Hydro-Québec veut mettre un terme à son programme bi-énergie
Hydro-Québec a redemandé hier à la Régie de l'énergie de pouvoir mettre fin à son programme de bi-énergie qui permet à 4400 industries, commerces et institutions — les «ICI» — de bénéficier d'un tarif de 3,47 ¢ le kilowattheure (kWh) au lieu de 7,5 ¢.
La société d'État n'entend pas pour autant soustraire ce secteur aux techniques de gestion de la demande. Elle entend, précisait hier son porte-parole, Marc-Brian Chamberland, remplacer l'actuel programme bi-énergie par un programme d'énergie interruptible dont les modalités seront discutées avec la clientèle ICI.
Le Devoir révélait en novembre dernier que les 4400 clients ICI du programme bi-énergie profitaient d'un tarif préférentiel depuis près de 20 ans dans certains cas sans jamais avoir retourné à Hydro-Québec la moindre énergie en période de pointe. À l'origine, ce programme bi-énergie en était un d'énergie interruptible, qui devait permettre à Hydro de récupérer ses électrons à volonté grâce à des commutateurs télécommandés. Hydro n'a jamais complété l'installation de ces télécommandes.
Aujourd'hui, la société d'État affirme perdre 85 millions par année au profit de ces 4400 clients, dont elle espère récupérer les 600 MW et le 1,7 TWh en énergie.
Hydro-Québec propose à la Régie de consacrer 42 millions de dollars au rachat du privilège tarifaire de ses clients bi-énergie, de qui elle n'a jamais obtenu la moindre contrepartie... «C'est mieux que de perdre 85 millions par année», plaide Marc-Brian Chamberland. Techniquement, la société d'État offrira à ces clients un rabais de 25 % pendant 16 mois, une fois les tarifs commerciaux rétablis dans leur cas. S'ils n'acceptent pas, ils perdront tout simplement leur privilège à l'échéance du programme, si la Régie y consent.
Le futur programme d'énergie interruptible n'accorderait aucune réduction tarifaire permanente comme maintenant. Pour inciter les ICI à s'y inscrire, Hydro leur proposerait de racheter à un tarif élevé — 25, 30, 35 ¢ le kWh, par exemple — l'électricité qu'elle récupérerait d'eux au besoin. Mais il s'agit là de modalités hypothétiques qu'Hydro veut évaluer et débattre.
D'autre part, la critique de l'opposition en matière d'énergie, l'ancienne ministre Rita-Dionne Marsolais, a qualifié hier de «chantage réel ou apparent mais de chantage» la menace qu'Hydro-Québec et GE Energy font planer sur le gouvernement en menaçant de retirer le projet «amélioré» du Suroît à moins d'une décision rapide, ce que révélait Le Devoir d'hier. Mme Dionne-Marsolais a bien hâte aux audiences de la Régie car, dit-elle, il est surprenant d'entendre Hydro-Québec prévoir un déficit d'énergie entre 2007 et 2010 alors que depuis 1998, note-t-elle, la société d'État a réduit ses prévisions de la demande sur 15 ans dans chacun de ses quatre derniers plans stratégiques.
Pour l'Association québécoise de lutte à la pollution atmosphérique (AQLPA), «les manigances de la haute direction d'Hydro-Québec et de General Electric vont bientôt déborder le cadre d'une audience et justifier une enquête approfondie et indépendante» pour expliquer notamment les multiples changements de justification de ce projet au cours des ans.
La société d'État n'entend pas pour autant soustraire ce secteur aux techniques de gestion de la demande. Elle entend, précisait hier son porte-parole, Marc-Brian Chamberland, remplacer l'actuel programme bi-énergie par un programme d'énergie interruptible dont les modalités seront discutées avec la clientèle ICI.
Le Devoir révélait en novembre dernier que les 4400 clients ICI du programme bi-énergie profitaient d'un tarif préférentiel depuis près de 20 ans dans certains cas sans jamais avoir retourné à Hydro-Québec la moindre énergie en période de pointe. À l'origine, ce programme bi-énergie en était un d'énergie interruptible, qui devait permettre à Hydro de récupérer ses électrons à volonté grâce à des commutateurs télécommandés. Hydro n'a jamais complété l'installation de ces télécommandes.
Aujourd'hui, la société d'État affirme perdre 85 millions par année au profit de ces 4400 clients, dont elle espère récupérer les 600 MW et le 1,7 TWh en énergie.
Hydro-Québec propose à la Régie de consacrer 42 millions de dollars au rachat du privilège tarifaire de ses clients bi-énergie, de qui elle n'a jamais obtenu la moindre contrepartie... «C'est mieux que de perdre 85 millions par année», plaide Marc-Brian Chamberland. Techniquement, la société d'État offrira à ces clients un rabais de 25 % pendant 16 mois, une fois les tarifs commerciaux rétablis dans leur cas. S'ils n'acceptent pas, ils perdront tout simplement leur privilège à l'échéance du programme, si la Régie y consent.
Le futur programme d'énergie interruptible n'accorderait aucune réduction tarifaire permanente comme maintenant. Pour inciter les ICI à s'y inscrire, Hydro leur proposerait de racheter à un tarif élevé — 25, 30, 35 ¢ le kWh, par exemple — l'électricité qu'elle récupérerait d'eux au besoin. Mais il s'agit là de modalités hypothétiques qu'Hydro veut évaluer et débattre.
D'autre part, la critique de l'opposition en matière d'énergie, l'ancienne ministre Rita-Dionne Marsolais, a qualifié hier de «chantage réel ou apparent mais de chantage» la menace qu'Hydro-Québec et GE Energy font planer sur le gouvernement en menaçant de retirer le projet «amélioré» du Suroît à moins d'une décision rapide, ce que révélait Le Devoir d'hier. Mme Dionne-Marsolais a bien hâte aux audiences de la Régie car, dit-elle, il est surprenant d'entendre Hydro-Québec prévoir un déficit d'énergie entre 2007 et 2010 alors que depuis 1998, note-t-elle, la société d'État a réduit ses prévisions de la demande sur 15 ans dans chacun de ses quatre derniers plans stratégiques.
Pour l'Association québécoise de lutte à la pollution atmosphérique (AQLPA), «les manigances de la haute direction d'Hydro-Québec et de General Electric vont bientôt déborder le cadre d'une audience et justifier une enquête approfondie et indépendante» pour expliquer notamment les multiples changements de justification de ce projet au cours des ans.
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