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Les Innus du Labrador blâment Phil Fontaine

Les Innus du Labrador ont blâmé hier en termes sévères le président de l'Assemblée des Premières Nations, Phil Fontaine, pour l'appui accordé aux «chefs innus québécois qui ont organisé et initié la chasse au coeur de la harde menacée de disparition des caribous de la Red Wine», au Labrador.

Dans une lettre adressée au chef Fontaine et divulguée hier, le chef de la nation innue du Labrador, Peter Penashue, s'explique mal «l'appui sans réserve» («absolute support») accordé publiquement aux Innus d'Uashat Mani-Utenam (Sept-Îles) et à ceux des «autres communautés» de la Côte-Nord qui ont participé à la récente tuerie d'une partie de la harde menacée de caribous des bois de Red Wine.

«Je ne peux que conclure, écrit le chef Penashue, [...] que vous avez été mal informé des faits relatifs à cette affaire ou que vous avez voulu faire passer les ambitions politiques de quelques chefs innus en avant des priorités en matière de conservation et du devoir d'intendance de la nation innue et du gouvernement terre-neuvien» à l'endroit de cette espèce menacée.

Le chef des Innus du Labrador rappelle au chef Fontaine que les Innus des deux provinces chassent le caribou depuis des décennies à la connaissance et avec l'accord du gouvernement terre-neuvien, sur lequel la bande de Sept-Îles prétend avoir voulu faire pression afin de faire reconnaître ses droits de passage et de chasse.

«Les seules limites à nos droits de chasse dans cette région sont celles de la survie des hardes de caribous des bois menacées de disparition, qui sont protégées en vertu des lois fédérales et provinciales sur les espèces menacées. Ces règles ne restreignent en rien la capacité des Innus de satisfaire leurs besoins alimentaires à même le troupeau de la rivière George, un des plus important de la planète, qui migre avec régularité dans des zones voisines du Québec et du Labrador, facilement accessible au peuple innu.»

Consolidation des hardes menacées

Le chef Penashue ajoute que sa nation et l'Association des Inuits du Labrador sont activement engagées dans une stratégie de consolidation des hardes menacées et qu'ils appuient sans ambiguïté les interdits de chasse qui s'y appliquent. Les Innus du Québec ont été invités à travailler à l'élaboration de ces stratégies mais n'ont pas voulu s'y associer, ce qui n'empêche pas qu'ils ont été mis au courant de toutes les règles dont ils avaient officieusement accepté les termes. Le printemps dernier, les anciens de la communauté québécoise de Pakuashipit ont même puni un Innu qui avait osé chasser des bêtes de la harde de la Red Wine.

Pour atteindre et décimer le cheptel menacé de la Red Wine, conclut le chef Penashue, les Innus de Mani-Utenam et de la Côte-Nord québécoise ont dû traverser des zones bourrées de caribous dont les hardes ne sont pas menacées et qui auraient pu satisfaire leurs besoins alimentaires. Leur «chasse de protestation était un geste illégal, irresponsable et incompatible avec les valeurs et l'exercice responsable des droits aborigènes», conclut le chef des Innus du Labrador en ajoutant que l'Assemblée des Premières Nations ferait bien de «placer les principes de la conservation et de l'intendance responsable des cheptels devant les stratégies politiques».






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