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Les Canadiens, des écolos à temps partiel

Fabien Deglise   12 juillet 2007  Environnement
L'alerte environnementale a été donnée et les consommateurs ont partiellement réagi. En 10 ans, l'utilisation des ampoules électriques fluocompactes, moins énergivores, a triplé au Canada, alors que les pesticides pour le gazon et le jardin ont perdu du terrain. Le compostage domestique et les toilettes à faible débit d'eau ont également fait plus d'adeptes, contrairement au covoiturage toutefois: la majorité des Canadiens se rendent toujours au travail seuls dans leur voiture ou leur camion, indique l'Enquête sur les ménages et l'environnement de Statistique Canada.

Dévoilée hier, cette enquête sur le comportement des Canadiens devant les grandes questions de l'heure livre donc un portrait en deux teintes. L'an dernier, les ménages ont davantage fait des choix écologiques en optant, par exemple, pour les ampoules éco-énergétiques aux dépens des ampoules à filament, dans une proportion de 59 % contre 19 % en 1994. Sur la même période de temps, les thermostats programmables, qui permettent l'ajustement automatique de la température des logements et du même coup la réduction de la consommation d'énergie, ont séduit deux fois plus de familles: quatre sur dix en possèdent, soit 40 %. Elles étaient 16 %, il y a 12 ans, à posséder ce type d'équipement.

«C'est une très bonne nouvelle, a commenté hier Guy Gosselin, de l'Agence de l'efficacité énergétique du Québec. Cela démontre que de plus en plus les consommateurs font des choix environnementaux et déplacent leur consommation vers des produits qui répondent aux impératifs d'économie d'énergie. Nous sommes donc sur la bonne voie et devons encore poursuivre nos programmes afin de généraliser l'usage de ces ampoules ou thermostats.»

Outre l'électricité, l'eau semble aussi être de plus en plus au coeur des préoccupations des consommateurs, révèlent les spécialistes fédéraux du chiffre.

Dans la dernière décennie, en effet, le pourcentage des ménages ayant opté pour un pommeau de douche à faible débit — qui lave aussi bien mais avec moins d'eau — au lieu d'un pommeau conventionnel est passé de 42 à 60. Au milieu de la salle de bains (ou à gauche en rentrant), les toilettes ont également suivi la tendance: 41 % des familles canadiennes possèdent désormais des toilettes à faible débit, c'est-à-dire avec un système de faible chasse d'eau, contre 15 % en 1994.

Prompts à faire leur part environnementale à la maison, les consommateurs semblent moins ouverts à cette idée sur la route. C'est du moins ce que met en lumière l'enquête de Statistique Canada, qui indique que 57 % des personnes se rendent en effet au travail seules au volant de leurs voitures ou SUV pendant les mois chauds de l'année. Cette proportion passe à 64 % en hiver. Notons que le transport est à l'origine de 24 % des émissions de gaz à effet de serre, ces gaz à l'origine du réchauffement de la planète. En comparaison, l'éclairage domestique contribue pour 1,5 % à la production de ces gaz, principalement dans les provinces où l'hydroélectricité n'est pas utilisée comme source principale d'énergie.

D'un océan à l'autre, c'est à Saskatoon, en Saskatchewan, que la conduite en solo est visiblement la plus populaire. Elle est une réalité dans 70 % des ménages, peut-on lire dans l'analyse du bureau fédéral de la statistique. Saguenay, au Québec, s'illustre au sommet de cette liste pour les mêmes raisons, avec Windsor et Niagara en Ontario, entre autres, alors que Montréal fait un peu mieux, avec 51 % de ces habitants circulant seuls au volant de leur véhicule. Les villes d'Ottawa et de Victoria, cette dernière en Colombie-Britannique, sont logées à la même enseigne.

«Ce panorama met en lumière une chose simple: plus les choses sont faciles d'accès et plus les consommateurs sont tentés de se tourner vers elles, a indiqué hier Scott McKay, chef du Parti vert du Québec (PVQ). On le constate avec l'engouement pour les ampoules fluocompactes ou les thermostats électroniques que l'on peut trouver facilement. À l'inverse, les carences dans les réseaux de transports en commun et les problèmes d'accès à des modes de transport environnementalement intéressants font que les gens se déplacent en voiture seuls.»

Le constat s'appliquerait aussi à la gestion des déchets dangereux, déchets avec lesquels les ménages canadiens ne savent pas trop quoi faire. Ainsi, à peine la moitié des familles ayant déclaré avoir des restes de peinture ont dit avoir apporté ceux-ci dans des lieux de traitement appropriés — les éco-centres, par exemple. Pour les médicaments périmés, qu'il est nécessaire de rapporter dans une pharmacie, quatre ménages sur dix ont avoué en avoir disposé dans les toilettes, dans l'évier ou dans les ordures ordinaires, peut-on lire dans le rapport. Vingt pour cent de ces ménages ont également mis leur matériel électronique désuet dans la rue, même si ce dernier contient plusieurs substances toxiques qu'il n'est pas recommandé d'envoyer dans des décharges.

«Le défi dans les prochaines années va être de mettre en place des programmes facilitateurs pour la récupération de tous ces déchets, dit M. McKay. Cela pourrait passer par l'amélioration de l'accès aux endroits qui se chargent de les récupérer et dont les heures d'ouverture ne sont pas adaptées à la réalité de notre société.»

Des lois forçant le recyclage pourraient aussi avoir un effet positif si l'on se fie à l'enquête de Statistique Canada, qui constate que le Québec se démarque du reste du Canada pour avoir considérablement réduit sa consommation de pesticides au cours des dernières années. Un tiers des ménages en faisaient usage en 1994, contre 15 % l'an dernier. Et ce, en raison d'une réglementation très stricte qui interdit désormais l'utilisation de la majorité de ces produits à des fins esthétiques, souligne l'agence fédérale.

À l'inverse, sur la même période de temps, les gazons et jardins du Manitoba, de la Saskatchewan, de l'Alberta, de l'Ontario et de Terre-Neuve, où de telles lois ne sont pas en vigueur, ont reçu davantage de ces produits en 2006 que 12 ans plus tôt.






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  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    jeudi 12 juillet 2007 07h41
    LES HUMAINS SONT TOUS À TEMPS PARTIEL
    « La perfection étant difficile à atteindre pour tout le monde.

    Le covoiturage est souhaitable mais, pour ça, faut que les "covoitureurs" travaillent toujours à des heures fixes, ce qui n'est pas souvent le cas. »

  • andré michaud
    Inscrit
    jeudi 12 juillet 2007 08h24
    RÉVEILLEZ-VOUS ,CITOYENS
    « J'ai payé quelques milliers de dollards pour changer mon système de chauffage et baisser de 4 tonnes par année MA pollution. Je prends les transports en commun. Je recycle systématiquement.Je programme mon thermostat. J'ai uniquement des ampoules moins énergivores. Nous lavons les vêtments à l'eau froide.J'utilise un verre au bureau au lieu de verres jetables. Je change mes appareils pour des Enegy star.Quand j'utilise mon auto je ne fais pas de départ et arrêt rapides et je ne laisse pas le moteur tourner à vide devant ma maison l'hiver.....Quiconque ne FAIT rien pour diminuer SA pollution n'a pas le droit de critiquer les autres pollueurs..

    C'est pourquoi je suis ÉCOEURÉ d'entendre plein de québecquois qui ne font rien se dire pour l'environnnement contre Rabaska etc...par PURE HYPOCRISIE ET PRÉTENTION! Les grosses industriesont diminué énormément leur pollution ,u'attendent les citoyens? Que ce ce soit le gouvernement qui les oblige par des lois avec des amendes sévères??? Et après ils chialeront contre le gouvernment?? La pollution comme la santé c'est avant tout l'affaire des citoyens qui hélas sont très peu responsables et accusent toujours les autres, le gouvernment, les méchants anglos etc...au lieu de devenir RESPONSABLES de leur santé , de leur pollution, de leur apport économique etc...RÉVEILLEZ-VOUS les chialeux et PROUVEZ que l'environnment vous tient VRAIMENT à coeur!! »

  • marc parent
    Inscrit
    jeudi 12 juillet 2007 08h29
    Résidence
    « Nous voyons partout dans les médias des solutions afin d'amoindrir l'impact que nous avons sur notre planète. Nous habitons tous sur la terre... mais l'endroit ou nous demeurons ne fait jamais parti des solutions proposé. Nous nous surprenons du fait que les gens utilisent leurs voitures en solo pour aller au travail.

    À mon avis, tout est une question d'argent. Je vis dans un milieu urbain, moi et ma copine utilisons principalement le transport en commun ou nos pieds comme moyen de transit. Par contre, nous payons beaucoup plus cher pour notre demeure et évidemment notre résidence est beaucoup moins spacieuse.

    Les gens feront toujours des choix environnementaux s'ils peuvent économiser de l'argent. Présentement, les gens des banlieues économise en s'éloignement des centre et je trouve cette situation aberrante. Donner des crédits de taxe aux personnes qui habitent près de leurs lieux de travail, ou taxer les gens qui font 30 km pour aller au travail... »

  • Sophie b
    Abonnée
    jeudi 12 juillet 2007 09h29
    C'est le gain monétaire qui est derrière tout ça
    « Je ne suis pas d'accord avec le critère de la simplicité ou facilité d'accès. À mon avis, les gens utilisent les ampoules fluocompactes parce que ça leur fait économiser de l'argent et non parce que c'est simple. Les gens utilisent moins de pesticides parce qu'ils ont PEUR de payer une contravention s'il contreviennent à la loi. Quant au covoiturage, eh bien, les propriétaires de véhicules savent bien que ça ne leur fera pas économiser un sou, alors à quoi bon? Mettez un incitatif fiscal au covoiturage et vous allez voir la ''générosité'' des automobilistes apparaître. »

  • Fernand Trudel
    Abonné
    jeudi 12 juillet 2007 09h36
    Environnement et climathologie pas la même chose
    « Toutes ces mesures ne visent qu'à aéliorer l'environnement et n'ont aucun effet sur le climat.

    Je suis pour que l'environnement dans lequel on vit soit propre et c'est le premier devoir du citoyen de le maintenir ainsi. Le recyclage ne vise qu'à désengorger les sites d'enfouissement municipaux, victimes du «pas dans ma cour». On veut en rallonger la durée de vie en diminuant le volume qui y est transité. Mais en même temps c'est respecter la nature de vouloir nettoyer son perron. Mais entre, ne pas mettre des pesticides et faire du recyclage et le réchauffement climatique , l'équation est difficle à faire...

    Et si le battage médiatique sur le "Global Warning" n'était qu'un exercice de conscientisation des cir<toyens comme le révèle Eddy Goldenberg dans sa conférence de ce printemps`rapporté par Le Devoir ainsi : «L'ancien conseiller spécial de Jean Chrétien, Eddie Goldenberg, soutient que la signature canadienne au bas du protocole de Kyoto en 2002 visait avant tout à «conscientiser» l'opinion publique aux efforts immenses qui doivent être faits pour lutter contre les changements climatiques. Il affirme même que la possibilité de rater la première échéance du protocole de Kyoto était évaluée comme une forte possibilité au sein du gouvernement libéral de l'époque.»

    L'approche du gouvernement Harper semble être plus prometteuse car la vivison canadienne des conservateurs est décentralisée. Ainsi, il y a eu 13 ententes fédérale-provinciale assorties d'un transfert de 1,5 milliard pour les plans verts provinciaux. Ainsi, 14 gouvernements font des efforts pour améliorer la situation. Ici au Québec, Ottawa verse 350 millions pour le plan vert de Béchard. Voilà pourquoi Charest et Line Beauchamp ont les coudées franches et agissent... »

  • Guy Fafard
    Inscrit
    jeudi 12 juillet 2007 10h01
    Agence de l'efficacité énergétique, écolos, Pollution, Canada (Pays)
    « J'ai deux questions à poser:

    À ceux qui prônent l'économie d'eau :
    Savez-vous que nos aqueducs perdent environ 40 ou 45 pourcent en fuites diverses ?
    - Soyez sérieux et réparez les aqueducs pour qu'il n'y ait plus de fuites. Après vous pourrez me parler des économies d'eau.

    À ceux qui parlent des ampoules fluorocompactes :
    Ces ampoules contiennent du mercure, où pensez-vous que ce mercure va aller se déverser quand vos fameuses ampoules vont brûler ?
    - Vous n'avez même pas pris de mesures pour avertir les consommateurs de ne pas jeter ces ampoules aux ordures ménagères et vous n'avez pas pris de mesures pour recycles ce mercure. C'est pas sérieux.

    À ceux qui parlent des économies sur l'essence:
    Qu'est-ce que vous faites contre l'étallement urbain ?
    Qu'est-ce que vous faites pour protéger les terres agricoles ?
    Qu'est-ce que vous faites pour donner du service dans les transports en commun afin qu'il y ait plus d'usagers heureux de les prendre ?

    -Si vous commenciez par le début, c'est à dire réfléchir ne serait-ce pas une bonne idée ? »

  • JM
    Abonné
    jeudi 12 juillet 2007 10h31
    Les canadiens ne sont pas des écolos à temps partiel, ce sont des êtres humains normaux.
    « Comparons l'évolution de la mentalité des humains à un rythme similaire à celui de la nature. Un peu comme un arbre et la nature qu'on voit évoluer dans son environnement à son propre rythme, la mentalité des humains évolue à la mesure de son cheminement culturel et des exigences rigoureuses et incontournables qui s'imposent de plus en plus. Reste à comprendre qu'il y a des facteurs qui favorisent et qui peuvent aider ce cheminement. Ils sont de notre ressort à tous! Cependant, certains d'entre nous ont plus de cordes pour utiliser ces facteurs pour faire évoluer les choses à bon escient dans un but constructif. Spécialement, les politiciens et les médias sont aux premières loges en ce sens. »

  • Guy Fafard
    Inscrit
    jeudi 12 juillet 2007 10h54
    Agence de l'efficacité énergétique, écolos, Pollution, Canada (Pays)
    « Bonjour monsieur St-Laurent

    deuxième commentaire

    Dans ma précédente réaction, ma rédaction omettait un autre point important, il se nomme algue bleu.

    -Quand on parle des économies d'eau, si on ne traite pas suffisemment les égoûts et/ou les eaux de ruissellement avec toutes sortes d'engrais charriés par elles, qu'on n'a aucon contrôle sur les embarcations à moteur, qu'il y a pollution de nos lacs et rivières, que cela provoque la prolifération de l'algue bleu, c'est totalement irresponsable de parler des économies d'eau.

    -La filtration va nous coûter beaucoup plus cher que la prévention.

    En matière de pollution, le problème c'est avant tout un manque de réflexion. »

  • Hildgen Patrice
    Inscrit
    jeudi 12 juillet 2007 11h36
    écolos les canadiens?
    « Problèmes énergétiques
    Il est certain que le réchauffement climatique en cours est maintenant perçu comme un vrai problème par la population à défaut d'être admis par les politiciens. Par contre, si la solution existe, elle passe plus par une modification de l'attitude globale. Pour ne citer que quelques exemples :
    On reproche le transport individuel au particulier mais quoi faire quand on fait des journées de 12 h et que l'utilisation du transport en commun augmente votre temps de voyage de 2 à 3 fois ? N'est-ce pas plutôt la société qui doit investir massivement dans un réseau réellement efficace? Par exemple, construction de tramway y compris à Laval et sur la rive sud, augmentation des fréquences des trains de banlieue, tout le monde ne finit pas à 19 heures, certains travaillent le samedi.
    De plus ne devrait-on pas interdire ces publicités qui vantent en autre la puissance et la vitesse des véhicules? Il faut dénoncer le mythe des carburants bio, leur véritable avantage est de ne pas produire de résidus autres que le gaz carbonique et l'eau, mais ce gaz carbonique reste le principal gaz à effet de serre. Pourquoi est-ce que les petits moteurs diesels beaucoup moins gourmands ne sont pas répandus en Amérique du nord? Parce que nous dit-on le diesel n'y est pas de bonne qualité ; pourtant les Mercedes et les Wolkwagen marchent fort bien. Non, en fait il s'agit de protectionnisme des grands constructeurs. Les véhicules hybrides, fort peu nombreux au demeurant, ne sont qu'une étape permettant l'émergence dans dix à 20 ans de moteur à hydrogène ou électrique.
    Pour la consommation d'eau, les déchets et le recyclage, c'est la même attitude, d'un côté on encourage des attitudes individuelles louables mais d'un autre on encourage la consommation à tout va de produits inutiles ou polluants. On voit encore des gens laver leurs 3 véhicules dont un Hummer H2 tous les samedis puis ils rincent abondamment à l'eau les engins, l'asphalte de leur stationnement et le trottoir en prime! Le recyclage de tous les matériaux devrait être mis en place : électroniques, métaux, papiers et cartons, plastiques, déchets à compost, bois...Tous les objets ou produits non recyclables ou non polluants devraient être interdit.
    Le problème de fond est l'impossibilité d'agir sur les grandes entreprises multinationales dont la seule logique de fonctionnement est le profit à court terme. Seule une attitude globale de la société (consommateurs, politiciens, législateurs...) imposant ses choix fera en sorte que le profit se déplace vers des produits moins polluant et vers le recyclage. »

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