Le BAPE autorise un autre barrage sur la Péribonka
La commission du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) chargée d'évaluer le projet d'une quatrième centrale hydroélectrique sur la rivière Péribonka, au Lac-Saint-Jean, recommande au gouvernement d'autoriser ce projet sous réserve de plusieurs conditions.
Mais la commission du BAPE estime néanmoins qu'Hydro-Québec devrait se faire assigner un objectif d'économies d'énergie supérieur au maigre 0,43 % de la demande que lui a imposé la Régie de l'énergie. Les commissaires ajoutent que «des investissements dans le secteur de l'efficacité énergétique, tout en assurant une gestion plus rationnelle de l'énergie, limiteraient l'accroissement de la demande» et réduiraient la construction de projets dommageables pour l'environnement sans restreindre les appétits d'Hydro pour de nouvelles ventes.
La commission réclame par ailleurs du gouvernement un «débat élargi sur les orientations en matière d'efficacité énergétique et de développement énergétique» afin de permettre à la «population d'en saisir les enjeux et de se prononcer sur un choix éclairé de société».
La construction d'une centrale hydroélectrique de 385 MW sur la Péribonka, en amont des trois centrales actuelles, qui appartiennent à Alcan, requerra la construction d'un barrage de 80 mètres de hauteur par 690 mètres de longueur ainsi que de deux digues de 193 et 623 mètres. Le nouveau réservoir, qui noiera des tronçons de 34 affluents de la Péribonka, couvrira 31 kilomètres carrés. Cette centrale au fil de l'eau produira 2,2 TWh au coût de 1,1 milliard.
La commission reconnaît que ce projet permettra de répondre à la demande interne mais accepte comme raisonnable le désir d'Hydro-Québec de «saisir les occasions d'affaires» que représente la boulimie de nos voisins. Mais cet argument permet de valider n'importe quoi, écrivent les commissaires, qui... l'appuient pourtant: «Pour la commission, la croissance des marchés extérieurs offre un potentiel quasi illimité qui, à première vue, pourrait servir de justification à tout projet de production.» Le problème, écrivent-ils, c'est que si les occasions d'affaires sont nombreuses, elles peuvent être passagères, alors que les ouvrages et leurs impacts sont permanents.
Le rapport révèle par ailleurs que la capacité de production d'Hydro-Québec, sans le Suroît, dépassera nettement les besoins du Québec en 2008. En effet, selon le rapport, la capacité de production d'Hydro-Québec excédera de 20 TWh ou de 15 % la demande interne en 2006 et au début de 2008, date à laquelle Hydro-Québec prévoit pourtant un déficit énergétique.
D'autre part, la commission estime que le marnage du réservoir devrait être restreint, qu'il faudrait réaliser une étude de rupture de barrages et d'un possible effet de cascade avec ceux d'Alcan, qu'il faut soutenir les populations de poissons touchées par la noyade des territoires et non implanter des espèces vulnérables au mercure, qu'Hydro doit compenser entièrement la perte de milieux humides et contrôler la pression de pêche des travailleurs de la construction, réputés pour vider les lacs des régions autour des projets. Enfin, la commission estime trop faibles les normes québécoises de consommation de poisson contaminé au mercure et propose de les relever de deux fois et demie afin de protéger les femmes en âge de procréer et les enfants.
La commission déplore enfin que l'étude n'ait englobé ni les impacts de la ligne à haute tension ni ceux des deux variantes étudiées...
Mais la commission du BAPE estime néanmoins qu'Hydro-Québec devrait se faire assigner un objectif d'économies d'énergie supérieur au maigre 0,43 % de la demande que lui a imposé la Régie de l'énergie. Les commissaires ajoutent que «des investissements dans le secteur de l'efficacité énergétique, tout en assurant une gestion plus rationnelle de l'énergie, limiteraient l'accroissement de la demande» et réduiraient la construction de projets dommageables pour l'environnement sans restreindre les appétits d'Hydro pour de nouvelles ventes.
La commission réclame par ailleurs du gouvernement un «débat élargi sur les orientations en matière d'efficacité énergétique et de développement énergétique» afin de permettre à la «population d'en saisir les enjeux et de se prononcer sur un choix éclairé de société».
La construction d'une centrale hydroélectrique de 385 MW sur la Péribonka, en amont des trois centrales actuelles, qui appartiennent à Alcan, requerra la construction d'un barrage de 80 mètres de hauteur par 690 mètres de longueur ainsi que de deux digues de 193 et 623 mètres. Le nouveau réservoir, qui noiera des tronçons de 34 affluents de la Péribonka, couvrira 31 kilomètres carrés. Cette centrale au fil de l'eau produira 2,2 TWh au coût de 1,1 milliard.
La commission reconnaît que ce projet permettra de répondre à la demande interne mais accepte comme raisonnable le désir d'Hydro-Québec de «saisir les occasions d'affaires» que représente la boulimie de nos voisins. Mais cet argument permet de valider n'importe quoi, écrivent les commissaires, qui... l'appuient pourtant: «Pour la commission, la croissance des marchés extérieurs offre un potentiel quasi illimité qui, à première vue, pourrait servir de justification à tout projet de production.» Le problème, écrivent-ils, c'est que si les occasions d'affaires sont nombreuses, elles peuvent être passagères, alors que les ouvrages et leurs impacts sont permanents.
Le rapport révèle par ailleurs que la capacité de production d'Hydro-Québec, sans le Suroît, dépassera nettement les besoins du Québec en 2008. En effet, selon le rapport, la capacité de production d'Hydro-Québec excédera de 20 TWh ou de 15 % la demande interne en 2006 et au début de 2008, date à laquelle Hydro-Québec prévoit pourtant un déficit énergétique.
D'autre part, la commission estime que le marnage du réservoir devrait être restreint, qu'il faudrait réaliser une étude de rupture de barrages et d'un possible effet de cascade avec ceux d'Alcan, qu'il faut soutenir les populations de poissons touchées par la noyade des territoires et non implanter des espèces vulnérables au mercure, qu'Hydro doit compenser entièrement la perte de milieux humides et contrôler la pression de pêche des travailleurs de la construction, réputés pour vider les lacs des régions autour des projets. Enfin, la commission estime trop faibles les normes québécoises de consommation de poisson contaminé au mercure et propose de les relever de deux fois et demie afin de protéger les femmes en âge de procréer et les enfants.
La commission déplore enfin que l'étude n'ait englobé ni les impacts de la ligne à haute tension ni ceux des deux variantes étudiées...
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