L'Union paysanne bat de l'aile
L'Union paysanne a du plomb dans l'aile. En moins de deux semaines, deux piliers de ce syndicat citoyen ont décidé de quitter le navire. Motifs? La «complaisance» de l'organisme dans le dossier des porcheries mais aussi l'«approche autocratique» de Roméo Bouchard, le président, qui est loin de faire l'unanimité aujourd'hui.
Bisbille à l'Union paysanne. Un an après sa fondation, le «syndicat citoyen et non corporatif» versé dans la défense d'une agriculture à dimension humaine connaît sa première crise existentielle. En moins de deux semaines, deux membres importants de l'organisation, Jean Gosselin, représentant de l'Union paysanne (UP) dans Chaudière-Appalaches, et Catherine Gorreta, représentante dans la Montérégie, ont en effet décidé de claquer la porte de l'UP. Et il semble qu'une troisième personne va prochainement s'ajouter à la liste.
Les raisons de la colère? La position publique «enjouée et complaisante», dixit Mme Gorreta, prise par l'UP au lendemain de la présentation du nouveau Règlement sur la réduction de la pollution d'origine agricole (RRPOA) du ministère de l'Environnement, le 13 juin dernier, un règlement qui vise à resserrer la production porcine au Québec. Dotée d'un moratoire de 18 mois sur la construction de nouvelles porcheries dans les zones dites en surplus mais aussi accompagnée de consultations publiques sur l'industrie porcine, l'orientation du gouvernement avait alors été jugée «substantielle» par l'UP, pour laquelle «les nouveaux moyens dont disposera le ministère de l'Environnement [contribueront] également à crédibiliser l'opération».
«Pensée unique»
Le point de vue était loin d'être partagé par tous au sein du mouvement. «Mais les divergences d'opinion n'ont pas du tout été écoutées», précise Catherine Gorreta qui, le 27 juin dernier, a décidé de tirer sa révérence. Dans sa lettre de démission, dont Le Devoir a obtenu copie, elle y dénonce «la pensée unique qui s'installe au sein de l'UP», pensée qui va à «l'encontre de mes convictions», peut-on lire plus loin.
De vive voix, Mme Gorreta persiste: «La démocratie au sein de l'Union paysanne ne va pas très bien. Le style de leadership de Roméo Bouchard me laisse perplexe. Il n'y a pas vraiment place à la discussion. C'est un régime despotique. Je ne pouvais donc plus demeurer dans l'Union, mais je reste encore farouchement accrochée aux idées et aux valeurs véhiculées par ce mouvement.»
Même son de cloche de Jean Gosselin, dont la démission a été annoncée le 28 juin dernier après «un différend avec Roméo Bouchard». Lui aussi déplore la direction autoritaire de l'UP. «Nous avons fondé un syndicat citoyen pour donner la parole aux citoyens sur les questions d'agriculture et d'alimentation. Mais dans le dossier des porcheries, ce n'est pas ce qui s'est passé. Il serait dommage de reproduire les comportements de l'UPA que nous dénonçons depuis des années.»
Au coeur de la tempête, Roméo Bouchard tient bon la barre et ne se formalise pas trop de cette remise en question de son leadership. «J'aurais préféré que cela ne se produise pas, dit-il. Cette affaire a pris des proportions démesurées en peu de temps. Mais il n'y a rien d'étonnant là-dedans.» En effet, selon lui, ces tensions internes sont le propre des organisations naissantes qui connaissent une croissance rapide. «Quand on grossit si vite, on n'adopte pas forcément les bons comportements tout de suite. Comme jeune mouvement, nous avons désormais des responsabilités politiques importantes. Il faut agir vite avec peu de moyens, et les écueils sont parfois difficiles à éviter.»
La plaie ne se transformera pas en hémorragie, assure toutefois le président de l'Union paysanne. À preuve: le conseil de coordination de l'UP vient en effet de revoir la façon dont elle prendra position sur la place publique: désormais, un délai de 24 heures précédera tout commentaire à propos des décisions ou des politiques gouvernementales. «Car si nous avions eu le temps d'émettre un avis plus élaboré dans le dossier des porcheries, les gens auraient mieux compris notre position et nous n'en serions pas là aujourd'hui», dit-il.
Bisbille à l'Union paysanne. Un an après sa fondation, le «syndicat citoyen et non corporatif» versé dans la défense d'une agriculture à dimension humaine connaît sa première crise existentielle. En moins de deux semaines, deux membres importants de l'organisation, Jean Gosselin, représentant de l'Union paysanne (UP) dans Chaudière-Appalaches, et Catherine Gorreta, représentante dans la Montérégie, ont en effet décidé de claquer la porte de l'UP. Et il semble qu'une troisième personne va prochainement s'ajouter à la liste.
Les raisons de la colère? La position publique «enjouée et complaisante», dixit Mme Gorreta, prise par l'UP au lendemain de la présentation du nouveau Règlement sur la réduction de la pollution d'origine agricole (RRPOA) du ministère de l'Environnement, le 13 juin dernier, un règlement qui vise à resserrer la production porcine au Québec. Dotée d'un moratoire de 18 mois sur la construction de nouvelles porcheries dans les zones dites en surplus mais aussi accompagnée de consultations publiques sur l'industrie porcine, l'orientation du gouvernement avait alors été jugée «substantielle» par l'UP, pour laquelle «les nouveaux moyens dont disposera le ministère de l'Environnement [contribueront] également à crédibiliser l'opération».
«Pensée unique»
Le point de vue était loin d'être partagé par tous au sein du mouvement. «Mais les divergences d'opinion n'ont pas du tout été écoutées», précise Catherine Gorreta qui, le 27 juin dernier, a décidé de tirer sa révérence. Dans sa lettre de démission, dont Le Devoir a obtenu copie, elle y dénonce «la pensée unique qui s'installe au sein de l'UP», pensée qui va à «l'encontre de mes convictions», peut-on lire plus loin.
De vive voix, Mme Gorreta persiste: «La démocratie au sein de l'Union paysanne ne va pas très bien. Le style de leadership de Roméo Bouchard me laisse perplexe. Il n'y a pas vraiment place à la discussion. C'est un régime despotique. Je ne pouvais donc plus demeurer dans l'Union, mais je reste encore farouchement accrochée aux idées et aux valeurs véhiculées par ce mouvement.»
Même son de cloche de Jean Gosselin, dont la démission a été annoncée le 28 juin dernier après «un différend avec Roméo Bouchard». Lui aussi déplore la direction autoritaire de l'UP. «Nous avons fondé un syndicat citoyen pour donner la parole aux citoyens sur les questions d'agriculture et d'alimentation. Mais dans le dossier des porcheries, ce n'est pas ce qui s'est passé. Il serait dommage de reproduire les comportements de l'UPA que nous dénonçons depuis des années.»
Au coeur de la tempête, Roméo Bouchard tient bon la barre et ne se formalise pas trop de cette remise en question de son leadership. «J'aurais préféré que cela ne se produise pas, dit-il. Cette affaire a pris des proportions démesurées en peu de temps. Mais il n'y a rien d'étonnant là-dedans.» En effet, selon lui, ces tensions internes sont le propre des organisations naissantes qui connaissent une croissance rapide. «Quand on grossit si vite, on n'adopte pas forcément les bons comportements tout de suite. Comme jeune mouvement, nous avons désormais des responsabilités politiques importantes. Il faut agir vite avec peu de moyens, et les écueils sont parfois difficiles à éviter.»
La plaie ne se transformera pas en hémorragie, assure toutefois le président de l'Union paysanne. À preuve: le conseil de coordination de l'UP vient en effet de revoir la façon dont elle prendra position sur la place publique: désormais, un délai de 24 heures précédera tout commentaire à propos des décisions ou des politiques gouvernementales. «Car si nous avions eu le temps d'émettre un avis plus élaboré dans le dossier des porcheries, les gens auraient mieux compris notre position et nous n'en serions pas là aujourd'hui», dit-il.
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