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Programme Écomunicipalité - Les villes sont les premières intervenantes en environnement

Alexandre Shields   19 avril 2008  Environnement
Montréal est une des neuf villes désignées comme «leaders en environnement».
Photo : Pascal Ratthé
Montréal est une des neuf villes désignées comme «leaders en environnement».
Une très vaste majorité des Québécois vit dans les villes, ce qui a donné l'idée à l'organisation du Jour de la Terre de créer le programme Écomunicipalité, une façon concrète de les mettre dans le coup le plus directement possible lorsque vient le temps de parler de protection de l'environnement et de développement durable. Le coup d'envoi de cette nouvelle initiative sera d'ailleurs donné le 22 avril.

Le principe de ce programme est plutôt simple: il faut impérativement «encourager les villes à s'impliquer pour leur environnement». On souhaite donc les appuyer dans la mise en place de programmes permanents visant l'amélioration de la qualité de leur milieu de vie. Et il ne faut pas s'y méprendre. Bien que l'écomunicipalité soit la thématique biennale pour 2008-09, le programme Écomunicipalité sera, lui, permanent. Comme on dit, ce n'est qu'un début...

L'ensemble des détails n'est pas encore connu, puisqu'on travaille toujours à en établir les modalités. Toutefois, on sait d'ores et déjà qu'il permettra d'«offrir une reconnaissance aux municipalités faisant des efforts en matière d'environnement et qui obtiennent des résultats concrets». On espère ainsi «encourager les municipalités proactives en environnement à faire toujours mieux», tout en apportant un soutien (trousse d'activités, trousse d'engagement) à celles qui s'engagent «dans un processus d'élaboration d'une politique environnementale municipal».

On espère rendre public l'ensemble de la structure du programme d'ici la fin de l'automne prochain, même si elle pourrait être appelée à évoluer par la suite. Entre-temps, les municipalités intéressées par le programme peuvent s'abonner à la liste d'envoi-information du programme en remplissant la fiche sur le site Internet du Jour de la Terre.

Objectif : 100 villes

Optimiste, Pierre Lussier, le directeur du Jour de la Terre, croit que l'attrait de ce programme pourrait amener le nombre de villes participantes à plus de 100 en quelques années seulement. À condition, bien sûr, que la volonté politique soit au rendez-vous. Il ne faut pas perdre de vue, précise-t-il, que «l'entité municipale constitue après tout un "gouvernement de proximité", ne serait-ce que parce que ce sont les villes qui s'occupent directement de la gestion de l'eau et des déchets».

Surtout, affirme M. Lussier, il existe bel et bien une «masse critique» de citoyens qui seraient prêts à accepter des mesures plus musclées de protection de l'environnement, notamment en matière de qualité de l'air. «C'est payant d'être audacieux, assure-t-il. À Montréal, par exemple, les problèmes environnementaux deviennent rapidement criants. Et je crois que tout le monde va de plus en plus rivaliser d'audace.»

Déjà, on a désigné neuf municipalités qui sont des «leaders en environnement» pour faire partie d'une sorte de «comité-conseil» sur lequel on retrouvera en outre trois spécialistes, soit un de l'organisme Vivre en ville, un de Pour une ville qui marche, mais aussi la responsable de l'environnement et du développement durable à la Ville de Montréal, Chantal Gagnon.

Les neuf villes en question sont Amqui, Baie Saint-Paul, Chelsea, Lantier, Montréal, Québec, Sorel, Terrebonne et Victoriaville. L'organisme Villes et villages en santé suit aussi de près la progression du programme, tout comme la Fédération des municipalités du Québec et l'Union des municipalités du Québec.

Victo, la pionnière

Certaines villes ont effectivement tout pour servir de modèle. C'est le cas de Victoriaville, qui bat tous les records québécois en la matière. Elle a entre autres été la première ville au Québec à faire du recyclage. «C'était il y a plus de 30 ans», précise d'ailleurs Serge Cyr, directeur du service de l'environnement de la Ville. Elle a aussi été la première ville à atteindre un taux de 65 % de diversion, mais aussi à acheter des véhicules hybrides pour son parc automobile municipal.

De plus, Victoriaville assure la collecte des matières putrescibles, avec lesquelles elle produit de grandes quantités d'un compost de bonne qualité.

M. Cyr précise qu'on travaille même à un projet-pilote de compost «répulsif pour les insectes piqueurs». On souhaite aussi fournir aux citoyens un petit bac d'environ trois litres de capacité pour leur permettre ramasser la matière à composter dans leur résidence, avant de la transférer dans leur gros «bac brun».

La petite cité des Bois-Francs a de plus été la première à mettre sur pied un centre de formation en récupération. Le programme, d'une durée de 1800 heures, se divise en trois blocs de formation. Les modules regroupés dans ces trois blocs visent le développement des habiletés, des compétences et des aptitudes requises pour atteindre les buts et objectifs du programme. Les trois blocs incluent une formation académique de base, une formation liée au marché du travail et une troisième liée au développement personnel et social.

Est-ce que toutes ces mesures sont coûteuses? Absolument pas, répond Serge Cyr. «Ce qui est merveilleux, c'est que tout ça se fait à des coûts raisonnables. Autrement dit, si Victoriaville le fait, il n'y a aucune raison pour que les autres villes ne le fassent pas», soutient-il. Il faut toutefois «de la volonté politique et des gens passionnés».

Terrebonne embarque

La Ville de Terrebonne est elle aussi très active dans le domaine environnemental. Elle s'est dotée d'une politique environnementale en 2004, suivie d'un «plan vert». Cette année, une somme de 470 000 $ sera consacrée à la mise en oeuvre d'une vingtaine de nouvelles mesures contenues dans le plan vert, qui en est à sa deuxième année d'application.

«En matière d'environnement, nous n'en sommes plus aux paroles, mais à l'action, comme en témoigne la dernière année où plusieurs mesures du plan vert ont été mises en oeuvre», soulignait d'ailleurs récemment le maire Jean-Marc Robitaille. Et l'année 2008 sera très importante. Nous nous sommes dotés d'un ambitieux plan d'action afin de protéger et de mettre en valeur notre milieu. Et au cours des prochains mois, nous mettrons en oeuvre des nouvelles mesures qui démontreront une fois de plus que le développement durable est au coeur de notre action.»

Parmi les mesures prévues pour 2008, il y aura notamment la Politique de l'arbre, la Politique de l'eau, la promotion des aménagements riverains, la création d'un organisme à but non lucratif pour y déléguer certaines actions et responsabilités à caractère environnemental, en plus du développement d'un système de location de vélos, l'adoption d'un programme municipal de plantation d'arbres sur des sites privés et l'implantation de mesures pour desservir l'ensemble des immeubles pour ce qui est de la collecte sélective. Et ce n'est qu'un début...






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  • Fernand Trudel
    Abonné
    samedi 19 avril 2008 13h05
    Les viles plus adaptés aux changements
    « Les concentrations urbaines génèrrent un réchauffement appelé « Ilot de chaleur urbain (ICU) » et faisant l'objet de plusieurs études documentées.

    Récemment à Montréal, on décida de planter des arbres qui capteront les GES et produiront de l'ombre facteur de fraicheur. Une excellente idée pour combattre la chaleur urbaine même si le GIEC n'a pas jugé bon d'en faire un enjeu dans sa lutte illusoire au CO2. Il n'en demeure pas moins que l'homme inetervient dans l'autorégulation naturelle de la terre.

    La plupart des végétaux sont apparus sur Terre à une époque où la concentration en gaz carbonique était 4 à 5 fois plus élevée qu'aujourd'hui. Elles ont su tirer partie de cette ressource, puisque le CO2 est utilisé avec l'eau et la lumière pour assurer la photosynthèse, et donc la croissance de la matière organique. Que le CO2 soit favorable aux cultures est connu depuis deux siècles déjà : en 1804, Nicolas de Saussure consignait cette observation dans ses Recherches chimiques sur la végétation. Dans les années 1960 et 1970, plus de 400 expériences locales de fumigation au gaz carbonique ont été développées. Et, à partir des années 1980 et 1990, l'enrichissement au CO2 est devenu l'objet d'une attention plus systématique dans le cadre des travaux sur le réchauffement climatique car on affirmait le contraire.

    Serait ce que le GIEC s'est trompé de cible et que les élus municipaux sont plus lucides que les environnentaleux qui nous alarment? »

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