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Union des producteurs agricoles - Les agriculteurs saluent le Jour de la Terre et s'inquiètent des lendemains

Réginald Harvey   21 avril 2007  Environnement
Les producteurs agricoles tirent leur subsistance, plutôt mal que bien par les temps qui courent, de cette terre à laquelle leur existence est intimement liée au jour le jour. Ils subissent les critiques de tout un chacun en matière d'environnement et font en même temps face à des défis de taille en matière de productivité et de mise en marché dans un monde de plus en plus concurrentiel. À l'occasion du Jour de la Terre, le président de l'Union des producteurs agricoles (UPA) examine la situation.

Laurent Pellerin, qui est à la barre de ce mouvement de près de 45 000 membres, signale comment les producteurs perçoivent cette journée bien spéciale pour eux: «C'est comme si c'était leur jour à eux. "On se lève tous les matins et regarde nos terres, on s'en inquiète et on les cultive." Ils ont à coeur cette terre par extension plus grande, à titre de planète. Dès qu'un programme attire l'attention sur la Journée de la Terre, les producteurs agricoles se sentent mobilisés par cela. C'est important pour eux.»

La rencontre production-environnement

Selon lui, il est possible de concilier une production agricole moderne, rentable et concurrentielle avec une approche de protection de l'environnement et de développement durable.

Certains écueils se présentent: «Il faut faire preuve d'une plus grande prudence par rapport aux automatismes, aux pratiques agricoles que l'agriculture nous a amenés à développer au fil des

50 dernières années. Je parle des techniques de production, des références de fertilisation et des taux de semis, de tous ces grands paramètres-là que les agronomes et les universitaires nous ont appris; on doit peut-être les remettre en question au fur et à mesure qu'ils se présentent à nous.»

Un marché très concurrentiel

D'autres pays font la vie dure aux producteurs, qui font face à une concurrence féroce. M. Pellerin en est bien conscient: «Définitivement, ça pose problème. Si on avait juste à produire ici en vase complètement clos, sans se soucier de ce qui se passe ailleurs dans le monde, ce serait plus facile. Par exemple, Dieu sait que ce n'est pas une sinécure de vivre à côté des États-Unis, surtout en agriculture où nos prix sont tous fixés de ce côté-là de la frontière.»

Compte tenu du fait que les techniques de production ne sont pas les mêmes, les conséquences peuvent en bout de ligne être lourdes: «Ça peut nous mettre complètement en dehors de la course et ce n'est pas nous, en tant qu'agriculteurs, qui posons ces gestes-là: ce sont nos consommateurs et c'est l'ensemble de la société. C'est pour cette raison qu'on a besoin d'une plus grande sensibilisation, non seulement à l'endroit des producteurs, mais aussi de la société en général. Quoiqu'on fasse sur nos fermes, même si on est correct en tous points, si à la fin les consommateurs n'achètent pas nos produits parce qu'il y a une différence dans le prix, dans la qualité ou autre, on a perdu de toute façon.»

Il prône cette solution: «Il faut mobiliser les gens avec des objectifs et qu'ils soient conséquents par rapport à ceux-ci. Dans le cas où l'on se donne des normes plus correctes avec l'environnement et avec une agriculture plus durable, si le tout se reflète par quelques sous de plus sur le prix des aliments, il ne faut pas pour autant que nos produits se fassent tasser de la tablette de nos grandes chaînes d'alimentation.» À l'heure actuelle, plusieurs pays arrivent à trouver une niche dans les marchés d'ici sans avoir à fournir des données spécifiques sur les produits mis en marché, comme c'est le cas pour les producteurs québécois.

Les avancées écologiques

Laurent Pellerin dresse le bilan du travail accompli sur le plan de l'environnement: «On parle maintenant de 8000 producteurs membres de 80 clubs agroenvironnementaux à travers le Québec. Il y a 200 professionnels travaillant à temps plein pour les producteurs agricoles sur des questions d'environnement, de cohabitation et d'agriculture durable. Il est certain que cette présence continue de faire une différence chaque jour. Il y a des biologistes, mais aussi des agroéconomistes qui ont été capables de mesurer en sous et en piastres les coûts de production.»

De la sorte, les producteurs peuvent établir des comparaisons entre ce que rapportent une agriculture traditionnelle et une autre plus soucieuse de l'environnement: «Il arrive qu'il y ait des choix plus économiques à poser en optant pour une agriculture plus respectueuse des aspects écologiques et durables. Quand on est capable de faire la démonstration du rendement économique, on joue gagnant.»

L'UPA entend poursuivre dans cette voie: «On vient de lancer un autre plan de cinq ans. On en est à notre troisième plan quinquennal comportant des objectifs écologiques ciblés. Celui-ci porte sur toutes les questions de la cohabitation harmonieuse, de l'amélioration de la qualité de l'eau, de la biodiversité, des changements climatiques et de l'efficacité énergétique; le plan d'action comprend cinq grands chapitres.» Il cerne un autre aspect des interventions actuelles: «On le fait en association, en partenariat. On travaille dans dix projets de bassins versants en collaboration avec la Fondation de la faune du Québec et on doit en lancer une dizaine d'autres au cours du printemps, ce qui sera annoncé officiellement sous peu.»

Les travaux de la Commission

La Commission sur l'avenir de l'agriculture et de l'agroalimentaire québécois, dont les travaux se poursuivent, s'est montrée à tout le moins timide dans son questionnement relatif à la problématique de l'environnement. Sans parler en son nom, Laurent Pellerin formule cette opinion: «Celle-ci a produit un document pour provoquer quelque peu le monde. Il y a un chapitre sur l'environnement et si on l'avait écrit, peut-être qu'on ne l'aurait pas fait de cette façon, mais à tout le moins il est là. On doit plutôt compter surtout sur la contribution de groupes et d'individus qui vont venir témoigner devant cette commission. Ils vont apporter leur grain de sel, ils vont faire part de leurs craintes, de leurs projets et de leurs objectifs. L'UPA va faire de même et on va être en mesure de présenter des chiffres sur des réalisations très mesurables au cours des 15 dernières années; on va aussi se projeter vers l'avenir en laissant voir nos objectifs pour les prochaines années.»

À la fin des travaux de la Commission, quelles seraient les recommandations dont le président de l'UPA pourrait tirer le plus de satisfaction, quelles sont ses attentes? «Au départ, c'est une fenêtre pour attirer l'attention de l'ensemble de la société québécoise sur ce qui se passe en agriculture. On traverse des moments très difficiles sur le plan des revenus. Pour boucler leurs fins de mois, les producteurs sont obligés de trouver des emplois à l'extérieur de la ferme.» Et il ajoute: «Au terme des travaux, on ne s'étonnera pas d'être un peu surpris par certaines recommandations.»

Il dégage un point majeur à cet égard: «Je prendrais le chapitre sur toute la question de l'origine de l'identification des produits. On espère quelque chose de ferme à ce sujet. Nos consommateurs voudraient bien être capables de choisir des produits d'ici, mais ils n'arrivent pas toujours à bien les distinguer.»

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  • Jean Dussault
    Inscrit
    samedi 21 avril 2007 08h07
    Parler pour rien dire
    « Quelle insipidité a M. Pellerin lorsqu'il est question d'environnement et d'agriculture durable. Quel manque de vision et d'ambition.

    "On s'étonnera pas d'être un peu surpris" Hé! Il est plus éloquent et ardent que cela pour prendre la défense économique des industriels mégaporcins intégrateurs. »

  • Richard Gauthier
    Abonné
    samedi 21 avril 2007 08h13
    C'est perdu d'avance, changez votre raisonnement!
    « Une entreprise qui ne serait pas en situation de monopole aurait vite réalisée que sa survie ne dépend pas d'un raisonnement qui la met en compétition avec le géant américain, mais plutôt dans la différentiation de son modèle d'affaires! Essayer encore de rivaliser sur les prix et vous allez encore plus, faire disparaître de vos membres. Vous favorisez un modèle économique de grande entreprise aux détriment de vos membres qui disparaissent plus vite chaque jour.

    Probablement que vous retirez plus de revenus du contrôle des ventes que des cotisations de vos membres?

    Votre situation de monopole vous empêches bêtement de vouloir considérer d'autres points de vue...qui vous enlèveraient du contrôle et des revenus.

    Continuez à vouloir compétitionner dans l'arêne des grandes surfaces et vous allez plonger l'agriculture du Québec dans un plus grand désastre que celui qu'elle vit actuellement.

    La solution ne réside pas dans ce modèle économique des toujours plus gros au toujours plus bas prix possible.

    Je refuse de croire que vous n'avez pas considéré d'autres approches. Mais je serai fortement tenté de croire qu'il y avait là un manque à gagner pour l'UPA qui vous empêchait de penser à d'autres approches? »

  • Hubert Lavigne
    Inscrit
    samedi 21 avril 2007 13h44
    Gaspillage de mots et ressources
    « A M. Pellerin et ses suppots; Au lieu de continuer dans votre discours rétrogrades, regardez donc en avant et analysez la situation avec une vision.........; allons nous continuer à subventioner avec nos taxes, une "industrie" non rentable et qui pollue, au lieu d'investir dans des secteurs plus porteurs.
    Vous rendez vous compte que si on tenais compte de la destruction de l'environnement dans les coûts de beaucoup des produits de l'agriculture (exemple, les porcs), on cesserait de produire, parce c'est une industrie non rentable et non compétitive; Cherchez la différentiation et la qualité plutôt que demander continuellement des subventions pour polluer.
    N'oubliez pas que la terre ne vous a pas été léguée par vos pères, mais que vous l'empruntez temporairement de vos enfants et de vos petits enfants.

    Hubert Lavigne »

  • Yvonne Dolbec
    Inscrite
    dimanche 22 avril 2007 10h07
    D'où voulez-vous importer votre nourriture?
    « Je trouve les réactions bien mesquines et hors-propos. La question n'est pas être pour ou contre M. Pellerin, ci-devant producteur de porc. Lisez donc attentivement ce qu'il a dit!

    L'enjeu, s'appelle: "D'où voulez-vous que provienne votre nourriture?" Nous faisons face à un mouvement de délocalisation de tout ce secteur; plusieurs s'en inquiètent aussi aux États-Unis.

    Jusqu'à maintenant, nous avons largement entamé notre capital agricole, trouvant toujours de meilleurs usages à nos terres: développement domiciliaire, touristique, industriel, routier. Bientôt, si on laisse faire les choses, ce sera de grands champs de maïs qui apparaitra sur les dernières terres agricoles, tous destinés à la production d'éthanol.

    Est-ce bien ce qui est désirable?

    Remettre sa sécurité alimentaire aux aléas du marché international pour quelques sous n'est peut-être pas un comportement très sage. Que ce soit pour le prix à long terme, sur lequel nous n'aurons aucune prise, ou sur les risques d'adultération. Puis-je rappeler la présente crise concernant la nourriture pour animaux domestiques?

    Le lieu où se passe ce mouvement de délocalisation est près de chez-vous: votre supermarché. Si vous ne le croyez pas, si vous ne voulez pas le voir, libre à vous.

    Mais le résultat écologique global de la disparition de l'agriculture québécoise ne sera pas positif. D'abord, parce ce qu'il en restera sera ultra-spécialisé et très très industriel. Ensuite, parce qu'il y a des coûts écologiques à tout faire venir d'ailleurs.

    Pour ma part, je crois aux vertus de l'achat local (moins de 50 kilomètres de chez-moi, 500 tout au plus). Je ne suis pas la seule, car la page couverture d'un des derniers Times était intitulée "Forget about bio, buy local". Bien entendu, si on peut acheter et bio et local, pourquoi pas... Je m'intéresse à ce que je mange, je privilégie la diversité, la variété, le plaisir de ce qui est frais et différent.

    La journée de la Terre, c'est cela aussi! »

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