autre dans le domaine des municipalités et le dernier en environnement, qui deviendra sous peu un comité en technologies énergétiques et environnementales. «Ces comités nous permettent de réunir autour d'une même table divers intervenants et donc de mettre à profit plusieurs expertises. Ils visent surtout à élaborer des stratégies à moyen ou long terme.»
Cette volonté de réflexion de la part de l'AQME a permis à cette association d'adhérer dès le départ au concept du développement durable. «Nous avons fait le lien entre l'efficacité énergétique et le développement durable dès le début», soutient Denis Tanguay.
C'est aussi la raison pour laquelle on parle davantage de maîtrise de l'énergie à l'AQME que d'efficacité énergétique. «La maîtrise de l'énergie est un concept plus englobant. Il ne s'agit plus seulement d'économiser l'énergie, mais d'améliorer la production de l'énergie et la façon dont on la consomme.» C'est dans cette perspective que l'AQME fait la promotion des méthodes alternatives de production d'énergie comme le biogaz, la géothermie, l'énergie éolienne et solaire.
Nouvelles actions
Parmi les nouvelles actions qu'entreprend l'AQME, il faut noter la création d'un comité qui se penchera sur l'épineuse question du transport. Selon Denis Tanguay, c'est un dossier très important car, non seulement les véhicules consomment beaucoup d'énergie, mais ils sont responsables d'environ «40 % des émissions de gaz à effet de serre».
Mais la partie est loin d'être gagnée, admet Denis Tanguay. «Il y a peu ou pas de concertation à ce sujet au sein de l'industrie. Nous devons d'abord commencer par un effort de sensibilisation. Nous visons surtout les entreprises qui gèrent des parcs de véhicules.»
Le volet de la formation prend de plus en plus d'ampleur à l'AQME. «Il y a une véritable demande à ce sujet.» L'AQME développe et offre donc des cours de formation dans le domaine de la maîtrise de l'énergie. «Nous travaillons en partenariat avec nos membres puisque toute l'expertise se retrouve chez eux.» L'AQME réalise aussi des études et des analyses lorsqu'on lui en fait la demande. «C'est notre capacité à parler à l'industrie qu'on met à profit ici.»
L'Association québécoise pour la maîtrise de l'énergie entend aussi intensifier ses efforts dans le domaine de la réglementation, particulièrement en ce qui a trait au code de la construction. «Le temps est venu de rehausser les normes de construction afin d'augmenter l'efficacité énergétique des bâtiments.»
Selon Denis Tanguay, ce n'est pas que les édifices d'aujourd'hui soient mal bâtis, mais de nouvelles technologies sont maintenant disponibles qui permettent une plus grande efficacité. «Il y a là un énorme potentiel d'efficacité énergétique.» Ce qu'il manque présentement, selon lui, c'est la volonté politique d'aller de l'avant.
«Notre industrie pourrait être prête rapidement. Il faut incorporer la notion de développement durable dans la construction des bâtiments. Après tout, on vit longtemps avec un bâtiment, parfois près de 70 ans. C'est aussi parfois 70 ans de gaspillage énergétique.»
Enjeux pour la maîtrise de l'énergie
Denis Tanguay désigne deux défis majeurs que doit relever l'industrie de la maîtrise de l'énergie si elle veut augmenter sa présence à l'intérieur de la société. Le premier enjeu est celui de la réalité d'affaires. «La réalité d'affaires est en général mal comprise en ce qui concerne l'efficacité énergétique. Il faut être en mesure de proposer des solutions en matière d'efficacité énergétique qui s'adaptent à la réalité d'affaires des entreprises. Il est inutile de proposer, par exemple, une solution qui demande 12 mois d'implantation si l'entreprise n'a pas les moyens de respecter un tel échéancier.» Il faut aussi tenir compte du fait que de nouvelles technologies prennent souvent un certain temps avant d'être adoptées par le marché.
L'autre enjeu consiste à démystifier aux yeux de certains la notion d'efficacité énergétique. «Plusieurs croient encore que l'efficacité énergétique représente une solution alternative à l'approvisionnement en énergie. Mais c'est faux. L'efficacité énergétique ne peut pas réduire la demande en énergie, mais elle peut la ralentir.»
La raison selon lui en est fort simple: plus la population augmente, plus la croissance prend de l'essor, plus la demande en énergie augmente. Les comportements sociaux ont aussi un rôle à jouer. «Par exemple, les maisons que l'on construit aujourd'hui sont plus efficaces sur le plan énergétique que celles d'hier, mais elles sont aussi plus spacieuses.»
Si la maîtrise de l'énergie n'est pas une panacée universelle, elle est pourtant essentielle, selon Denis Tanguay. «Cela s'inscrit parfaitement dans la notion de développement durable. La maîtrise de l'énergie autorise le développement, sans piller pour autant les ressources.»
L'Association québécoise pour la maîtrise de l'énergie compte présentement 575 mem-bres qui proviennent principalement de trois secteurs. Le premier secteur, qui représente environ 65 % des membres, regroupe les grands consommateurs d'énergie. S'y retrouvent donc les usines et les manufactures, les tours à bureaux et les centres commerciaux, mais aussi les hôpitaux et les écoles. «Il faut comprendre qu'une grande partie de l'énergie au Québec est consommée par le secteur du bâtiment, explique Denis Tanguay. Les bâtiments institutionnels et commerciaux consomment près de 40 % de toute l'énergie au Québec.»
Le deuxième secteur regroupe ceux qui travaillent dans ce que M. Tanguay appelle «les services éco-énergétiques». Ce sont essentiellement des architectes, des ingénieurs et des technologues qui conçoivent des systèmes d'énergie ou qui en assurent la gestion. Les manufacturiers et les fournisseurs de produits et services forment le troisième secteur.
L'AQME, comme toutes les associations du genre, organise une foule d'activités à l'intention de ses membres, allant du déjeuner-causerie au souper au homard. Parmi celles-ci, notons le concours Énergia qui en est à sa 15e édition cette année et vient récompenser l'excellence dans le domaine de la maîtrise de l'énergie. «C'est un prix qui est très apprécié parce que c'est un bon outil de promotion pour les entreprises.»
Un lieu de réflexion
L'Association québécoise pour la maîtrise de l'énergie a aussi pour mandat de se pencher et de réfléchir sur la problématique de l'efficacité énergétique. Pour ce faire, elle favorise la formule des comités. On en compte actuellement trois: un dans le domaine des bâtiments, l'autre dans le domaine des municipalités et le dernier en environnement, qui deviendra sous peu un comité en technologies énergétiques et environnementales. «Ces comités nous permettent de réunir autour d'une même table divers intervenants et donc de mettre à profit plusieurs expertises. Ils visent surtout à élaborer des stratégies à moyen ou long terme.»
Cette volonté de réflexion de la part de l'AQME a permis à cette association d'adhérer dès le départ au concept du développement durable. «Nous avons fait le lien entre l'efficacité énergétique et le développement durable dès le début», soutient Denis Tanguay.
C'est aussi la raison pour laquelle on parle davantage de maîtrise de l'énergie à l'AQME que d'efficacité énergétique. «La maîtrise de l'énergie est un concept plus englobant. Il ne s'agit plus seulement d'économiser l'énergie, mais d'améliorer la production de l'énergie et la façon dont on la consomme.» C'est dans cette perspective que l'AQME fait la promotion des méthodes alternatives de production d'énergie comme le biogaz, la géothermie, l'énergie éolienne et solaire.
Nouvelles actions
Parmi les nouvelles actions qu'entreprend l'AQME, il faut noter la création d'un comité qui se penchera sur l'épineuse question du transport. Selon Denis Tanguay, c'est un dossier très important car, non seulement les véhicules consomment beaucoup d'énergie, mais ils sont responsables d'environ «40 % des émissions de gaz à effet de serre».
Mais la partie est loin d'être gagnée, admet Denis Tanguay. «Il y a peu ou pas de concertation à ce sujet au sein de l'industrie. Nous devons d'abord commencer par un effort de sensibilisation. Nous visons surtout les entreprises qui gèrent des parcs de véhicules.»
Le volet de la formation prend de plus en plus d'ampleur à l'AQME. «Il y a une véritable demande à ce sujet.» L'AQME développe et offre donc des cours de formation dans le domaine de la maîtrise de l'énergie. «Nous travaillons en partenariat avec nos membres puisque toute l'expertise se retrouve chez eux.» L'AQME réalise aussi des études et des analyses lorsqu'on lui en fait la demande. «C'est notre capacité à parler à l'industrie qu'on met à profit ici.»
L'Association québécoise pour la maîtrise de l'énergie entend aussi intensifier ses efforts dans le domaine de la réglementation, particulièrement en ce qui a trait au code de la construction. «Le temps est venu de rehausser les normes de construction afin d'augmenter l'efficacité énergétique des bâtiments.»
Selon Denis Tanguay, ce n'est pas que les édifices d'aujourd'hui soient mal bâtis, mais de nouvelles technologies sont maintenant disponibles qui permettent une plus grande efficacité. «Il y a là un énorme potentiel d'efficacité énergétique.» Ce qu'il manque présentement, selon lui, c'est la volonté politique d'aller de l'avant.
«Notre industrie pourrait être prête rapidement. Il faut incorporer la notion de développement durable dans la construction des bâtiments. Après tout, on vit longtemps avec un bâtiment, parfois près de 70 ans. C'est aussi parfois 70 ans de gaspillage énergétique.»
Enjeux pour la maîtrise de l'énergie
Denis Tanguay désigne deux défis majeurs que doit relever l'industrie de la maîtrise de l'énergie si elle veut augmenter sa présence à l'intérieur de la société. Le premier enjeu est celui de la réalité d'affaires. «La réalité d'affaires est en général mal comprise en ce qui concerne l'efficacité énergétique. Il faut être en mesure de proposer des solutions en matière d'efficacité énergétique qui s'adaptent à la réalité d'affaires des entreprises. Il est inutile de proposer, par exemple, une solution qui demande 12 mois d'implantation si l'entreprise n'a pas les moyens de respecter un tel échéancier.» Il faut aussi tenir compte du fait que de nouvelles technologies prennent souvent un certain temps avant d'être adoptées par le marché.
L'autre enjeu consiste à démystifier aux yeux de certains la notion d'efficacité énergétique. «Plusieurs croient encore que l'efficacité énergétique représente une solution alternative à l'approvisionnement en énergie. Mais c'est faux. L'efficacité énergétique ne peut pas réduire la demande en énergie, mais elle peut la ralentir.»
La raison selon lui en est fort simple: plus la population augmente, plus la croissance prend de l'essor, plus la demande en énergie augmente. Les comportements sociaux ont aussi un rôle à jouer. «Par exemple, les maisons que l'on construit aujourd'hui sont plus efficaces sur le plan énergétique que celles d'hier, mais elles sont aussi plus spacieuses.»
Si la maîtrise de l'énergie n'est pas une panacée universelle, elle est pourtant essentielle, selon Denis Tanguay. «Cela s'inscrit parfaitement dans la notion de développement durable. La maîtrise de l'énergie autorise le développement, sans piller pour autant les ressources.»
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