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Le protocole de Montréal plus efficace que Kyoto

Louis-Gilles Francoeur   8 septembre 2007  Environnement
L'ONU lance une nouvelle offensive sur les changements climatiques en tentant de faire d'une pierre deux coups lors de la conférence internationale qui s'ouvrira à Montréal dans une semaine. Elle tentera en effet d'obtenir des progrès substantiels à la fois dans le dossier de la protection de la couche d'ozone et dans celui des changements climatiques.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, entend d'ailleurs convoquer un sommet de haut niveau de chefs d'État à ses bureaux de New York au cours des jours qui suivront la conférence de Montréal et quelques jours avant celui que tiendra le président George W. Bush à Washington sur les changements climatiques. L'objectif de l'ONU consiste à profiter de l'élan insufflé par la conférence de Montréal pour maintenir la cohésion de la communauté internationale autour du protocole de Kyoto.

«Si la communauté internationale convient de devancer de dix ans l'échéancier d'élimination des substances appauvrissant la couche d'ozone, elle réduira par le fait même les émissions de gaz à effet de serre d'origine humaine de 3,5 %, ce qui constituerait un gain substantiel dans la lutte contre les changements climatiques», a expliqué hier au Devoir, dans une entrevue exclusive, le directeur exécutif du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), Achim Steiner. M. Steiner espère que ce pas décisif sera franchi lors de la rencontre internationale qui débutera la semaine prochaine dans la métropole québécoise et qui coïncidera avec le vingtième anniversaire du protocole de Montréal sur la protection de la couche d'ozone.

Les derniers calculs des experts onusiens sur les progrès accomplis dans le cadre de ce protocole indiquent que le retrait massif des substances appauvrissant la couche d'ozone (SACO) réalisé en 20 ans a eu un impact bénéfique, aussi capital que méconnu, sur le réchauffement du climat parce que plusieurs des substances novices pour la couche d'ozone se sont aussi avérées de puissants gaz à effet de serre (GES).

Le retrait des SACO sous l'empire du protocole de Montréal a en effet retranché de l'atmosphère terrestre cinq milliards de tonnes, ou gigatonnes (Gt), de gaz à effet de serre (en équivalents de CO2), soit cinq fois plus que la totalité de l'effort international planifié sous l'empire du protocole de Kyoto. La phase 1 du protocole de Kyoto doit en principe réduire d'une gigatonne les émissions de GES d'origine humaine. Cette gigatonne correspond à une réduction de 5 % des gaz à effet de serre de la planète au niveau de 1990, ce qui signifie que le protocole de Montréal a permis de réduire de 25 % les émissions de GES.

En 2005, les efforts combinés des 191 pays ayant ratifié le protocole de Montréal avaient permis de réduire globalement de 95 % les substances appauvrissant la couche d'ozone.

Les pays industrialisés, soit ceux qui ne sont pas visés par l'article 5 du protocole, ont ainsi éliminé en 20 ans 99,2 % des SACO produits et utilisés chez eux alors que les pays en développement ont réduit leurs émissions de 80 %. Il reste à éliminer quelque 88 000 tonnes de SACO encore émises chaque année, dont 76 000 tonnes par les pays en développement. C'est précisément cette production de SACO que la conférence-anniversaire de Montréal voudrait éliminer plus rapidement que prévu.

Les pays industrialisés doivent parvenir à une élimination totale de leurs SACO d'ici 2030 alors que les pays en développement doivent y arriver d'ici 2040. Les objectifs de réduction seraient alors devancés, si les parties en conviennent ici entre le 11 et le 21 septembre, à 2020 et à 2030 respectivement.

Des pas franchis

Les produits les plus problématiques demeurent les hydrochlorofluorocarbones, ou HCFC, qui ont remplacé les premiers CFC-11 et 12 (chlorofluorocarbones), bannis en premier par le protocole de Montréal. Des pays comme la Chine et l'Inde en produisent encore, mais un pas énorme a été franchi début juillet lorsque la Chine, plus gros producteur de CFC et de halons, un autre membre de la famille des SACO, a fermé cinq de ses six usines, devançant ainsi de deux ans et demi l'échéance du protocole.

Les 500 tonnes de CFC dont la Chine a décidé de poursuivre la production de façon temporaire serviront uniquement dans les aérosols-doseurs, utilisés notamment par les personnes asthmatiques. Par contre, dans les pays en développement, la production des HCFC, soit la génération de produits réfrigérants qui a succédé aux CFC, est à la hausse, ce qui inquiète les gestionnaires de l'ONU, sans parler du marché noir international, stimulé par les interdits.

De leur côté, les États-Unis demeurent le principal utilisateur de bromure de méthyle, un pesticide 50 fois plus dommageable pour la couche d'ozone que les CFC. Toutefois, la vie utile d'une molécule de bromure de méthyle se limite à un an dans la stratosphère, soit beaucoup moins longtemps que la centaine d'années pendant lesquelles les molécules de CFC percutent et détruisent les molécules d'ozone (O3). En 2004, les États-Unis ont obtenu de pouvoir utiliser encore 8942 tonnes par année de bromure de méthyle, soit 66 % de l'exemption autorisée par l'ONU à la demande d'une douzaine de pays, dont le Canada.

La plupart des SACO libérées par les humains dans l'atmosphère terrestre depuis leur découverte, en 1920, vont demeurer actifs dans la stratosphère pendant encore plusieurs décennies. Les experts de l'ONU estiment que l'échéancier actuel d'élimination devrait permettre au filtre solaire de la planète, qui la protège des rayons UV-B, de retrouver son état d'avant 1980 à un moment donné entre 2060 et 2075, soit un peu plus de 70 ans après la mobilisation de la communauté internationale autour de ce premier enjeu environnemental d'envergure planétaire.

C'est d'ailleurs pourquoi l'ONU et une bonne partie de la communauté internationale voient désormais dans le protocole de Montréal non seulement le traité environnemental le plus efficace jamais entériné mais aussi un modèle d'inspiration et d'action pour le dossier des changements climatiques, comme l'a expliqué hier Achim Steiner dans une entrevue exclusive que Le Devoir publiera dans un cahier spécial consacré à cette success story environnementale sans précédent, le samedi 15 septembre.

SACO et climat

Lorsque le protocole de Montréal a été signé, en 1987, on ignorait l'ampleur des réductions qu'il faudrait effectuer dans les procédés industriels qui avaient recours aux CFC pour produire des mousses isolantes ou faire fonctionner les appareils de réfrigération et de climatisation, sans parler des halons, utilisés dans les extincteurs chimiques, ou des bromidés, utilisés pour contrôler la prolifération des insectes et des moisissures sur les fruits et légumes. Aujourd'hui, le protocole de Montréal a ciblé plus d'une centaine de ces molécules, dommageables à des degrés divers pour la couche d'ozone.

Cependant, on connaissait encore moins la synergie qu'on allait découvrir plus tard entre la dispersion de ces molécules dans l'atmosphère et les changements climatiques, deux problèmes environnementaux intimement liés.

On a ainsi découvert par la suite que certaines molécules moins nocives pour la couche d'ozone, comme les HCFC, sont de puissants gaz à effet de serre. Par ailleurs, on s'est rendu compte que la rotation de la Terre provoque la formation de deux nuages combinant des vapeurs d'eau et des molécules de SACO au-dessus des deux pôles, ces nuages polaires étant à l'origine des fameux «trous» annuels qui laissent passer les UV-B vers le sol sur des surfaces pouvant atteindre les 30 millions de kilomètres carrés, comme dans le cas du trou le plus vaste, au-dessus de l'Antarctique.

À ces latitudes, les humains sont en général fort bien couverts avec leurs vêtements conçus pour résister au froid. Par contre, l'intensité du rayonnement solaire accroît le risque de développer des cataractes chez l'humain alors que les rayons trop puissants stérilisent littéralement la surface des océans en réduisant leur productivité primaire, un des premiers maillons de la chaîne de la vie.

L'appauvrissement de la couche d'ozone est aussi devenu un objectif prioritaire en raison du risque qu'il faisait courir à la production mondiale de denrées alimentaires, qu'un accroissement du rayonnement solaire aurait pu affecter à long terme. De plus, l'augmentation rapide du nombre de cataractes et de cancers de la peau aurait imposé des coûts exorbitants aux différents systèmes de santé tout en menaçant les populations les plus démunies des pays proches de l'équateur, malgré la résistance qu'elles ont obtenue à travers les âges en développant des peaux plus foncées.






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  • Fernand Trudel
    Abonné
    samedi 8 septembre 2007 11h09
    Cibles mouvantes
    « Autrefois on luttait pour la couche d'ozone et par la suite pour les pluies acides. Maintenant c'est le CO2...

    ¸Dans tout ca le message est clair, l'augmnetation de la population et l'accélération des activités économiques reculent les frontières des terres vierges. Alors l'homme cvherche à moins polluer, à recycler les matières qui le sont, à analyser les comportements des produits qu'il invente face à la nature et à son environnement. Les progrès technologiques ont conduit l'homme à s'interroger sur les influences de ses inventions sur la nature terrestre. Mais cette terre a un pouvoir s'autorégulation que l'homme ne peut subjuguer et il est fallacieux de croire que l'homme peut influencer le sustème planétaire.

    Depuis 50 ans les progrès de la science sont tels que l'homme s'interroge et s'alarme...

    En 1909 quand le Titanic fut coulé par un immense iceberg détaché du Groenland, personne n'a crié au réchauffement climatique et ce contraie<rement à ce qui se passe aujourd'hui. Quelle est la différence ? Les moyens de communications et l'informatique se sont développés et nous ont permis de prendre conscience que la terre est en constante évolution et pouvoir en analyser et projeter dans l'avenir les conséquences. Mais ces projections s'avèrent à le temps beasucoup trop alarmistes. Un fait demeure, la terre se transforme et les humains ne peuvent que s'y adapter.

    Les écolos prêche le retour à la simplicité volontaire et à freiner l'économie et stoppant toute exploitation de nos richesses naturellles. Ces adeptes de Kyoto ont oublié dans leur calcul que la Chiner est devenue le principal pollueur du monde dépassant les États-Unis depuis peu. L'inde s'expansionne et dvient énergivore aussi. Les russe s avec la prolig<fération des oléoducs se fouent royalement des GES et ontr soustrait aux études environnementales l'implantation de nouvelles installations pour le raffinage et le transport du pétrole et du gaz naturel. Pire le nord africain suite à des découvertes, veux exporter son pétrpole et son gaz naturel avec la bénédiction de l'Europe et les subventions des bourses du carbone européennes.

    On assiate à une course à l'énergie quitte à l'autosuffisance, à trouver de nouvelles sources d'énergie tel l'Éthanol, L'Hygrogène et les capteurs solaires.

    Ici au Canada, les sables bitumineux de l'Alberta comme les puits en mer au large de Terre-Neuve qu'on a commencé à exploiter après le protocole de Kyoto ont été comme par hasard non identifiés dans le bilan de départ du protocole. Résultats plus de 30% d'augmentation des GES dû au début de ces exploitations. A celà ne tienne, les écolos pourfendent les gouvernements pour stiopper la production et nous rendre ainsiu dépendants des approvisionnements externes. C'est de l'anti économie surtout dans cette course effrénée aux sources d'énergioes pour préserver les générations futures d'une pénurie surtout que va se pointer une englaciation subséquente à la période interglaiaire actuelle.

    Ainsi pendant qu'au port de Tanger on construit une usine de GNL pour approvisionner les autres pays et qu'au Québec on construit deux usines alimentées par cette même source permettant une diminution de notre dépendance au pétrole. les écolos crient au complot. Ils seront toujours des idéalistes rêveurs qui changent de cibles mais demeurent des antiéconomique même s'ils s'y abreuvent de $$$ pour survivre. On ne peut fermer toute nos usines et l'exoploitation de nos richesses naturelles sans s'appauvrir.

    Il faudra choisir entre s'appauvrir et demeurer dans le peloton de tête des pays industrialisés. Pour être équitable, ils devront changer de cibles quitet à se faire dire qu'ils visent des cibles mouvantes... »

  • Guy Fafard
    Inscrit
    samedi 8 septembre 2007 16h39
    gaz à effet de serre, kKyoto, protocole de Montréal, Climat, Changements climatiques, Canada (Pays), Montréal
    « En hommage à Pierre Danssereau un des premiers sinon le premier environnementaliste de la planète.

    Le protocole de Montréal a été étabi de façon rationnelle, aussi il porte fruits. Les visée de celui-là s'attaquaient au fond du problème des gaz à effets de serre. Les dérivés du méthane et le méthane ont été identifiés environ dix fois plus nocifs pour la planète que le CO2 (dioxyde de carbonne).

    Le protocole de Montréal a été rédigé par des chimiste et des ingénieurs, que je qualifie d'environnementalistes parce qu'ils tiennent compte de l'homme, de l'industrie, des progrès réalisables et réalistes, dans ce qui environne l'humain.

    C'est là la différence majeure entre les écologistes et les environnementalistes. »

  • Louis Horvath
    Inscrit
    samedi 8 septembre 2007 21h35
    Est-ce la seule faute des civils?
    « C'est fou comme on oublie toujours de mentionner que l'armée (de peu importe le pays) se moque bien de la question environnementale. Avec le grand nombre de conflits armés frais en mémoire (il n'y a qu'à penser au blitz monstrueux contre le Liban), tous les efforts consentis par Kyoto sont surement moult fois annulés. Je trouve donc aberrant qu'on demande aux citoyens de faire des sacrifices et de se serrer la ceinture, pendant que l'armée de pays industrialisés comme le Canada et les États-Unis polluent allègrement en terre étrangère, avec leurs missions aussi douteuses qu'elles sont impopulaires.

    Ce qui ne veut pas dire qu'on doit ignorer les protocoles pour autant. Il faut, pour être conséquent et consistant, exiger de l'armée de chaque pays qu'elle fasse elle aussi son effort ... de guerre. Et il faut admettre, une fois pour toutes, que la diplomatie, même si elle est lente et difficile, pollue beaucoup moins ... »

  • Jean Laflamme
    Abonné
    mardi 11 septembre 2007 21h33
    Quand la cible est la planète
    « L'article sur le protocole de Montréal était bien construit et instructif. Il fallait en effet souligner ce premier effort international efficace de concertation qui visait une menace planétaire bien réelle. Les décideurs ont compris rapidement suite aux explications simples des experts. Heureusement que la complexité du processus n'a pas été comprise tout de suite, car les décideurs et les médias auraient attendu de bien comprendre avant d'agir. Le réchauffement de la planète est la deuxième menace planétaire urgente qui se présente en moins de 20 ans. Elle doit être expliquée avec beaucoup de patience mais sans perdre de temps car cette menace est bien réelle. La réaction ne devrait pas tarder sous prétexte que l'on a pas compris. Il ne faudrait pas oublier les menaces locales et surtout éviter de mêler le local avec le planétaire. Depuis le club de Rome plusieurs menaces ont fait les manchettes: surpopulation, surconsommation, perte de biodiversité, désertification, nucléaire, pollution de l'air, de l'eau et des sols, .. La cour est pleine et plusieurs commencent à perdre la foi dans les prophètes et les écologistes. Quant aux environnementalistes ils ont des difficultés à entrer la planète dans le 'pas dans ma cour'.

    Jean N Laflamme, physicien météorologue, Saint-Bruno
    jean.nlaflamme@videotron.ca »

  • Daryl Zoellner
    Inscrite
    mardi 18 septembre 2007 12h34
    Invitation
    « Monsieur Louis-Gilles Francoeur,
    Je vous verrez bien a un des conferences, colloques ou predications de M. Frederic Baudin.
    Il vient a Montreal entre le 18 et le 30 octobre 2007 et il va parler a plusieurs endroits au Quebec. Voir www.cemfrance.org et www.farel.net ou bien m'ecrire pour avoir l'horaire de ces rencontres.
    DZ »

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