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Pour un développement viable - Les solutions vertes sont-elles réellement « vertes » ?

Contrairement aux vieilles cassettes, CD et DVD ne se recyclent pas parce que, comme des milliers d’autres produits sans validation de leur intérêt environnemental, ils sont le résultat d’un amalgame de matériaux impossibles à séparer.
Photo : Agence Reuters
Contrairement aux vieilles cassettes, CD et DVD ne se recyclent pas parce que, comme des milliers d’autres produits sans validation de leur intérêt environnemental, ils sont le résultat d’un amalgame de matériaux impossibles à séparer.
Qui sait qu'un sac en plastique compostable doit conclure sa vie utile dans les déchets, et non à la récupération? À propos des pièges et des mythes qui noircissent le vert paysage.

Un nombre incalculable d'humains aspirent à un environnement sécuritaire et apte à soutenir l'existence de notre espèce en harmonie avec la capacité de support de la Terre. Ceux-là vont fêter comme un espoir le Jour de la Terre, mais en étant toujours aux prises avec le sentiment que la plupart des gouvernements et des démocraties n'accordent pas leur discours avec leurs décisions.

D'autres tentent d'instiller l'image que cette immense aspiration pour un environnement de qualité pourrait se muer en une dictature verte, qui n'existe nulle part et ne se pointe dans aucun scénario de gouvernance, local, national ou international. Mais c'est déjà ce qu'évoquent — à mots couverts — les pollueurs et les dévastateurs d'écosystèmes chaque fois que l'intérêt public leur impose une nouvelle norme ou tente d'encadrer leur activité. On voit poindre le même discours chez les individus confrontés à la remise en question de leurs luxe et privilèges.

Mais s'il est facile de stigmatiser ces réactions caricaturales, il est moins facile de démontrer comment le système économique et une classe politique complaisante dévaluent constamment la logique du développement viable par de fausses solutions, souvent imposées par des entreprises intéressées à profiter de la vague verte, mais qui ne résisteraient pas à de solides analyses publiques indépendantes basées sur des analyses de cycle de vie.

OGM et nano

Les deux exemples les plus percutants de la récupération du discours environnemental sont sans contredit les OGM et les nanotechnologies qu'on introduit dans l'environnement sans avoir démontré préalablement leur innocuité et sans informer les consommateurs de leurs impacts, dont on ignore tout dans le meilleur des cas. Mais ce ne sont pas des exemples évidents à moins de s'imposer un cours 101 sur la question.

Nous ingurgitions autrefois des plantes qu'on avait arrosées avec des insecticides. Désormais, les animaux de ferme et les humains ingurgitent des plantes qui contiennent dans leurs structures des insecticides auxquels on n'applique pas les règles du genre, sous le fallacieux prétexte du principe dit de «l'équivalence», c'est-à-dire que les plantes comestibles OGM ont en apparence les mêmes caractères que les plantes naturelles! Les multinationales qui ont disséminé les BPC, l'agent orange, le Roundup, les OGM, etc., nous les vantaient pourtant comme sans danger, souvent en taisant les études qui démontraient le contraire, jusqu'à ce qu'on ait fait la preuve, quelques milliards de profits plus loin, exactement du contraire.

Les nanomatériaux, qui seraient présents dans plus de 500 produits sur le marché, permettent à des médicaments, à des engrais et à des pesticides de franchir les barrières cardiovasculaires, cérébrales et moléculaires autant des plantes que des humains. Un grand pas pour l'environnement puisqu'il en faudra moins, affirment leur promoteurs.

Mais qu'arrive-t-il aux autres nanomatériaux qui ont les mêmes propriétés, qui ne sont pas des médicaments, mais qui peuvent tout aussi bien pénétrer les tissus des humains après avoir infiltré les animaux d'élevage ou qui vont vous rejoindre par la chaîne alimentaire? Personne ne peut répondre à cette question, mais on produit et vend quand même ces nanomatériaux sans en connaître les impacts sur les écosystèmes et les humains, car nous ne disposons pas encore des techniques pour suivre à la trace ces nouvelles matières qui n'existent même pas dans l'échelle atomique de nos livres de chimie!

À notre échelle

Mais nous pouvons retrouver chaque jour dans notre quotidien cette myopie volontaire à l'endroit des nouvelles menaces qui s'ajoutent à la perte globale de biodiversité et aux changements climatiques.

Par exemple, on remplace les ampoules incandescentes par des fluocompactes pour économiser l'énergie et réduire les émissions globales de gaz à effet de serre (GES). Mais ces ampoules, qui contiennent du mercure, ne font pas l'objet de consignes sévères et des spécialistes soutiennent maintenant que la fabrication de leurs composantes de haute technologie a exigé en usine l'énergie qu'on pense économiser à la maison.

Cette solution, qui a peut-être sa raison d'être dans un pays qui produit son électricité au charbon et au nucléaire, est-elle un simple transfert de problème environnemental? Est-elle pertinente ici au Québec de l'hydro-électricité? Et remplacera-t-elle vraiment du pétrole si on la vend aux Américains ou stimulera-t-elle simplement leur boulimie énergétique?

Sous prétexte d'économiser du papier, plusieurs relationnistes envoient désormais leurs communiqués dans une clef USB aux journalistes! Sophisme énergétique là encore? Tout comme ces nouveaux CD et DVD, qui prennent moins de place et de matières mais qui, contrairement aux vieilles cassettes, ne se recyclent pas parce que, comme des milliers d'autres produits sans validation de leur intérêt environnemental, ils sont le résultat d'un amalgame de matériaux impossibles à séparer.

Un autre exemple. Nos gouvernements encouragent l'achat de véhicules hybrides avec des subventions pouvant atteindre 2000 $ pour chacun. Mais comment justifier le fait que des utilitaires sports hybrides bénéficieront d'un appui financier alors qu'ils consomment plus d'essence que des petites voitures thermiques, qui, elles, n'ont pas droit à cette aide? Comment expliquer que nos gouvernements n'accordent pas la même subvention pour l'achat de motos de faible cylindrée qui ne consomment pas plus, ou consomment moins, que des voitures hybrides? Incohérence et récupération politique d'effets de mode?

Tout le monde se rappellera le débat qu'avait provoqué la pseudo-étude scientifique publiée l'été dernier, qui prétendait qu'un Hummer était moins énergivore qu'une Prius. Mais si on faisait de véritables études de cycle de vie, on constaterait peut-être que des voitures légèrement plus durables mais peut-être un peu plus lourdes exigent moins d'énergie sur un cycle de vie de 20 ou 30 ans si elles permettent d'éviter l'achat, et donc la construction, d'une ou deux voitures, ce qui équivaut à la consommation de deux ou trois années entières du même véhicule. On ne peut dans l'état actuel des choses faire ces débats de façon éclairée sans recourir à des experts vraiment indépendants et à une confrontation de ces experts dans des débats publics rigoureusement menés. Mais pourquoi laisse-t-on présentement le marché dicter la façon dont il faut protéger ici l'environnement alors qu'en Europe, on y arrive avec des résultats spectaculaires?

Des vérités qui dérangent

Plus on regarde loin dans la gestion environnementale, plus on découvre des petites vérités qui dérangent. On découvre que les sacs de plastique compostables peuvent contaminer les stocks de plastique conventionnel qu'on récupère en y introduisant des éléments déstabilisateurs. Mais tout un marketing vert s'est construit là-dessus sans préciser que ces sacs de plastique compostables doivent aller aux déchets, pas au recyclage. Le dire aurait tué l'image environnementale que les commerces veulent se donner...

En sera-t-il de même avec les savons sans phosphates? Il faut espérer que les fabricants ne vont pas y introduire des molécules dont on découvrira les torts dans 20 ans.

Plusieurs ont hésité à poser ce geste symbolique auquel on les conviait récemment, soit d'éteindre nos lumières pour marquer notre appui à des politiques énergétiques plus acceptables. Mais à quoi cela sert-il d'éteindre ses lumières pendant une heure, pour souper agréablement à la chandelle et filer ensuite au concert ou au cinéma dans un gros 4x4?

Le «Greenwashing», avec lequel flirtent maintenant de grands magazines comme Vanity Fair, s'infiltre partout, banalise les enjeux environnementaux et sature souvent plus les gens qu'il ne les informe. Entreprises et médias découvrent l'intérêt de «surfer» sur la vague environnementale, mais à la condition de pouvoir imposer des demi-solutions plutôt que de débattre de la nécessité impérieuse de la décroissance dans tous les domaines, ce qui attaquerait le dogme qui agit comme un masque devant nos yeux.

Comme ces phosphates qu'on propose de bannir du lave-vaisselle et du lavabo — bravo! — mais sans s'attaquer à la réduction de la densité humaine autour des lacs, sans l'ajuster à la capacité de support des écosystèmes, sans contrôle de l'érosion ou de la charge polluante agricole et sans règles particulières pour la protection des prises d'eau collectives.

Un jour, ce sera peut-être le tour de la Terre!






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  • Daniel Beaudry
    Abonné
    samedi 19 avril 2008 08h03
    L'humanité connaîtra le sort desdinosaures
    « La seule raison qui explique que l'Europe fait mieux que nous pour l'environnement est que la population est mieux éduquée. Cet article n'est pas à la portée de la plupart des citoyens et il se trouvera toujours quelqu'un pour le contredire ou glisser un doute paralysant chez les lecteurs. Par le temps que nous aurons réussi à convaincre les pouvoirs publics à mieux éduquer la population, nous serons irrévocablement sur la route de l'extinction.
    Daniel Beaudry »

  • Normand Desjardins
    Abonné
    samedi 19 avril 2008 09h28
    Bravo! Quelle technologie lave plus vert?
    « Environnementaliste convaincu mais confronté à son mode de vie quotidien, je soulève très souvent ces contradictions (les miennes également) dans mon entourage. Malheureusement, c'est l'indifférence la plus totale. Innondés de nouvelles "vertes", le message ne passe plus.

    Toyota, se drapant de vert, nous envoyait la semaine dernière une "magnifique" brochure faisant la promotion de leur technologie verte. Ils mettaient en évidence la Yaris et la Prius en première page mais ne se sont pas empêcher d'annoncer leurs gros 4x4 polluants dans cette même brochure, dans la même couleur verte.

    Noyer le poisson : Il est là le complot capitaliste M. Pageau et M. Trudel. Pas ailleurs. Ne cherchez pluss la dictature verte du gouvernement mondial et commencez à réfléchir sérieusement. »

  • Michel Samson
    Abonné
    samedi 19 avril 2008 10h00
    La bonne conscience...des marchands d'illusion.
    « Votre réflexion est d'un à-propos douloureux. Et vise tellement juste...

    Récemment, le mensuel que publie le CAA faisait état du statut "Poussière à poussière" de différents véhicules et les résultats étaient bouleversants. Dans cette conception où l'ensemble des coûts et des effets d'un produit sont analysés de bout en bout, les voitures hybrides sont de trois à quatre fois plus polluantes que celles qu'elles remplaceraient. En fait, un Ford 150 serait le meilleur achat alors que la célèbre Toyota «Prius» se retrouve parmi les plus polluantes.

    Évidemment, pour en arriver à ce calcul, on doit tenir compte du processus de production de tous les éléments d'un véhicule ainsi que son éventuel coût de recyclage. D'où l'idée d'analyser les produits de "Poussière à poussière". Comme quoi le Sapiens se considère très fin mais continue de plus belle, même avec ses solutions "vertes" à scier la branche sur laquelle il est assis. »

  • Guy Fafard
    Inscrit
    samedi 19 avril 2008 10h55
    Bravo, bravo, bravo ! Voici Écologie-101.
    « enjeux environnementaux, Greenwashing, Déchet, Québec (province)

    Ce discours environnementaliste de Louise-Gilles Francoeur présente les jalons d'une vrai approche environnementale.

    Les Hydro-Québec, Green-Peace, Gouvernements, Scientifiques en mal de publicité, y compris l'ONU et Écolos de ce monde devraient l'apprendre par coeur avant de gueuler toutes les maudites sornette qu'ils nous martellent à qui mieux mieux. »

  • Thomas Duchaine
    Abonné
    samedi 19 avril 2008 11h02
    Monde virtuel
    « Cette situation est préoccupante, car d'un côté on épuise la réserve de bonne volonté des citoyens en les assomant de petits gestes (souvent incohérents). Ce qui permet du même coup d'éviter de s'attaquer au problème de fond, i.e la réforme de certains grands mécanismes et principes qui régissent l'économie contemporaine. Cette réforme en profondeur doit en effet nous amener vers une décroissance soutenable afin de redevenir des habitants (dans le réel) de la Terre et non ceux d'un monde virtuel dont les règles sont incompatibles avec celles qui régissent les systèmes de la Terre. »

  • Fernand Trudel
    Abonné
    samedi 19 avril 2008 11h24
    Quand l'écologie devient une religion
    « On a tellement focusé sur les énergie vertes que les soubresauts de la malnutrition nous rattrrape et cause une catatrophe et pas celle annoncée.

    L'Éthanol est devenu un cauchemar environnemental au même titre que les sacs de plastique qui venaient à la rescousse de nos sacs en papier car on voulait sauver nos fôrets. Mais pire encore, il affame des populations entières et larve une guerre à la famine.

    La mode est au vert au point où les voleurs du temple vendent aux crédules de la verdoyante illusion n'importe quoi au nom de cette religion kyotiste engendrée par un politicien avide de richesse et de pouvoir.

    On nous vend des cerceuils biodégradables comme si six pieds sous terre ca a vraiment de l'importance.

    On nous vend des aliments certifiés bio sans que l'on puisse s'en assurer. Il ne s'agit que de mettre une étiquette et voilà le produit se vend plus cher. Ca me fait penser aux annonces de savon de javel javelisant super amélioré. Mais le consommateur consomme et croit tous ces vendeurs d'illusion comme ils croient aux alarmistes alimentés par un film choc d'un politicien américain qui lui, n'a pas signé le protocole de Kyoto car il savait très bien que c'était un piège à cons...

    Puis on nous vend des mariages écolos ou simplement du sexe écolo comme si toute notre vie entière doit être unicolore verte. Tous nos gestes doivent tendre à sauver la planète et les animaux à Paul Watson. C'est élémentaire, la religion de la pensée unique fait son oeuvre même les caisses Desjardins s'y sont converties comme tout bon opportuniste le fait.

    Pendant ce temps des humains meurrent de la folie de l'homme. L'hystérie collective a perdu le sens de l'équilibre tout bascule vers une catastrophe humanitaire inmminente et ce n'est pas le climat la cause mais la pensée unique engendrée par une médiatisation orchestrée.

    J'aime la nature tout comme Monsieur Francoeur, j'aime arpenter nos forêts aux multiples couleurs un fusil de chasse à la main. Il suffirait qu'une Brigitte Barbot ou un Paul Watsoin prenne en pitié le sort réservé à la perdrix par le chasseur sans vergogne que nous sommes pour que l'hystérie s'installe là aussi. Jusqu'où ira la folie de l'homme pour quelque chose qu'il ne contrôle pas. Avons nous perdu le sens des valeurs à cxe point ???

    Mais sur le partage de la nourriture, de l'eau potable et des soins médicaux, l'homme a une influence qu'il n'exerce plus, trop occupé à jouer les Don Quichotte environnemtal et à construire des moulins à vent...

    Mais l'heure de la vérité arrive, le fond monétaire mondial vient de rappeler à l'ordre la communauté mondiale. Si on ne revient pas à nos VRAIES priorités de partage des denrées et de l'eau, le Nobel de la paix nous conduira vers une guerre, celle de la faim... Les fonds verts risquent de changer de direction vers l'aide humanitaire et la cause écolo prendre du plomb dans l'aile. Les décideurs devront décider s'ils priorisent le contrôle du CO" ou inls soulagent la faim dans le monde. Je gages que c'est la fainm dans le monde qui va l'emporter, le contraire n'a pas de bon sens...

    Paradoxal, que la lutte climatique se transforme en lutte pour la survie de l'humanité, à moins que ces gens aient le noir dessin de réduire la population mondiale et cette autodestruction serait une première depuis que l'homme est sur terre... »

  • Mario Tremblay
    Abonné
    dimanche 20 avril 2008 08h31
    Pourquoi tant d'inquiétude ?
    « La terre n'a jamais eu besoin de l'humanité. Et contrairement à ce que prétend M. Reeves dans son dernier livre, l'humanité n'a rien apporté à la terre. Arrêtez de vouloir protéger la terre, essayez plutôt de sauver l'homme de lui-même.
    Il fait vraiment être imbue de soi-même, penser encore que l'univers tourne autour de la terre, pour penser que la disparition de l'homme serait plus grave que la disparition des dinosaures ou d'une quelconque espèce de fourmis.
    Penser que la vie ne tient qu'en la possession de papiers garantissant sa richesse et sa puissance! Si j'étais croyant, je dirais que c'est ça avoir été chassé du paradis terrestre. »

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